PENA-RUIZ : les trois boussoles de la laïcité

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Historique de la reconnaissance des cultes en Belgique © SPF Justice

La laïcité est le principe humaniste qui fonde le régime des libertés et des droits humains sur l’impartialité du pouvoir civil démocratique dégagé de toute ingérence religieuse. Il oblige l’État de droit à assurer l’égalité, la solidarité et l’émancipation des citoyens par la diffusion des savoirs et l’exercice du libre examen. [LAICITE.BE]

Le Centre d’Action Laïque communautaire propose sur son site un lexique des différents termes liés à l’expérience de la laïcité et, par ailleurs, publie régulièrement des capsules vidéo sur sa page FaceBook et sur YOUTUBE.COM (recherche sur #InstantLaïcité), qui se veulent éclairantes sur la notion même de “laïcité”. Dans celle-ci, le philosophe Henri Peña-Ruiz évoque de manière limpide les trois boussoles qui devraient selon lui permettre à la laïcité de garder le cap :

  1. La laïcité est universaliste.
    Comme le précise l’HUMANITE.FR à propos de l’universalisme de ‘la laïcité à la française’ (oxymore, quand tu nous tiens…) : “La laïcité traduit un universalisme concret. Universalisme car elle pose que chacun et chacune se définit librement et ne se voit pas définitivement lié par les représentations, préjugés et fantasmes associés aux origines présumées des uns et des autres. Universalisme concret car, au-delà des mots, elle se vit dans l’accès de tous au savoir dispensé à l’école, refuse des contrats de travail et d’embauche aux droits différenciés.
  2. La laïcité est synonyme d’émancipation.
    Du point de vue laïque, ce n’est pas la société qui donne du sens à l’homme, mais bien les hommes qui, tous ensemble, donnent du sens à la société. Toute forme de domination est donc à considérer comme une entrave à l’épanouissement de l’individu. Les laïques, en tant qu’humanistes et libre exaministes, considèrent que chacun doit avoir la capacité de se forger ses opinions propres, sans être inféodé à des dogmes ou des vérités toutes faites imposées par d’autres sans discussion. L’autonomie (notamment dans l’apprentissage) et la responsabilité (assumer ses actes et ses idées) sont des moyens de parvenir à l’émancipation (de toute forme de tutelle). C’est grâce à son sens de la responsabilité que chacune ou chacun peut exercer sa liberté et en cerner les limites. Le binôme liberté/responsabilité est au cœur du projet laïque.” [LAICITE.BE]
  3. Pour la laïcité, le bien commun prime sur les intérêts particuliers.
    Le souci d’un espace commun aux hommes par-delà leurs différences est compatible avec celles-ci pourvu que leur régime d’affirmation ne porte pas atteinte à la loi commune, qui rend justement possible leur coexistence et conditionne ainsi la paix. Le ‘droit à la différence’ ne peut être confondu avec la différence des droits.” [Henri Peña-Ruiz dans Salut & Fraternité du CALLIEGE.BE]

Un #InstantLaïcité à écouter, donc :

D’autres articles du philosophe français sur le même sujet :


D’autres discours, d’autres contrats…

Quelques vidéos fascinantes d’artistes à l’œuvre…

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Picasso et Clouzot sur le tournage du “Mystère Picasso” (1955-6)

Il y avait déjà le fascinant “Mystère Picasso” d’Henri-Georges CLOUZOT : “Au printemps 1955, Picasso appelle Clouzot pour lui parler de stylos feutres fabriqués aux États-Unis et qu’il vient de recevoir. Ces stylos ont la particularité d’avoir une encre capable de transpercer tout un bloc de pages, et a fortiori une toile. Le déclic s’opère, le procédé est trouvé : filmer la toile à l’envers et ainsi “assister à l’œuvre de création”. Ainsi Clouzot filme Picasso en train de peindre sans qu’on ne puisse le voir derrière la toile. Une sorte de Work in progress inédit.” [FRANCETVINFO.FR]

Le Mystère Picasso ne se borne pas à être un long métrage, là où l’on n’osait pas s’aventurer au-delà de 50 minutes, c’est l’unique développement de quelques-unes de ces minutes par élimination de tout élément biographique descriptif et didactique. Ainsi, Clouzot a rejeté l’atout que tout le monde aurait gardé : la variété. C’est qu’à ses yeux seule la création constituait l’élément spectaculaire authentique, c’est-à-dire cinématographique.

André BAZIN

Hypnotique Gerhard Richter

“Une image vaut 1 000 mots… Surtout lorsque l’image montre Gerhard RICHTER à l’œuvre dans son atelier ! L’artiste allemand, connu pour ses œuvres hyperréalistes, s’attèle ici à une imposante composition abstraite. Sur la toile, aidé d’un racloir, il étale la couleur et lisse la matière, inlassablement. Filmé simplement en plan fixe, le peintre semble même ne pas remarquer la présence de la caméra ! Une expérience hautement méditative et presque hypnotique, rythmée par les amples gestes de l’artiste concentré et imperturbable.

Paul McCarthy, un clown-artiste

Perruque blonde vissée sur la tête, faux nez, gants de Mickey et pinceau démesuré… Difficile de reconnaître ici le facétieux Paul McCARTHY qui singe, pendant près d’une heure, toute une galerie de personnages archétypaux du monde de l’art ! Une performance hilarante, dans laquelle il endosse tantôt le rôle de l’artiste fauché, qui réclame désespérément de l’argent à son galeriste, ou encore celui du peintre qui, transcendé par son œuvre, invoque l’esprit de Willem de Kooning et de Vincent Van Gogh. Il n’épargne rien ni personne, pas même ses contemporains, à l’image de Marina Abramović dont il parodie la célèbre performance Rhythm 10 (1973). Irrésistible et jubilatoire !

Louise Bourgeois confidentielle

Brooklyn, 1993. Louise BOURGEOIS représente les États-Unis à la biennale de Venise et ouvre les portes de son atelier à Bernard Marcadé, avant que ses œuvres  (des « cellules ») ne rejoignent la Sérénissime. « La vie m’a placée dans un rôle de professeur », lui explique-t-elle, et quelle professeure ! Pendant près d’une heure, on boit les paroles de l’artiste qui évoque tour à tour ses œuvres, sa vie, ses petits enfants… « Le changement n’existe pas. La chose est immuable », nous dit Bourgeois. Hautement inspirant !

Jackson Pollock repeint le ciel

Une large toile étalée au sol, des pinceaux (optionnels), et bien sûr des pots de peinture : la leçon peut commencer ! Dans le jardin de sa résidence à Long Island, Jackson POLLOCK, alors âgé de 39 ans, est filmé par la caméra du photographe allemand Hans Namuth. Clope au bec, l’inventeur du dripping jette la peinture sur la toile, expliquant en voix-off : « Je préfère exprimer mes sentiment que de les représenter ». Un autre plan, quelques minutes plus tard, le montre peignant une vitre transparente en contre-plongée. Et c’est comme si le ciel se parait de ses couleurs !

Arman fait les poubelles

La rue est un atelier à ciel ouvert pour ARMAN. Et pour cause, l’artiste roi de l’accumulation trouve la matière première de son art… dans les poubelles ! De la paille, de vieux journaux… Dans ces images de 1961, Arman glane dans le quartier des Halles à Paris toutes sortes de déchets. « Les moyens traditionnels sont sclérosés », affirme cet ancien étudiant des Beaux-Arts au parcours exemplaire, qui appréhende les objets comme des « faits sociologiques, des faits réels », témoins d’une société et de son époque.

Face-à-face avec César

Connu surtout pour ses fameuses compressions, CESAR a, à la fin de sa carrière, réalisé de troublants visages en PVC, comme figés dans une sorte de coulée de lave plastique, une matière que l’artiste brosse, ponce, gratte dans son atelier avec son assistant. Ce plastique, qui fascine tant le nouveau réaliste, lui permet de détruire, remettre en question le portrait – y compris le sien, qu’il réalise à l’aide… de pain ! « Il suffit que je me trouve en présence d’un matériau pour que je le palpe, que je le renifle » explique César, qui qualifie sa pratique de jeu. Le plastique, comme l’organique, c’est fantastique !”

Lire l’article original -avec pubs- d’Inès BOITTIAUX sur BEAUXARTS.COM (9 mai 2020)


Plus de beaux-arts…

JANIK & ARNAUT : La danse du serpent

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Les danseurs français Janik & Arnaut ont eu un succès fort mérité, dans les années 1950, avec cette troublante Danse du serpentJanine JANIK (1931-1985) et Christian ARNAUT (1912-2003) forment un ensemble rare, érotique et sinueux : contrairement aux numéros de Music-Hall du genre, Arnaut soulève rarement sa partenaire avec l’aide des bras, il semble plutôt la guider et influencer ses contorsions reptiliennes. Voyez plutôt…


Plus d’art de la scène…