WYETH Andrew, Above the Narrows (1960)

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Andrew WYETH (américain, né le 12 juillet 1917 à Chadds Ford en Pennsylvanie – décédé le 16 janvier 2009 à Chadds Ford) est un peintre réaliste contemporain. En tant qu’artiste, Wyeth se spécialise dans les portraits et les scènes d’intérieur. Durant son enfance, Wyeth souffre de nombreuses maladies, ce qui l’empêche de finir ses études. Son père Newell Convers Wyeth, célèbre illustrateur de l’époque, lui donne alors des cours à domicile. Grâce au travail de son père, Wyeth est entouré d’art à travers la littérature, les contes, la peinture et la musique. Très tôt, il apprend les traditions et coutumes. Les œuvres de son père figurent parmi de nombreux magazines et calendriers et la National Geographic Society le contacte pour peindre des cartes. Même si Wyeth Senior donne des cours d’art, il ne se prononce pas sur les compétences artistiques de son fils avant son adolescence.

Wyeth est naturellement doué et ses premières peintures dès l’âge de 12 ans sont de remarquables compositions réalisées au stylo et à l’encre qui produisent des lignes monochromes élégantes, délicates et précises. À l’âge de 15 ans, son père lui enseigne les bases des techniques de peinture et de dessins. Cet enseignement ne dure que deux ans, leurs styles et imaginations sont très différents. Alors que son père préfère utiliser la peinture à l’huile, Wyeth privilégie l’aquarelle. Wyeth s’inspire de Chadds Ford, sa ville natale pittoresque près de Philadelphie, et de sa maison de vacances à Brandywine Valley Cushing dans le Maine, où il rencontre et épouse Betsy James. Sa femme lui présente la famille Olson et leur ferme singulière qui influencera énormément ses œuvres. Dans ses premières compositions, Wyeth se concentre sur les couleurs, le travail d’exécution et les coups de pinceaux.

WYETH Andrew, Light Wash (1969)

Même s’il s’oriente vers un style réaliste, sa peinture est largement dominée par le style régionaliste. Son père lui présente Robert Macbeth, marchand d’art new-yorkais, avec qui il organise sa première exposition solo en 1937. Cependant, Wyeth doit attendre plus de dix ans pour sa première exposition muséale solo, qui a lieu en 1951 au Farnsworth Art Museum de Rockland dans le Maine. Par ailleurs, son travail figure dans de nombreux magazines réputés tels que le Saturday Evening Post, qui présente The Hunter. Christina’s World (1948), Maga’s Daughter (1966) et Snow Hill (1989) font partie de ses œuvres les plus célèbres. Suite à la mort de son père en octobre 1945, le style de l’artiste change et devient plus sombre. Wyeth et sa femme Betsy ont deux fils. Il meurt en 2009 à l’âge de 91 ans des suites d’une maladie.” [d’après ARTNET.FR]

WYETH A., Overflow (1978)

Contempler encore…

KLEE, Paul (1879-1940)

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KLEE Paul, Projet (1938) © zpk.org

“Poète de l’abstraction, fasciné par la lumière des pays lointains et la magie de la nature, Paul KLEE (1879 – 1940) est autant un peintre de talent qu’un grand aquarelliste. Professeur au Bauhaus, pendant l’entre-deux-guerres, le peintre théoricien a développé une approche singulière de la couleur. Considéré comme juif par les nazis, rangé dans la catégorie des peintres dégénérés, il doit fuir l’Allemagne et meurt au début de la Seconde Guerre mondiale. Un destin tragique pour un peintre rêveur. Son œuvre, bien que colorée et tournée vers une réalité intérieure, porte aussi le reflet des oppressions vécues.

L’art ne reproduit pas le visible, il rend visible.

Paul Klee

Paul KLEE en 1921 © Lebrecht Authors

Paul Klee est né en Allemagne mais il est d’origine et de culture helvète. D’ailleurs, un an après sa naissance, ses parents s’installent en Suisse, à Berne. L’enfance de l’artiste est baignée dans la musique, son père étant professeur et sa mère cantatrice. Le jeune garçon pratique le violon. Si la musique est sa première vocation, la peinture l’attire aussi et c’est finalement vers les arts plastiques qu’il se dirige. En 1898, Klee retourne en Allemagne. Il entreprend des études d’art. Pour se former, il voyage également en Italie puis en France. En 1906, le peintre se marie avec une jeune pianiste et le couple s’installe à Munich. C’est dans cette ville que le postimpressionnisme le touche de plein fouet. À l’occasion d’une exposition, il découvre Vincent Van Gogh et Paul Cézanne. C’est un choc.

À Munich, il fait la connaissance des membres du Blaue Reiter, emmenés par Vassily Kandinsky. En 1912, il participe à la deuxième exposition du groupe, exclusivement composée d’œuvres graphiques. Deux ans plus tard, quelques mois avant l’éclatement de la Grande Guerre, Klee se rend en Tunisie. Le peintre August Macke l’accompagne. C’est un éblouissement de couleurs et de sensations. Pendant la guerre, l’artiste est appelé sous les drapeaux allemands. Il a la charge d’une mission sans danger, en tant que secrétaire de l’école de l’air de Gersthofen, près de Munich.

De tendance abstraite, l’art de Paul Klee est fait de couleurs et de symboles. L’artiste est un mystique, fasciné par la magie de la nature mais ne reproduisant pas d’une manière illusionniste le réel. Pour lui, l’art est un moyen d’accéder à une vérité insondable, plus profonde que la surface visible des choses.

Nommé professeur au Bauhaus après la guerre (où il enseigne notamment la théorie de l’art), Klee expose de plus en plus et se rend en Égypte au cours de l’année 1929. En Allemagne, son œuvre est mal vue par les nazis qui le considèrent comme un artiste dégénéré et interdisent sa peinture. Il part s’installer en Suisse. Au cours des années 1930, une maladie incurable se déclare et Klee se voit condamné. Il décède en 1940, trois ans après que les nazis aient présenté 17 de ses œuvres dans l’exposition “L’Art dégénéré” à Munich.

Quelques œuvres clés

Ein Haus (Maison, 1915)
KLEE Paul, Ein Haus (1915) © Centre Pompidou

Après son voyage en Tunisie, l’artiste se sent véritablement peintre et l’année 1915 est marquée par une production importante d’aquarelles. Il n’a pas encore rejoint l’armée allemande. Paul Klee se sent possédé par la couleur, et traduit le paysage avec des qualités certaines d’abstraction bien qu’il demeure attaché à la représentation du réel. Dans cette aquarelle, on distingue aisément la silhouette d’une maison mais elle se dissout dans des carrés de couleurs chaudes et froides.

Eros (1923)
KLEE Paul, Eros (1923) © paul-klee.org

Les signes sont à l’œuvre dans le langage pictural de Paul Klee. Bien qu’il soit défini comme un abstrait, le peintre fait apparaître dans ses œuvres des signes et des symboles très identifiables, comme des flèches, des étoiles. L’artiste les utilise de manière dynamique, et chaque forme géométrique a selon lui une fonction. Les signes ont pour but de manifester une tension entre l’abstraction et la manifestation du monde. Pour Klee, le dessin et la peinture entretiennent une grande proximité avec l’écriture.

Polyphonie, structure en échiquier (1932)
KLEE Paul, Polyphonie (1932) © DR

Témoignage de l’importance de la musique dans la vie et l’œuvre de Paul Klee, le mot polyphonie a été choisi par l’artiste pour intituler un certain nombre d’œuvres représentant des agencements ordonnés de couleurs, sous forme de grilles. Ce sont des structures harmoniques, aux contours mouvants. Klee a affirmé que c’est la couleur qui a fait de lui un peintre, et l’on sent également l’influence qu’a pu avoir sur lui les courants modernes abstraits, en particulier l’œuvre de Vassily Kandinsky et de Robert Delaunay.”


KLEE, Sinbad le marin (1928) © paul-klee.org

Il s’endormit dans son fauteuil. Il rêva d’un marin sur un bateau. Mais le navire restait immobile. Il ne se déplaçait pas. Le marin cramponnait un harpon rouge. Il n’avait pas d’yeux. Il portait un casque avec une drôle d’antenne sur le dessus, comme les feuilles d’une fleur rouillée. Le poisson qu’il attaquait avait des bouches orange et des taches de couleur, comme une courtepointe. […] Isaac était devenu un génie dans son sommeil, il arrivait à faire resurgir des images, à rêver de peintures sur le mur, d’un chef-d’œuvre. Ah, si seulement les gens pouvaient mourir avec une telle perfection !” Fidèle à sa saga new-yorkaise, Jerome Charyn lance son héros favori, Isaac Sigel, à la recherche d’une nymphette mystérieusement disparue. Mais cette fois, la peinture de Paul Klee fait irruption dans l’intrigue politico-policière… [BABELIO.COM]

A lire : CHARYN Jerome, Sinbad (Paris : Flohic, 1998)


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