JANSSENS : Lofallstrand 25/07/2012 (2012, Artothèque, Lg)

JANSSENS Alain, Lofallstrand 25/07/2012
(photographie, n.c., 2012)

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Alain Janssens © lavoixdunord.fr

Né le 24 septembre 1956 à Liège, Alain JANSSENS est diplômé en photographie à l’ESA Saint-Luc Liège en 1979. Il partage son temps entre l’enseignement de la photographie à l’ESA Saint-Luc Liège depuis 1986, la pratique professionnelle de la photographie, principalement d’architecture, et un travail personnel présenté notamment à la Troisième Triennale internationale de la Photographie de Charleroi en 87, régulièrement à l’espace photographique Contretype à Bruxelles et à la galerie Triangle bleu à Stavelot. (d’après ALAINJANSSENS.BE)

Pour l’artiste, chaque image révèle plusieurs strates de lecture qui font appel à la logique de l’analogie. La dénotation (ce que l’image montre) : un paysage ouvert. Les connotations (ce que l’image suggère) : toute l’écriture photographique, le cadre, le plan, le flou, le temps et… l’intime spatialité du noir. (propos recueillis par Graziella VRUNA)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Alain Janssens ; lavoixdunord.fr | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

PUTZ : Les Marches du savoir (2015, Artothèque, Lg)

PUTZ Patrick, Les Marches du savoir
(impression sur alu-dibond, 50 x 50 cm, 2015)

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Patrick Putz © wikihuy.be

Autodidacte (ayant fréquenté l’Académie Royale des Beaux-Arts et Saint-Luc à Liège), Patrick PUTZ développe un travail en arts numériques. Utilisant la peinture, la gravure et d’autres moyens d’impressions des logiciels de retouche et composition d’images, il forme des images qu’il veut énigmatiques, mais auxquelles il attribue un sens.

Réalisée avec des outils numériques, cette scène est inspirée du surréalisme. On y voit deux bernaches en vol, un autel dédié à la connaissance et une chaise design en mercure dans une pièce d’un intérieur non identifiable. 

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : ©Patrick Putz ; wikihuy.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

CAO : Sans titre (2014, Artothèque, Lg)

CAO Vanessa, Sans titre
(pliage, 60 x 52 cm, 2014)

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Vanessa Cao © Vanessa Cao

Vanessa CAO est peintre et styliste, elle semble créer avec une retenue qui n’aurait d’autre but que d’inspirer le mystère. La pièce maîtresse de ses collections, c’est la tunique grise, noire ou bleu nuit. Des couleurs de ciel ou de nuage et des jeux de plissés uniques, à la fois techniques et gracieux. (d’après PETITFUTE.COM)

Cette œuvre sans titre est un impressionnant pliage évoquant une armure, une cote de mailles ou une armure en écailles. L’opposition entre la fragilité du papier et la supposée fonction protectrice de ce vêtement fictif, le contraste entre la lourdeur du métal et la légèreté de la feuille pliée créent tout le sel de cette œuvre.

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La Lumière (asbl fondée en 1923)

“A la fin de la guerre 14-18, parmi les toutes nouvelles techniques utilisées sur les champs de bataille, on retrouve l’utilisation de gaz toxiques, et plus particulièrement le célèbre gaz moutarde qui a rendu aveugles de nombreux soldats. A Liège, deux jeunes Dames, Nelly DURIEU et Madeleine HENRARD, infirmières, patriotes et résistantes, les accueillent et leur procurent du travail. Elles créent la première Entreprise de Travail Adapté (ETA) dans les sous-sols d’un immeuble du Boulevard d’Avroy.

Le 25 février 1923 paraissait au Moniteur Belge les statuts de “La Lumière asbl”, œuvre de secours moral et matériel aux aveugles militaires et civils de Liège, officialisant ainsi la création d’une institution. […] Puis, au fil du siècle, à travers le développement de ses services, la mission de La Lumière devient globale : elle offre aux personnes déficientes visuelles l’encadrement médico-social qui leur permettra d’atteindre l’autonomie et la dignité.

Nelly Durieu © rtbf.be
Missions

La Lumière, Œuvre Royale pour Aveugles et Malvoyants, crée un monde meilleur pour les personnes déficientes visuelles de tous âges et pour ses travailleurs moins valides, en permettant leur inclusion ou leur intégration dans une société solidaire. Pour ce faire, La Lumière aide ses bénéficiaires à réaliser leur projet de vie, avec leur entourage. Elle ouvre les horizons :

      • d’une citoyenneté par la reconnaissance et dans le partage,
      • d’un épanouissement social et culturel,
      • de la dignité par le travail,
      • et d’un quotidien plus confortable.

EYEN : Sans titre (Vaches folles) (s.d., Artothèque, Lg)

EYEN Luc, Sans titre (Vaches folles)
(pointe sèche, 24 x 35 cm, s.d.)

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Luc Eyen © creahm.be

Luc EYEN est né en 1973. C’est un artiste actif dans les ateliers du CREAHM de Liège, ainsi qu’au Cejiel. Camper hardiment dans le métal un animal ou un personnage n’a pas de secret pour lui, ses multiples portraits témoignent d’une belle “santé” plastique. Sa vie quotidienne alimentant intensément son expression artistique, il aime à représenter obligeamment tous ses amis. Le plus souvent, en marge de ces représentations anecdotiques, il prend soin de noter très méticuleusement tout un univers de prénoms, de dates de naissance, de multiples messages affectifs, comme autant de références à la “réalité” de l’instant qu’il voulut fixer. (d’après BEAUXARTSLIEGE.BE)

Deux têtes de vaches très stylisées émergent d’un entrelacs de traits bruts et géométriques. Si ces traits évoquent leur état psychologique, nous pourrions les imaginer folles.

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RANSONNET : Sans titre (2003, Artothèque, Lg)

RANSONNET Jean-Pierre, Sans titre
(xylogravure, 42 x 32 cm, 2003)

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Jean-Pierre Ransonnet © mu-inthecity.com

Jean-Pierre RANSONNET, né à Lierneux en 1944, est un artiste belge. Il vit et travaille à Tilff, en Belgique. Formé à l’École supérieure des Arts Saint-Luc de Liège (1962-1968), Jean-Pierre Ransonnet séjourne en Italie en 1970 grâce à une bourse de la fondation Lambert Darchis. Il enseigne le dessin à l’Académie des Beaux-Arts de Liège de 1986 à 2009.

Cette série de gravures sur bois de Jean-Pierre Ransonnet est une variation sur des formes plastiques abstraites, ou évoquant des sapins. L’artiste use de l’expressivité du bois gravé, laissant transparaître les veines du bois, matière même de son discours.

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ELECTRALIS 2001 à Liège :
CAMPUS, la convention Research to Business qui n’a pas eu lieu…

La patinoire abandonnée de Coronmeuse, à Liège © Benjamin Leveaux

Electralis 2001 est un événement scientifique et industriel organisé à Liège, à l’occasion du centenaire de la mort de Zénobe Gramme (1826-1901), le thème en était précisément : l’avenir des technologies de l’électricité. Doté d’un budget impressionnant et de soutiens internationaux, l’événement s’est néanmoins soldé par un échec cuisant. Notre dossier vous propose :


Electralis 2001 (introduction du dossier de présentation)

“La philosophie générale d’Electralis tient en quelques mots: “l’électricité et la société“. Son exigence : privilégier une approche humaniste de l’électricité, qui réconcilie le développement technologique, l’économie et le bien-être du citoyen. Son ambition: amorcer une vaste réflexion sur la place de l’électricité et de ses applications futures dans notre société.

Un initiateur engagé. L’Electropôle réunit en son sein des industriels du secteur de l’électricité et de ses applications et des institutions de formation techniques et scientifiques (Université de Liège et Hautes Écoles). Cette spécificité unique dans le secteur lui a permis de formuler des objectifs clairs qui marient les préoccupations économiques et techniques à une dimension sociétale prononcée. Fort de sa vision, l’Electropôle entend se consacrer à la promotion de valeurs qui jettent le pont entre les avancées technologiques et le bien-être du citoyen wallon.

L’électricité, une valeur structurante. Ainsi, comme l’explique son Président, le Recteur Legros (ULg) : “à la fois énergie et valeur économique, l’électricité est devenue aujourd’hui un facteur fondamental de structuration et de développement de la société. Sans elle, le monde tel que nous le connaissons ne serait pas ; sans elle, le monde tel que nous pouvons le rêver n’existera pas. L’électricité est en effet indissociablement et définitivement liée à la vie de l’homme en société. On la connaît comme force motrice et support des activités industrielles ; on l’oublie quelquefois dans toutes ses applications domestiques quotidiennes ; on découvre de plus en plus son rôle central dans la révolution des nouvelles technologies de la communication. L’électricité s’impose ainsi comme un des principaux outils de transformation du monde et de mise en relation des hommes entre eux.

Un contexte (régional) en pleine révolution. Une région comme la nôtre se voit confrontée à une double nécessité. D’une part, elle doit tourner à son avantage le contexte concurrentiel dans lequel elle assied sa croissance. D’autre part, témoin actif de la marche du monde, elle se doit d’impliquer l’ensemble de ses acteurs dans l’action qu’elle mène. L’Electropôle considère comme un facteur critique de succès la maîtrise de certaines technologies, filles de l’électricité. L’objectif est dès lors de permettre à chacun d’apprivoiser lucidement ces domaines en pleine mutation afin de favoriser des décisions prises en pleine connaissance et en pleine responsabilité.

Des enjeux et des hommes. La volonté de l’Electropôle de générer un événement de dimension internationale en Wallonie passe dès lors par l’identification de contenus, des publics et des actions. Trois types de public ont été ciblés, dans lesquels chaque citoyen peut se reconnaître: le grand public, les professionnels (chercheurs, institutions et entreprises) et les leaders d’opinion. Electralis 2001 se voit donc confier comme mission de…

    1. Créer des liens opérationnels entre la R&D et les entreprises/institutions
    2. Aider le grand public à comprendre les révolutions qui concernent son quotidien de demain
    3. Clarifier la vision des leaders d’opinion quant aux enjeux technologiques des dix prochaines années.

Gérer le changement, savoir saisir l’opportunité. Le changement, en accélération constante, fait aujourd’hui partie de nos contraintes quotidiennes. Là réside peut-être la vraie révolution du XXIe siècle : enfants et petits enfants de certitudes, nous sommes aujourd’hui confrontés à un demain sans scénario stable. Le changement est probablement la seule hypothèse de travail viable. Dans ce cas, maîtriser son avenir revient indubitablement à savoir saisir l’opportunité la plus pertinente. Mais comment décider sans visibilité ? Comment être responsable sans comprendre ?  Voilà précisément la motivation d’Electralis 2001…”


[LESOIR.BE, 24.12.1999] “De notables soutiens se confirment. Le troisième millénaire s’ouvrirait triomphal pour Liège. L’information est toute fraîche: Electralis, ce projet de faire de Liège le centre mondial de l’électricité en 2001, sera non seulement honoré par la réunion du séminaire de l’Association D-21 mais par la participation active de l’Institut de l’énergie et environnement de la francophonie.

Rappel. En mai dernier, on apprenait («Le Soir» du 8 mai) qu’on commémorerait chez nous le centenaire du dècès en 1901 de l’inventeur de la dynamo industrielle, Zénobe Gramme, un enfant du pays (il est né à Jehay-Bodegnée). L’électricité a été (Jaspar, Montefiore…) et reste un pôle d’excellence liégeois grâce à son enseignement, ses chercheurs, des sociétés. Pour se maintenir dans cette position Liège se devait d’attirer les producteurs et gestionnaires d’électricité qui sont des puissances financières aux ambitions considérables en matière de recherche, de diversification, d’environnement, etc.

Un Electropôle de professionnels s’étant constitué (on y trouve l’université, des instituts industriels, Fabrimétal, une dizaine d’entreprises privées), naquit le projet Electralis 2001 qui repose sur trois piliers. D’abord, confie Annick Burhenne, chef du projet Forum, une exposition grand public La cité de l’électricité (à la patinoire de Coronmeuse ; chef de projet Alain Gallez). Ensuite, Campus : des rencontres entre chercheurs, petites entreprises et industriels (dans les Halles des foires, chef de projet Patrick Thonart) ; 250 projets de recherche avancée en électronique, en électrothermie y seront analysés. Enfin, troisième pilier d’Electralis 2001 : Forum, un congrès géopolitique au palais des congrès sur les questions générales (rentabilité, propreté, accessibilité).

Ce projet Electralis a donc reçu la caution du réseau international D-21 des entreprises actives dans la production et la distribution d’électricité comme Hydro Québec (grand producteur de houille blanche dans le nord du Québec), Electricité de France (EDF), Ontario Hydro, Tokyo Electric Power Company. Ces partenaires ne se sont à ce jour réunis qu’une seule fois dans un pays de la vieille Europe (c’était en 1995). On mesure la fierté des promoteurs d’Electralis 2001 d’accueillir en novembre prochain son séminaire annuel.

N.B. Deux journées consacrées à la traction électrique se dérouleront à Charleroi, des grandes conférences scientifiques seront données par des Prix Nobel dans quatre villes wallonnes.

Les poids lourds seront au rendez-vous

Des représentants de la Banque mondiale (département énergie), de l’Unesco (Direction des sciences de l’ingénieur), la Commission solaire mondiale, l’Institut de l’énergie et de l’environnement de la francophonie, l’association D-21 ont promis leur participation au Forum d’Electralis 2001, congrès qui aura lieu du 6 au 8 novembre 2001. Objectif : définir comment mondialiser une électricité propre et accessible à tous dans la perspective de chances égales de développement.

Par ailleurs, durant le Campus (4 jours de réunion aux Halles des foires de 250 centres de recherche du monde entier offrant l’occasion de contacts au plus haut niveau) seront représentés l’Institute of Electrical and Electronics Engineers, l’European Power Electronics and Drives, l’Electronic Power Research Institute, l’Union internationale des applications de l’électricité et la Société royale belge des électriciens.”

MICHEL HUBIN


L’expo Electralis arrêtée le 30 juin ? Au mieux

[LALIBRE.BE, 11.04.2001, La Gazette de Liège] “Les affaires ne s’arrangent décidément pas pour Electralis. Dernier avatar en date, l’assemblée générale extraordinaire de la scrl Electralis 2001 a en effet décidé sa mise en liquidation volontaire. En cause, les difficultés financières résultant notamment, selon ses responsables, de l’intérêt insuffisant des participants pour les manifestations professionnelles Campus et Forum.

Pour rappel, l’année Electralis 2001 devait articuler ces deux rencontres internationales dont l’annulation avait déjà été annoncée en plusieurs temps autour de l’exposition qui se tient au palais des sports de Liège. Il importe de ne pas confondre les sociétés Eventis et Electralis. «La première, précise son administrateur délégué Alain Gallezest une société de services et d’organisations d’événements appelée par la deuxième pour monter l’opération. Comme nous n’avons pas souhaité rester simple consultant sans prendre nos responsabilités, Eventis a choisi de rentrer dans l’actionnariat d’Electralis.» Un actionnariat où l’on retrouve des membres de l’Electropôle, cette association à l’initiative de l’année Electralis.

La scrl Electralis 2001 était notamment habilitée à recevoir subventions et sponsorings, et à engager les dépenses. Le budget total de l’opération, 290 millions de francs, avait déjà été raboté suite à l’annulation de Campus et Forum. Le financement global devait être assuré à parts égales par trois sources différentes. L’institutionnel d’abord, avec la Province et la Région wallonne, sans compter la Ville, qui a notamment investi dans une patinoire temporaire. «Nous avons la garantie orale que ces partenaires verseront bien le solde de leur participation», assure M. Gallez. Concernant les aides privées, quelques sociétés (comme Siemens) se sont déjà retirées. «Nous avons perdu 15 millions mais les actionnaires d’Electralis ont accepté d’apporter un complément financier.»

Il reste la troisième source, à savoir les rentrées propres. Le cap des 10.000 visiteurs a été franchi après un mois, auxquels s’ajoutent 15.000 réservations. On est loin des 200.000 personnes annoncées. Les revenus seront donc largement en deçà des prévisions, d’autant que l’exposition ne devrait probablement pas durer jusqu’au 18 novembre. «Notre objectif est de poursuivre de l’exposition jusqu’au 30 juin à tout le moins», dit M. Gallez. Beaucoup de questions se posent et alimentent souvent avec virulence énormément de conversations dans les coulisses quant aux capacités d’organisation d’Eventis. «Nous avons parfaitement respecté le cahier des charges du commanditaire, se défend M. Gallez. Forum et Campus étaient prêts ; nous n’en pouvons rien si les participants n’ont pas suivi. Quant à l’expo, elle est opérationnelle dans son ampleur et dans son niveau scientifique.» Quoi qu’il en soit, le sentiment de gâchis est bel et bien là et d’autres rebondissements pourraient survenir.”

F. V. V.


Les trois piliers d’Electralis 2001

        1. La Cité de l’électricité
        2. Le Campus
        3. Le Forum

[Les 3 textes qui suivent sont extraits du dossier de promotion d’Electralis 2001, distribué en mars 2000]

1. La Cité de l’électricité

Satellite Spoutnik – URSS (1957)

“Conçue pour être l’activité permanente d’ELECTRALIS 2001, la Cité sera pour un public large et international l’élément le plus visible de l’année. La Cité est une exposition qui se veut didactique tout en faisant rêver le visiteur. Nous voulons qu’au terme de son parcours, quels que soient son âge et son niveau de compétence, le visiteur ait une vision nouvelle de l’électricité. Il doit y trouver les outils indispensables pour entamer une réflexion globale orientée vers le futur et pour adapter son comportement de consommateur et de citoyen responsable. Mais la Cité doit avant tout raconter une histoire, être une invitation au voyage, un voyage dans le temps, un voyage dans l’infiniment petit, un voyage dans le futur, un voyage dans la virtualité. L’exposition se veut émancipatrice, ludique et dynamique. Aussi avons-nous voulu miser sur des techniques muséographiques élaborées et dynamiques : film, logiciel, imagerie virtuelle, etc. sont autant d’outils incontournables. Au terme d’un concours lancé auprès de plusieurs équipes scénographiques, c’est l’agence parisienne […] qui a été sélectionnée pour assurer la mise en scène de la Cité. Son idée est de présenter le contenu scientifique et technique que nous avions préalablement défini de manière légère et souple. Ce contraste nous a semblé intéressant.

La Cité comprend plusieurs zones, mettant chacune en évidence des thèmes différents :

  1. L’histoire de l’électricité
  2. Qu’est-ce que l’électricité ?
  3. L’électricité pour les enfants : “Qu’y a-t-il derrière la prise ?”
  4. La production, le transport et le stockage d’électricité
  5. Les métiers de l’électricité
  6. L’électricité dans la maison
  7. L’électricité et la santé
  8. L’électricité et la communication
  9. L’électricité et le futur
  10. Les entreprises de la région wallonne
  11. Divers…

L’expert pour la partie historique est Monsieur Halleux, Directeur du Centre d’Histoire des Sciences et des Techniques (ULg).

Chef de projet : Alain Gallez.


2. Campus

Au sein de l’ensemble intégré d’Electralis 2001, le Campus s’adresse directement aux professionnels du secteur, qu’ils soient chercheurs, opérateurs institutionnels ou responsables d’entreprise. Trois constats de base ont présidé à sa conception :

  1. dans un contexte concurrentiel, la qualité des interactions entre les trois types d’acteurs ciblés constitue un facteur critique de développement économique d’une région ;
  2. le cycle reliant les projets de recherche et leurs applications industrielles est de plus en court ;
  3. chacune des trois communautés professionnelles visées réunit et structure “son” information sur des supports et dans un langage qui ne sont pas toujours accessibles aux tiers (notion de “Babel technologique“).

Forte de ces constats et de leur validation par les contacts spécialisés qui ont accompagné la gestation du Campus (voir plus loin), l’équipe du Campus a pu identifier trois objectifs principaux:

  • Objectif n°1 : fournir une plate-forme d’échanges et de veille technologique à trois communautés professionnelles du secteur électrique qui d’habitude ne se rencontrent pas en même temps.
  • Objectif n°2 : fournir à ces trois communautés professionnelles des outils et des informations facilitant la gestion du changement dans la décennie à venir, outils et informations qui leur permettent de (a) évaluer les enjeux en connaissance de cause, (b) partager des projets et des solutions et (c) de décider en pleine responsabilité ;
  • Objectif n°3 : augmenter la visibilité de la recherche (académique et privée) comme facteur intégré d’avancement et de prospérité, à court et moyen terme également.

Qualifier le Campus de “Première exposition universelle et plate-forme d’échanges des projets de recherche et de développement entièrement consacré à la valorisation des opportunités technologiques” n’est pas le fruit du hasard. La réunion conjointe de trois types de professionnels du secteur de l’électricité pour une session de travail scénarisée est une “première”. Dire du congrès scientifique, noyau dur du Campus, qu’il est “universel” tient autant au caractère international de la manifestation qu’au décloisonnement disciplinaire dont il constitue un exemple frappant. En tant que “plate-forme d’échanges”, le Campus permettra de confronter les solutions des uns aux attentes des autres. Les laboratoires, par exemple, se positionnent autant du côté du demandeur (recherche de ressources, de canaux de production et de distribution, etc.) que du proposeur (compétences et projets à acquérir ou à intégrer dans le processus industriel via un partenariat). Il en va de même pour les deux autres types d’acteurs dont nous pourrions aisément détailler les besoins et les apports. Le volet “valorisation des opportunités technologiques” désigne clairement une finalité économique à l’événement : au départ de l’offre scientifique, la rencontre doit déboucher sur des collaborations effectives entre les intervenants. Les critères d’évaluation des projets exposés démontrent, quant à eux, une volonté d’intégrer la dimension sociétale à une démarche scientifique et économique. Les spécialistes, chargés de la sélection des projets exposés, devront également se pencher sur l’impact environnemental de leur applications, sur les nouveaux métiers générés et sur les formations (contenus ET méthodes) qui seront nécessaires.

Les objectifs du Campus, les contenus et les actions qu’il propose s’alignent clairement sur les attentes de ses trois cibles :

  • Cible n°1 : les chercheurs, à savoir les scientifiques et leurs responsables représentant des laboratoires de recherche publics ou privés (départements R&D). Ces cibles sont contactées soit en direct, soit via leur institutions, soit via les réseaux/associations scientifiques auxquels elles appartiennent. Ces laboratoires ne sont pas identifiés pour leur localisation géographique mais bien pour leur domaine d’activités.
  • Cible n°2 : les opérateurs institutionnels, à savoir les associations privées et les organismes publics qui, par leur action, soutiennent les initiatives dans le secteur et assurent la cohérence de son fonctionnement.
  • Cible n°3 : les entreprises, à savoir les entreprises, de toute taille, à la recherche de technologies intégrables à court ou à moyen terme dans leur process, celles qui sont prêtes à produire et à distribuer le fruit des recherches scientifiques, de même que celles qui cherchent des partenaires externes de R&D ou de nouveaux collaborateurs internes.
Les étapes de la préparation
  1. 9/99-12/99 : étude & conception du Campus, identification des éléments du projet (contraintes, opportunités, contenus, acteurs, budget, planning provisoire); conception du modèle PROTEUS; étude et conception plus avancée des quatre espaces de la plate-forme (Espaces Projets, Acteurs, Labo, Rencontres), des différents dispositifs sur chaque espace; validation par le Comité de pilotage et les mentors scientifiques, institutionnels et entreprises (contacts directs); planification de l’appel à projets de recherche; information des partenaires (entre autres, communication) et prospection initiale (sous-traitants, réservations, partenaires divers, relais sectoriels, sponsors techniques).
  2. 01/00-09/00 : conception et réalisation de l’appel à projets de recherche, mise en place de l’appel à projets et de sa diffusion; mise en place du Comité scientifique de référence, des cellules d’évaluation spécifiques, du traitement des soumissions; diffusion de l’appel, suivi et relance; traitement des soumissions dont coordination des cellules d’évaluation; synthèse des dossiers pour la réunion de clôture.
  3. 15/02/00 : première diffusion de l’appel à projets de recherche.
  4. 15/04/00: première échéance de soumission des projets de recherche.
  5. 15/04/00±: réunion initiale du Comité scientifique de référence.
  6. 01/06/00: dernière échéance de soumission des projets de recherche; publication sur le site des fiches de projets (réservation en ligne de l’espace Rencontres).
  7. 15/09/00±: réunion de clôture du Comité scientifique de référence, arbitrage et publication des résultats; notification aux laboratoires sélectionnés.
  8. 15/02/00-31/12/00: acquisition des projets, des partenaires, des sponsors techniques, des exposants/intervenants et des visiteurs de référence.
  9. 01/04/00-13/03/01: réalisation et préparation logistique, mise en place du concours de design Fabrimetal pour les meubles de l’espace Rencontres; lancement de l’appel d’offres pour la réalisation des deux cd-roms Campus (1 CD pour les actes scientifiques; 1 CD d’activités et de relais au site/groupes de discussion/bases de données/consultation d’experts en ligne, etc.) et préparation des contenus du CD.
  10. 01/04/00: lancement de l’appel d’offres restreint pour la scénographie du Campus.
  11. 01/05/00: début des travaux de scénographie et création des visuels de promotion.
Comité scientifique d’évaluation des projets

L’évaluation des projets de recherche a nécessité la mise en place d’un comité scientifique à deux niveaux : (a) le Comité Scientifique coupole est chargé d’établir la grille d’évaluation des projets (printemps 2000) et de valider le choix des membres des cellules d’évaluation spécifiques (réunion initiale au printemps 2000). Réuni à nouveau en septembre 2000, à la clôture du processus d’appel à projets, il arbitrera la sélection des dossiers et publiera officiellement la liste des laboratoires sélectionnés. Ce Comité (en constitution) sera composé de personnalités internationales reconnues non seulement pour leurs compétences scientifiques mais également pour la vision prospective qu’ils ont développé dans leur secteur. Les membres de ce Comité pourront se confondre avec les membres du Comité Prospectif Electralis 2001 parmi lesquels se trouvent, entre autres :

Et (b) Les Cellules d’évaluation spécifiques à chaque domaine de recherche. Elles sont composées chacune de trois spécialistes “prêtés” par les sponsors techniques de l’appel à projets. Chaque projets soumis sera envoyé par e-mail aux trois membres de la cellule correspondant à son domaine de recherche, avec une grille d’évaluation. Ceux-ci renverront le tout complété au secrétariat du Campus qui fera suivre vers le Comité scientifique coupole. Un des objectifs du Campus restant de proposer des outils d’évaluation des opportunités technologiques susceptibles d’être utilisés par les institutions et les entreprises, les critères d’évaluation des projets de recherche ne porteront pas exclusivement sur la valeur scientifique intrinsèque des projets. Ainsi, les Cellules d’évaluation seront invitées à se pencher, certes, sur l’intérêt scientifique et technologique pur (valorisation scientifique) des dossiers soumis mais également sur l’intérêt de leurs applications pour le monde de l’entreprise (valorisation économique), sur les implications environnementales des applications du projet (valorisation environnementale), sur les nouveaux métiers créés par les applications (valorisation sociale) et, enfin, sur les conséquences pour le secteur de la formation (valorisation pédagogique).

Enfin, les domaines de recherche utilisés pour la ventilation des Cellules d’évaluation des dossiers sont les suivants:

  • Champs électriques et magnétiques ; antennes & propagation ;
  • Composants électriques ;
  • Électronique de puissance ;
  • Énergie (production, transport, distribution, stockage & utilités) ;
  • Informatique ;
  • Laser & électro-optique ;
  • Matériaux électriques; conducteurs & isolants ;
  • Micro systèmes, micro technologies & MEMS ;
  • Nucléaire & plasma ;
  • Robotique & automation ;
  • Systèmes de contrôle ;
  • Technologies de la communication, systèmes & dispositifs ;
  • Tests & mesures ;
  • Traitement du signal ;
  • Autres.
Partenaires scientifiques

Diverses associations et sociétés spécialisées sont déjà intervenues pour valider la démarche du Campus, proposer leurs ressources (entre autres, évaluateurs de projets, carnets d’adresses) et diffuser l’information par leurs canaux propres. La distribution géographique de ces mentors permet d’offrir à l’événement et à ses partenaires/sponsors une visibilité internationale cautionnée par des acteurs reconnus. On compte parmi celle-ci :

  • AIM – Association des Ingénieurs de Montefiore (Belgium)
  • ARAMIS – Assocation pour la Recherche Avancée en Microélectronique et Intégration de Systèmes (Belgium)
  • EPE – European Power Electronics & Drives
  • EPRI – Electric Power Research Institute – USA
  • ESF – European Science Foundation
  • EUREL – European Convention of National Societies of Electrical Engineers
  • FEANI – Fédération Européenne d’Associations Nationales d’Ingénieurs
  • FNRS – Fonds National de la Recherche Scientifique (Belgium)
  • IEEE/R8 – Institute of Electrical and Electronics Engineers (global)
  • INES – International Network for Engineers & Scientists for Global Responsibility (global)
  • SEFI – Société Européenne pour la Formation des Ingénieurs
  • SRBE – Société Royale Belge des Electriciens
  • WFEO/FMOI – World Federation of Engineering Organisations/Fédération Mondiale des Organisations Nationales d’Ingénieurs

Par ailleurs, afin de valider l’approche d’Electralis 2001 globalement et l’approche Campus, plus spécifiquement (entre autres: définir les critères élargis de sélection des projets), un Comité Prospectif Electralis 2001 (“Advisory Committee”) est actuellement en cours de constitution. Réparti en trois groupes de sept experts internationaux (7 scientifiques, 7 opérateurs institutionnels et sept industriels), il sera sollicité par les organisateurs de la manifestation, d’abord pour répondre à un questionnaire de 21 questions qui permettra de fonder plus avant les contenus d’Electralis 2001. En participant aux différents comités et groupes de travail des trois événements principaux, ils permettront de garder le cap quant à la justesse du propos. A titre promotionnel également, leur crédit international ne manquera pas de rejaillir sur l’Année électrique et ses partenaires/sponsors.

Dispositif Campus

La seule exposition de projets scientifiques ne constitue pas en soi une invitation à l’action. Or, la démarche Campus vise précisément à inciter les trois communautés professionnelles invitées à agir, c’est à dire à mesurer lucidement les contraintes et les opportunités liées aux nouvelles technologies de l’électricité, à échanger les projets et à concrétiser à court terme des partenariats tant en termes de R&D qu’en termes commerciaux. Il a donc fallu ajouter au seul “congrès scientifique” de base une série de dispositifs visant à atteindre ces objectifs. L’équipe du Campus a dès lors développé un modèle, baptisé “PROTEUS“, qui, grâce à une série de dispositifs, crée pour chaque type de visiteur une marche à suivre (track) débouchant sur l’action. Ainsi, le Campus sera-t-il a priori composé de 4 espaces distincts fonctionnellement: un espace central (Projets) et trois espaces satellites (Acteurs, Labo et Rencontres).

  1. Espace PROJETS (Projects Area) : motivation scientifique de la rencontre, cet espace central est animé par trois dispositifs qui permettront au visiteur de découvrir et de comprendre mieux les opportunités générées par les laboratoires de recherche : (a) une exposition des posters scientifiques présentés par les laboratoires sélectionnés. Les supports visuels seront mis en forme afin de faciliter la compréhension par tous de propos souvent très pointus; on s’oriente actuellement vers un temple dont les colonnades seront à trois faces, chaque face portant un poster ; (b) une Agora principale où seront données sept conférences cadencées faisant chacune la synthèse d’un enjeu ciblé par le Campus (gestion des Affaires, de l’Énergie, de l’Information, de la Production industrielle, des Réseaux, du Savoir et de sa transmission, du Vivant) ; (c) des “Agorettes” où chaque chercheur accompagnant un projet primé disposera d’une demi-heure pour le présenter et répondre aux questions des visiteurs.
  2. Espace ACTEURS (Players Area) : premier espace satellite, il s’assimile plus à un salon professionnel, à ceci que la qualité et la variété des exposants primera sur la multiplicité des stands identiques. Les trois types d’acteurs ciblés pourront y expliquer et y montrer comment ils intègrent les innovations technologiques dans leur action. Le visiteur viendra y identifier les responsables du secteur et concevoir combien la réalité à venir pourra naître du point d’équilibre entre leurs actions conjuguées. Deux types de stands seront proposés : (a) les stands traditionnels assimilables aux stands traditionnels des salons professionnels ; (b) les îlots de stands virtuels où les exposants ne seront présents que via téléconférence.
  3. Espace LABO (Lab Area) : deuxième espace satellite dans le trajet Campus, il sera réparti en trois zones principales qui permettront au visiteur de participer : (a) une zone de démonstration des prototypes sélectionnés par le Comité scientifique ; (b) une exposition interactive consacrée aux nouveaux métiers qui apparaîtront via l’implémentation des nouvelles technologies de l’électricité ; (c) des ateliers consacrés aux nouvelles méthodes de formation et aux nouveaux contenus des curriculums scientifiques et techniques. On notera que les participants du congrès organisé par l’EPE et l’AIM en marge du Campus (congrès E=TeM²) descendront du campus (de l’ULg) pour des ateliers au cours desquels des spécialistes du contenu travailleront avec des spécialistes des TIC appliquées à la formation (campus virtuel, téléformation, etc.). Plusieurs classes permettront à chacun de tester les nouvelles méthodologies du virtuel.
  4. Espace RENCONTRES (Sharing Area) : comparable à une bourse d’opportunités technologiques, ce dernier espace satellite vers lequel convergent les différents trajets du visiteur professionnel. Celui-ci pourra y concrétiser (sur rendez-vous) sa trajectoire Campus en utilisant l’espace de négociation mis à sa disposition. Trois dispositifs : (a) les business tables, équipées de modules bureautiques complets et encadrées par une équipe d’interprètes et de secrétaires multilingues, elles pourront accueillir max. six personnes chacune ; (b) les stands réunissant les différents programmes (européens) de financement et d’aide à la négociation dans ce contexte (les animateurs de ces stands se tiendront à la disposition des visiteurs pour les conseiller) ; (c) les affichages de cotation en ligne des sept “bourses” du Campus (1 bourse par enjeu), sur lesquels les projets présentés verront leur cours varier en fonction des actions dont ils font l’objet (par exemple: une demande de rendez-vous vaut autant de points).

Le Campus se distinguant comme un événement de nature scientifique et professionnelle, les actions menées par la RW dans ces deux secteurs gagneront une visibilité internationale. La Région trouvera d’ailleurs sur la plate-forme du Campus un espace de travail et de promotion à valoriser, eut égard à la qualité du public ciblé. Les PME wallonnes se verront offrir, non seulement, un instantané de veille technologique tel que rarement disponible. Parallèlement, plus d’une opportunité d’affaires devrait être générée par le creuset technologique du Campus (les laboratoires présents cherchent autant à valoriser leur recherche qu’à identifier des producteurs et des distributeurs pour leurs produits). L’intégration de scientifiques et d’industriels wallons dans des structures d’évaluation par ailleurs cautionnées internationalement mettra en évidence l’excellence disponible dans notre région. Tant les entreprises exportatrices que les industriels en quête d’innovations ont tout à gagner dans ce concentré de l’offre/demande internationale du secteur de l’électricité. La Wallonie – dans une nouvelle logique internationale de réseaux où, par définition, il n’y a plus de centres vitaux- pourra se profiler comme un carrefour d’excellence, un nœud pertinent dans un secteur en mal de structure.

Chef de projet (jusqu’en décembre 2000) : Patrick Thonart.


3. Forum

Avec le Forum, Electralis 2001 entend développer l’axe géopolitique de son programme.  Le Forum réunira l’ensemble des décideurs et des acteurs de l’électricité afin de décloisonner la réflexion, envisager les enjeux politiques, économiques et sociaux liés au développement des marchés de l’électricité et évaluer le chemin à parcourir, les ressources à mobiliser et définir les étapes clés pour qu’au 21e siècle, l’électricité soit accessible à tous. Sous l’intitulé « Une électricité pour tous, propre et rentable dans le siècle de l’information », le Forum d’Electralis 2001 abordera, avec la démarche sociétale propre à Electralis 2001, les enjeux géopolitiques de l’électricité dans les cinquante prochaines années. A l’heure actuelle, plus d’un tiers des habitants de la planète – soit plus de deux milliards d’individus – n’ont pas accès à l’électricité. A titre individuel, ils sont ainsi privés des services les plus élémentaires; à titre collectif, leurs sociétés restent à l’écart, ou à la traîne, de la révolution des technologies de l’information qui occupent une place sans cesse plus prépondérante dans le partage des connaissances et dans la prise de décisions rapides à l’échelle mondiale.

Dans ce contexte, où l’électricité s’affirme comme un élément essentiel, voire « structurant » de nos sociétés modernes, il importe de considérer l’accès à l’énergie électrique non plus seulement en termes d’infrastructures ou de technologies, mais aussi en termes de conditions permettant le développement économique, social et politique durable de notre planète.

Cette approche résolument originale des enjeux du marché de l’électricité s’inscrit dans le droit fil des préoccupations politiques des institutions internationales et des gouvernements, mais elle rencontre également les attentes du secteur économique international qui veut développer ses activités sur les marchés émergeants.

Le Forum examinera, d’une manière spécifique, les différentes situations économiques régionales (pays en transition ; pays en développement).  La discussion tournera autour des problématiques suivantes, qui seront encore précisées par le Comité Scientifique :

  • restructuration des marchés de l’électricité (normes et politiques à établir)
  • financement des investissements
  • nouvelles opportunités d’affaires
  • formation et transfert de connaissances
  • éthique

Au vu de son contenu, il apparaît clairement que le Forum concerne un public international de décideurs et d’acteurs du marché de l’électricité. En particulier sont visés :

  • les responsables politiques et les représentants des organismes publics liés à la politique de l’énergie (département d’état, agences,…), que ce soit au niveau national ou intergouvernemental,
  • les producteurs et distributeurs d’électricité,
  • les industriels et les professionnels actifs dans le domaine des nouvelles technologies de production de l’électricité et des nouveaux services énergétiques associés (cleaning-up, reconversion, efficacité énergétique, réseaux virtuels,…),
  • les organisations internationales,
  • les organismes de financement,
  • la communauté scientifique et universitaire,
  • les associations et les ONG actives dans le domaine.

Un Comité Scientifique International sera constitué pour assurer le suivi et la validation du cadre intellectuel de la manifestation.  Il se réunira deux fois en 2000. Le Comité scientifique est composé d’experts de renommée mondiale, choisis sur base d’une représentation équilibrée des différentes compétences. Il est présidé par Monsieur Jacques Lesourne, Président de Futuribles International. A l’heure actuelle, une liste d’experts a été identifiée, elle pourra être modifiée en fonction de l’évolution des thèmes couverts par le programme du Forum.  Ces experts seront contactés individuellement après validation de cette liste par le Comité de Pilotage local :

  • El Habib BENESSAHRAOUI, Directeur Général IEPF
  • Boris BERKOVSKI, Secrétaire Général de la Commission Solaire Mondiale
  • Klaus BRENDOW, Ex-coordinateur du WEC – Europe de l’Est
  • Dr. Abeeku BREW-HAMMOND, University of Science and Technology, Kumasi
  • Mr CLAESSENS, Membre de IIASA
  • Benjamin DESSUS, Directeur scientifique adjoint au CNRS, membre du groupe chargé du rapport « Energie 2010-2020 » pour le Commissariat français du Plan
  • Daniel DUMAS, Secrétariat du WEC – Responsable Planning and Strategies
  • Prof, Anton EBERHARD, Head of the Energy and Development Research Center (EDRC), University of Cape Town
  • Emad EL-SHARKAWI, WEC – Egypte
  • Samuele FURFARI, Chef Unité Adjoint, Commission européenne – DG Energie « Analyses prospectives & dimension environnementale »
  • Peter GARFORTH, Consultant business alliances for energy conservation
  • Olivier GODART, Directeur de recherche au CNRS et CIRED
  • José GOLDEMBERG, Professeur à l’Université Sao Paulo, ancien Ministre des Sciences & Technologie; ancien Ministre de l’Environnement
  • Mr GRUBLER, Membre de IIASA
  • Kurt HOFFMANN, Fondation pour l’énergie durable de Shell
  • Karl JECHOUTEK, Conseiller, Banque mondiale
  • Thomas JOHANSSON, Directeur, Département Energie et Aptmosphère, PNUD
  • Jean JOGET, Responsable des projets africains EDF
  • Stephen KAREKEZI, African Energy Research Network (AFREPEN)
  • Thomas E. LA BERGE, Senior Program Director, META Group and Energy Information Strategies
  • Jacques LESOURNE, Président de Futuribles International
  • Mark MWANDONZA, Institut de recherche, Ghana
  • R. K. PACHAURI, Directeur, Tata Energy Research Institute – TERI (New Delhi)
  • Walt PATTERSON, Senior Research Fellow, Royal Institute of International Affairs – Energy and Environment Programme
  • Assaad SAAB, Cellule de prospective internationale EDF
  • Kyaw K. SHANE, Senior Economist Officer, Division du Développement durable des Nations Unies
  • Rolf SPRENGER, Professeur au Franhofer Institute (Munich) et Collège d’Europe
  • Maurice STRONG, Président, Earth Council
  • Bernard THIRY, Economiste, Président de la Commission de Régulation de l’Electricité et du Gaz (CREG)
  • Frank TUGWELL, Président de Winrock International
  • Robert WILLIAMS, University of Princeton
  • Kurt E. YEAGER, Président d’EPRI

Le Forum se déroulera sur trois journées, du 6 au 8 novembre 2001, au Palais des Congrès de Liège. La nature de la manifestation, ainsi que sa coïncidence avec la présidence belge de l’Union Européenne au second semestre de 2001, milite en faveur d’une implication formelle de l’Etat fédéral. En outre, le thème « Energie et transport » retenu pour la 9e Commission du Développement durable des Nations Unies (dans le cadre de la préparation de Rio +10) accroît la pertinence du sujet choisi pour le Forum d’Electralis 2001, qui pourrait être utilement valorisé dans ce cadre…”

Chef de projet : Annick Burhenne.


La tradition veut que Louis Maraite, journaliste et homme politique liégeois, ait eu l’idée d’Electralis 2001 en renouant les lacets de ses chaussures de jogging au pied de la statue de Zénobe Gramme (pont de Fragnée, Liège) et en constatant que l’inventeur de la dynamo industrielle était mort en… 1901. Quoi de mieux pour fêter un centenaire qu’une bonne centaine d’années ?

Plus de technique ?

MERCH : Samy Madeha Samy Mitady (2005, Artothèque, Lg)

MERCH Myriam, Samy Madeha Samy Mitady
(sérigraphie, 75 x 95 cm, 2005)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

Myriam Merch © nocomment.mg

Myriam MERCH, alias Sexy Expédition Yéyé est née en 1955. Après avoir animé des ateliers en arts plastiques au CREAHM, l’artiste belge autodidacte Myriam Merch s’est installée à Madagascar en 1992. Ses œuvres sont réalisées à partir d’assemblages de clous, de matériaux de récupération comme le plastique, le métal, les bois flottés. Prix Europe de peinture en 1984, elle réalise des peintures figuratives très colorées dans la mouvance de la Figuration libre.

Myriam Merch met en scène un univers de paradoxes où se mêlent les rites et coutumes, les anecdotes, les histoires de son pays d’adoption, marqués par des couleurs foisonnantes.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Myriam Merch ; nocomment.mg | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

PHILIPPE : L’art mosan et les fonts célèbres de Renier l’Orfèvre (in La vie liégeoise, 1978)

ANDRIEN Mady, Les Principautaires (1992) © G.J. Koppenaal

“1978 est l’année des sept merveilles de Belgique, suivant l’heureux thème choisi par le Commissariat général au Tourisme. Comme les fonts baptismaux de Liège y sont repris, la rédaction de notre revue a demandé à un spécialiste de l’art mosan, le Professeur Joseph PHILIPPE, Conservateur des Musées d’Archéologie et d’Arts décoratifs de Liège, auteur de plusieurs études consacrées à cet art et co-auteur (pour le texte et le choix des images) d’un film de 16 mm en couleurs intitulé «Trésors de l’Art mosan» (cinéaste : Pierre Levie) [00], de présenter cette oeuvre fameuse dans le cadre général de l’art mosan et du patrimoine artistique spécialisé de notre ville où le Musée Curtius occupe la première place depuis sa création en 1909. 1978, c’est vingt ans exactement après la Saison liégeoise 1958 qui fit entreprendre une nouvelle mise en valeur des fonts…” [note de la rédaction de La Vie liégeoise]


Brochure de La vie liégeoise (mars 1978)

Ce texte reproduit un ‘tiré à part’ (5.500 exemplaires, épuisé) de «La Vie liégeoise» (Liège, mars 1978), périodique mensuel édité par l’Echevinat du Commerce, des Classes moyennes et du Tourisme de la Ville de Liège, en collaboration avec l’a.s.b.l. “Les manifestations liégeoises” | Texte et choix des illustrations : Joseph PHILIPPE | Maquette : Office du Tourisme | Photos : A.C.L., Collections Musée Curtius, L. Neujean, F. Niffle, Robyns | Clichés : Lemaire Frères – Liège | Impression : Lesire – Liège]


Liège a la chance -et c’est justice- de conserver dans deux de ses musées (au Musée Curtius [01] d’abord et surtout, au Musée diocésain [02] aussi, à la Bibliothèque de l’Université et dans plusieurs de ses églises (Trésor de la cathédrale, églises Saint-Barthélemy, Saint-Jean l’Evangéliste et Sainte-Croix) maintes oeuvres capitales ressortissant à l’art mosan. Notre ville expose ainsi le plus important ensemble de chefs-d’oeuvre mosans qui soit au monde, que grandit encore les importants témoins de l’architecture d’époque romane. Ceux-ci , le visiteur ira les découvrir aux églises Saint-Barthélemy, Saint-Denis, Saint-Jacques, Saint-Jean l’Evangéliste et Saint-Gilles. En outre, de précieux vestiges du pont des Arches, bâti sous Réginard, évêque de Liège (1025-1038), existent encore dans des caves de maisons sises près du pont actuel.

Le Musée Curtius est célèbre par sa fameuse trilogie artistique pré-gothique
mosane : l’Evangéliaire de Notger, la Vierge de dom Rupert et le Mystère d’Apollon. Pour sa part , l’église Saint-Jean l’Evangéliste regroupe trois bois sculptés parmi les plus beaux de Belgique : la Sedes sapientiae (vers 1200 comme l’a justement datée le comte J. de Borchgrave d’Altena et dont la draperie évoque des miniatures) [03], qui est certes la plus belle madone en majesté de la Chrétienté [sic] ; la Vierge et le saint Jean de Calvaire, vers 1230, à l’heure de l’éclipse de l’art mosan. A l’église Sainte-Croix, l’on verra la poignée de la clef pré-romane en bronze (VIIIe siècle) dite de saint Hubert et la staurothèque mosane en cuivre doré remontant au milieu du XIIe siècle. Sur cette poignée de clef, les animaux sont affrontés à la manière d’un chapiteau byzantin de l’église Saint-Vital à Ravenne.

Pour la bibliothèque de l’Université, retenons un chef-d’oeuvre : l’Evangéliaire d’Averbode (vers 1165-1180).

On a dit que Liège fut un paradis des prêtres, ce qui signifie que les églises y étaient nombreuses et belles, à l’époque romane déjà, par suite de l’expansion de la vie paroissiale, canoniale et conventuelle et, aussi , des heureux développements techniques et artistiques dont l’architecture religieuse mosane, parallèlement à celle du Rhin , bénéficiait depuis Notger. Mieux encore, Liège inspire, en dehors de ses murs et de son diocèse, des constructions religieuses dont elle a aidé à fixer le style. En témoigne la lointaine Pologne où, vers 1080, des moines de Saint-Jacques fondent l’abbaye de Lublin. En ce temps, l’architecte Hézelon de Liège a même contribué à la conception et à la réalisation de l’église abbatiale de Cluny III (1088-1115). La métropole mosane pouvait être fière de sa parure d’églises romanes dont le vaste joyau, bâti à l’aune de l’Occident restait en ce temps la cathédrale Saint-Lambert [04], édifiée par Notger et consacrée par Baldéric Il, qui sera détruite lors de l’incendie de 1185 et remise en chantier sous l’évêque Raoul de Zahringen (+ 1190). Ces maisons de Dieu, les peintres, les verriers, les émailleurs, les menuisiers et les ferronniers, ainsi que les sculpteurs (la Vierge de dom Rupert provient de l ‘ancienne abbaye de Saint-Laurent) et les fondeurs les embellirent à des titres divers. Tous -artisans et ceux que, plus tard, on a appelés artistes- faisaient partie d’une même famille au service du culte entre Meuse et Rhin. De l’an mil au XVe siècle, la dinanderie sera, avant tout, une affaire mosane. Bruges et l’Angleterre comptèrent parmi les clients des fondeurs mosans.

Nanesse, Tchantchès et… Charlemagne à Liège

Sous Charlemagne et dans toute la force de l’expression, due à Eugen Eurig, «le coeur de l ‘Empire battait sur la Meuse». Les résidences royales étaient groupées autour du fleuve (Herstal, Jupille et Chèvremont) et, pour ce qui est des relais forestiers, dans le massif ardennais. Avant qu’il ne fît d’Aix-la-Chapelle sa résidence favorite (sedes regalis, urbs imperialis), alors que Maastricht dut être un vicus notable, Charlemagne donna la préférence au palatium de Herstal près Liège. Si Jupille dut être une villa de chasse, le palais royal fortifié de Chèvremont -«un complexe grandiose» a dit justement Joseph Mertens, le fouilleur du site en 1965-1967- avait été décoré avec faste (solemniter decoratus). Dans la cité de saint Lambert qui, à l’époque romaine, fut un petit vicus, Charlemagne battit monnaie avant 800 et fit plusieurs séjours.

Ce sera un éminent personnage d’origine souabe, intime des Otton, Notger, prince-évêque de Liège de 972 à 1008, qui s’imposera par son action et par son oeuvre comme le vrai fondateur des gloires liégeoises à l’orée des temps romans. Grand bâtisseur, il le fut dans toute l’acception du terme. Il dote le siège de son évêché d’un palais et d’une couronne d’églises d’où émerge la déjà grandiose cathédrale Saint-Lambert.

Notger de Liège (930-1008)

Ouvert sur l’Occident et jusqu’en Italie, Notger fait ainsi entrer Liège, orientée par la Rome des Otton (936-1024), dans le concert des grandes cités monumentales et artistiques, mais comme l’étude de la peinture et du vitrail, ainsi que de la musique, nous le fait pressentir, ce n’est pas sans devoir à ses devanciers des IXe et Xe siècles. C’est ce qu’il fallait rappeler en prévision de la commémoration du millénaire de la Principauté de Liège en 1980.

A la mort de Notger, en 1008, l’oeuvre si vaste de l’éminent évêque bâtisseur n’était pas achevée. Sous son impulsion, les chantiers d’églises ont été actifs à Liège aux XIe et XIIe siècles, en conformité avec le remarquable développement d’une économie à l’échelle de l’Occident. Considérable fut alors le rôle aux aspects multiples joué par la Meuse, grâce à l’étroite appartenance de ce fleuve au système rhodanien-rhénan de voies de communication, dirigées d’une part vers l’Italie, de l’autre vers le delta de la Meuse et du Rhin. Dès l’an mil, le pays mosan commerçait avec des cités parfois éloignées, avec Metz, ville-soeur de Liège à l’époque romane et localité importante au point de vue artistique par ses ivoires du Xe siècle, et Londres, d’où les marchands mosans rapportaient l’étain des Cornouailles indispensable aux fondeurs. Mais il faut surtout tenir compte de ce que l’éveil et le progrès artistiques ont été facilement stimulés à Liège et dans le diocèse par l’action directe de Notger, du fait de ses contacts intimes et répétés avec la cour impériale et l’Italie, deux des sources principales de l’art mosan des Xe et XIe siècles.

Depuis l’époque carolingienne, la présence en Lotharingie de moines et de clercs italiens était constante. Ce fait historique est connexe au caractère antiquisant, romain ou gréco-romain, des ivoires mosans du XIe siècle et des chefs-d’œuvre de l’orfèvrerie lotharingienne du XIIe siècle. La survie de l’antique au XIe-XIIe siècle, en pays mosan, s’explique nettement moins par Byzance que par les modèles carolingiens fournis par l’ivoirerie et la miniature, ainsi que, peut-être, par les survivances artistiques gallo-romaines locales.

Dans le genre et pour l’époque, la plaque d’ivoire qui rehausse le plat supérieur du fameux Evangéliaire de Notger est l’une des pièces les plus remarquables qui soient au monde. Seules les données iconographiques sont d’essence byzantine. Par-delà l’art carolingien, ses modèles relèvent, au point de vue du style, de l’art chrétien primitif d’Occident : le Christ en gloire (il bénit à la manière latine) de l’ivoire de Notger est le frère esthétique du personnage assis de la pyxide d’Abraham à Berlin (vers 400). Chef-d’oeuvre de l’ivoirerie mosane, l’ivoire de Notger a été destiné par cet illustre prélat à enrichir le codex des Evangiles [5] avec la date desquels il s’accorde mieux qu’il n’a semblé dans le passé.

Par le style de la Majestas Domini, l’esprit et les divers éléments de la scène où figure Notger, le sens à donner au nimbe, à l’attitude de l’évêque agenouillé devant une basilique symbolique, au codex que le prélat tient en mains et à l’inscription notgérienne (datée par la graphie Notkerus), l’ivoire qui porte le nom de Notger postule une date contemporaine : l’an mil. Cette date, défendue par nous, a été confirmée par l’Exposition “Rhin-Meuse” qui s’est tenue à Cologne et à Bruxelles en 1972.

Le climat artistique où s’insère l’épiscopat de Notger mérite d’être précisé à l’échelle de l’art d’Occident dont les tendances sont loin d’être uniformes. Il en découle que les splendides fonts de Saint-Barthélemy ne doivent être considérés comme une sorte de miracle qu’en fonction de leur haute qualité et des difficultés techniques vaincues. A leur naissance, sous l’épiscopat d’Otbert, n’ont pas présidé, dans le temps et pour les courants d’influence, les mêmes parrains que ceux de l’ivoire de Notger. Celui-ci ne présente pas de caractères romans et, par l’étape  carolingienne, se situe dans le courant dont l’art chrétien primitif d’Occident est la source première. Sa perfection n’apparaît précoce que si l’on oublie les coreligionnaires messins, les grands ancêtres carolingiens de Lotharingie, telle l’intaille de Waulsort (British Museum), le sceau du prélat et les créations mosanes et ottoniennes du XIe siècle, dans les domaines de la miniature, de la taille de l’ivoire et de l’orfèvrerie.

Dans l’art mosan, l’épiscopat d’Otbert (1091-1119) marque la nette déviation de la manière classico-latine des ivoires à grandes et petites figures (tel l’ivoire du XIe siècle aux trois Résurrections, du Trésor de la cathédrale de Liège, encore marqué par le maniérisme carolingien) vers la stylistique romane, plus byzantinisée, à laquelle s’est essayé avec bonheur l’auteur, un miniaturiste, de la Majestas Domini de Stavelot (1097) et qui n’a pas répugné au grand orfèvre fondeur Renier, dans ses fonts baptismaux célèbres, tout imprégné qu’il était encore de l’art post-carolingien et notgérien. Cette période de transition nous introduit dans l’âge romano-byzantin du métal où, jusqu’à l’aurore du XIIIe siècle, va triompher l’orfèvrerie mosane et auquel notamment, par leurs encadrements moulurés à adoucis et les reliefs qui s’en détachent, se relient d’autres chefs-d’oeuvre, deux sculptures liégeoises sur pierre du XIIe siècle (Musée Curtius) : la remarquable Vierge de dom Rupert (vers 1130) et l’étonnant Mystère d’Apollon, sortis d’ateliers différents.

Par la forme générale du modèle byzantin créé avant 1100, par la graphie des plis du vêtement de la Vierge et par le coussin en forme d’obus, la Vierge de dom Rupert ressortit aux oeuvres qui présentent la marque iconographique de Byzance que les Croisades avaient sollicitée. Le prototype est proche de celui auquel se réfère une des figures mariales des portes en bronze de Ravello, en Italie. Cette Vierge illustre la symbolique romane de la porte céleste, avec assimilation de Marie à la Nouvelle Eve (symbolique de la pomme et non Vierge allaitant).

Pensée, symbole et philosophie, les temps romans les ont pétris, mêlés, pour le service de la religion, mais pas toujours dans l’orthodoxie, comme l’a établi notre étude de l’extraordinaire monument en pierre sculptée qu’est le Mystère d’Apollon où, en ce qui concerne le style, les draperies sont presque «mouillées ».

C’est dès le XIe siècle que la pensée et l’art romans se dessinent. Ce fait dicté par l’histoire est susceptible d’être précisé dans ses limites chronologiques car l’efflorescence artistique, littéraire et monastique du XIIe siècle mosan a été largement préparée dès l’an mil. Le XIIe siècle occidental, pas plus que le XIe, n’est un réveil miraculeux. Nous lui dénierions même la qualité de renaissance, puisque son plus grand mérite fut d’amplifier et d’orchestrer les acquits des Xe et XIe siècles, dont la reconquête par les archéologues n’est pas encore achevée. Ces siècles moins favorisés par notre connaissance ont eu aussi le goût positif des classiques, retrouvé chez tous les auteurs liégeois. Au XIe siècle, Liège, où sera formé Cosme de Prague, le premier historien de la Bohême, s’affirme déjà pleinement une cité savante par ses clercs, sa culture musicale et, dans la seconde moitié du siècle, par son importante correspondance de mathématiciens.

S’il y a une pensée romane, et la France du vitrail en a iconographiquement bénéficié, il y a des arts mosans dont deux des traits d’union sont, d’une part, le goût généralisé de la polychromie et, d’autre part, ce «graphisme» qui, par la schématisation fonctionnelle, signale un aboutissement de la recherche plutôt qu’une formule neuve. L’art mosan y ajoutera le respect maintenu des formes pleines. Avec Renier l’orfèvre, il rénovera la sculpture monumentale en Occident.

L’Eglise Saint-Barthélemy, à Liège, a l’insigne honneur de conserver, depuis 1804, les fonts baptismaux en laiton qui proviennent de l’ancienne église liégeoise Notre-Dame-aux-Fonts, édifice annexe de l’ancienne cathédrale Saint-Lambert dont il était le baptistère, où ils demeurèrent jusqu’en 1796. Ces fonts étonnants, coulés d’une seule pièce (personnages compris) vers 1112 dans un alliage de cuivre, sont sans conteste le grand chef-d’oeuvre de l’art mosan du XIIe siècle.

Comme l’assure le «Chronicon rytmicon» (chronique rythmée) de 1118, l’abbé de Notre-Dame-aux-Fonts, Hellin (1107- 1108), archidiacre de Liège, passe la commande de ces fonts, sans que nous connaissions ni la date précise ni l’auteur. Celui-ci est identifié par une chronique plus récente (fin du XIIIe siècle) à un bourgeois de Huy, Renier (décédé vers 1150 ), auri faber Hoyensis dont le nom figure dans l’obituaire de l’abbaye du Neufmoustier (Huy), conservé au Musée Curtius.

Cinq scènes en haut-relief ornent la cuve et glorifient le baptême en harmonie avec la Bible : le Baptême de Jésus dans le Jourdain (avec la figuration renouvelée du fleuve), la Prédication de saint Jean-Baptiste, le Baptême des publicains, le Baptême du centurion Corneille (Actes, X, 1-18 et XI, 16 s.) par saint Pierre, et le Baptême légendaire du philosophe Craton par saint Jean L’Evangéliste. La cuve elle-même repose sur des boeufs (douze à l’origine). L’intérêt iconographique de l’oeuvre est grand pour le moyen âge roman, notamment par la présence de deux scènes exceptionnellement représentées le Baptême du centurion Corneille et celui de Craton le Philosophe où, chez l’un et l’autre, est utilisée une cuve profilée comme dans les fonts de Liège.

Un sol ondulé relie les cinq scènes se détachant superbement sur un fond neutre, que déterminent les inscriptions étudiées jadis par E. Evrard, séparées par des arbres synthétisés pareils à ceux de l’art byzantin dans sa formule ravennate. La prédication de saint Jean-Baptiste dans le désert de Judée [6] nous montre le Précurseur face au remarquable groupe de quatre auditeurs attentifs dont le soldat à qui saint Luc (III, 14) fait dire : “Que devons-nous faire ?”.

D’après le premier Livre des Rois (VII, 23-26), les douze boeufs portaient la Mer d’Airain également circulaire du parvis du temple de Jérusalem. Ils sont ici (dix sont originaux) assimilés par l’inscription aux douze apôtres. Rupert de Saint-Laurent (De Trinitate, 21-23) a, par l’écrit, exprimé aussi une concordance typologique entre l’Ancien et le Nouveau Testament suivant la symbolique propre au pays mosan. Le couvercle était illustré par des figures de prophètes et d’apôtres ; il a disparu lors de la Révolution française de 1789.

En 1181, le grand orfèvre mosan Nicolas de Verdun, dans l’Ambon de Klosterneuburg près de Vienne reprit la Mer d’Airain comme préfigure du baptême. Groupés trois par trois, les boeufs, à Jérusalem comme à Liège, regardaient les points cardinaux. La Bible précise encore : “la mer était sur eux, et toute la partie postérieure de leur corps était cachée en dedans”.

Fondus avec un art à peine comparable, ces fonts baptismaux sont une des plus belles réussites médiévales du travail du métal qui, au-delà de l’an mil, fut déjà l’une des vocations essentielles du pays mosan et de Liège, sa métropole artistique. Et le comte J. de Borchgrave d’Altena posa une question judicieuse : “où trouver au Quattrocento des anges plus beaux que ceux qui existent au baptême de Jésus en se voilant les mains selon un rite oriental ?”.

D’heureuses circonstances nous ont révélé l’existence au Museo Vetrario, à Murano, d’un bas-relief en marbre datant du début du XIVe siècle, oeuvre qui nous a permis, par le truchement de l’iconographie et de l’esthétique, de relier par un fil encore ténu l’âge d’or de l’art mosan du XIIe s iècle à la Renaissance italienne, toute pénétrée aussi d’un classicisme fortement imprégné des leçons romaines antiques.

Les données iconographiques telles que nous les connaissons par les fonts de Liège et le bas-relief de Murano sont, elles, d’origine byzantine, d’autant plus compréhensibles à Venise que cette ville fut un important relais dans la diffusion de l’art byzantin en Occident.

Plus qu’aucune autre terre d’art en Occident, l’Italie a été pénétrée par les modes byzantines dont le succès s’est prolongé jusqu’à l’aube de la Renaissance. Nous pensons que le bas-relief de Murano a été exécuté en Italie vers les années 1300 par un artiste encore byzantinisé. Malgré ses mérites, cette oeuvre, quoique bien plus tardive, ne pourrait rivaliser par la qualité artistique avec les fonts baptismaux de Liège, l’un des sommets de l’art de tous les temps. Ici, l’auteur, Renier l’orfèvre, s’est montré maître d’une prestigieuse plastique digne de l’antique que l’artiste italien n’a su entrevoir que par des poncifs de l’art byzantin. C’est Renier l’orfèvre, dont l’oeuvre est aussi d’une exceptionnelle réussite technique, et non cet artiste, qui est le vrai précurseur -par l’esprit et par les formes- de la Renaissance italienne.

Quelque soixante ans après la création des merveilleux fonts de Liège, un fondeur italien coulait les anges annonciateurs de la Nativité de la porte en bronze du dôme de Pise. Voilà une étape italienne où, pour le XIIe siècle, le goût des formes sculpturales atteste un printemps lointain de la Renaissance. Mais les formes sont plus schématiques qu’à Liège et davantage dans l’esprit naïf qui caractérise la Création d’Eve d’une porte en bronze (1015) de la cathédrale d’Hildesheim.

Grâce soit rendue au mécène qui commanda les fonts de Liège –Hellin, abbé de Notre-Dame-aux-Fonts, la paroisse primitive de la cité de Liège- et surtout à Renier l’orfèvre, leur auteur d’origine hutoise. Chez cet éminent artiste, le sens des formes lui fait devancer les créations italiennes sur les voies du classicisme le plus pur, bien que le style soit nettement d’esprit roman.

Dans le modelé et le mouvement des corps ainsi que dans le drapé, l’art mosan a été fortement marqué par la manière des fonts baptismaux de Saint-Barthélemy, jusqu’à l’époque de Nicolas de Verdun, mais l’art rhénan a également bénéficié du rayonnement de cette oeuvre étonnante, tant par ses qualités artistiques insignes que par ses mérites techniques extraordinaires.

La leçon de Renier l’orfèvre ne sera toutefois pas exclusive. Nous ne la retrouvons pas dans les reliefs des longs côtés de la châsse de saint Hadelin à Visé qui s’expliquent, sur le plan de l’esthétique, beaucoup plus en fonction du retable de Bâle (Paris, Musée de Cluny), antérieur à 1020, et de la Pala d’Oro d’Aix-l a-Chapelle (vers 1050).

Gloire à l’art mosan, aujourd’hui parfaitement imposé sur le plan international, et aux plus beaux fonts médiévaux du monde, ainsi qu’à leur génial auteur. Elle rejaillit sur une ville dont le patrimoine artistique ancien constitue sa plus grande richesse culturelle. C’est un honneur mais aussi comme le précise admirablement l’inscription latine du toujours énigmatique Mystère d’Apollon (Musée Curtius) : “Tout honneur est une charge…”

Joseph PHILIPPE


Les fonts de Renier l’orfèvre (vers 1112)
Illustrations présentes dans la plaquette… et sur la toile :
  1. Monnaie en argent de Charlemagne (lire “Carolus“) frappée à Liège (“Leodico“). Pièce très rare (Liège, Musée Curtius).
  2. Folio à lettrine enluminée des évangiles dits de Notger. Xe siècle (Liège, Musée Curtius).
  3. L’ivoire de Notger. Détail : Notger nimbé, tenant un codex et agenouillé devant une basilique symbolique ; derrière lui, sa cathèdre épiscopale. Chef-d’oeuvre de l’ivoirerie mosane vers l ‘an mil. (Liège , Musée Curtius). Photo F . Niffle, Liège.
  4. La Vierge dite de Xhoris. “Sedes Sapientiae” mosane du XIe siècle, acquise par le Musée Curtius en 1958. Bois sculpté et originellement polychromé (Liège, Musée Curtius).
  5. L’Evangéliaire d’Arenberg (acquis par le Musée en 1960). Plat supérieur mosan de la reliure, avec une plaque en argent repoussé et doré et des émaux, l’une et les autres du XIIe siècle. Le manuscrit peut être daté entre la fin du XIe siècle et vers 1130. Son origine de production reste à être située. (Liège, Musée Curtius).
  6. Email mosan de la seconde moitié du XIIe siècle. Plat supérieur de la reliure de l’Evangéliaire de Notger. Figuration du fleuve Fison. (Liège, Musée Curtius).
  7. Un des émaux champlevés mosans de la croix de Kemexhe. Le serpent d’Airain. 2e moitié du XIIe siècle. (Liège, Musée Curtius). Négatif A.C.L., Bruxelles.
  8. La Vierge de dom Rupert. Détail de la symbolique de la pomme (la Vierge est la Nouvelle Eve). Un des chefs-d’oeuvre de la sculpture sur pierre (grès houiller) en pays mosan. Milieu du XIIe siècle. (Liège, Musée Curtius). Photo F. Niffle, Liège.
  9. Le Mystère d’Apollon. Détail de la figure de l’Honneur (dans la composition, elle agrée l ‘offrande faite par le Travail et refuse celle des Soucis vains). Chef-d ‘oeuvre de la sculpture sur pierre (calcaire de Meuse) en pays mosan. Milieu du XIIe siècle. (Liège, Musée Curtius). Négatif A.C.L., Bruxelles.
  10. Commémoration de Renier l’orfèvreReinerus Aurifex») au f°92 de l’obituaire du Neufmoustier. Le non moins illustre Godefroid de Huy, également orfèvre, est cité au f°90v. (Liège , Musée Curtius).
  11. La Reine dans l’admiration des trésors d’art mosan en 1964 : aux fonts baptismaux de Renier l’orfèvre. (Liège. Photo Robijns)
  12. La Reine dans le lapidaire du Musée Curtius. Examen de la Vierge de dom Rupert et du Mystère d’Apollon. Avec le Conservateur. (Liège. Photo Robijns)
  13. Evangéliaire de Notger (Liège, Musée Curtius). L’illustration originale montrait la princesse Paola et le conservateur du musée devant ledit évangéliaire (photo : Robyns).
  14. Les fonts baptismaux de Renier l’orfèvre. Vers 1112 (Liège, église Saint-Barthélémy).
  15. Détail des fonts de Renier. Le baptème de Jésus dans le Jourdain, par saint Jean-Baptiste.
  16. Détail des fonts de Renier. La prédication de saint Jean-Baptiste.
  17. Détail des fonts de Renier. Le baptème des publicains, par saint Jean-Baptiste.
  18. Détail des fonts de Renier. Le baptème du centurion Corneille, par saint Pierre.
  19. Détail des fonts de Renier. Le baptème du philosophe Craton, par saint Jean-l’Evangéliste.

Plaquette émaillée à décor de palmettes (vers 1170) © Musée Curtius
Notes originales (en italiques) & points de lexique :
  • [00] Ce film avait été réalisé pour le Ministère de l’instruction publique.
  • [01] Sur les collections du Musée Curtius, les secondes de Belgique dans les domaines de l’archéologie et des arts décoratifs après celles des Musées royaux d’Art et d’Histoire à Bruxelles, voir PHILIPPE Joseph, Le Musée Curtius à Liège (Liège : Eugène Wahle, 1976) (sur la section d’art mosan, voir pp. 13-19 ; son importance la situe en tête des collections liégeoises).
  • [02] Les collections de ce musée (renommé par ses tissus, dont les deux suaires de saint Lambert), qui portera le nom de Musée d’Art religieux, seront transférées dans l’église Saint-Antoine, aujourd’hui désaffectée.
  • [03] Le fenestrage gothique ajouré du siège inclus dans celui où Marie est assise ne change en rien la date que nous maintenons. En architecture même, n’est-il pas établi que l’usage de l’arc brisé à Liège est pleinement attesté entre la fin du XIIe siècle et le début du XIIIe. Cf. notre Liège terre millénaire des arts, 2e éd. , 1975 , pp . 40-42.
  • Staurothèque : “Reliquaire renfermant une parcelle de la vraie croix” [GDT]
  • [04] Sur cet édifice, voir notamment PHILIPPE Joseph, Van Eyck et la genèse mosane de la peinture des anciens Pays-Bas, Liège, 1960. (avec références bibliographiques).
  • Pyxide : “Petit coffret à bijoux, en bois, en ivoire ou en métal précieux” [CNTRL]
  • [05] Les Evangiles de Liège sont rehaussés de quatre lettrines dont nous avons parlé dans notre L’Evangéliaire de Notger et la chronologie de l’art mosan des époques pré-romane et romane, Bruxelles, Académie royale de Belgique, 1956. Une comparaison pourrait encore être établie avec un codex du Trésor de la cathédrale de Troyes.
  • [06] Voir aussi l’Evangile selon saint Mathieu (III, 1-11).
  • Ambon : “Sorte de chaire ou tribune, ordinairement en pierre ou en marbre, placée à l’entrée du chœur des basiliques chrétiennes et des cathédrales et à laquelle on accède par des marches pour y faire certaines lectures publiques ou liturgiques, notamment l’épître et l’évangile, ainsi que la prédication” [CNTRL]

“Sedes Sapientiae” dite Vierge d’Evegnée (vers 1060) © Musée Curtius
Bibliographie originale
  • Jean LEJEUNE, A propos de l’art mosan. Renier l’orfèvre et les fonts de Notre-Dame, dans Anciens pays et assemblées d’état, II , 1959.
  • Suzanne COLLON-GEVAERT, Jean LEJEUNE et Jacques STIENNON, Art mosan aux XIe et XIIe siècles, Bruxelles, 1961.
  • Joseph PHILIPPE , Art mosan et pensée romane. A propos des fonts baptismaux de Saint-Barthélemy et du “Mystère d’Apollon”, Liège, 1964, (extraits de la Chronique archéologique du pays de Liège, même année).
  • Rhin-Meuse. Art et civilisation 800-1400. Catalogue de l’Exposition, Cologne-Bruxelles, 1972. (Avec références bibliographiques ; voir en particulier Marcel LAURENT et Suzanne COLLON-GEVAERT). Voir le n°G1 (Fonts baptismaux de Saint-Barthélemy par Dietrich KOTZSCHE).
  • Joseph PHILIPPE, Liège, terre millénaire des arts, 2e éd., chez Eugène Wahle, Liège , 1975. (Avec références bibliographiques).
  • Comte J . de BORCHGRAVE d’ALTENA, maints travaux de découverte. Voir notamment dans les Annales de la Société royale d’Archéologie de Bruxelles, t. LII (1967-1973), 153 pp., 130 f i g.
  • Joseph PHILIPPE, Meubles, styles et décors entre Meuse et Rhin, Liège , éd. Eugène Wahle, 1977. (Avec références bibliographiques).

Plus de sculpture ?

FOLIEZ, Jean-François (né en 1984)

Jean-François Foliez

Né en 1984, Jean-François FOLIEZ commence l’étude de son instrument dès l’âge de 4 ans, étudie le solfège à l’Académie de Huy et la clarinette en cours particuliers. A 16 ans, il se consacre au saxophone ténor et à l’improvisation d’abord dans le Big band de Liège, puis dans diverses formations. Il entre au conservatoire de Maastricht où il étudie le jazz avec le saxophoniste allemand Claudius Valk. Il s’inscrit ensuite au Conservatoire Royal de Liège, où il étudie la clarinette classique avec Jean-Pierre Peuvion, puis avec Benjamin Dietels. Il participe à une masterclass avec Eddie Daniels et à des cours particuliers avec Steve Houben.

Il joue au sein de nombreuses formations: JF Foliez’s Playground  (compositions du clarinettiste), Music 4 A While (musique baroque remise au goût du jour par Johan Dupont), O.S. Quintet (tribute to Benny Goodman, Bobby Jaspar), 3 J Trio (jazz New-Orleans), Vivo (orchestre eurorégional de Garrett List), The Swing Barons (cabaret swing années 20 avec show danseurs), After night (rythm’n blues), Gypsy Swing Quintet (Jazz manouche avec Christophe Lartilleux), Les 3 Mirlitons (trio de clarinettes).

Il a participé à de nombreux festivals : Jazz à Liège, Gouvy Jazz Festival, Festival Labeaume en musiques, Gaume Jazz Festival, Festival Musiq 3, Festival des midis minimes… (d’après IGLOORECORDS.BE)

“Truite arc-en-ciel” est le nouvel opus chansons du clarinettiste Jean-François Foliez. Jonglant entre émotion, humour et surréalisme, ce n’est pas moins de 17 musiciens qui ont participé à cette aventure à la croisée du jazz de la pop et de la musique classique…

“Jeux de mots sensuels coquins et musicaux, fort évocateurs sur une mélodie enveloppante, riche et rythmée. Une savoureuse badinerie amoureuse dans un décor inspirant… ”    (d’après LANVERT.BE en 2020)

Visiter le site de Jean-François Foliez…


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More Jazz…

PIERART : Mes drames et mes sueurs (2002, Artothèque, Lg)

PIERART Pol, Mes drames et mes sueurs
(photographie, n.c., 2002)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

Pol Pierart © mu-inthecity.com

Pol PIERART est né en 1955. Il vit et travaille à Embourg (Chaudfontaine), Belgique. Il a fait ses études à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège, section peinture décorative et option photographie, de 1972 à 1978. Il expose depuis 1979 ses peintures et photographies dans de nombreux musées et galeries belges. […] En 2010, il participe à l’exposition collective “Entre chien et loup” à la Galerie Les Brasseurs, puis, en 2011, à une autre exposition collective, “D’une certaine irrévérence”, à Paris, au Centre Wallonie-Bruxelles. (d’après CONTRETYPE.ORG)

Pour Pol Pierart, les jeux de mots, omniprésents dans ses travaux, ne sont pas une fin en soi. Le but essentiel est d’entrer en relation : “C’est la photographie qui crée la relation du fait que le regardeur, pour appréhender le travail, est amené à comprendre quelque chose. Le côté ludique et l’humour sont autant de moyens de renforcer le propos.” Il envisage ses séries photographiques comme un journal de bord et utilise le format carte postale, qui comprend toujours un caractère intime, renvoyant à la photo-souvenir. Les images vont à l’essentiel, rendant facile la lecture de l’œuvre, dont se dégage par ailleurs une certaine poésie. (d’après CONTRETYPE.ORG)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Pol Pierart ; mu-inthecity.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

CARNEVALI, Fabian : Sans titre (vers 1990)

© Fabian Carnevali

CARNEVALI, Fabian (1967-2019), Sans titre (photographie argentique, 30 x 30 cm, vers 1990)

Il se dégage de cette image un sentiment d’étrangeté, sinon de malaise, provoqué entre autres par la présence de jeunes gens dans un décor qui ne semble pas correspondre à leur âge – on les perçoit comme une sorte d’anachronisme. Le couple (s’agit-il d’ailleurs d’un couple ou d’un frère et sa sœur – l’ambigüité renforce le trouble) se répond par la symétrie des attitudes, en même temps qu’ils se distinguent l’un de l’autre comme des opposés complémentaires. Le masculin, lumineux, au pantalon clair, au chien blanc d’un côté. De l’autre, le féminin, obscur, à la jupe et aux bas noirs auxquels le chien se confond. Enfin, la pose de la jeune fille, qui fait remonter la jupe haut sur la cuisse, révèle une sensualité contenue – sensualité suggérée de manière plus explicite par le cadre accroché au mur. Il y a quelque chose de balthusien dans cette photo.

Philippe VIENNE


[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : rédaction  | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : Fabian Carnevali ; Philippe Vienne


Plus d’arts visuels…

GÉRARDY, Louis : Enfant chevauchant une tortue

Louis Gérardy, Enfant chevauchant une tortue © Philippe Vienne

Né à Liège, Louis GÉRARDY (1887-1959) étudie la sculpture à l’Académie royale des Beaux-Arts de Liège où, entre autres professeurs, il reçoit l’enseignement d’Oscar Berchmans. Même s’il se considère lui-même comme étant principalement un sculpteur animalier (souvent en bas-reliefs), Louis Gérardy a également reçu commande de la Ville de Liège pour des oeuvres commémoratives, telles que le buste du poète wallon Emile Gérard (place du Flot) ou la statue du Général Bertrand (place Théodore Gobert).

Conçu dans les années 1950, l’Enfant chevauchant une tortue fait partie de ces commandes. La sculpture était destinée à orner la pataugeoire de la plaine de Cointe, où elle faisait également office de fontaine – à l’origine, la tortue et le poisson crachaient de l’eau.

La sculpture dans la pataugeoire (vers 1960-65) © Giovanni Averna-Petrangolini

L’oeuvre sera retirée dans les années 1970 et placée dans les locaux de l’Echevinat de l’Instruction publique. Lors de la création du rond-point de la place du Batty, le Comité de quartier de Cointe a demandé à la Ville que la sculpture revienne dans son quartier d’origine – ce qui est le cas depuis 1998.

L’Enfant chevauchant une tortue est une oeuvre tardive de Gérardy, puisqu’il décède en 1959, traduisant son goût pour la représentation animale en même temps qu’une facture classique, sinon académique, qui résume assez bien sa production en général.

Robert Massart, Enfant chevauchant un poisson © Philippe Vienne

Dans la notice rédigée pour l’inauguration de 1998, l’historienne de l’art Pauline Bovy compare cette oeuvre à celle, contemporaine, de Robert Massart figurant un enfant chevauchant un poisson (Liège, quai de Maestricht). Les sujets sont en effet assez similaires, de même que l’attitude des enfants. En revanche, Massart opte pour une stylisation de son sujet, allant jusqu’à une représentation irréaliste du poisson, alors que Gérardy, fidèle à lui-même, opte pour un rendu plus naturaliste.

Dans un cas comme dans l’autre, le choix du sujet est évidemment lié à leur rôle de sculpture-fontaine. Le thème d’un enfant chevauchant une tortue peut paraître étrange mais on le retrouve déjà dans des objets décoratifs du XIXe siècle  ainsi que dans “Blondine”, conte de la comtesse de Ségur.

Jacques Marin, Fontaine des Danaïdes © be-monumen.be

A Bruxelles, le sculpteur Jacques Marin l’a également traité dans la Fontaine des Danaïdes (ou Fontaine Horta) (1923). Aujourd’hui, l’amateur d’art contemporain songe inévitablement au “Searching for Utopia “ de Jan Fabre (2003).

La tortue, symbole de tempérance, modère la fougue de la jeunesse. Et tant la tortue, par sa longévité, que l’enfant, par sa jeunesse, ont tout l’avenir devant eux…

Philippe VIENNE

Jan Fabre, Searching for Utopia © visit-nieuwpoort.be
Sources

Remerciements à Gilda Valeriani et Giovanni Averna-Petragolini pour leurs recherches d’illustrations.


[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : rédaction | source : inédit | commanditaire : wallonica | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Philippe Vienne ; Giovanni Averna-Petrangolini ; be-monumen.be ; visit-nieuwpoort.be


Plus d’arts visuels…

GOBLET et PFEIFFER : Feu d’artifice au jardin (2014, Artothèque, Lg)

GOBLET, Dominique et PFEIFFER, Kai
Feu d’artifice au jardin
(impression offset, 22 x 46 cm, 2014)

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Dominique Goblet et Kai Pfeiffer © therussianreader.com

Née en 1967, Dominique GOBLET a étudié l’illustration à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. En 2007, la parution à L’Association du livre autobiographique Faire semblant, c’est mentir”, débuté 12 ans auparavant, vient montrer la cohérence d’une œuvre qui s’interroge tant sur la représentation et l’intime que sur la fiction et le temps. Avec Chronographie” et Les Hommes loups”, elle approfondit ses expérimentations sur la narration. (d’après FREMOK.ORG).

Kai PFEIFFER est né en 1975 à Berlin, où il travaille en tant qu’artiste. De 1996 à 2003, il a étudié à l’Académie des Arts Weißensee (Berlin). En 1999, il fonde avec d’autres étudiants  le groupe Monogatari, qui a une grande influence sur le genre du reportage dessiné en Allemagne. En 2012, il publie au Japon un essai en bande dessinée sur Tchernobyl. Depuis 2009, il enseigne en tant que conférencier à l’Académie des Arts de Kassel (d’après AVANT-VERLAG.DE).

Dominique Goblet travaille depuis 2011 avec Kai Pfeiffer sur  un projet commun, qui a débouché sur un livre, Plus si entente”  (Frémok, 2014) et une exposition “Le Jardin des candidats”. Les deux artistes y explorent les relations humaines, autour du personnage de la “mère” et des “candidats”, leurs doutes, leurs désirs et leurs fantasmes, avec poésie et humour.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Dominique Goblet ; Kai Pfeiffer ; therussianreader.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

PETERS : Qui est cette femme ? (2013, Artothèque, Lg)

PETERS Paula, Qui est cette femme ?
(technique mixte, 70 x 50 cm, 2013)

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© esneux.be

Paula PETERS est diplômée des ateliers de l’Académie des Beaux-arts de Liège en peinture et en gravure. Elle a fréquenté les ateliers de la Province de Liège, à Tilff, a effectué des stages de céramique, tournage et sculpture. Paula Peters est également animatrice d’ateliers créatifs pour enfants. Depuis 2000, elle a participé à de nombreuses expositions, essentiellement en région liégeoise.

Le travail de Paula Peters est inspiré par la complexité humaine où se côtoie “ombre et lumière”, mais sans chercher à représenter tel ou tel personnage. Leur essence est représentée par des veines semblables à des rivières ou des routes. Il s’agit pour l’artiste de créer à partir d’une ouverture totale, d’exprimer des émotions, de combiner des techniques différentes (offset, vernis mou, aquatinte, eau forte, pointe sèche) et d’entrer ainsi dans le monde du vivant. Cette estampe représente une silhouette féminine qui se détourne et s’éloigne du monde actuel.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Paula Peters ; esneux.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

RAHIR : La Beauté sûre de nos vies (2020)

ISBN : 978-2-8061-0539-4

RAHIR, Vincent, La Beauté sûre de nos vies (Louvain-la-Neuve, Academia, 2020)

Vincent Rahir © Vincent Rahir – auteur

Romaniste, Vincent RAHIR écrit depuis l’adolescence. Son écriture sensible et visuelle est inspirée par le langage cinématographique et le roman américain. Depuis plusieurs années, il accompagne des entrepreneurs responsables et les conseille notamment en storytelling. “La Beauté sûre de nos vies” est son premier roman.

Alors qu’elle passe quelques jours en famille, Christine meurt accidentellement. C’est dans ces circonstances que son petit ami Antoine rencontre Fabienne et Franck, ceux qui auraient pu devenir ses beaux-parents. À l’enterrement, il croise l’énigmatique Nora, qui se tient à l’écart. Insaisissable, la jeune femme s’immisce lentement dans la vie qu’il tente de reconstruire. Mais malgré le soutien de ses amis, Antoine est incapable de faire son deuil. Il se rapproche alors des parents de Christine et, peu à peu, devine des ombres sous les apparences de leurs petites vies tranquilles. Que cache la jolie maison de banlieue ? Quel rôle joue Nora ? Et qui était réellement Christine ? Hanté par ses propres fantômes, jusqu’où ira-t-il pour comprendre ?

“Derrière la statue de Charlemagne, la grande roue s’illumine et se penche, d’une rotation à l’autre”  photo © Philippe Vienne

Par un délicat mélange de suspense et d’introspection, Vincent Rahir explore la fragile frontière qui sépare le confort du quotidien de l’ivresse des passions. Ses personnages touchants, malmenés par la violence de leurs émotions, nous rappellent qu’à travers l’adversité, nous restons maîtres de nos choix.

La force de Vincent Rahir est là, dans cette écriture visuelle, cinématographique, qui nous plonge dans son univers comme s’il nous était déjà familier. Mais, mieux encore, il réussit à rendre visible l’invisible : les sentiments, les émotions de ses personnages qu’ils partagent avec nous, ou nous avec eux, ces sentiments dont la sincérité nous dit qu’ils ne sont sans doute pas totalement fictifs et nous renvoient à nos propres fêlures. Mais, que l’on ne s’y trompe pas, ce roman n’a rien du film noir, il reste lumineux comme peut l’être la vie, fût-elle parfois acidulée.
“(Antoine) écoute les feuilles mortes murmurer les pas de Christine…” photo © Philippe Vienne

“Quand la tonalité continue tinte dans le combiné, Antoine raccroche le téléphone comme un somnambule, incapable d’assimiler l’information qu’il vient d’entendre. Des images traversent sa mémoire, glissent devant son regard flou. Des mots, des rires émergent de ses souvenirs. Sa main retombe le long de son corps et Antoine prend conscience du poids de sa chair. Ses os, ses organes, sa tête. Ses jambes refusent de le porter et cependant, il reste là, debout devant le guéridon, à côté du sofa, devant la fenêtre au regard clos par un reste de nuit sombre. Il voudrait vaciller, se laisser basculer dans le canapé ou s’avachir sur le sol, mais ses muscles se contredisent. Certains se liquéfient quand d’autres se resserrent ; certains le lâchent quand d’autres se contractent. Antoine reste immobile, les yeux dans le vide, l’esprit accroché aux paroles de Franck, le père de Christine, ce père qu’il n’a jamais rencontré et dont elle ne lui a, pour ainsi dire, jamais parlé. Franck. Ce père qui d’une voix rauque s’est armé de courage ce matin pour prendre le téléphone et appeler Antoine ; ce père détruit qui affronte l’espace et le vide d’entre deux téléphones et murmure à un inconnu, du bout des lèvres (mais que peut-on faire d’autre en de pareils instants ?), qui murmure simplement, la voix gonflée de larmes : “Elle est morte.”

Suivre la page de Vincent Rahir

Philippe VIENNE


Lire encore…

ROUWETTE : N°136 (2013, Artothèque, Lg)

ROUWETTE Fabian, N°136
(photographie, 40 x 33 cm, 2013)

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Fabian Rouwette © galerie-photo.com

Diplômé en 1992 de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Liège, en Peinture monumentale, Fabian ROUWETTE (né en 1974) enseigne ensuite les arts plastiques à l’Athénée de Welkenraedt–Verviers. Il devient photographe à temps plein à partir de 2007, activité qu’il décrit en ces termes : “Photographier c’est pour moi un moyen d’essayer d’être tout le temps plus présent.”

Fabian Rouwette utilise pour ses prises de vue, très souvent en intérieur et dans des bâtiments abandonnés, une chambre phtographique. Cet un outil dont le principe a peu évolué depuis le sténopé : une entrée de lumière au travers d’un objectif, un système d’obturation permettant de contrôler le temps durant lequel passe la lumière et un support (film) pour capturer l’image. Ce support est une plaque photographique. “Tandis qu’en numérique on prend vite l’habitude de n’être pas limité par le nombre de vues qu’on peut faire, avec le 4X5 on part, parfois pour la journée, avec à peine quelques châssis. Ce simple fait, pour moi, est décisif. Je fais trois ou quatre vues sur la journée, voir aucune. Tout devient important. C’est intense mais on peut prendre le temps de bien goûter à ce qu’on fait. Lorsque je reviens de prises de vues, je me souviens de chaque sujet : la façon dont j’ai cadré, mes doutes, mon emballement, le temps de pose…”(d’après GALERIE-PHOTO.COM)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Fabian Rouwette ; galerie-photo.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

VANESCH : Mer du Nord (2001, Artothèque, Lg)

VANESCH Jean-Louis, Mer du Nord
(photographie, 53 x 70 cm, 2001)

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Jean-Louis Vanesch © contretype.org

Après des études de photographie à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts Saint-Luc de Liège, Jean-Louis VANESCH (né en 1950) expose dès 1983. Parmi de nombreuses expositions, on peut en épingler quelques-unes. En 2005, ses photographies sont montrées à “L’esquisse des Ombres” à Rouje (Québec) et à la Galerie provinciale de Wégimont. En 2006, il participe à l’exposition “A l’image de rien” à Contretype, à Bruxelles et à “Photo-Fiction” au Comptoir du Livre, à Liège. En 2007, il présente une sélection de photographies dans le cadre de l’exposition “Le jardin des résistances”, avec Paul den Hollander, Daniel Desmedt et Lucia Radochonska à l’Espace Photographique Contretype. En 2008, il prend part à l’exposition collective “Cf.(Natuur, Nature)” au Centre De Markten, Bruxelles. Fin 2009, sa première monographie est publiée aux Editions Yellow Now. (d’après CONTRETYPE.ORG)

Cette grande photographie en noir et blanc montre de manière spectaculaire un homme seul face à la mer. Le point de vue en plongée accentue la masse imposante des eaux agitées surplombant le spectateur. L’horizon est hors champ, la mer envahit l’espace visuel.

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WINAND : Hide’N’Seek 1 (Guantanamo) (2016, Artothèque, Lg)

WINAND Frédéric, Hide’N’Seek 1 (Guantanamo)

 (photographie numérique sur plexiglas, 42 x 60 cm, 2016)

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© Frédéric Winand

Frédéric WINAND est né le 15 février 1990 à  Liège, où il réside actuellement. Il obtient une licence d’arts plastiques et visuels à l’Ecole Supérieure des Arts Saint-Luc où il présente, pour clôturer ses trois années d’études, Utopitev, une balade photographique au travers de la nuit. Depuis lors, il poursuit ses recherches sur la nuit et le noir, les interactions entre les humains et les corps célestes, le vide et le plein, le plein de vide, le temps et la distance, les années-lumière, les jeux et les mots, les jeux de mots, et la solitude des étoiles. (F. Winand)

La photo est floue. A tel point que le spectateur doit l’observer un certain temps avant de discerner un personnage, vêtu d’une chemise orange. Le texte “propriété du gouvernement des états-unis d’amérique. quelque part, à cuba” vient alors nous éclairer : ce qui est caché, flou, oublié, ce sont les détenus de la prison de Guantanamo.

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WENDELSKI : Forêt de Hambach, en bordure du camp, septembre 2013 (2013, Artothèque, Lg)

WENDELSKI Marc, Forêt de Hambach, en bordure du camp, septembre 2013 
(photographie, 74 x 60 cm, 2013)

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Marc Wendelski © liegephotobookfestival.be

Né en 1978, Marc WENDELSKI est diplômé en photographie de l’Institut Supérieur des Beaux-Arts Saint-Luc de Liège. Il participe aux Rencontres photographiques d’Arles dès 2000. En 2008, il a publié “Nage Libre” aux éditions Yellow Now et participé aux expositions “Corps de ville” à la Biennale Architecture et Photographie de La Cambre et à l’exposition “Espèces d’architecte | l’Alibi Documentaire” au Centre Wallonie-Bruxelles à Paris. Plus récemment, il a illustré la revue Art&fact n°29 “L’architecture au XXe siècle à Liège”. (d’après WBARCHITECTURES.BE)

Cette photo fait partie d’une série réalisée par Marc Wendelski à la forêt d’Hambach. Cette région, presque primaire, a subi une importante déforestation due aux activités minières. De nombreux activistes se relaient dans cette ZAD (zone à défendre) afin d’empêcher sa destruction programmée.

 

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LEGROS : Forêt désenchantée (2015, Artothèque, Lg)

LEGROS Sophie, Forêt désenchantée
(photographie, 40 x 50 cm, 2015)

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Sophie Legros © lesmuseesdeliege.be

Enseignante en peinture à l’ESAVL (Beaux-arts de Liège), Sophie LEGROS (née en 1976) voyage dans différentes disciplines artistiques (peinture, dessin, sculpture, installation) et recourt à la couleur pour travailler des surfaces et interroger notre perception au monde.

L’artiste a réalisé une intervention sur cinq arbres de même nature (chênes verts) : ici un chêne mécanisé recouvert de papier reflétant, un chêne commercialisé recouvert de cellophane. Cette photographie fonctionne comme un paysage peint. L’image nous donne à voir des matières et des couleurs qui semblent avoir été insérées par retouches sur l’image. Les revêtements fonctionnent comme un camouflage (acrylique sur papier) qui se perd dans l’environnement, ou dématérialise une partie de l’arbre, ou encore comme un trompe l’œil (chêne vert recouvert de papier sur lequel est dessiné au fusain l’écorce d’un bouleau).

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VRUNA : Limites (2003, Artothèque, Lg)

VRUNA Graziella, Limites
(photographies et broderies, n.c., 2003)

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© art-liege.be

Née à Liège en 1975, Graziella VRUNA vit et travaille dans cette même ville. Diplômée de l’Académie des Beaux –Arts de Liège en peinture, elle poursuit ses recherches en art textile et en dessin, tout en participant à des expositions personnelles et collectives.

“Un intérêt particulier est accordé à l’aspect dual entre vide et plein, opacité et transparence. Travail qui découle d’un temps compté ou absent. Capture d’une réalité mystérieuse et fugitive soulignée par le fil qui tente de la retenir. Les photos saisissent des instants : progression, succession, déroulement, écoulement, glissement, transformation ou disparition. Elles sont utilisées comme un canevas, une toile de fond. Dans ce dialogue improbable entre matériaux, la photo absorbe et révèle la frontière, le contour, la limite dessinée par le fil.” (G. Vruna)

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MAURY : Sans titre (1987, Artothèque, Lg)

MAURY Jean-Pierre, Sans titre
(série “Sept abstraits construits”)
(sérigraphie, 62 x 52 cm, 1987)

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Jean-Pierre Maury © arteeshow.com

Après des études de journalisme et de sciences politiques, Jean-Pierre MAURY (né en 1948) entreprend une formation artistique à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles où il enseignera par la suite. Il poursuit depuis 1968 une recherche qui trouve sa place dans le développement de la mouvance construite. Après 1978, sa réflexion s’est exercée uniquement sur un élément plastique minimal : le croisement de deux lignes. Il fut cofondateur et coéditeur de la revue “MESURES art international” aux côtés de Jean-Pierre Husquinet, Jo Delahaut et Victor Noël. (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

Sérigraphie issue d’un recueil collectif intitulé “Sept abstraits construits” rassemblant des estampes de Marcel-Louis Baugniet, Jo Delahaut, Jean-Pierre Husquinet, Jean-Pierre Maury, Victor Noël, Luc Peire et Léon Wuidar (imprimeur et éditeur : Heads & Legs, Liège). Lors de sa parution, en novembre 1987, le recueil complet fut présenté à la Galerie Excentric (Liège, BE) dans le cadre d’une exposition intitulée “Constructivistes Belges”. (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

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SCHENK : Au Nord (2005, Artothèque, Lg)

SCHENK Colette, Au Nord
(technique mixte, n.c., 2005)

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Colette Schenk © cultureplus.be

Née à Francorchamps le 26 mai 1945, Colette SCHENK a suivi des études d’infirmière graduée de 1963 à 1966. Elle pratique le métier depuis 1978. Dans l’intervalle, elle s’initie à l’art photographique. De 1986 à 1992, elle participe à l’association Jazz Amor, organisation de concerts et festivals de jazz. En 1997-1998, elle s’initie à la mosaïque et à la peinture. En janvier 1999, elle découvre la gravure lors d’un stage. Elle devient alors élève de Daniel Sluse jusqu’en mars 2000, puis de Chantal Hardy. Elle participe dès lors à diverses expositions, collectives ou personnelles, et obtient plusieurs prix (prix des exposants   à Villers-le-Temple en 2003, prix “Chic and Cheap” au parcours d’artistes en 2008, prix “Jean-Claude Vandormael” de la Ville de Liège en 2008).

Cette gravure minimaliste évoque un ciel nuageux qui occupe la majeure partie de la composition. Le bas de l’image présente une série de traits marron foncé, qui pourraient être des piquets émergeant des dunes de la mer du Nord. Sous-jacente à ce paysage très sage, la technique de collagraphie utilisée pour le ciel laisse poindre de larges coups de pinceau, nerveux et désordonnés, qui créent une tension à peine perceptible.

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SORDAT : Sans titre (s.d., Artothèque, Lg)

SORDAT Marie, Sans titre
(photographie, 40 x 60 cm, s.d.)

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Marie Sordat © ascenseurvegetal.com

Photographe, enseignante, commissaire d’exposition, Marie SORDAT est née en  1976 en France, mais vit et travaille en Belgique. Depuis 2004, ses images sont publiées et présentées en festivals, musées et galeries. En 2012, la série MotherLand” intègre la Bibliothèque nationale de France et reçoit la sélection du jury du Prix Virginia pour les femmes photographes. Sa monographie EMPIRE” est parue aux Editions Yellow Now en 2015. Depuis 2011, elle enseigne la photographie à l’INSAS où elle organise des séminaires et des rencontres avec les grands photographes belges.

“Cette photographie fait partie de la série “Cendres” ( 2009 ). Je ne légende jamais précisément les images car pour moi c’est le titre de la série qui donne sa “couleur” à une photographie. Dans mon travail, “Cendres” représente le premier chapitre d’une longue trilogie en noir et blanc qui s’est terminée en 2015 et qui évoque la perte des repères personnels et l’attrait pour un monde fantomatique afin de fuir une certaine violence. Cette silhouette est apparue sous le pont de Brooklyn à New-York, et équipée d’un petit appareil argentique très peu performant, j’ai saisi cet instant fugace. Etant donné le peu de lumière, c’est une image qui a ensuite demandé beaucoup de travail au tirage pour isoler le personnage du fond de la ville et nous permettre de nous identifier à sa solitude.” (Marie SORDAT)

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LECOUTURIER : Sans titre (2014, Artothèque, Lg)

LECOUTURIER Jacky, Sans titre
(photographie, 41 x 41 cm, 2014)

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lecouturier
Jacky Lecouturier © lesoir.be

Après des études de photographie à l’Ecole supérieure de l’Image “Le 75”, Jacky LECOUTURIER (né en 1948) devient lui-même professeur dans cette école dès 1972, année durant laquelle il réalise sa première exposition personnelle. Lors de ses pérégrinations en France, en Italie ou en Corse, Jacky Lecouturier a capté ces instants où nos sens sont soudainement mis en alerte par le cadre naturel d’un paysage. (d’après OUT.BE)

Cette image appartient à une série de photographies prises en Corse. Elles ont été exposées à la galerie Détour à Namur et à la galerie Quai 4 à Liège. Emmanuel d’Autreppe parle de cette série en ces mots : “Il faudrait dire en une phrase – ou en quelques photos – l’aube rose qui jaunit les murs de brique rouge, dire en une phrase le lever et le coucher, le pain et le vin, la douceur et le sec, expliquer comment les nuages prennent la forme d’une betterave, saisir ce qui fait une ville et défait les familles, se demander pourquoi Waremme plutôt qu’ailleurs, et partout ailleurs se demander : pourquoi pas Waremme ?, il faudrait dire en une phrase les gens et leurs accents, les bêtes et leurs odeurs, les gosses et leurs espoirs, on pourrait ne jamais se coucher et faire s’entendre le murmure du pavé, le coulis des feuilles, le bruit du monde et celui du caillou… Serré comme un poing, en une phrase silencieuse ou en quelques photos désertées. Le photographe a raison, lui, de croire que ce n’est pas impossible.”

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GODIN : Sans titre (2016, Artothèque, Lg)

GODIN François, Sans titre
(impression numérique, 30 x 40 cm, 2016)

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Né en 1979, François GODIN se lance dans l’illustration dès la fin de ses études à Saint-Luc Liège et multiplie les expériences et les rencontres (pochette de disques, dessins pour magazines jeunesses et des éditions Milan, deux livres jeunesse, des affiches…).

Evoquant les affiches des années 60, la composition de l’image joue avec la notion d’espace (avec les objets reconnaissables) et la notion d’image plane (avec l’aplat de couleur violette et les jambes qui s’étirent comme deux formes centrales). L’auteur suggère des formes, et s’arrête juste au moment où le spectateur est capable d’en imaginer la suite. Ainsi deux points, un “V” et un arc de cercle figurent un visage, quelques traits un fauteuil…

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L’architecture et le culte protestant en région liégeoise : les temples comme témoins d’une identité (CHiCC, 2018)

Liège, Quai Godefroid Kurth © Philippe Vienne

Un patrimoine architectural, à la fois immobilier et mobilier, a fait l’objet d’une étude basée sur des enquêtes de terrain. Un ouvrage de 400 pages en est né, abondamment illustré et dont la conférencière est co-auteur.

La Réforme réside dans les 95 thèses de Martin Luther contre les pratiques du clergé catholique (indulgences, simonie, luxe,…). Publiées en 1517, elles connaissent une diffusion rapide en Allemagne puis au-delà. En Principauté de Liège, la conception d’un Etat incompatible avec une pluralité des croyances engendre une répression contre “l’hérésie”.  Mais des communautés clandestines sont fondées ainsi que des mouvements d’émigration.

La Réforme engendre plus de 30 dénominations ou groupements ecclésiaux reposant sur un socle commun et, suite à l’édit de Tolérance promulgué par Joseph II dans les Pays-Bas, la liberté religieuse en Principauté en 1795 (réunion à la France – déclaration des droits de l’homme) et la Constitution belge en 1831, un patrimoine immobilier du culte (bâtiments divers appelés “temples”) marque l’environnement bâti de notre pays.

Le culte protestant se base sur un maillage dense en Province de Liège et les constructions ou “aménagements” interviennent au fil de l’évolution des communautés sans élaborer une construction théologique significative du culte. Il n’existe donc pas de traité d’architecture protestante ni d’architecte qui aurait fait autorité en la matière ou aurait imposé son style, bien que l’on constate le recours fréquent et systématique à des architectes protestants et qu’il est fait appel de manière récurrente aux mêmes noms.

Liège, Quai Marcellis © Philippe Vienne

La période de l’âge d’or de la construction de ces temples s’étend du milieu du XIXe siècle à l’entre-deux-guerres, ils empruntent les styles de leur époque moyennant de nombreuses variantes : bâtiments assez monumentaux du XIXe – de style néclassique jusqu’en 1890 et néo-médiéval fin XIXe – mais parfois maisons mitoyennes aménagées ou simplement modifiées quant à la façade. Par exemple : maison privée (Liège – Académie) – chalet en bois (Stockay) – style “chrétien” (Amay) – Art déco (Liège-Marcellis), etc.

Ces bâtiments ont deux fonctions : une vitrine et un outil missionnaire destiné à prolonger l’oeuvre d’évangélisation (survie et croissance de la communauté) et, d’autre part, répondre à des besoins fonctionnels et organisationnels. En fait, les temples du XIXe se caractérisent souvent par leur caractère monumental, comme à Seraing, poursuivant deux buts : prévoir un accroissement présumé des adeptes car la fréquentation augmente et sortir de l’ombre (être vus, d’où la présence parfois d’une tour axiale (Seraing) ou latérale (Grâce-Hollogne) ou d’un clocheton qui sonne le dimanche matin.

Seraing, rue Ferrer © Philippe Vienne

C’est dans l’aménagement intérieur que les temples se démarquent le plus des églises catholiques. La centralité de la parole de la Bible modifie la perception du cufte, soit axé sur son enseignement et la prédication, ce au milieu des croyants rassemblés, et deux sacrements sont retenus, le baptême (par aspersion ou immersion) et la cène (consubstantiation et non transsubstantiation chez les catholiques). Le Christ est présent mais on ne reçoit pas son corps et son sang. Cette notion de rassemblement engendre un mobilier spécifique : une table de communion profane proche des fidèles sur laquelle est posée la Bible et une chaire latérale face à eux. Pas de culte sans musique. Le mobilier est simple, non luxueux mais de qualité, dans une recherche d’économie de moyens, sans autres éléments décoratifs. Les
matériaux intérieurs sont le bois, la pierre, la brique, le fer. Les chaises ou bancs sont alignés ou encerclent la table avec parfois une galerie, le tout favorisant toujours cette notion de “rassemblement”.

Nous retiendrons que le style simple et dépouillé des lieux de culte lui confère une grandeur qui impressionne et où la foi domine. Les temples sont aussi des lieux de vie avec, en annexes, des salles de classe et de projection, des théâtres, des jardins pour repas en commun. Les temples constituent une formidable ouverture sur l’Histoire, la spiritualité, la sociologie, la culture d’une minorité religieuse peu médiatisée. Lieu de conservation d’archives, ils sont aussi les gardiens d’une mémoire écrite.

Aujourd’hui, la minorité protestante ne présente plus le même visage que celui des grands bâtisseurs de temples ; elle est composée de communautés multi-culturelles et multi-ethniques, parfois moins stables et à la sensibilité patrimoniale moins marquée par rapport à la société et à l’espace. On peut donc s’interroger sur l’ avenir de la mémoire que représentent les édifices du cufte protestant. Mais, si ces édifices venaient à disparaître, leur présence immatérielle se perpétuerait à travers les nombreuses rue du Temple (Herstal, par exemple).

d’après Laurence DRUEZ


La CHICC ou Commission Historique et Culturelle de Cointe (Liège, BE) et wallonica.org sont partenaires. Ce texte de Laurence DRUEZ a fait l’objet d’une conférence organisée par la CHiCC en mars 2018 : le voici diffusé dans nos pages. Pour les dates des autres conférences, voyez notre agenda en ligne

HANOCQ : Sans titre (s.d., Artothèque, Lg)

HANOCQ Patrick, Sans titre
(acrylique sur papier, 49 x 44 cm, s.d.)

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Patrick Hanocq © Creahm

Avant de bénéficier d’une reconnaissance pour son œuvre peinte, Patrick HANOCQ a acquis une première notoriété grâce à ses activités de danseur et d’acteur au sein des ateliers du Cejiel et du Créahm. Ses toutes premières réalisations sont figuratives. Très rapidement, toutefois, il se construit un vocabulaire abstrait et une méthode de travail caractéristiques : un procédé de quadrillage qui consiste à apposer des signes aux feutres ou aux pastels sur des fonds colorés à l’acrylique. (d’après ARTWIGO.COM)

Cette composition très colorée est composée de masses colorées architecturées par un réseau de traits clairs. Est-ce un plan de ville imaginaire, de plan concentrique, dont les faubourgs envahiraient joyeusement et anarchiquement l’espace ? Ce dessin fait partie d’une suite d’images présentant toutes les mêmes caractéristiques, que l’artiste a répétées de très nombreuses fois.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Patrick Hanocq  ; creahm.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

Le sauvetage des vestiges de la Place Saint-Lambert à Liège (CHiCC, 2018)

Fouilles de la place Saint-Lambert © Lily Portugaels

“Archéologues et historiens furent plongés au cœur d’un véritable combat, en juin 1977, en faveur des fouilles entreprises pour sauvegarder les vestiges de l’histoire de Liège. Jamais alors je n’aurais imaginé devoir m’allonger entre la lame d’un bulldozer et un sarcophage carolingien afin d’éviter son arasement. Tous les niveaux de pouvoir – communal, régional, national – étaient contre ces défenseurs du passé mais, soutenus par la presse et par la population, ils purent enfin faire changer d’avis les politiciens versatiles au vu de l’importance des découvertes.

En effet, ces fouilles, au départ, n’avaient reçu aucune autorisation. Avec l’architecte Claude Strebelle, un caisson souterrain fut conçu où ces vestiges seraient enfin sauvegardés. Le premier juin 1977, sans autorisation officielle donc, Mlle Danthine, Mme Gheury, le professeur Stiennon, M. Otte et une fidèle équipe entamèrent le bitume. Des prédécesseurs avaient découvert, en 1907, les restes d’un habitat rubané (néolithique, VIe millénaire) sous des fondations romaines. En fait, ce site constitue les témoins du passé de Liège car des traces d’ occupation datent de circa 5.350 ans avant notre ère.

Il semble que des nomades aient occupés les lieux et, voyageant puisque nomades, se soient réinstallés en l’endroit avant de devenir sédentaires. Un immense bâtiment romain y fut construit par la suite, en terrasses, afin de contrer la faible pente de la Place. Cette villa romaine pose un problème car, en général, ce genre d’importante construction romaine se situait sur une hauteur entourée de terres arables, ce qui n’est pas le cas de lieu. La réutilisation de la villa à l’époque mérovingienne est également attestée (transformations et agrandissements, Ve siècle).

V. Tahon, Ruines de la cathédrale Saint-Lambert © Musée Curtius

Par après, des maisons furent bâties au nord de la villa tout en respectant son orientation topographique, une cuve baptismale fut installée dans un bâtiment cruciforme greffé sur la villa romaine sur son flanc nord (église mérovingienne). De la céramique et des petits objets, monnaie, fragment de calice, pince à épiler sacerdotale, placent l’ensemble des ces bâtiments mérovingiens entre les VI e et VIIe siècles. Après l’assassinat de l’évêque Lambert, vers 705, toutes ces constructions furent détruites, la villa arasée et le baptistère comblé. Le successeur de Lambert, l’évêque Hubert, y fit construire une vaste église dédicatoire en l’honneur de son prédécesseur. Les raids normands auraient incendié cette construction et la cathédrale, dite de Notger (XIe siècle), détruisit tous les vestiges antérieurs. Ce magnifique édifice fut saccagé à la fin du XVIIIe et ses ruines arasées en 1820.

Il semble que la sacralité d’un lieu, étalée sur des périodes différentes, l’ait emporté sur la logique architecturale et que ce lieu, sauvé in extremis, soit le cœur historique de notre ville. Une fois de plus, mais cette fois avec un certain succès, il a fallu défendre les témoins de notre passé contre les prédateurs. En effet, tous les bâtiments encadrant la place en surface furent rasés : le Gymnase, le joli théâtre à l’italienne, le Tivoli, la rue Sainte-Ursule et toutes ces maisons du XVIIe et du XVIIIe restées intactes jusqu’en 1980. Liège, que d’erreurs n’a-t-on pas commises en ton nom et au nom d’une prétendue “modernité” !”

d’après Marcel OTTE

En 2000, le chœur de la cathédrale saint-Lambert avait été reconstitué pendant quelques semaines… © Claude Warzée

 

La CHICC ou Commission Historique et Culturelle de Cointe (Liège, BE) et wallonica.org sont partenaires. Ce texte de Marcel OTTE a fait l’objet d’une conférence organisée par la CHiCC en avril 2018 : le voici diffusé dans nos pages. Pour les dates des autres conférences, voyez notre agenda en ligne

Plus de CHiCC…

GOOSSENS : Errance 13 (2012, Artothèque, Lg)

GOOSSENS Véronique, Errance 13
(technique mixte, 45 x 35 cm, 2012)

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©veroniquegoossens.be

Née en 1956, Véronique GOOSSENS est diplômée en Arts Plastiques (illustration, BD) de l’Institut Saint-Luc à Bruxelles. Diverses formations à Etterbeek, Ixelles et Boitsfort (sections dessin, gravure), au CAD (section publicité), au Kromatic (section connaissance des couleurs) et dans divers ateliers de peinture à Bruxelles. Depuis 1980, son parcours est pluriel : elle illustre de dessins, de BD et de peintures des histoires, articles, affiches, dépliants, présentoirs, couvertures de livres, panneaux didactiques, carnets de voyages, jeu multimédia. (d’après ARTOTHEQUE.BE)

“L’œuvre gravée que je présente ici fait partie d’une série appelée Errance. Cette démarche se nourrit de vides délibérés, de libres doutes, de réponses abruptes, imprévues. Les individus, les couples, les entités, les singularités y émergent, comme d’une marée noire, du chaos où ils ont été conçus. Malgré eux, ils narrent une histoire que l’on ne devine qu’à moitié, celle de toutes les intimités.” (d’après VERONIQUEGOOSSENS.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © veroniquegoossens.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

CLEEREN : Nuage (2018, Artothèque, Lg)

CLEEREN Michel, Nuage
(série “Patience”)
(photographie, 40 x 56 cm, 2018)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

Photographe depuis 1980, Michel CLEEREN (né en 1958) mène en parallèle sa recherche personnelle, une profession d’enseignant à l’I.A.T.A. à Namur et une activité de photographe de plateau pour le cinéma (exemple Les convoyeurs attendent de Benoît Mariage encore avec Benoît Poelvoorde – sélection Cannes 2000). Il expose ses photographies en Belgique, mais aussi à Shenyang (Chine), en France et en Angleterre.

Tirée de la série de photographies intitulée Patience”, cette image figurative invite à la contemplation et la rêverie. Son poids poétique résulte non seulement du thème du ciel, mais également de la manière de jouer avec les épaisseurs de l’image. Les grains, les flous emmènent l’image vers la peinture, l’étrangeté et le souvenir (cette coloration du tirage monochrome d’un oxyde transporté par le vent et la pluie, incruste, dans l’intervalle, des sédiments ambiants et l’altération du tirage donne une substance et une pesanteur que seul le temps peut faire)…

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Michel Cleeren | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

VAN MALLEGHEM : Sans titre (s.d., Artothèque, Lg)

VAN MALLEGHEM Sébastien, Sans titre
(technique mixte, 38 x 24 cm, s.d.)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

Sébastien Van Malleghem © babelio.com

Né en 1986, Sébastien VAN MALLEGHEM est un photographe indépendant, né en Belgique en 1986. Axé sur des projets de longue haleine, il a suivi pendant quatre ans le quotidien nocturne des policiers et poursuivra son reportage sur la justice dans les prisons belges durant plus de trois ans. Il terminera sa trilogie à propos de la Justice en travaillant sur le monde criminel. En parallèle, Sébastien photographie la Scandinavie entre 2013 et 2016, un travail qui va aboutir sur la publication d’un livre en 2017. (d’après 24H01.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Sébastien Van Malleghem ; babelio.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

Après la police, le second champ d’investigation de Sébastien Van Malleghem a été les prisons. “Ce travail témoigne d’un reportage autofinancé depuis 2011 au sein d’une dizaine d’établissements pénitentiaires, dans le prolongement d’une étude de plusieurs années consacrée à la Police belge et à son travail de terrain. Prisons a pour but d’ouvrir le regard sur les détenus; de mettre la lumière sur les carences d’un système judiciaire et carcéral obsolète et pourtant inscrit, encore aujourd’hui, dans le pays qui m’a enseigné les idéaux de justice et d’humanité.” (Van Malleghem) Le résultat est un travail épuré où la folie des uns et la détresse des autres transpirent avec une puissance qui se passe d’artifices. Ses images respirent le malaise. (d’après 6MOIS.FR).

D’autres œuvres sont disponibles à l’Artothèque Chiroux…