GRIMALDI : textes

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Laura GRIMALDI est née à Liège, le 17 décembre 1958 de parents immigrés venus de Sicile. Petite, elle jongle avec le sicilien, l’italien et le français. A 8 ans, elle découvre la poésie au cours de diction ainsi que la Sicile, cette merveilleuse île tant fantasmée. Elle éprouve ce qu’elle appelle “le choc à la terre“. Elle dira plus tard: “Mes racines ont la couleur du soleil“.

Tout dans sa vie la ramènera incessamment sur les rivages de ses ancêtres. Laura grandit en comprenant dans sa chair ce que veut dire “quitter sa terre” ce qui l’amènera à avoir de l’empathie pour toutes les personnes qui viennent d’ailleurs.

Agrégée en Psychologie, son expérience, son travail, ses voyages viennent enrichir son écriture qu’elle considère comme un chemin vers la quête du Soi et le sentiment profond que nous sommes Un. Elle est l’auteur d’un recueil de poèmes intitulé Terre d’Âmes, un roman est en cours d’élaboration.

Racines

Nos racines nous inondent
de bonheur,
de douleur,
de force
Elles montent en nous
et ne demandent
qu’à s’exprimer
à s’unir à d’autres racines.

Nudité

Ta nudité me comble
Elle est cosmos
Vigne et olivier

Les lettres de mon alphabet
pourront-elles donner naissance
à tant de beauté ?

Peut-être faudra-t-il mélanger
les lettres graciles
rondes et élancées
de plusieurs alphabets
pour mieux t’honorer

Elle est Harmonie
comme le début du Monde
Elle est Harmonie
comme le chant des oiseaux
Elle est Lettre au Monde
Poésie du sacré

Suis-je ?

Je suis arabe, juive,
musulmane, noire,
inuit, zoulou et mongole
Je suis argile verte
rouge et blanche
Je suis terreau
et limon du Nil
Je suis sable blanc,
ocre et gris
Je suis safran
nénuphar et fange
Je suis araignée
poulpe et félin
Je suis le son
l’énergie
le secret
le mystère
le ventre de l’humanité
toute entière.

Sans patrie

Un jour j’ai quitté ses yeux
Et je suis devenue apatride

Patrie

Patrie
raconte moi ta douleur
fais glisser tes larmes
par delà les frontières
Le seul chant qui devrait
être le tien
est celui des oiseaux
Ton drapeau
celui des anges
autour de ton berceau
et qu’aux frontières
flottent des panneaux
de Bienvenue

Patrie
dans ce tout petit mot
la protection et la bienveillance,
mais aussi tant de morts oubliés,
tant d’oliviers piétinés
Les fées auraient elles oublié
de se pencher
avec la même tendresse
sur le berceau
de chaque terre ?

Laura Grimaldi

  • L’illustration de l’article est © passion monde

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