Une encyclopédie à nulle autre pareille ?

Des encyclopédies reliées, on en a tous plein les greniers et si les chercheurs en neurosciences établissaient que manger un livre permettait de s’approprier son contenu, je ne doute pas que la plupart de nos souris, grosses de tous ces savoirs, seraient bien en chaire dans nos universités. Les encyclopédies en ligne ont aujourd’hui pris le relais de nos vieilles Britannica, Universalis, Larousse et autre Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers et… les souris ne sont plus les mêmes.

Comment alors faire la différence entre, d’une part, les pseudo-encyclos en ligne dont les fins commerciales ne sont pas toujours visibles de prime abord et, d’autre part, le travail sérieux et sincère des éditeurs (institutionnels ou particuliers) d’encyclos, de blogs, de sites muséaux et de magazines à contenus de qualité ?

L’internaute critique, qu’il soit wallon ou bruxellois, fera son marché selon ses convictions et ses besoins personnels. L’équipe éditoriale de wallonica.org (et de sa documenta, et de son topoguide et de sa boutique) peut juste lui exposer ici 5 spécificités qui rendent notre blog encyclo wallon… “à nul autre pareil”.

Comment font les autres ?

Les encyclopédies commerciales traditionnelles (Universalis, Britannica, Encyclopédie de Diderot & d’Alembert (sic) et autres Larousse) définissent a priori les contenus à publier en fonction d’un arbre des connaissances (= arborescence des savoirs, telle que conçue à l’époque de la rédaction de l’ouvrage), en bref : “je vais vendre des encyclopédies en porte-à-porte pendant les 150 prochaines années ; je lance d’abord une souscription pour financer l’entreprise puis je sélectionne les domaines de savoir de la table des matières afin de pouvoir tout caser ; je demande ensuite à des experts de rédiger les articles de chaque entrée et j’édite le tout avec des planches d’illustrations bien léchées. Le produit fabriqué, je lance sa promotion et je développe mon réseau commercial. L’investissement devrait être amorti en une dizaine d’années. Un siècle plus tard minimum, débarque le web et les bases de données en ligne : je m’adapte, je revends les volumes papier restants à des bouquinistes pervers, je publie mes contenus en ligne et je propose des abonnements à tous les visiteurs qui cliquent sur [en savoir plus…]”.

Les sites publicitaires avec des contenus encyclopédiques passent par là et rachètent des contenus aux précédents pour les insérer dans des pages saturées de pavés publicitaires alla Google Ads. Vous êtes un internaute curieux, vous avez cliqué sur l’annonce FaceBook d’un article sur “Ecrire fond ou fonds ?“, “Qui étaient les Esséniens ?“, “Découvrez les aquarelles érotiques de Victor Hugo : la quinzième va vous étonner“…

Et nous, comment faisons-nous ?

Nous évitons les doublons : ce qui est fait ne peut être défait… et n’est plus à faire

Chez nous, pas de doublons…

Tout ou presque est déjà dit par Shakespeare qui l’écrit dans Macbeth : “What’s done cannot be undone“. Et c’est ma voisine Josiane qui précise en faisant son trottoir : “Ce qui est fait n’est plus à faire.” De l’un et de l’autre nous tirons notre première spécificité : dans wallonica.org, les contenus sont originaux à condition de ne pas déjà exister ailleurs. Quelle utilité trouverions-nous à refaire un dossier complet sur Félicien Rops si le musée qui lui est consacré à Namur a déjà fait tout le travail ? Dans ce cas, notre travail sera plutôt de compiler des extraits significatifs du dossier namurois, de l’intégrer dans notre maillage d’hyperliens (internes ou externes), de l’éditer (commentaires, mise en forme, illustrations, appoint d’infos…), de renvoyer vers la source des contenus et de faire la promotion du résultat. A défaut, nous écrirons et documenterons un article original à plus d’un titre. C’est dans ce sens que nous comparons le blog encyclo wallonica.org à un “hub”, une plateforme de contenus qui propose autant de découvrir ses propres productions que celles d’autres acteurs des savoirs.

Nous évitons d’appartenir : nous sommes juste des vieux peaux-rouges qui ne marcheront jamais en file indienne

Plus proche de nous, c’est Achille Chavée qui a créé l’expression. Elle nous sied à ravir : pas question pour wallonica.org de servir une quelconque appartenance et on trouvera dans nos colonnes des propos qui plairont à l’un un jour, à l’autre un autre jour… selon que les convictions personnelles de l’auteur rencontrent ou non celles du lecteur. La différence entre référence et opinion reste bien entendu visible par tous : pas de confusion possible entre un article à vocation documentaire et une tribune libre. C’est Simone Weil qui le dit : “Accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient et les composer verticalement.” Nous ne faisons rien d’autre par notre travail : notre deuxième spécificité est de préférer le débat à l’idée.

Nous évitons le tout-cuit : tu gagneras ton pain à la sueur de ton front

Si cette métaphore biblique permet plusieurs interprétations, nous la lisons dans des termes précis, qui soulignent l’importance du… travail. Si le fameux pain convoité est la connaissance, l’accumulation des savoirs ne peut y être assimilée. Finalité de notre existence, la connaissance (en d’autres mots, l’appropriation de ce que nous sommes capables de concevoir du monde qui nous entoure et nous rend capables de vivre à propos), ne naît pas de l’addition des savoirs mais du travail effectué grâce à ceux-ci. C’est pourquoi notre encyclopédie n’est pas un lieu de référence traditionnel : nous préférons éditer un blog encyclo qui, à l’exhaustivité “académique”, préfère la curiosité, la sérendipité et les associations libres. Notre troisième spécificité en bref : susciter le travail sur soi et sur le monde.

Nous évitons d’être évités : on n’attrape pas des mouches avec du vinaigre

La zone de chalandise de wallonica.org s’étend à toute la Francophonie (nous suivons les fréquentations du site via divers outils professionnels) et c’est dans toute la Francophonie que nous entendons promouvoir les savoirs wallons et bruxellois. Pas question, dès lors, de publier nos pages dans notre coin et de n’en vanter les avantages que dans les fêtes de quartier. Du coup, nous faisons la “tête au carré” à nos visiteurs ! Non contents de bénéficier d’un public captif (public des partenaires, public inscrit directement) et d’être actifs sur les réseaux sociaux (pages FaceBook, LinkedIn, Twitter…), nous avons structuré wallonica.org en quatre sites reliés entre eux : c’est le carré wallonica (cliquez ici pour en savoir plus). Résultat : les moteurs de recherche les plus populaires nous aiment et génèrent la majorité des visites sur nos sites, qu’ils pointent vers des articles du blog encyclo, vers des lieux documentés sur notre topoguide, vers des ressources à télécharger de la documenta ou vers des produits culturels de la boutique. Voilà notre quatrième spécificité : nous utilisons des dispositifs traditionnellement réservés aux sites commerciaux pour le plus grand bénéfice de l’éducation permanente.

Nous évitons l’exclusion : les vertus du mélange

Enfin, mélanges et métissages sont des maîtres-mots pour nous qui publions et relions indifféremment des savoirs wallons et internationaux, des articles trouvés dans la presse belge, française ou issus de la blogosphère francophone qui ne connaît pas de frontières, des ouvrages d’artisans comme d’artistes à la réputation internationale, des tribunes libres de proches comme de penseurs réputés, des initiatives de quartier comme des actions d’ONG de grande taille. Pourquoi cette absence de sélection ? Parce que c’est ça une encyclopédie et que, en plus, nous voulons profiter de l’absence de jugement de nos outils informatiques pour afficher des listes d’articles où nos Wallons et nos Bruxellois seront présents au même titre que des pensionnaires du Panthéon ! Un exemple ? Dans la catégorie “Artefacts“, Blasius, César Franck, Jean Ray, Arsène Soreil, Jean-Jacques Symul, Bénédicte Wesel et Eugène Ysaye figureront aux côtés d’Eugène Atget, Camille Claudel, Achille-Claude Debussy, Frédéric Mistral et Marcel Proust. C’est donc notre dernière particularité que de préférer relier plutôt qu’exclure, pour le plus grand bien de tous

Patrick THONART


  • L’illustration en tête d’article montre une perspective de la tour d’Eben-Ezer, dans la vallée du Geer (province de Liège)

Revitalisons le mouvement encyclopédiste !

BENARD, Essai d’une distribution généalogique des sciences et des arts principaux (1780) © BnF

On peut vivre sans philosophie. Mais pas si bien” (Jankelevitch). On connaît moins bien sans savoir, en tout cas, et cela nous pousse à travailler à l’accès des savoirs existant en Wallonie-Bruxelles et à l’activation de toutes les curiosités individuelles. Au début du XXe siècle, les Internationalistes étaient convaincus que connaître sa culture et celle de l’Autre aiguisait le sens critique des deux, enlevait toute envie de le tuer ou de le torturer et rendait à chacun son identité. C’est dans ce contexte que le Belge Paul Otlet a inventé la Classification Décimale Universelle (encore en usage dans nos bibliothèques francophones) et mis en oeuvre un “web de papier” en classant tous les ouvrages de savoir qu’il rencontrait ; son ami, Henri La Fontaine a par ailleurs milité pour un modèle de société des nations qui préfigurait nos Nations Unies. Il a reçu le prix Nobel de la Paix en 1913. Ont-ils eu raison trop tôt ? Nous continuons à le penser…

C’est pourquoi notre quatrième objectif est de militer pour le droit de savoir-s dans toutes nos actions, d’être présents sur tous les fronts qui sont accessibles à notre initiative et de marcher aux côtés de tous ceux qui, comme nous, pensent que le citoyen responsable actif et critique est l’avenir de l’Humain…

Diderot (encore lui) & wallonica, même combat ! “En effet, le but d’une Encyclopédie est de rassembler les connaissances éparses sur la surface de la terre, d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, & de le transmettre aux hommes qui viendront après nous ; afin que les travaux des siècles passés n’aient pas été des travaux inutiles pour les siècles qui succéderont ; que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même temps plus vertueux & plus heureux, & que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain.”   (1755)


Nos objectifs :

Mutualisons la création de contenus wallons !

“Nous protégeons moins nos mystères, On laisse moins faire le hasard…” (Brel) et c’est volontairement. Nous n’adhérons pas aux croyances selon lesquelles l’Internet s’auto-régulerait et selon lesquelles laisser tous les auteurs en ligne se corriger mutuellement (le web 2.0) garantirait un web exempt de fausses informations, d’approximations peu critiques et de propos haineux. Nous avons opté pour une édition contrôlée de tous nos contenus et nous relayons seulement des publications dont l’auteur ou l’éditeur responsable est identifié. Par contre, autre bonne nouvelle, nous découvrons chaque jour des contributeurs qui désirent apporter du nouveau en ligne, du beau et du bon…

C’est pourquoi notre troisième objectif est de lancer un réseau d’édition coopératif où chaque contributeur est accompagné dans ses premiers pas puis libre de publier ensuite, pourvu que soient respectées nos règles de fonctionnement.

A nous de recruter des auteurs de qualité, de les accompagner, de leur indiquer nos Bonnes Pratiques et de fixer des règles d’édition critique en accord avec la liberté absolue de conscience ; à vous de prendre le plaisir de lire et de découvrir…


Nos objectifs :

Drainons l’attention des utilisateurs du web vers les savoirs !

© Warner Bros.

Moi, je sais tous tes sortilèges, Tu sais tous mes envoûtements…” (Brel) et, à force d’écumer les pages les plus reculées de la Toile et de surfer chaque jour sur les hyperliens, nous avons une bonne nouvelle (en moins de trois clics) : traditionnellement réservées au commerce en ligne, des techniques existent pour capter les visites d’internautes de 7 à 77 ans. Celles-ci sont néanmoins rarement utilisées pour le bénéfice de l’éducation permanente et de l’utilité publique…

C’est pourquoi notre deuxième objectif est de développer une batterie de services intégralement reliés à des contenus de l’encyclopédie, qu’il s’agisse de notre kiosque (tribune, revue de presse, agenda en ligne, boutique, forum d’initiatives ou banque de ressources) ou de notre présence active sur les médias sociaux. Nous comptons ainsi capter les internautes et drainer leurs clics vers l’encyclopédie.

A nous de tweeter, de poster, de liker, de sharer, de caster, d’e-shopper et de faire toutes ces sortes de choses pour attirer votre attention ; à vous d’atterrir dans l’encyclopédie sans vous en douter et de ne pas bouder votre plaisir ensuite…


Nos objectifs :

Fédérons l’accès gratuit aux savoirs wallons en ligne !

“Bien sûr nous eûmes des orages…” (Brel) mais après vingt ans d’encyclopédies en ligne, notre volonté de publier demeure vivante. Dans ces terres wallonnes et bruxelloises, là où vivent ces belges Francophones, wallonica.org n’est pas seule à partager en ligne des contenus de qualité. Reste que les sites les mieux intentionnés n’ont pas tous la même visibilité pour monsieur ou madame tout-le-monde, pour vous et moi (et pour nos moteurs de recherche).

C’est pourquoi notre premier objectif est d’animer en continu un hub encyclopédique, un concentrateur, une plateforme qui donne accès vers les savoirs wallons, là où ils sont le mieux documentés, par nous ou par d’autres éditeurs.

A nous de veiller, de collecter, de traiter, de relier et d’éditer, avec un regard critique et créatif ; à vous de découvrir et de pratiquer activement votre curiosité…


Nos objectifs :

Un travail nécessaire…

L’équipe de Paul Otlet vers 1900 © Mundaneum

wallonica est une initiative d’intérêt public qui facilite l’accès gratuit aux savoirs wallons et ce, grâce aux techniques et méthodes habituellement réservées à l’e-Business. Pour ce faire, l’asbl wallonica veille à la croissance continue du blog encyclo wallonica.org et développe en parallèle un réseau coopératif d’édition.
Conçu pour drainer ses visiteurs vers les contenus de l’encyclopédie, le kiosque wallonica propose déjà : un agenda partagé, une tribune libre, une revue de presse, un forum des initiatives d’intérêt public et plusieurs liens de réseautage social, tous reliés à l’encyclopédie. Par ailleurs, la marque wallonica® est déposée et associée à sept critères de qualité.

A terme, l’initiative sera mutualisée avec d’autres initiatives de culture active, pour peu qu’elles adhèrent aux valeurs de wallonica et qu’elles deviennent membre du réseau coopératif.

Demain matin déjà, wallonica.org sera votre porte d’entrée (un hub) vers les meilleurs savoirs wallons et francophones : des produits locaux ! Parce que c’est utile pour vous ou parce que vous avez trouvé les liens sur vos réseaux sociaux, vous visiterez un des sous-sites du kiosque et vous ferez le clic en plus, celui qui vous mènera droit dans l’encyclopédie. Alors, place à la découverte des articles de wallonica.org ou de ceux de nos confrères vers lesquels nous renvoyons par des liens utiles. Sérendipité, quand tu nous tiens !

Devoir de savoir-s : la vie est vraiment trop courte, pour finir idiot…

Ça vous met à l’aise, vous, le monde comme il va aujourd’hui ? Le désarroi est pourtant facile face à la désinformation galopante, un consumérisme bêtifiant, un modèle de société globalisée qui scie la branche sur laquelle elle est assise, des obscurantismes qui reprennent du poil de la Bête et des partis totalitaires trop vite banalisés : les raisons sont donc multiples de se mobiliser ! L’éducation permanente, la pratique quotidienne de la culture et la culture du débat sont et restent pour nous un engagement jouable… en ligne aussi !

Visibilité des savoirs wallons : il y a de trop belles choses par chez nous, pour ne pas en faciliter l’accès…

wallonica.org utilise, pour le bien public, des techniques souvent réservées au commerce en ligne et propose des services reliés à l’encyclopédie. Ainsi, nous drainons vos clics vers nos contenus. A nous de tweeter, de poster, de liker, de sharer, de caster, d’e-shopper et de faire toutes ces sortes de choses pour attirer votre attention. A vous d’atterrir dans l’encyclopédie sans vous en douter et de ne pas bouder votre plaisir ensuite !

Edition coopérative : il y a trop de savoirs encore cachés, pour ne pas les publier ensemble…

Nous dénichons chaque jour des particuliers ou des organisations qui désirent publier en ligne, du beau et du bon… C’est pourquoi nous lançons un réseau d’édition coopératif où chaque contributeur est d’abord accompagné puis libre de publier ensuite, pourvu que soient respectées les règles que nous respectons aussi. A nous de recruter des auteurs de qualité, de les accompagner et de fixer ensemble des règles d’édition critique, en accord avec la liberté absolue de conscience. A vous le plaisir de lire et de découvrir !

Partageons nos sept critères de qualité !

Hokusai, Masques de danseurs © DR

Notre cinquième objectif est de pratiquer conjointement et de promouvoir sept critères de qualité :

    1. Ingénierie pertinente ;
    2. Edition critique ;
    3. Animation continue ;
    4. Utilité publique ;
    5. Autonomie financière ;
    6. Liberté absolue de conscience ;
    7. Reproductibilité documentée.

Nos objectifs :

Il est encore temps !

HURLEY, Frank, Musroom Ice Formation, Antarctica (1912)
© Frank Hurley (1912)

Le temps presse mais…il est encore temps !

Nous vivons tous une époque où, chaque jour, à travers les médias, nous sommes confrontés à autant d’alertes millénaristes que de nouvelles réjouissantes évoquant des initiatives généreuses, qui œuvrent à la pérennisation de la race humaine et à son évolution, voire à son épanouissement. Il en va ainsi, par exemple, du réseau des villes en transition (Rob Hopkins) présent en Belgique francophone, qui veut provoquer et fédérer des initiatives citoyennes pour accompagner la résilience des villes face à une approche trop cynique de l’économie et au dérèglement climatique. Toutes les générations se retrouvent dans ce mouvement qui, il est important de le dire, n’aurait pu fonctionner efficacement sans le web…

Par ailleurs, nous avons la chance d’entrevoir la complexité du monde où nous vivons et nous réalisons que l’urgence climatique n’est qu’un des multiples chantiers où l’action et l’engagement sont désormais nécessaires. L’éducation permanente, la culture et la diffusion des savoirs en ligne constituent un ensemble en péril, où il est impérieux que, d’une part, les pouvoirs publics prennent des mesures concrètes et que, d’autre part, les citoyens responsables participent à l’effort, en mutualisant leurs initiatives. Il n’est pas trop trop tard mais il est grand temps…

Comment bien se réveiller demain matin…

Ensemble, nous pouvons agir et favoriser l’accès à la culture et au sens critique : deux atouts d’une société où la liberté absolue de conscience n’est pas encore un crime…

  1. PLAN WALLONICA : dressons ensemble un plan d’actions mutualisées pour faire de votre organisation un acteur structuré du droit de savoir-s. Notre expérience avec votre expérience…
  2. DUO ENCYCLO : mutualisons votre promotion avec notre module de ‘marketing culturel’ à… 25€ !
  3. NOUS SOUTENIR : le nerf de la guerre est aussi (souvent) le nerf de la paix : notre indépendance et la pérennité de notre travail ont un coût quotidien. Vous pouvez nous aider en nous soutenant financièrement. Merci déjà…

Reproductibilité documentée

Gumpp Johannes, Autoportrait (1646)

Notre initiative peut en inspirer d’autres, nées dans le même esprit. Pour gagner du temps, nous consignons toutes nos pratiques et nos développements dans une base de connaissances en accès libre. Servez-vous et partageons !

Liberté absolue de conscience

© ZEP

Documenter le monde (c’est-à-dire la Wallonie et Bruxelles…) dans le but de convaincre du bien-fondé d’un dogme ou d’une idéologie n’est pas la même chose que publier une encyclopédie vivante qui alimente le débat et nourrit la réflexion critique. Nous avons fait notre choix.

Autonomie financière

Si dans un premier temps l’aide des pouvoirs publics et les dons de particuliers ou d’organisations privées sont nécessaires au lancement de wallonica.org, l’indépendance financière est visée à terme, qui permettra la liberté et la concentration propices à nos activités.

Utilité publique

L’objectif final de toutes nos activités n’est pas l’enrichissement personnel. Qu’il s’agisse de marketing culturel, de commerce en ligne ou de sponsoring, l’initiative sera la seule bénéficiaire de bénéfices éventuels et wallonica.org n’assurera aucune promotion qui ne soit d’utilité publique.

Animation continue

Un éditeur ne peut se satisfaire de la seule publication de ses contenus, fut-elle parfaitement structurée. Pour éviter la stérilité dans l’action, il faut également mettre en oeuvre toute une batterie de dispositifs pédagogiques et/ou événementiels pour apporter les savoirs publiés dans le champs d’intérêt des internautes visés. Par l’animation, le virtuel peut descendre dans le réel de chacun.

Edition critique

DÜRER Albrecht, Saint Jérôme dans sa cellule (1514) © DR

Il faut accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient et les composer verticalement. (Weil)

L’éditeur doit ainsi s’interdire tout dogmatisme et son travail d’édition doit induire une approche critique du sujet abordé, sans exclusive.

Ingénierie pertinente

LANG Fritz, Metropolis (1926) © Roger-Viollet

Prométhée l’apprit à ses dépens, la technique n’est pas une fin en soi et, en sa qualité d’outil, ses performances (celles de la technologie) seront évaluées en termes de facilité d’appropriation des savoirs par nos utilisateurs…

Droit de savoir-s : un engagement d’aujourd’hui ?

Nous, on s’engage ! L’heure est à l’action et toutes les actions ne se mènent pas dans la rue. Pour chacun, le désarroi est aisé face à une désinformation galopante, un consumérisme bêtifiant, un modèle de société globalisée qui scie la branche sur laquelle elle est assise, des obscurantismes qui reprennent du poil de la Bête et des partis totalitaires trop vite banalisés : les raisons sont donc multiples de se mobiliser !
Mais comment faire, où donner de la tête pour ne pas donner du canon ? Comment réaffirmer utilement sa volonté de coopérer activement à la construction d’une société plus dignement humaine, plus simplement généreuse et plus naturellement pérenne. Sur ce terrain-là, l’éducation permanente et la culture sont des garde-fous qui restent à notre portée : activer les curiosités, alimenter les débats et mettre en réseau les (res)sources wallonnes disponibles en ligne, voilà des actions à mener au quotidien. Chez wallonica.org, on se consacre à cinq objectifs :

  1. Fédérons l’accès gratuit aux savoirs wallons en ligne !
  2. Drainons l’attention des utilisateurs du web vers les savoirs !
  3. Mutualisons la création de contenus wallons !
  4. Revitalisons le mouvement encyclopédiste !
  5. Partageons nos sept critères de qualité !
    1. Ingénierie pertinente ;
    2. Edition critique ;
    3. Animation continue ;
    4. Utilité publique ;
    5. Autonomie financière ;
    6. Liberté absolue de conscience ;
    7. Reproductibilité documentée.

Une encyclopédie ?

La documentation selon Otlet

Entreprendre aujourd’hui l’édition d’une encyclopédie (fut-ce sous la forme d’un simple blogue encyclopédique), c’est proposer des fils d’Ariane, que l’on désire éclairés, dans le labyrinthe de la Toile : tout ou presque est là, qui peut faire viatique à l’homme qui marche éveillé. Dans la droite ligne du travail de partage des savoirs entrepris dès 1998 par le philosophe Jacques Dufresne (QC) et son Encyclopédie de l’Agora (avec laquelle nous avons collaboré pendant plus de dix ans), wallonica.org se veut tant éditeur de connaissances liées à son terroir, la Wallonie (BE), que marchepied vers d’autres gisements de savoirs en ligne : vous avez le droit de savoir-s !

Si le purin coule vers le bas, pourquoi vivons-nous dans la vallée ?

C’est Terry Gilliam (L’Obs, n°2661) qui met le doigt sur une des préoccupations de wallonica.org, à savoir une inquiétude de la pensée libre devant la prolifération des diktats à l’emporte-pièce qui font le quotidien du web 2.0 (et leur écho dont résonnent sans fin les réseaux sociaux). Car, enfin, le Café du Commerce n’est pas le Jardin d’Epicure : d’abord émerveillés par le potentiel du web, aurions-nous trop vite déterré les espoirs pacifistes de Paul Otlet et d’Henri La Fontaine (plus de savoirs partagés, moins de guerres) ? Aurions-nous espéré en vain l’émergence du CRAC, le Citoyen Responsable, Actif et Critique (s’est ajouté par la suite le S de Solidaire) ? Godot ?

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter.

Beckett, encore. Alors, on chante ? Oui, pour mieux servir. Puisque l’Übermensch n’est pas pour demain et que la complexité fait loi, wallonica.org veut faire oeuvre utile en contribuant à cet archipel naissant sur la Toile, ces îlots de savoirs que des hommes et des femmes éditent en ligne. Le mot ‘éditer’ vaut ici son pesant de pèket : il s’agira de fédérer l’existant (relier contenus internes et externes), de faciliter l’accès aux savoirs (vulgariser les contenus experts), d’organiser la découverte (structurer la navigation), d’épauler les CRACS (permettre une lecture critique) et de maîtriser la publication (les options éditoriales sont le fruit d’un jugement personnel et l’internaute ne peut contribuer sans le contrôle d’un modérateur). Alors, on danse ? Oui, car n’est pas Diderot qui veut. Mais chacun peut faire sien le mot de Montaigne (Essais, III, 13) :

Notre bel et grand chef-d’oeuvre, c’est vivre à propos.

Que pensait Denis DIDEROT (1713-1784) de wallonica.org ?

ENCYCLOPÉDIE, s. f. (Philosoph.) Ce mot signifie enchaînement de connoissances ; il est composé de la préposition greque , en, & des substantifs , cercle, & , connoissance. […] En effet, le but d’une Encyclopédie est de rassembler les connoissances éparses sur la surface de la terre, d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, & de le transmettre aux hommes qui viendront après nous ; afin que les travaux des siecles passés n’aient pas été des travaux inutiles pour les siecles qui succéderont ; que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même tems plus vertueux & plus heureux, & que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain. (1755)

Tout est dit…

Pourquoi évoquer agora.qc.ca ?

Jacques DUFRESNE est un philosophe progressiste réputé au Québec (CA). Avec Hélène LABERGE, il est à l’origine d’une des premières encyclopédies en ligne : l’encyclopédie de l’Agora (agora.qc.ca), commencée en 1998 (grâce au dévoiement d’un module du collecticiel Lotus Notes). Le web 2.0 apparaîtra quelques années plus tard mais ne changera pas la rigueur éditoriale : tout contenu publié est d’abord vérifié. L’ouvrage est collectif et se construit toujours aujourd’hui (1.500 contributeurs dans le monde et jusqu’à 14 millions de visites annuelles), avec une devise que nous conservons : ​vers le réel par le virtuel. De 2000 à 2012, nous avons partagé l’édition des contenus d’origine Europe-Afrique avec une interface proprement wallonne (walloniebruxelles.org devenu wallonica.org), financée par la Communauté Française Wallonie-Bruxelles mais développée côte-à-côte avec l’interface québécoise (la migration en PHP/MySQL a été financée par la Province de Liège, BE). Visibles par différentes interfaces, les contenus étaient communs : c’est ainsi que l’article “THIRY, Marcel” pouvait jouxter la promotion d’un roman paru à Montréal pour les visiteurs d’agora.qc.ca ou l’annonce d’une exposition liégeoise pour ceux qui avaient atterri dans walloniebruxelles.org via leur moteur de recherche. Plusieurs règles de base pilotaient le travail des contributeurs de ce réseau d’encyclopédies (“archipel d’îlots de connaissance”) :

Accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient et les composer verticalement (WEIL, Simone) ;

Élaguer, élaguer encore pour transmettre l’essentiel ;

A chaque époque et à chaque culture sa juste place ;

A chaque point de vue et à chaque regard sa juste importance ;

Rapidement inviter à la lenteur.

Faute de ressources wallonnes, l’initiative walloniebruxelles.org s’est arrêtée en 2012. wallonica.org reprend aujourd’hui le flambeau… à la main (collecticiel MS-SharePoint puis WordPress) et, entre autres activités, importe progressivement dans ses pages les contenus édités autrefois par les auteurs wallons de l’Agora. A bon entendeur…

Qu’est ce que la sérendipité ?

Inventé par l’anglais Horace Walpole au XVIIIe, le terme sérendipité évoque un conte persan (e.a. de MAILLY, Louis, Voyages et aventures des trois princes de Serendip) où les héros de l’histoire découvrent des choses qu’il ne cherchaient pas du tout, « par accident et sagacité ». Aujourd’hui, la sérendipité évoque le fait de découvrir fortuitement quelque chose qu’on ne cherchait pas, dans le cadre d’une recherche sur un autre sujet. Cette possibilité de découvrir « à l’insu de son plein gré » est un argument contre une trop grande spécialisation et une technicité au service d’une efficacité définie a priori. Comme l’explique Sylvie Catellin dans son livre sur le sujet (CATELLIN S., Sérendipité. Du conte au concept, Seuil, 2014) :

« la découverte ne peut jamais surgir du seul apprentissage des savoirs disciplinaires, mais implique l’art de l’interprétation des traces et des signes, la disponibilité de l’esprit à accueillir ce qui le surprend et le déroute. »​

Étrangement, la sérendipité sert le propos encyclopédique en ceci que l’homme, ne pouvant tout savoir (d’où l’intérêt d’un outil de référence comme une encyclopédie) et désirant savoir plus que ce qu’il connaît (d’où l’intérêt d’un site encyclopédique où la logique binaire de la base de données peut « surprendre » le fil d’une recherche ciblée a priori), l’homme donc peut être surpris par la découverte d’une pépite de savoir, au détour d’un hyperlien un peu déviant, et s’en réjouir. Du coup, notre métier consiste également à rendre possible cet étonnement devant l’imprévu qui enrichit…

 

Urgence ! Alors, on danse ?

© DR

“Maintenant on pourrait presque enseigner aux enfants dans les écoles comment la planète va mourir, non pas comme une probabilité mais comme l’histoire du futur. On leur dirait qu’on a découvert des feux, des brasiers, des fusions, que l’homme avait allumés et qu’il était incapable d’arrêter. Que c’était comme ça, qu’il y avait des sortes d’incendie qu’on ne pouvait plus arrêter du tout. Le capitalisme a fait son choix : plutôt ça que perdre son règne.” (Marguerite Duras)

 

Education permanente : demain, le consomtariat ?

Personne ne se réjouit de constater que le niveau culturel des citoyens diminue de manière critique au point de laisser le champ libre aux pires obscurantismes (politiques populistes, montée des extrêmes, dictatures renouvelées…), soutenus par la passivité de cette “foule” indistincte que Voltaire haïssait, ce “consomtariat” annoncé par Bard & Söderqvist dès 2000. Des exemples ?

    • Aujourd’hui, des dirigeants européens peuvent impunément exclure des “types” de citoyens selon leur race, leurs opinions ou leurs orientations privées, et ce explicitement, dans des déclarations gouvernementales.
    • En Belgique même, des formations d’extrême-droite, des hommes politiques aux affinités antidémocratiques avérées, ont été largement plébiscités à l’occasion des élections de 2019.
    • Au quotidien, tous nos enseignants déplorent une authentique diminution des capacités des enfants et des adolescents, à apprendre de manière structurée d’abord, à exercer leur sens critique ensuite…

Valorisation du patrimoine : à nos chers disparus…

De grandes quantités d’objets de culture non digitalisés disparaissent, sont enterrés dans des réserves sombres et/ou ne sont pas disponibles pour tous, alors qu’ils représentent l’identité des francophones de notre pays et un cadre de référence (culturelle) partagé pour tout citoyen responsable. Des exemples ?

    • Quantités d’archives physiques (papier ou multimédia), intéressantes pour tous, dorment dans les “sommiers” des bibliothèques et des institutions locales faute d’être digitalisées et organisées pour une publication en ligne.
    • Combien d’ouvrages sur la Wallonie et Bruxelles, de recueils de poèmes ou de nouvelles d’auteurs francophones de Belgique, d’études et de monographies éclairantes sur nos régions, de catalogues d’exposition ou de brochures informatives bien documentées ne sont pas indisponibles au grand public parce que désormais hors édition, épuisés et/ou pas réédités faute d’un succès commercial suffisant ?
    • Combien d’entre eux méritent d’être exhumés et ne le sont pas, simplement parce que leurs responsables “ne savent pas par quel bout commencer” ?

Visibilité des initiatives : suivez le guide…

Un grand nombre d’initiatives existent, qui publient en ligne des savoirs de qualité mais… que trop peu de monde connaît. C’est noble de publier de belles choses mais c’est gênant qu’elles ne servent qu’à certaines communautés d’utilisateurs, au détriment du reste des citoyens de Wallonie et de Bruxelles. Un exemple ?

    • Beaucoup de nos musées, de lieux de Mémoire et autres “conservatoires” garants de notre identité et de notre culture n’ont pas manqué de créer des sites documentaires en ligne, rendant virtuellement publics des documents et des informations d’intérêt, propres à donner des envies de visites ‘dans le monde réel’. Combien d’entre eux ne réussissent pas à obtenir la visibilité qu’ils visaient faute d’être réseautés avec les autres initiatives en Wallonie et à Bruxelles. Plusieurs études de prospective ont clairement établi que le réflexe du “chacun pour soi” wallon était contre-productif et qu’il fallait tout faire sauf se regarder en chiens de faïence. Mutualiser le marketing culturel de nos savoirs s’avère être la solution la plus efficace pour “que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même tems plus vertueux & plus heureux, & que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain.” (Diderot, 1755).

Alors, on danse ?

Rien que ces trois enjeux citoyens justifieraient déjà notre existence : un hub encyclo qui draine les visites d’utilisateurs dans toute la Wallonie et Bruxelles et les aiguille vers les savoirs wallons, là où ils sont le plus accessibles et le mieux documentés. C’est ainsi que nous mettons en oeuvre trois projets de développement de notre initiative :

    1. développer un réseau d’édition coopérative à travers la Wallonie et Bruxelles (le réseau des Maisons Jaucourt) ;
    2. fédérer (mettre en réseau) les savoirs des communes, des villes, des provinces et de la Fédération Wallonie-Bruxelles sur un hub unique qui redistribue les visiteurs vers chacun des éditeurs de contenus;
    3. accompagner les pouvoirs publics à chaque niveau, tout comme les organisations privées, avec des pratiques et méthodes professionnelles de gestion documentaire qui leur permettent de publier leurs contenus et d’en faire le “marketing culturel”.

Parlons-en…