FANTE : Mon chien stupide (CHRISTIAN BOURGOIS, 1987)

FANTE J, Mon chien stupide (1987)

Il était un chien, pas un homme, un simple animal qui en temps voulu deviendrait mon ami, emplirait mon esprit de fierté, de drôlerie et d’absurdités. Il était plus proche de Dieu que je ne le serais jamais, il ne savait ni lire ni écrire, et cela aussi était une bonne chose. C’était un misfit et j’étais un misfit. J’allais me battre et perdre ; lui se battrait et gagnerait…

Lire le livre de John FANTE (1909-1983) – ISBN 2-267-00510-3


Yvan ATTAL a adapté le roman au cinéma en 2019 © studiocanal france

“Henri est en pleine crise de la cinquantaine. Les responsables de ses échecs, de son manque de libido et de son mal de dos ? Sa femme et ses quatre enfants, évidemment ! A l’heure où il fait le bilan critique de sa vie, de toutes les femmes qu’il n’aura plus, des voitures qu’il ne conduira pas, un énorme chien mal élevé et obsédé, décide de s’installer dans la maison, pour son plus grand bonheur mais au grand dam du reste de la famille et surtout de Cécile, sa femme dont l’amour indéfectible commence à se fissurer…”


D’autres incontournables du savoir-lire :

De la nécessité d’attribuer à titre posthume le Prix Nobel à Simenon

“Dans son dernier essai, Jean-Baptiste BARONIAN apporte la preuve définitive que tout n’a pas été écrit sur Georges SIMENON et que, trente ans exactement après la disparition du plus liégeois des écrivains universels (ou du plus universel des écrivains liégeois, le propos est réversible), son œuvre comme sa vie recèlent encore leur lot de trouvailles. Encore faut-il, pour les dénicher, oser s’aventurer dans les recoins inexplorés ou négligés de son univers, dans des œuvres peu citées – Strip-teaseUn banc au soleilIl pleut bergère…La prison – ou dans le massif, parfois rébarbatif, des Dictées.

Les dix-sept chapitres que compte l’ouvrage auraient pu donc en être vingt, cinquante, cent. C’eût été sacrifier à la passion de l’exhaustif, par définition inassouvissable en ce qui concerne un tel géant. Puis il y a dans la démarche ici adoptée un parti pris de plaisir, qu’une étude plus fouillée aurait compromis et alourdi.

Baronian a dès lors si parfaitement ajusté la focale qu’il happe d’emblée l’intérêt du lecteur, simenonien patenté ou profane. Bien sûr, il sera question de villes de province, de femmes, de cinéma, de crime, mais chacun de ces aspects est abordé par la bande, dans une dimension inattendue ou selon un angle d’attaque original.

Ainsi, « le personnage de Liège » est-il envisagé à travers Je me souviens…, un « livre-relais » qui montre que la cité natale du romancier est constamment au cœur de sa dramaturgie. Simenon lui-même minimisait l’importance de ce titre, qu’il qualifiait de « sorte de document » et auquel il déniait le statut d’œuvre littéraire. Baronian voit quant à lui dans cette sonate le socle du mouvement symphonique plus large de Pedigree. Maints autres lieux sont revisités, comme Marsilly, petite commune de Charente-Maritime, où Simenon écrivit pas moins de douze romans alors qu’il était locataire de La Richardière. En contrepoint de ce constatable effet du « génie du lieu » se pose la question de savoir pourquoi la Suisse, où Simenon a pourtant longuement vécu et beaucoup écrit, l’a si peu inspiré. Une absence criante, qui se manifeste dans le pseudo-toponyme forgé par Simenon pour requalifier Échandens : Noland (« aucun pays »). Là n’est pas le seul mystère que sonde l’essayiste. Il en est aussi qui règnent autour de personnages hantant son imaginaire comme sa biographie…”

Lire la suite de l’article de Frédéric SAENEN sur LE-CARNET-ET-LES-INSTANTS.NET (article du 15 juillet 2019)

ISBN 2-36371-298-1

Jean-Baptiste BARONIANSimenon, romancier absolu (Paris : Pierre-Guillaume de Roux, 2019)

 

Jean-Baptiste Baronian, membre de l’Académie royale de Belgique, est l’auteur de romans, nouvelles, essais, biographies, dictionnaires, anthologies. Il a publié en 2017, Baudelaire au pays des singes, un essai unanimement salué par la critique, puis un roman, en 2018, Le Petit Arménien.


 

En lire encore…

WOLKERS : Les délices de Turquie (BELFOND, Vintage, 2013)

WOLKERS J, Les délices de Turquie (BELFOND | Vintage, 2013)

“Original, cru, provocateur, tendre, joyeux, désespéré, un roman puissant, entre Les Valseuses et Le Dernier Tango à Paris, par un des plus grands écrivains hollandais.

Comme celle d’Henry Miller, l’écriture de Wolkers témoigne d’un érotisme exubérant et d’un formidable appétit de vivre.

New York Times Book Review

…un roman à l’énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle… l’histoire d’une passion folle dans l’Amsterdam des années 1960.

La redécouverte d’un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l’hypocrisie d’une société engoncée dans un protestantisme pudibond. Jan Wolkers est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains néerlandais d’après-guerre, aux côtés d’Harry Mulisch, Gerard Reve et Willem Frederik Hermans.

Paru en 1969 (sic), les Délices de Turquie ont été adaptés au cinéma en 1973 par Paul Verhoeven, avec Rutger Hauer et Monique Van de Ven dans les rôles principaux, et ont été désignés comme le meilleur film néerlandais du XXe siècle.”

C’est le roman cru, provocateur, désespéré d’une passion dans l’Amsterdam des années 60.

Rolling Stones, Laurent Boscq

[Une] perle vénéneuse de la littérature néerlandaise.

Le Monde des Livres, Nils C. Ahl

Lire le roman de Jan WOLKERS (1925-2007)
(ISBN : 2714452345)

D’autres incontournables du savoir-lire :

WOOLF : Romans, Essais (GALLIMARD, Quarto, 2014) : e.a. La promenade au phare

WOOLF V, Romans, Essais (GALLIMARD, Quarto, 2014) : e.a. La promenade au phare

Cela l’aurait blessée qu’il refuse de venir. Mais pour lui cela n’en valait pas la peine. Regardant sa main, il songea que s’il avait été seul il aurait déjà presque fini de dîner ; il aurait été libre de se mettre au travail. Oui, songea-t-il, c’est une perte de temps épouvantable. (…) Que tout cela est donc dérisoire, que tout cela est fastidieux, pensa-t-il, à côté du reste – le travail. Il était assis là à pianoter sur la nappe alors qu’il aurait pu – lui apparut aussitôt une vue d’ensemble de son travail. Vrai, quelle perte de temps que tout ça ! (…) Il avait seulement envie d’être seul et de continuer à lire cet excellent livre. Il se sentait mal à l’aise ; il se sentait déloyal à l’idée de pouvoir être assis près d’elle sans rien éprouver à son égard. La vérité c’est qu’il n’appréciait pas la vie de famille. C’est dans ce genre de situation que l’on se demandait : Pour quoi vit-on ? A quoi bon, demandait-on, se donner tant de mal pour perpétuer la race humaine ? Est-ce tellement souhaitable ? (…) Questions stupides, vaines questions, questions que l’on ne se posait jamais si l’on était occupé. La vie humaine est-elle ceci ? La vie humaine est-elle cela ? On n’avait jamais le temps d’y penser.

Lire les romans de Virginia WOOLF (1882-1941)
(ISBN : 9782070144983)

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“Virginia Woolf entre la maladie et l’écriture” sur CAIRN.INFO

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