LE SAVIEZ-VOUS : pourquoi les bouteilles de vin contiennent-elles 75 cl et non 1 litre ?

La contenance d’une bouteille de vin a été normalisée au XIXe siècle et les explications les plus folles ont couru, qui correspondaient souvent à des hypothèses du genre :

      • la capacité pulmonaire ;
      • la consommation moyenne pendant un repas ;
      • la meilleure capacité de stockage du vin ;
      • la facilité de transport…

En réalité, il s’agit simplement d’une disposition pratique avec une base historique, datant d’une époque où les principaux clients des vignerons français étaient les Britanniques.

L’unité de volume pour les Britanniques était le gallon impérial, équivalent à… 4,54609 litres. Pour simplifier les comptes de conversion, on a transporté les vins du Bordelais notamment en fûts de 225 litres, soit exactement 50 gallons, correspondant à 300 bouteilles de 750 ml (75 centilitres : vous l’aviez calculé spontanément). Comme le calcul était plus simple, les vignerons ont adopté un baril = 50 gallons = 300 bouteilles.

De cette façon, un gallon correspond à 6 bouteilles. Qui plus est, c’est pour cette raison, même aujourd’hui, les caisses de vin contiennent souvent 6 ou 12 bouteilles.

Pour ce qui est du fond creux ou concave de la bouteille de vin, il remonte au IVe siècle. Grâce à la création de ce qu’on appelle la piqûre, les souffleurs sont enfin arrivés à stabiliser la bouteille. Une forme qui s’est ensuite généralisée sur tous les types de bouteilles de vin. Sauf sur la cuvée Cristal de Champagne Louis Roederer dont le fond plat était exigé par le tsar de Russie Alexandre II, se méfiant des explosifs cachés dans la piqûre.

Si non è vero, è ben trovato : voilà de quoi briller en société entre deux gorgée !


Boire plus ?

Musée de la gourmandise : la Bibliotheca gastronomica (Hermalle-sous-Huy, BE)

L’initiative est belle de regrouper sous un même toit le maximum de ressources liées à la… gourmandise. Et c’est arrivé près de chez vous ! Peut-être même y retrouve-t-on la recette de la Poularde Valentine Thonart, d’heureuse mémoire...

LIEGETOURISME.BE y consacre une page pour le moins élogieuse : “Le musée qui plait aux gourmets, gourmands, gastronomes et goinfres ! Véritable cabinet de curiosités culinaires, ce musée décline la gourmandise sous ses aspects historiques, archéologiques, ethnographiques, folkloriques et artistiques grâce à quelques 1.200 objets, meubles et tableaux authentiques, rares ou curieux, de l’Antiquité à nos jours. Dégustez de délicieuses recettes anciennes ou régionales à la taverne et choisissez un souvenir à la boutique. La Bibliothèque du musée contient la plus importante collection de livres de gastronomie en Belgique avec plus de 20.000 bouquins. Le musée vous ouvre ses portes toute l’année et vous propose des visites en français et en néerlandais.

Autobaptisé Bibliothèque & Musée de la Gourmandise, la désormais ‘institution épulaire’ donne de plus amples informations sur son site, MUSEE-GOURMANDISE.BE :

“Sous la responsabilité de Charles-Xavier Ménage († 2020), bibliothécaire et conservateur du musée de la Gourmandise, la Bibliotheca gastronomica rassemble plus de 20.000 ouvrages concernant l’alimentation, la cuisine (principalement européenne), les arts de la table et… le tabac traditionnellement inclus dans la gastronomie, puisqu’il est repris dans la classe 663-9 de la classification décimale universelle, au même titre que le chocolat, le cacao, le café et le thé.

Cette classification n’est cependant pas appliquée à Hermalle car l’importance du fonds, la diversité des ouvrages et la nécessité de recouper rapidement les informations ont amené Charles Ménage à imaginer un système différent, parfaitement opérationnel.

Charles-Xavier Ménage en action © Paul Ilegems 2015

Les réceptaires occupent évidemment de nombreux rayons car les recettes constituent la plupart du temps la base du livre de cuisine. Mais celui-ci peut également couvrir une large variété de sujets, incluant les techniques de cuisson, les recettes et commentaires de chefs, les conseils diététiques, l’établissement des menus, la tenue du ménage, les règles de savoir-vivre, les conventions de réception, etc.  

L’alimentation et la cuisine étant au centre même de la vie –on ne peut s’en passer-, leur étude débouche sur toutes les disciplines, qu’elles soient scientifiques, artistiques, philosophiques ou religieuses. La bibliothèque comprend donc aussi des bibliographies, des biographies, des ouvrages d’histoire, d’économie domestique, des livres sur les boissons, la conservation alimentaire, la chimie alimentaire, la physiologie du goût, etc. et de nombreuses monographies. Publicité, iconographie, littérature, musique n’y sont pas oubliées.

À cela s’ajoutent les documents plats : étiquettes de vin, bagues de tabac et des menus par milliers qui traduisent les mœurs épulaires de nos contemporains depuis plus de deux siècles.

Le tout forme un ensemble impressionnant accessible en consultation par tout un chacun, mais sur demande motivée et sur rendez-vous car la bibliothèque dépend uniquement du volontariat : quelques (trop rares) bénévoles aident le bibliothécaire pour l’encodage informatique loin d’être terminé, le rangement et l’entretien. Si cela vous dit de les rejoindre…

C’est sur base de ce fonds –que vous pouvez enrichir en y déposant vos manuscrits, livres, cahiers de recettes ou menus de famille– que nous effectuons des recherches (par exemple sur le café liégeois à la demande de la Ville de Liège), que nous écrivons des articles de fond, que nous donnons des conférences illustrées sur l’Histoire du livre de cuisine occidental jusqu’au XXe siècle et que nous préparons des expositions temporaires au Musée de la Gourmandise de Hermalle-sous-Huy.

© Daniel Baise – Fonds Primo

Si la lecture apporte une satisfaction virtuelle, parfois littéraire –certains écrits peuvent s’apprécier pour leur poésie, leur humour, la qualité de leur rédaction–, parfois gustative –ne salivons-nous pas en lisant certaines compositions de mets ?–, elle ne suffit pas toujours pour appréhender les recettes car leur réalisation recèle parfois bien des surprises… ne fût-ce que dans l’estimation du temps (17 heures de cuisson pour une Julienne au consommé, par exemple) !

Des bénévoles de notre asbl ont donc choisi d’entrer dans le vif du sujet, d’oser entreprendre la réalisation de recettes de cuisiniers du passé, de faire cette recherche d’ingrédients, ce calcul des proportions, cette estimation de durée de préparation et de modes de cuisson, et de les appliquer concrètement. Cela a débouché sur quelques soirées de dégustation de recettes d’auteurs culinaires célèbres comme Menon (XVIIIe siècle), Gouffé et Cauderlier (XIXe siècle), mais aussi sur l’expérimentation de la cuisine médiévale et de l’inventive cuisine de guerre –ou comment faire de la soupe au chocolat sans chocolat…

La Bibliothèque de la Gourmandise comporte également 4 autres fonds :

    1. Bibliothèque d’histoire de l’art et d’archéologie (2.500 ouvrages concernant l’architecture, la peinture, le mobilier, la décoration, la ferronnerie, l’orfèvrerie, la verrerie, la céramique, etc.) ;
    2. Bibliothèque de danse et chorégraphie (2.000 ouvrages sur la danse concernant notamment la bibliographie, les biographies, l’histoire de la danse – du ballet, les livrets, les dictionnaires, l’anatomie, le mouvement, les manuels techniques -danse classique, moderne, de jazz, danse espagnole, folklorique, de salon-, les grandes écoles, les compagnies de ballet, la littérature, l’iconographie, etc.) ;
    3. Fonds Georges Plumier (archives locales et littérature dialectale de Hermalle-sous-Huy) ;
    4. Écriture et poste (documentation liée au Musée Postes restantes).

Participez à l’enrichissement de ces fonds en y déposant vos manuscrits, livres, cahiers de recettes ou menus de famille !” [MUSEE-GOURMANDISE.BE]


Manger encore ?

CHANDELEUR : des crêpes, par hasard ?

Février 2021 – “Donc, on fait des crêpes… parce qu’au Ve siècle, le pape Gélase (kabyle chrétien de la tribu des Djelass), a remplacé les Lupercales, fête du Dieu Pan, divinité de la fécondité (Lupercus en latin) par la commémoration d’un rite juif devenu catholique : la présentation de bébé Jésus au Temple et la “purification” de Marie, 40 jours après l’accouchement.

A ce propos, il y a une très belle influence de la tragédie grecque dans l’évangile de Luc, quand le prêtre Siméon et la vieille prophétesse Anne disent à la jeune Marie : “Ton enfant amènera la chute et le relèvement mais toi… un glaive de douleur te transpercera le cœur…” (Luc, 2, 34-35 ; on dirait du Sophocle et on ne sait rien de Saint Luc sauf qu’il avait une très grande culture hellénistique).

Mais revenons au pape berbère qui nous fait faire des crêpes pour commémorer un rite juif devenu catholique pour remplacer une fête païenne sur base d’un récit écrit par un inconnu qui aimait la tragédie grecque. Pour métamorphoser la fête du Dieu Pan, dieu du désir dansant, des forces de la nature, incarnation prodigieuse du Panthéisme (ça veut dire tous les Dieux, les gars), Gélase a donné aux pèlerins venus à Rome des torches pour leur procession (candela en latin d’où chandeleur) et des crêpes (symbole celte du soleil, symbole germain de purification, symbole berbère de fécondité).

GENTHE Arnold, Anna Duncan Dancing © Library of Congress

Peut-être que cette nuit-là comme Plutarque l’avait raconté dans “La disparition des oracles“, les navigateurs entendirent une voix sur la Méditerranée, une voix venue de nulle part, qui clamait dans la nuit noire : “Le Grand Pan est mort !” suivi des murmures d’une tristesse immense…

La poésie panthéiste n’était plus, la nuit du monothéisme tombait sur le monde. Plutarque (un type qui était vraiment très bien : historien, ambassadeur en Egypte, prêtre d’Apollon à Delphes, philosophe, astronome) avait compris que la lune qui ressemble tellement à une crêpe, ne brille pas mais reflète la lumière du soleil. Allez, ma pause est finie, fuyons les chimères identitaires, et non : le Grand Pan n’est pas mort. Le Grand Pan est éternel et ce soir on mange des crêpes !”

Jean-Paul MAHOUX

  • L’illustration principale de l’article est © rtbf.be

D’autres orateurs à notre tribune…

Remèdes populaires wallons & remèdes de “bonne femme”

Arbre à clous de Herchies (Jurbize) © Gregory Mathelot

“Jadis, dans les milieux populaires, l’homme confronté à la maladie essaye d’abord de la combattre seul. S’il n’y parvient pas, il fait appel aux remèdes de bonne femme, il va aussi en pèlerinage vénérer des reliques de saints spécialisés. En dernier recours, il demande l’aide du médecin.

Au début du siècle, même en 1940, les parents craignaient pour leurs enfants les “convulsions“. Elles étaient fréquentes chez les enfants affaiblis au cours de maladies infectieuses.

Convulsions : ce sont des contractions violentes, involontaires qui donnent lieu à des mouvements saccadés. Maladies convulsives : chorée (ou Danse de Saint Guy) – épilepsie.

Pour les éviter, des parents faisaient porter à leurs enfants un collier fait de graines ou de racines de pivoine. Celles-ci devaient être récoltées par une nuit sans lune.

Comme le traitement de ces plantes n’apportaient, au mieux qu’une amélioration passagère, les croyants priaient les saints pour obtenir une guérison définitive. En Wallonie, on implorait saint Ghislain. Dans le nord du pays, on demandait plus particulièrement la protection de saint Corneille.

Une coutume qui se retrouve encore dans le choix des prénoms des enfants, afin de les protéger des convulsions : Fabienne, Blanche, Lucienne, Ghislaine.

Des guérisseurs pour éviter les convulsions, recommandaient des infusions de fleurs de la passion, de fleurs de thym serpolet ou de racines séchées de pétasite.

Pétasite : genre de composées, comprenant des herbes européennes, vivaces, à grandes feuilles radicales et à panicules de fleurs blanches ou rouges, dont certaines rappellent le parfum de l’héliotrope.

Catherine Seret

Certains guérisseurs prescrivent des tisanes, des pommades ou liquides à diluer dans une boisson. Au siècle dernier, Catherine Seret, de Sur-les-Bois, met au point quelques onguents et eau “améliorée”. La légende veut que les premières expériences aient lieu vers 1830, lorsqu’un médecin des armées napoléoniennes confie l’incroyable secret à la jeune Catherine. Très vite, la réputation des produits dépasse largement le cadre du petit village hesbignon, on se déplace de loin pour s’en procurer. Encore aujourd’hui, l’eau et les pommades de Catherine Seret ont leurs adeptes.

Pour les ophtalmies, certaines maladies cutanées on s’adresse à sainte Geneviève. Etre atteint du mal sainte Geneviève, c’était avoir des plaies au visage. Pour les faire disparaître, on allait chercher de l’eau à la fontaine de Sainte Geneviève à Strée-lez-Huy et l’on faisait des compresses avec cette eau. Il se formait des croûtes qui tombaient toutes seules sans laisser de traces.

A Florée (Assesse) il existe également une source dédiée à Saint Geneviève réputée pour soigner les maladies de la peau, l’impétigo par exemple.

Le saindoux est utilisé pour guérir des angines : “J’ai guéri mon fils d’une angine très grave avec du saindoux. Je lui ai fait un papin de saindoux, un essuie de cuisine et une écharpe autour du cou. Je l’ai renouvelé deux fois par jour et le troisième, mon gamin était guéri.” D’autres se souviennent que c’était non avec du saindoux mais avec du lard gras non salé que les gorges enflammées avaient été guéries.

Pendant la guerre, en hiver, pour prévenir la toux, des parents préparent du sirop de betteraves : “La betterave était brossée, évidée et l’on mettait dedans du sucre candi. La betterave était placée près d’une source de chaleur, le sucre fondait et chaque soir avant d’aller dormir, nous pouvions en prendre une cuillère“. [QUENOVELLE.BE]


Les extraits : pour et contre…

D’après le CNRTL (Centre national de ressources textuelles et lexicales), EXTRAIRE signifie, entre autres :

Séparer une substance du corps auquel elle appartient, par divers procédés mécaniques ou chimiques. Extraire la quintessence de… “En 1816, Sertürner découvrit que l’on pouvait extraire de l’opium une substance cristallisée, la morphine” (Berthelot, Synth. chim., 1876, p. 116). “Les éléments utiles [du malt] ne sont pas pour la plupart à l’état soluble et il faut, pour les extraire, les solubiliser sous l’action des diastases” (Boullanger, Malt., brass., 1934, p. 217). “Pratiquement, les matières sucrées du commerce sont extraites des sucs de quelques plantes seulement, par pression, par diffusion ou même par incision ou saignée de la plante” (Brunerie, Industr. alim., 1949, p. 23). “Les substances à éliminer peuvent se classer en deux catégories : les matières solubles ou susceptibles d’être extraites par rinçage, c’est-à-dire la boue, le sang, les matières protéiques interfibrillaires, les sels de conservation, la crotte, etc., (…) − et les matières insolubles…” (Bérard, Gobilliard, Cuirs et peaux, 1947, p. 31).
P. métaph. : “Voici l’heure du poète qui distillait la vie dans son cœur, pour en extraire l’essence secrète, embaumée, empoisonnée.” (Bernanos, Sous le soleil de Satan, 1926, p. 59)

Quelques exemples d’extraits actifs, conseillés dans une brochure médicale des années 1970 (pas d’automédication, svp) :

Bardane contre la chute des cheveux
Myrtilles améliore l’acuité visuelle
Géranium éclaircit la voix et combat l’angine
Thym meilleur antiseptique naturel
Cyprès déodorant très actif
Hysope régulateur des glandes sudoripares
Pin puissant protecteur des poumons
Bouleau antirides par excellence
Cyprès pour gommer la cellulite
Sauge “spécifique de la femme de 40 ans” [la plaquette ne précise pas ce qui est sous-entendu ici]
Menthe crème chauffante pour les douillettes
Aspérule odorante bain calmant pour les nerveux.ses
Menthe & Mélisse stimulants physiques…

Les eaux & les pommades de Catherine Seret

© quenovelle.be

Catherine Seret a vécu au siècle dernier [XIXème] à Sur les Bois, et c’est grâce à elle que la réputation de ce petit hameau alors bien paisible c’est répandu au-delà des frontières. Son vrai nom est Catherine Langlois et elle naquit en 1828.

A cette époque, l’épopée napoléonienne venait de se terminer et plusieurs familles comptaient un ou plusieurs membres qui avaient été mêlés à la guerre ou aux armées de Napoléon. C’est le grand-père qui avait été ordonnance d’un colonel-médecin anglais qui a hérité du “secret” de celui-ci. Quand Catherine atteignit ses 18 ans, il lui a transmis ce secret. Elle se marie alors avec un mineur, Dieudonné Moulin, et de cette union naissent trois filles, mais son mari décède à l’âge de 33 ans.

En cette dure période de la seconde moitié du XIXe siècle, la médecine était loin de ce qu’elle est le jour d’aujourd’hui et très vite la réputation des “eaux et pommades de Catherine Seret” prend de l’ampleur.

Ce sont souvent les pauvres qui viennent consulter, les riches le font par personne interposée et le payement se fait en nature (poules, œufs, coqs ou chandelles).

Malheureusement déjà à cette époque la jalousie n’avait pas de borne, et elle se retrouve au banc des accusées, dont elle sort victorieuse. Le succès devient tel que Flamands, Wallons, Allemands et Hollandais se bousculent dans le petit café, mais hélas en 1915, à l’âge de 87 ans, elle va soigner les malades dans l’au-delà. Le secret n’est transmissible que par les femmes et c’est pour cette raison que jusque l’année dernière c’était l’arrière-petite-fille de Catherine Seret qui continua l’oeuvre de sa célèbre aïeule. Alors, pour rester dans la tradition, celle-ci a transmis le secret à sa fille Michèle, laquelle espère bien dans le futur, le transmettre à ses descendantes.

Que l’histoire n’oublie pas celle qui a fait déplacer des milliers de personnes vers le petit hameau de Sur les bois et dont les habitants sont fiers. Un patrimoine sera ainsi sauvé. Signé : M. Lenaerts”


Des remèdes de bonne femme ou de bonne fame ?

© Collection privée

“L’expression « remèdes de bonne femme » a parfois subi ce que les linguistes appellent la remotivation étymologique. Pierre Larousse les avait fort bien définis dans son Grand Dictionnnaire universel en écrivant qu’il s’agissait de “remèdes populaires ordonnés et administrés par des personnes étrangères à l’art de guérir“. Mais quelque habile latiniste s’est un jour avisé qu’en latin fama signifiait renommée, et que l’on emploie aujourd’hui encore les adjectifs fameux et famé pour évoquer la réputation de telle ou telle personne, de telle ou telle chose. Sans doute avait-il aussi entendu l’histoire, que l’on racontait naguère au sujet de ce nonce installé à Paris qui, s’entretenant avec un grand de l’Église de France mêla joyeusement, mais un peu mal à propos, français, latin et italien en lui posant cette question, qui pouvait prêter à sourire et à mauvaise interprétation : “Et comment va votre fame ?” Le prélat, qui voulait savoir quelle était la réputation de son interlocuteur, était bien excusable puisque, après tout, en ancien et en moyen français, réputation se disait fame et que les expressions bone fame et de bone fame, se lisent fréquemment dans les textes médiévaux, avec de nombreuses variantes orthographiques comme de bon famle, de bones faumes, de si grant fame, etc. Mais pour éviter ce type de fâcheux malentendu, l’usage adjoignait à ce fame d’autres noms, le plus souvent renommee, mais également merite, loenge (« louange »), ou encore renom. Et s’il en était encore besoin, un petit détour par des langues voisines confirmerait ce qu’écrivait Pierre Larousse : nos amis anglais parlent de old wives’ remedy, littéralement “remède de vieilles épouses“, nos amis allemands disent Hausmittel, “l’expédient, le remède” ou, plus familièrement, “le truc de la maison“. Cette notion de remède familial, fait à la maison, se retrouve dans l’espagnol remedio casero. Et pour conclure, rappelons que nos amis italiens, pour signaler qu’il s’agit là de remèdes qui sont plus le résultat d’observations pratiques que d’études théoriques, parlent de rimedio empirico.” [ACADEMIE-FRANCAISE.FR]


Savoir-vivre tous les jours…

Poularde Valentine Thonart

Menu du 15 mai 1965 pour le Club Royal des Gastronomes de Belgique (grand merci à Fabien PETITCOLAS)

La Poularde Valentine Thonart est l’une des plus grandes recettes de la cuisine belge. Elle a été créée dans les années 60 par Auguste Thonart, propriétaire de l’Hôtel de la Vallée à Lorcé-Chevron (Stoumont, BE), célèbre rendez-vous des gourmets au bord de l’Amblève. Il avait baptisé sa création du nom de sa mère Valentine, qui avait été la première et remarquable cuisinière de l’hôtel-restaurant en 1914, avant de lui céder la place, bien plus tard. Elle a disparu en 1955. Auguste Thonart, disparu lui aussi aujourd’hui (comme son restaurant), l’avait fait enregistrer par l’Académie Culinaire de France (la recette).

Quand elle cède la toque à son fils, la cuisine de Valentine Thonart (née Hendrick) a déjà connu bien des aventures : la légende familiale veut que Valentine ait d’abord tenu un café à l’emplacement de ce qui allait devenir l’Hôtel de la Vallée. Les différents mouvements de troupes et la destruction du pont voisin pendant 14-18 n’en ont pas eu raison : des “dommages de guerre” sonnants et trébuchants (dédommagements pour les dégâts occasionnés par le conflit) permettent l’agrandissement du café qui devient un hôtel-restaurant. Le scénario se répète en 40-45 et permet à la famille d’ouvrir ce qui restera pour beaucoup l’Hôtel Thonart, à Lorcé (pour faire la différence avec l’Hôtel de Portugal, à Spa, qu’une autre Thonart gérait d’une main de fer dans la cité thermale).

Les secrets de la Poularde Valentine Thonart (une préparation à base de poularde de haute qualité et de homard) ont été livrés il y a des années au Guide des Connaisseurs par le chef de l’époque, Roger Verhougstraete, qui a préparé des milliers de « Poulardes Valentine Thonart ».

Préparation
  • Pour quatre personnes, découpez en six morceaux, une poularde de 1 kilo 600 vidée.
  • Faites chauffer du beurre dans une casserole. Laissez colorer les morceaux de poularde pendant cinq minutes des deux côtés.
  • Retirez la volaille et dans le même beurre saisissez deux homards vivants de 400 grammes chacun, coupés en deux dans le sens de la longueur.
  • Remettez les morceaux de volaille dans la casserole et ajoutez une bonne cuillère à soupe d’échalotes hachées.
  • Flambez le tout à l’armagnac.
  • Assaisonnez de sel et de poivre du moulin.
  • Ajoutez un bouquet garni, la chair en dés de quatre tomates fraîches, épluchées et épépinées, 250 grammes de champignons de Paris coupés en dés et sautés préalablement, et versez sur le tout une bouteille de champagne brut.
  • Laissez cuire à couvert à feu doux pendant 25 minutes.
  • Ajoutez 1/2 litre de crème fraîche épaisse et quatre fonds d’artichauts cuits coupés en dés (frais en saison ou en conserve), et laissez réduire à découvert de moitié.
  • Enlevez à l’aide d’une écumoire les morceaux de volaille et de homard et gardez-les au chaud. Terminez la sauce avec une pincée d’estragon, dont on doit seulement deviner la présence, rectifiez l’assaisonnement, ajoutez une larme d’armagnac éventuellement, et une pointe de poivre de Cayenne, car la préparation doit être haute en goût et bien relevée.
  • Dressez les morceaux de poularde et de homard dans une casserole en argent, saucez le tout et éparpillez en garniture une truffe coupée en fine julienne.
  • Le service se fait en deux fois : d’abord un suprême de poularde et une queue de homard, ensuite un morceau de cuisse et une pince du homard.

Remarques : un grand vin de Bourgogne blanc, Chassagne ou Puligny-Montrachet est vivement recommandé avec ce plat superbe. M. Thonart ne détestait pas non plus un Bouzy rouge de Champagne, voire un champagne millésimé. Ce plat riche se suffit à lui-même, mais on peut l’escorter, si on veut, d’un peu de riz nature (©Le Guide des Connaisseurs)


La recette est également reprise dans les ouvrages de Philippe NONCLERCQ : Quand la Wallonie se met à table (Liège : Noir Dessin Productions)


Encore faim ?

GAG : comment donner une pilule à un chat

Ernest Hemingway et son chat
  1. Attrapez le chat et placez-le dans le creux de votre bras gauche comme si vous teniez un bébé. Avec votre main droite, appliquez une pression de chaque côté de sa gueule en tenant la pilule dans votre main. Lorsque le chat ouvrira la gueule, lancez la pilule à l’intérieur. Donnez-lui un peu de temps pour qu’il ferme la gueule et avale.
  2. Ramassez la pilule du plancher et le chat caché derrière le sofa. Placez le chat dans le creux de votre bras droit (pour éviter la blessure à votre bras gauche) et répétez l’opération.
  3. Allez chercher le chat dans la chambre à coucher et jetez la pilule détrempée.
  4. Prenez une nouvelle pilule. Prenez le chat dans le creux de votre bras qui saignera le moins. Tenez les pattes arrière du chat avec votre main. Forcez l’ouverture de la gueule du chat et poussez la pilule au fond de la gorge avec votre doigt. Tenez sa gueule fermée et comptez jusqu’à 10.
  5. Ramassez la pilule de l’aquarium et faites descendre le chat du haut de la garde-robe. Allez au jardin et demandez à votre partenaire de venir vous aider.
  6. Agenouillez-vous sur le sol et serrez fermement le chat entre vos genoux. Tenez les pattes avant et arrière. Ignorez les grognements du chat. Demandez à votre partenaire de tenir la tête du chat fermement avec une main pendant qu’avec l’autre main il/elle place une règle de bois dans la bouche du chat pour y faire glisser la pilule. Frottez la gorge du chat vigoureusement.
  7. Faites descendre le chat du haut du rail des rideaux et prenez une nouvelle pilule. Prenez note d’acheter une nouvelle règle de bois et de réparer les rideaux. Balayez soigneusement les vases et les figurines cassées et mettez-les de côté pour les recoller plus tard.
  8. Enveloppez le chat dans une large serviette de plage et demandez à votre partenaire de se coucher sur le chat en ne laissant dépasser que sa tête. Placez la pilule au bout d’une paille à boire, forcez l’ouverture de la gueule du chat avec un crayon et soufflez dans la paille.
  9. Vérifiez l’emballage des pilules pour être sûr que les pilules ne sont pas dommageables pour les humains et prenez rapidement une bière pour faire disparaître le goût. Aidez votre partenaire à appliquer des pansements sur ses blessures et nettoyez le sang sur le tapis avec de l’eau froide et du savon.
  10. Allez chercher le chat dans le garage du voisin. Prenez une autre pilule. Ouvrez une autre bière. Dans la cuisine, videz une armoire. Placez le chat à l’intérieur et fermez la porte sur le cou du chat de façon à ce que seulement sa tête dépasse. Forcez l’ouverture de sa gueule avec une cuillère à dessert. Insérez la pilule avec un élastique.
  11. Allez chercher un tournevis dans le garage et remettez la porte de l’armoire sur ses charnières. Buvez votre bière. Sortez une bouteille de scotch et prenez-en un coup. Appliquez une compresse froide sur votre poitrine et consultez dans votre carnet de santé à quelle date remonte votre dernière injection contre le tétanos. Appliquez une compresse de whisky pour désinfecter. Buvez un autre coup. Jetez votre chandail et prenez-en un nouveau dans votre garde-robe.
  12. Appelez les pompiers pour qu’ils viennent chercher votre *!?x!* de chat du haut de l’arbre de l’autre côté de la route. Excusez-vous auprès de votre voisin qui a foncé dans la clôture en tentant d’éviter le chat qui traversait la rue. Prenez la dernière pilule de l’emballage.
  13. Attachez les pattes avant aux pattes arrière avec de la ficelle que vous attacherez solidement à un pied de la table. Trouvez des gants pour gros travaux dans le garage. Placez la pilule dans sa gueule suivi d’un gros morceau de viande. Soyez ferme. Tenez sa tête verticalement et versez 2 litres d’eau dans la gorge pour faire fondre la pilule.
  14. Buvez le restant de la bouteille de scotch. Demandez à votre partenaire de vous reconduire aux urgences. Asseyez-vous calmement pendant que le docteur recoudra vos doigts et votre avant-bras et enlèvera les restants de la pilule de votre œil droit. En revenant à la maison, arrêtez-vous au magasin de meubles pour acheter une nouvelle table.
  15. Appelez la Société Protectrice des Animaux pour qu’ils viennent chercher votre “chat de la mort” et appelez le magasin d’animaux pour savoir s’ils ont des cochons d’Inde.
COMMENT DONNER UNE PILULE A UN CHIEN ?

Enveloppez la pilule dans un morceau de bacon. Laissez tomber par terre.


S’amuser encore…

Tarte aux pommes, à la frangipane et aux spéculoos

© wallonica.org
Ingrédients pour 8 personnes (petits mangeurs…)
  • 2 œufs
  • 125 g d’amandes en poudre
  • 2 c. à s. de farine
  • 160 g de beurre salé
  • 250 g de spéculoos
  • 100 g de sucre fin
  • 1 c. à s. de sucre impalpable
  • 600 g de pommes Cox
Préparation

(temps de préparation : 20 min. + 40 min. de cuisson)

  1. Préchauffez le four à 180°C.
  2. Mélangez 110 g de beurre mou, le sucre fin, les amandes en poudre, la farine et les oeufs, jusqu’à obtention d’une crème frangipane homogène.
  3. Réduisez les spéculoos en miettes au robot. Malaxez-les avec 50 g de beurre fondu, jusqu’à ce que l’ensemble soit homogène. Tassez-le dans le fond d’un grand moule à tarte recouvert de papier cuisson. Recouvrez avec la crème frangipane, puis disposez les pommes taillées en tranches épaisses par-dessus.
  4. Cuisez 30 min au four. Saupoudrez de sucre impalpable et poursuivez la cuisson encore 10 min.
  5. Servez tiède. Pour les gourmands, ajoutez une boule de glace vanille ou un peu de crème fouettée.
  6. Conseil culinaire : le temps de cuisson peut dépendre de la qualité des pommes. Elles doivent être moelleuses sans pour autant tomber en compote. À surveiller, donc…

Encore manger…

brûlures d’estomac : remède naturel

Ingrédients
  • 3 tasses d’eau
  • 5 cm de racine de gingembre frais
  • ½ citron
  • 1 cuillère à soupe de miel
Préparation

Râpez la racine de gingembre et pressez le demi-citron, versez les 3 tasses d’eau dans un bocal puis ajoutez-y le miel, le jus de citron, et la racine râpée de gingembre. Mélangez bien les ingrédients et mettez le bocal au réfrigérateur. Consommer un verre de cette boisson lorsque nécessaire.

Bienfaits des ingrédients

Selon plusieurs études, le gingembre favorise la sécrétion de la bile, stimule l’activité des enzymes digestives, et soulage les troubles digestifs, en évacuant les gaz intestinaux, et en soulageant les brûlures d’estomac.

Le citron donne un coup de pouce au corps dans son processus de digestion pour éliminer les symptômes douloureux. Les enzymes trouvées dans le citron sont similaires à celles des sucs digestifs, donc l’estomac remarque peu de différence entre les deux et reprend ses tâches digestives.

Des recherches indiquent que le miel peut être efficace pour éradiquer les infections à Helicobacter pylori, qui peuvent causer des ulcères d’estomac, en plus d’avoir un effet sur le reflux gastrique.

Mises en garde

Le gingembre est à ne pas consommer pour les diabétiques, les femmes enceintes et allaitantes, et les personnes chétives. Le citron est déconseillé aux personnes qui ont des allergies aux agrumes, ou souffrant de troubles rénaux ou biliaires…

Autre recette (et probablement la meilleure)

Prenez un verre d’eau avec une cuillère à café de bicarbonate de soude quand vous souffrez de brûlures d’estomac, le bicarbonate grâce à son pouvoir alcalinisant apaise les brûlures.


Plus de vie pratique…

TREBEN : Elixir suédois (Herbes du Suédois)

ISBN 3850687953

TREBEN Maria, La santé à la pharmacie du bon dieu (Steyr, Wilhelm Ennsthaler, 1980)

Lors de la parution de son premier livre, Maria TREBEN laissait derrière elle une vie bien remplie, non dépourvue de vicissitudes mais néanmoins heureuse. Elle s’était montrée très sceptique quant à l’intérêt qu’allaient susciter ses conseils et son expérience concernant les plantes médicinales puisque les librairies regorgeaient de livres sur les plantes, l’un plus beau que l’autre. Cependant, il en fut tout autrement. Son livre La santé à la pharmacie du bon Dieu dont les ventes étaient de plus en plus prometteuses, accéda très rapidement à la première place sur les listes des meilleures ventes. Un quotidien allemand de renom déclara même que le premier livre de Maria Treben était le best seller du siècle. A l’heure actuelle, plus de 12 millions d’exemplaires de ses livres ont été vendus et sont traduits dans plus de 20 langues. Ils ont propulsé leur auteur au rang de spécialiste mondiale des plantes médicinales et Maria Treben à été obligée d’échanger une retraite tranquille contre une vie active faite de rendez-vous. Cette contrainte n’a été possible que grâce à sa vitalité et son hygiène de vie. Elle a accepté ce sacrifice de manière désintéressée pour apporter aux gens un savoir qui était menacé de disparition. […] Maria Treben est née à Saaz, en Autriche…” [extrait de la présentation de l’éditeur Ennsthaler]


L’Elixir suédois (les Herbes du Suédois)

Ingrédients :

  • 10 g de poudre d’Aloès*
  • 5 g de Myrrhe
  • 0,2 g de Safran
  • 10 g de feuilles de Séné
  • 10 g de Camphre**
  • 10 g de racine de Rhubarbe
  • 10 g de racine de Zédoaire
  • 10 g de Manna
  • 10 g de Thériaque Vénitienne
  • 5 g de racine de Carlinae
  • 10 g de racine d’Angélique

Les composants ci-dessus sont mis dans un flacon de 2 litres, à large col, fermant bien. Y verser 1,5 litre d’alcool à 38-40° ou de bon alcool de fruits et laisser macérer pendant 15 jours au soleil ou près d’un poêle (200 environ). Agiter le flacon tous les jours ainsi qu’ultérieurement, avant chaque prélèvement ou usage. Au bout de 15 jours on peut commencer à prélever de la liqueur dans une petite fiole fermant bien et qu’on conservera au réfrigérateur. L’alcool et les plantes peuvent rester ensemble indéfiniment. Plus vieille est la liqueur, meilleure elle est.

* On peut remplacer l’aloès par de la poudre d’absinthe.
** Le camphre doit être du camphre naturel et uniquement d’origine chinoise.


Extraits…

“Cette recette du célèbre médecin suédois, le Dr. Samst, Recteur de l’Académie de Médecine, a été trouvée, écrite de sa propre main, après sa mort. Le Dr. Samst mourut à 104 ans d’une chute de cheval. Ses parents et grands-parents avaient atteint eux aussi un âge canonique. Bien que cela semble une fable, ce qui va suivre s’est passé véritablement ainsi : j’étais une jeune femme, quand j’arrivai gravement malade, près de Lembach im Möhlviertel. La guerre nous avait chassés du territoire des Sudètes et dans un camp de réfugiés, en Bavière, j’étais tombée malade. J’avais attrapé le typhus et une intoxication par la viande (botulisme) qui évoluèrent en une jaunisse et une occlusion intestinale. Je restai plus de 6 mois à l’hôpital. Quand mon mari nous fit venir en Autriche ma mère, ma belle-mère, notre enfant et moi, j’étais si faible que mes jambes flageolaient. La nuit j’avais des douleurs qui me perçaient le ventre comme une épée. En même temps se déclenchaient des vomissements et des diarrhées spasmodiques. Je n’étais plus qu’un paquet de souffrance. Le médecin reconnut là, des douleurs, séquelles du typhus, qui souvent se maintiennent pendant de longues années. Un jour, une femme que je ne connaissais pas, m’apporta une fiole remplie d’un liquide très odorant. Elle avait appris ma maladie et voulait m’aider. Avec le flacon elle avait apporté la copie d’un manuscrit antique où, en 46 points, il était dit comment ces herbes guérissaient chaque maladie. Ces Herbes du Suédois l’avaient guérie elle aussi d’une grave maladie. Cette recette venait de l’héritage d’un médecin suédois renommé. Tous les membres de la famille avaient atteint un âge inhabituellement avancé. Les gouttes de Liqueur du Suédois guérissent, d’après le point numéro 43 : les ulcères et les bubons pesteux, même lorsqu’ils sont dans la gorge. Je rangeai la fiole dans la pharmacie familiale. Je ne croyais vraiment pas que ces gouttes toutes simples me rendraient la santé. J’ai rapidement changé d’avis. J’étais assise devant une immense corbeille de poires mûres, dont il fallait s’occuper rapidement quand une nouvelle crise se déclencha. Après que l’on m’eut confirmé que ces gouttes n’avaient pas seulement un usage interne, mais qu’on pouvait aussi les utiliser en usage externe, je ne tergiversai pas longtemps. J’humectai un tampon de coton sur lequel je mis un morceau de Nylon et glissai cet emplâtre sous mon porte-jarretelles et me remis à mon travail. Une impression merveilleuse envahi mon corps et j’eus la sensation d’être délivrée, comme si quelqu’un m’avait enlevé, en un tour de main, toute la maladie de mon corps. Je vous garantis que toutes les souffrances de ces derniers mois ont été comme effacées par ce simple emplâtre, que j’ai gardé toute une journée sous mon porte-jarretelles. La maladie a été balayée, je n’ai plus jamais eu de nouvelle crise. Mon fils qui avait 6 ans fut attaqué par un chien-loup et affreusement mordu au visage. Des cicatrices rouge sombre, boursouflées, s’étendaient du nez vers la bouche. Il apparait, au n° 33 du manuscrit antique, que “Toutes les cicatrices, blessures et coupures, même si elles sont anciennes, disparaissent si on les badigeonne 40 fois avec la liqueur”. Aussi, chaque soir, avant de le mettre au lit, j’ai tamponné les cicatrices de mon fils. Elles se sont effacées rapidement, même celles qui affectaient profondément le nez.

Maria TREBEN (1907-1991)

J’enregistre cette expérience et, en 1953, je m’installai ä Grieskirchen. Je visitai un jour une exploitation agricole et je rencontrai la jeune fermière, mère de 2 enfants, dans l’étable en train de traire. En guise de bonjour, elle me dit “Fais-moi ce que tu veux, je suis à bout, je me laisse faire.” Elle avait depuis des semaines, des maux de tête insupportables et, comme le médecin redoutait une tumeur cérébrale, elle devait aller ä Linz se faire radiographier. Le même jour, j’envoyai mon fils lui porter une fiole de Liqueur du Suédois afin qu’elle puisse se faire un emplâtre et passer la nuit sans maux de tête. Quelle ne fut pas ma surprise, quand, le lendemain matin, le fermier frappa à sept heures à ma porte : « Qu’as-tu donné à ma femme ? Deux minutes à peine après la pose de l’emplâtre, les douleurs se sont évaporées. Ce matin, elle a rejeté deux morceaux gros comme le doigt d’une matière, rouge brun, qui lui étaient descendus du nez dans la gorge. » C’était une infection des sinus, négligée depuis longtemps, et qu’une seule application avait guérie. Aujourd’hui encore, la fermière ne jure que par la Liqueur du Suédois. Il y a quelques années, elle a soigné sa fille avec des enveloppements, et l’a guérie d’une grave inflammation pulmonaire. La Liqueur du Suédois ne manque jamais dans sa pharmacie. Une femme souffrait depuis des mois d’une très douloureuse suppuration des sinus. Sa respiration par les narines était devenue impossible. Parallèlement s’étaient développées des douleurs intolérables. De puissants antibiotiques et des séances de radiothérapie n’amélioraient pas son État. Dès la première application, une amélioration se manifesta. A partir de la troisième, dans la nuit, les voies respiratoires étaient libérées et de gros morceaux de pus furent évacués par les narines. Je connaissais de vue une femme, qui, après la naissance de son sixième enfant, n’était plus que l’ombre d’elle-même. Un jour, je lui parlai et j’appris que, pour le moment, elle ne pouvait plus rien manger. Elle avait été obligée de mettre ses enfants en nourrice. Je lui conseillai de la Liqueur du Suédois. Environ trois semaines après, je la rencontrai resplendissante de santé. Les gouttes avaient fait merveille. Elle pouvait se nourrir normalement et avait repris ses enfants à la maison. « C’est comme si une bête avait soudainement été chassée de mon corps », me dit-elle, et ajouta que sa mère avait un pied terriblement enflé qui avait nécessité son hospitalisation. Elle ne pouvait plus se déplacer qu’avec une canne. Soixante-quinze piqûres n’avaient pas apporté de quelconque amélioration. Elle avait envoyé à sa mère la copie du vieux manuscrit et lui avait conseillé de faire usage des Herbe du Suédois. L’effet avait été très rapide, le pied Était revenu à son État normal et la canne superflue. Un jour, je reçu d’Allemagne, une lettre d’une de mes connaissances qui me priait de m’occuper de sa nièce, qui Était, présentement, en cure à Gallspach. Quand la jeune femme vint me voir ä Grieskirchen pour la première fois, je fus bouleversée. On la sortit de la voiture, puis on lui glissa deux béquilles sous les aisselles ; le corps estropié eut besoin, malgré l’aide, de plus d’un quart d’heure pour se trainer jusqu’à mon premier Étage. Les articulations des deux pieds étaient déformées, les doigts et les mains crispés et incapables de tenir quoi que ce soit. Pendant la marche, les pieds étaient traînés et le corps brusquement rejeté en avant. Je restai stupéfaite devant ma porte, les deux mains croisées sur la poitrine et ne pus énoncer que cette question: « Qu’est-ce qui vous a donc mise dans cet État, ma pauvre jeune femme? » « Cela m’est arrivé en une nuit, après la naissance de mon quatrième enfant », me dit-elle. Subitement, en une nuit, cette jolie femme n’était plus qu’une invalide clouée au lit. En Allemagne, elle avait été renvoyée de médecin en médecin, aucun n’avait pu améliorer son État. Pendant 4 années consécutives, elle était venue deux fois l’an, faire une cure dans la clinique du Dr. Zeileis à Gallspach, qui lui avait dit qu’il ne pouvait que la soulager, pas la guérir. C’était un spectacle poignant que de voir ses pauvres mains retournées qui portaient maladroitement sa tasse de café à ses lèvres. Je lui conseillai les Herbes du Suédois qu’à cette époque on trouvait dans les pharmacies allemandes, sous le nom de Crancampo. Aujourd’hui bien des pharmacies préparent les Herbes du Suédois selon la recette originale. Ce conseil ne donna à la jeune femme qu’un très faible espoir. C’était en février 1964. En septembre de la même année, je reçu un coup de téléphone de Gallspach, par lequel elle annonçait sa visite ä Grieskirchen et, me priait de venir la chercher à l’arrivée du car. Je fus stupéfaite et restai sans voix, quand je vis descendre du véhicule une jeune femme souriante qui avait seulement besoin d’une canne pour se soutenir. Les crispations et déformations des mains avaient disparu, ainsi que la plupart de celles des jambes. Seule subsistait une certaine enflure au genou et à la cheville gauche. Une année après, le 3 août 1965, tout était en ordre. Elle faisait sa dernière cure à Gallspach, sans canne et pleine de la joie de la santé retrouvée. Les reins avaient souffert pendant son quatrième accouchement et avaient déclenché ces effrayantes déformations. Tous les jours, trois fois elle avait dilué une cuillerée à soupe de Liqueur du Suédois dans un peu d’eau tiède qu’elle avait bue lentement, par moitié, avant et après chacun de ses repas, par gorgées. Quoique préparée avec de l’alcool, ses reins avaient bien supporté la préparation.

Il faut que je vous rapporte encore un cas vous montrant les incroyables résultats qui sont obtenus avec les Herbes du Suédois.

Ma sœur qui vit en Allemagne, me parla d’une de ses relations de Leipzig, qui souffrait depuis 15 ans dans une chaise roulante. Cette femme vécut pendant les années de guerre à Prague et, comme des milliers d’autres allemands, avait été obligée d’aller vivre dans la cave, où elle resta des semaines entières, sans paille, ni quoi que ce soit pour se coucher dessus. Ultérieurement, elle put partir pour Leipzig avec son mari. Peu de temps après, de graves déformations des articulations apparurent. Et puis sa vie se passa dans une chaise roulante. J’appris cela, seulement quand son mari mourut brusquement et la laissa seule à son triste sort. La paralysée dut quitter son appartement et fut relogée dans une chambre meublée. Il est interdit d’envoyer d’Autriche en R.D.A., des plantes ou autres produits médicaux. Je devais donc faire passer les Herbes du Suédois par une localité frontalière bavaroise, d’où elles étaient réexpédiées à Leipzig et, cela tous les deux mois. Bientôt je reçu des lettres teintées d’espoir. La malade prenait, trois fois par jour, une cuillerée à soupe de la Liqueur du Suédois, diluée dans de l’eau et ce, par moitié, avant et après chacun de ses repas. Les déformations régressaient lentement et les articulations perdaient de la raideur. […] Neuf mois après, l’amélioration était telle, qu’après 15 ans de chaise roulante, elle put sortir de son logement pour la première fois. Les progrès continuèrent et bientôt elle put nettoyer ses vitres et aussi accomplir d’autres tâches quotidiennes, que, jusqu’alors, des âmes compatissantes avaient effectuées pour elle. […]

Nous étions au lac d’Offen et nous nous servions d’un tronc d’arbre équarri pour nous asseoir au bord de l’eau. Un jour, nous trouvâmes le tronc appuyé contre la clôture de la pâture voisine. Tout à côté j’avais posé mon sac de plage. Avant de rentrer à l’hôtel, j’étais courbée sur le sac, en train de le mettre en ordre. Soudain, je fus comme foudroyée. La lourde pièce de bois m’était tombée directement sur la jambe. Au niveau du genou, j’avais une plaque bleu-rouge foncé et deux bosses de la grosseur du poing. On me porta dans la voiture et on me monta dans notre chambre. Mon mari voulut aller chercher un médecin ä Ebensee, mais je lui demandai de me faire un enveloppement avec de la Liqueur du Suédois. Environ 1/2 heure après, je pus descendre seule l’escalier pour aller à la salle à manger. Le lendemain, la jambe avait repris son aspect normal. Pas une ecchymose n’était visible et les deux grosses bosses avaient disparu… »


D’autres recettes au quotidien…

Foie de veau Pierreuse

Ingrédients pour 4 couverts
  • 4 belles tranches de foie de veau,
  • 15 gr. de beurre,
  • 4 oignons,
  • 1 verre de bouillon,
  • 1 c. à soupe de vinaigre,
  • 250 gr. de pruneaux,
  • farine,
  • thym, laurier,
  • 4 morceaux de sucre,
  • sel et poivre.
Recette du Chef
  • Débiter le foie de veau en morceaux et le faire revenir dans le beurre.
  • Réserver les morceaux de foie et les remplacer par les oignons émincés.
  • Remuer, saupoudrer avec la farine sans cesser de remuer, mouiller avec le bouillon, ajouter le vinaigre, le thym, le laurier et les morceaux de sucre.
  • Amener à ébullition et laisser un peu réduire.
  • Remettre les morceaux de foie et laisser cuire un quart d’heure à feu moyen.
  • Ajouter les pruneaux, préalablement trempés une heure dans de l’eau tiède.
  • Achever la cuisson.
  • Saler et poivrer selon votre goût.

Servir avec une purée de carottes, par exemple.

Encore faim ?

Boulets à la liégeoise

Boulets à la liégeoise ou boulets sauce chasseur ou boulets sauce Lapin : la sauce ne contient pas de lapin, mais tiendrait son nom de madame Géraldine Lapin, née Corthouts, épouse d’Ernest Lapin (1868-1922), receveur des contributions directes dans la banlieue de Liège (BE).

Ingrédients pour 6 boulets
  • 700 gr. de hachis porc et bœuf,
  • 100 gr. de pain blanc sans les croûtes,
  • 10 cl. de lait,
  • 2 oignons émincés,
  • 25 cl.de bière brune de table (alt. Triple Kasteel),
  • 2 tartines de pain blanc tartinées de moutarde,
  • 3 c. à soupe de sirop de Liège,
  • thym, laurier, sel et poivre, beurre.
​Recette du Chef​​
  • Faire gonfler la mie de pain dans le lait pendant 5 minutes.
  • Égoutter à fond.
  • Mélanger le hachis au pain et bien malaxer (on peut ajouter un œuf).
  • Façonner 6 boulets.
  • Préparer le bain de friture (200 degrés) et y plonger les boulets : ils doivent être dorés.
  • Laisser égoutter sur une assiette tapissée de papier absorbant.
  • Préparer la sauce : émincer les oignons et les faire suer dans du beurre chaud.
  • Ajouter la bière et laisser cuire quelques minutes.
  • Ajouter les 2 tartines avec la moutarde.
  • Ajouter du sel, du poivre, du thym, une feuille de laurier et les boulets.
  • Cuire 30 à 40 minutes à feu doux.
  • Ajouter le sirop 5 minutes avant la fin.
  • Servir avec frites ou purée de pommes de terre.
​Variantes

Encore faim ?

L’étiquette pour les nuls

  • Répondez toujours à une invitation par le même canal que celui de cette dernière. Invité par carton, répondez par carton. Via SMS, par SMS…
  • Respectez le dress code mais mieux vaut être trop bien habillé que pas assez. Une cravate s’enlève mais il est plus délicat de dissimuler sa paire de tongs.
  • En théorie, pour les hommes, c’est costume noir proscrit, tout comme les chaussures brunes. Et la cravate doit toujours être foncée et portée sur une chemise claire.
  • Lors d’un repas formel, arrivez les mains vides. Jamais de fleurs, qui encombreraient l’hôte. Si vous souhaitez vraiment apporter quelque chose, pensez à des (bons) chocolats, du vin ou du champagne. Et si vous êtes un inconditionnel floral, envoyez-en la veille de votre venue.
  • A votre arrivée, dites d’emblée bonjour. Mais attendez qu’on vous tende la main. A ce sujet, les règles sont claires. C’est d’abord l’homme qui dit bonjour, et la femme répond en tendant ou pas la main.
  • Entre personnes du même sexe, c’est la personne la plus jeune qui salue, la plus âgée choisissant ou pas de tendre la main.
  • A table, attendez que la personne qui vous invite soit assise ou vous invite à vous asseoir. Aussitôt assis, dépliez votre serviette sur vos genoux et gardez vos mains visibles.
  • Vous pouvez boire de l’eau avant tout le monde mais devez attendre le signe de l’hôte pour le vin et les alcools.
  • Ne coupez ni pain, ni salade, ni omelette avec votre couteau.
  • L’hôte, lorsqu’il dressera sa table, prendra soin d’alterner homme et femme, et de séparer les couples, sauf ceux mariés dans l’année.

Visiter Liège en 10 coups de coeur

Le Pot au lait (Liège, BE)

“Liège n’est pas forcément la première ville qui vient à l’idée de visiter quand on voyage en Belgique, mais c’est pourtant une cité pleine de charme et de belles surprises. Renommée pour son ambiance chaleureuse et festive, on la surnomme d’ailleurs la Cité Ardente. Alors que voir et que faire à Liège? Petite revue de l’essentiel pour visiter Liège à travers mes dix coups de cœur…”

L’auteure y sélectionne :

  1. La gare de Liège-Guillemins ;
  2. Le Grand Curtius ;
  3. La promenade des Coteaux de la Citadelle ;
  4. L’escalier de la montagne de Bueren ;
  5. Les impasses du quartier Hors-Château ;
  6. Le street-art avec Paliss’Art ;
  7. La cité miroir ;
  8. La bière artisanale de la Brasserie C ;
  9. Les gaufres d’une gaufrette saperlipopette ;
  10. Un bar déjanté: le pot au lait.

Pour découvrir ces coups de cœur de ladite Sarah, visitez LEBLOGDESARAH.COM (article du 7 mai 2016)


Comment savoir vivre au quotidien ?

10 plantes dépolluantes pour purifier l’air intérieur

“La pollution intérieure serait responsable de 99.000 décès par an en Europe. Elle provient des produits parfumés comme l’encens, les bougies ou les huiles essentielles, mais aussi des produits ménagers, déodorants, laque ou vernis. Mais que peut-on faire contre cette pollution ? Il existe des plantes très efficaces qui raffolent de ces polluants.

Bioépuration

Les plantes « respirent » par un phénomène qu’on appelle la photosynthèse qui leur permet de réduire naturellement le CO2. Mais en plus de ce mécanisme connu, certaines plantes et fleurs épurent l’air environnant. C’est ce qu’on appelle la « bioépuration » ou « purification par le vivant ». Les plantes qui en sont capables purifient l’air en stockant les produits chimiques toxiques dans leurs cellules ou en les transformant. Les scientifiques utilisent alors le terme de phytoremédiation, du grec phyto qui signifie plante et remédiation qui signifie remise en état. Quelles plantes choisir ? Malheureusement, toutes les plantes et fleurs n’ont pas cette fonction de purification de l’air face aux produits toxiques.

Voici une sélection de dix plantes, arbustes et fleurs qui seront bénéfiques pour votre intérieur :

  1. le chrysanthème ;
  2. le chlorophytum ;
  3. le dragonnier ;
  4. le ficus ;
  5. la fleur de lune ;
  6. la fougère de Boston ;
  7. la sansevière ;
  8. le palmier bambou ;
  9. l’aloes ;
  10. le flamant rose…”

Plus de détails dans l’article 10 plantes dépolluantes pour purifier l’air intérieur (la Rédaction, LESOIR.BE du 16 mars 2016)

Plus de presse…