ALLEMAN, Fabrice (né en 1967)

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Né à Mons en 1967, Fabrice Alleman se produit déjà à l’âge de 13 ans dans l’Harmonie de Ghlin où il joue de la clarinette. Il enregistre son 1er disque, un 45 tours El’ Berdelleu en 1984 avec un groupe de Dixieland. Très tôt influencé par le jazz, grâce au tromboniste Jean-Pol Danhier, il obtient son 1er Prix de clarinette et son 1er Prix de musique de chambre à l’âge de 18 ans. Service militaire en tant que musicien, il s’intègre aux Big Bands, musique de chambre ou groupe de blues. Laissant un temps la clarinette pour le saxophone, il démarre sur la scène belge du jazz grâce aux stages des Lundis d’Hortense puis s’inscrit au Conservatoire royal de Bruxelles en jazz et obtient son 1er Prix de saxophone en 1992.

Il enseigne la clarinette et le saxophone dans diverses Académies tout en menant multiples projets: Alleman-Loveri, avec le guitariste Paolo Loveri pour l’album Duo; Fabrice Alleman Quartet où il est entouré de Michel Herr, Jean-Louis Rassinfosse et Frédéric Jacquemin pour l’album Loop the Loop enregistré en studio et en live au Festival International de jazz à Liège est récompensé en ’98 par le prix “Nicolas d’Or” et élu “meilleur album jazz de l’année”. En 1998, Fabrice est consacré “meilleur saxophoniste soprano et ténor” au référendum des radios belges et la SABAM lui décerne le prix de la “Promotion Artistique Belge”.

Faisant preuve d’un éclectisme rare il multiplie les rencontres et les styles et joue notamment du blues dans le Calvin Owens Orchestra de 1992 à 1998, du rock, de la musique ethnique, du jazz moderne avec Stéphane Galland, Fabian Fiorini, Michel Hatzigeorgiou mais aussi de la variété avec Salvatore Adamo (album Adamo Live, 1996) ou encore avec le groupe de William Sheller et ses tournées en France et en Suisse.

De 1993 à 1998, il est membre du groupe Sax no End en tournée des festivals et concerts en Allemagne, aux Pays-Bas et en Belgique et qui lui fera rencontrer le contrebassiste Jean Warland qu’il ne quittera plus : de 1999 à 2004 avec le groupe The “A” Train sextet puis avec le Jean Warland-Fabrice Alleman Duo qui se produira en Allemagne et en Belgique jusqu’à aujourd’hui. Une autre rencontre mémorable a lieu avant cela, en 1997 lorsqu’il accompagne le Quintet de Terence Blanchard et l’OPL de Luxembourg. Tournées du Alleman-Loveri Duo au Nicaragua, Suède, Italie en 1997, jusqu’en 2001, année du 2ème album du duo On the funny side of the strings auquel se marie subtilement un quatuor à cordes.

En 1999, carte blanche pour le Festival Cap Sud à Mons, et crée la première version du One Shot Band avec le violoniste Jean-Pierre Catoul, dont l’esprit novateur et la fraîcheur rebondiront lors d’une magnifique série de concerts de 1999 à 2001. En 1999, participation au Jaco Pastorius Project de Michel Hatzigergiou au Festival du Middelheim d’Anvers, et au Gaume jazz festival avec Toots Thielemans, Otello Molina… Suivront de nombreuses tournées en Belgique et à l’étranger. En 2004 le Fabrice Alleman Quartet sort son second album Sides of Life auquel se joignent le trompettiste Bert Joris et le guitariste Peter Hertmans ainsi qu’un quatuor à cordes. L’album est alors classé “Top CD” dans le magazine Jazzmosaiek.

En 2006 le Fabrice Alleman Quartet représente avec le groupe de Philip Catherine, la délégation belge au festival Warsaw Jazz Summers Days en Pologne et, cette même année, le trompettiste Randy Brecker se joindra au Quartet lors du festival international de jazz à Liège, pour donner un concert inoubliable sous les caméras de la RTBF. En 2004, il fera 8 concerts du Sanseverino Jazz Project à la maroquinerie de Paris, dont l’heureuse expérience poussera sans doute 2 ans plus tard Stéphane Sanseverino à rappeler Fabrice Alleman pour qu’il dirige et arrange, pour la scène, la section cuivres de son Sanseverino Big Band, gravé sur l’album Exactement en 2006. Parmi les diverses activités musicales de Fabrice Alleman, on notera également les nombreux enregistrements de musiques de film composées notamment par Michel Herr ou enregistrées avec le WRD Big Band à Cologne comme au festival de Leverkusen avec Nina Freelon, Hiram Bullock, Kenwood Dennard.

d’après CONSERVATOIRE.BE


© igloorecords.be

Le musicien a débuté sa carrière en 1990. A la suite de quelques workshops décisifs, notamment avec le saxophoniste américain Tim Ries, il intègre la section jazz du Conservatoire de Bruxelles (Steve Houben, Jean-Louis Rassinfosse, Richard Roussselet) et en 1992, il reçoit un premier prix en saxophone. La même année, il rejoint la Manhattan Shool of Music à New York, où il travaille avec Phil Woods, Toshiko Akiyoshi, Steve Salgle… Il joue dans différents groupes et styles (jazz, rock, funk, variétés…) et entre autres avec Adamo, William Sheller, Calvin Owens Blues Orchestra… Cependant ses préférences le portent vers le jazz, et il se produit avec les plus éminents jazzmen belges, Michel Herr, Steve Houben, Richard Rousselet, Bruno Castellucci, Jean Warland… Il enregistre son premier album en duo avec le guitariste Paolo Loveri en 1996 et vient de sortir Spirit One : Clarity.

Ce nouvel album est le premier volet d’un triptyque discographique intitulé Spirit, 3 albums indissociables dont deux restent à paraître. Ce premier album est librement inspiré du monde sonore de Chet Baker,  une grande inspiration pour le saxophoniste Fabrice Alleman. Spirit One : Clarity, rassemble neuf compositions, des mélodies d’une sensibilité et d’une profondeur rares. Une musique simple, évidente, immédiate, comme celle de Chet.

Parmi les acolytes du saxophoniste, il y a le solide Jean-Louis Rassinfosse à la contrebasse et l’incroyable guitariste Philip Catherine, eux-mêmes grands complices de Chet Baker ! Le lumineux Nicola Andrioli les rejoint au piano et enfin, pour compléter l’équipe de haut vol, Mimi Verderame et Armando Luongo se partagent la batterie. Cerise sur le gâteau, le Budapest Scoring Orchestra s’invite sur deux morceaux.

d’après RTBF.BE


[INFOS QUALITÉ] statut : validé | sources : compilation par wallonica | mode d’édition : partage, décommercalisation et correction par wallonica | commanditaire : wallonica.org | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustration en tête de l’article : © jazz station.be ; igloorecords.be.


More Jazz…

LENOIR : A table n°7 (2013, Artothèque, Lg)

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LENOIR Thierry, A table n°7
(xylogravure, 69 x 90 cm, 2013)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

Thierry Lenoir © louisedqs.be

Né à Soignies le 20 juillet 1960, Thierry LENOIR est diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Plastiques et Visuels de l’Etat de Mons. Il y a suivi plus spécifiquement l’enseignement de Gabriel Belgeonne dans l’atelier de Gravure et Impressions. Ancien motard et chanteur du groupe Rot Guts, Thierry Lenoir développe un langage brut, cru proche de l’imagerie populaire. Spécialisé dans la gravure sur bois, il affectionne particulièrement le travail sur MDF, matériau constitué d’un aggloméré de poussières compressées. (d’après   CENTREDELAGRAVURE.BE)

“Son art, avant tout narratif, se trouve, en effet, à la croisée des mouvements expressionnistes et des arts populaires, qu’ils soient d’antan, telles les images de colportages ou d’aujourd’hui, tels la bande dessinée, la caricature, le dessin publicitaire ou le graffiti. Fidèle à la technique modeste et directe de la gravure en relief – lino et bois – cet artiste utilise avec une rare vigueur la rudesse de ce procédé pour en dégager des images déclinées sur le mode de l’excès et de la dérision.” (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Thierry Lenoir ; louisedqs.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

Paul Otlet (1868-1944), l’Internet & le Mundaneum de Mons

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Internet : inventé par un Belge en 1934 ?

Quand on lit les articles sur la naissance de l’internet, on ne trouve généralement que des noms américains, et plus particulièrement à partir des années 1960. Or, s’il est vrai que ce sont eux qui ont mis en pratique l’internet que nous connaissons aujourd’hui, l’idée à la base de l’internet est bien plus ancienne.

En effet, il faut remonter à l’année 1934. Paul OTLET, juriste, pacifiste et utopiste bruxellois, entendait bâtir un pont entre les peuples en leur mettant à disposition une immense encyclopédie universelle, qui serait consultable à l’aide d’un téléscope électrique relié à chaque foyer grâce à un téléphone avec ou sans fil qui ferait apparaître une page sur un écran. Y a-t-il une meilleure description simplifiée d’Internet ?

Paul Otlet continue : “La Table de Travail n’est plus chargée d’aucun livre. À leur place se dresse un écran et à portée un téléphone. Là-bas, au loin, dans un édifice immense, sont tous les livres et tous les renseignements, avec tout l’espace que requiert leur enregistrement et leur manutention. De là, on fait apparaître sur l’écran la page à lire pour connaître la question posée ; il y aurait un haut-parleur si la vue devrait être aidée par une audition. Utopie aujourd’hui parce qu’elle n’existe encore nulle part, mais elle pourrait bien devenir la réalité de demain pourvu que se perfectionnent encore nos méthodes et notre instrumentation.

Pour alimenter ce système, il imagine la mondothèque, une station de travail à utiliser à domicile. Ce meuble était supposé contenir des travaux de référence, des catalogues, les prolongements multimédia de livres traditionnels tels les microfilms, la TV, la radio, et finalement une nouvelle forme d’encyclopédie : l’Encyclopedia Universalis Mundaneum. L’idée du Mundaneum était née ; il existe encore toujours à Mons à l’heure actuelle.

Tout ceci figure dans son Traité de documentation paru en 1934, plus de dix ans avant l’article capital As we may think de Vannevar Bush (un ingénieur du MIT, considéré un des inspirateurs du web) et près de 30 ans avant les travaux de Vinton Cerf (ingénieur américain, un des pionniers de l’internet) sur le système de routage des données. Ce dernier est l’inventeur du protocole TCP/IP, sur la base duquel fonctionne encore toujours l’internet aujourd’hui. Dans son Traité de documentation, Paul Otlet préfigurait déjà la visioconférence et le livre téléphoté (qu’on peut lire à distance).

Plus tard, après l’étape intermédiaire d’Arpanet (premier réseau à transfert de paquets, le concept de commutation de paquets devenant par la suite la base du transfert de données sur Internet), Tim Berners-Lee et Robert Cailliau (encore un Belge) ont mis au point au sein du CERN à Genève un système d’information qui deviendra le ‘world wide web‘. Cailliau, resté largement inconnu, a amplement contribué au développement et à la diffusion de leur invention. Il avait aussi été à l’origine du système hypertexte.

Pour la petite histoire, Paul Otlet est également l’inventeur de la CDU (Classification Décimale Universelle), utilisée jusqu’à nos jours dans [presque] toutes les bibliothèques du monde.

d’après Didier HESPEL

Le Mundaneum (Mons)

L’origine du Mundaneum remonte à la fin du XIXe siècle. Créé à l’initiative de deux juristes belges, Paul Otlet (1868-1944), père de la documentation, et d’Henri La Fontaine (1854-1943), prix Nobel de la paix, le projet visait à rassembler tous les savoirs du monde et à les classer selon le système de Classification Décimale Universelle (CDU) qu’ils avaient mis au point. Berceau d’institutions internationales dédiées à la connaissance et à la fraternité, le Mundaneum devint, au cours du XXe siècle, un centre de documentation à caractère universel. Ses collections, composées de milliers de livres, journaux, petits documents, affiches, plaques de verre, cartes postales et fiches bibliographiques ont été constituées et hébergées dans différents lieux bruxellois, dont le Palais du Cinquantenaire. Un projet plus grandiose prit ensuite forme, celui d’une Cité Mondiale pour laquelle Le Corbusier réalisa plans et maquettes. L’objectif de la Cité était de rassembler, à un degré mondial, les grandes institutions du travail intellectuel : bibliothèques, musées et universités. Ce projet ne pourra finalement jamais se réaliser. Utopique par excellence, le projet du Mundaneum a été en effet très vite confronté à l’ampleur du développement technique de son époque. L’héritage documentaire conservé actuellement se compose, outre des archives personnelles des fondateurs, de livres, de petits documents, d’affiches, de cartes postales, de plaques de verre, du Répertoire Bibliographique Universel, du Musée International de la Presse et de fonds d’archives relatifs à trois thématiques principales : le pacifisme, l’anarchisme et le féminisme. Le Mundaneum est aujourd’hui installé à Mons et, depuis 1998, doté d’un espace d’exposition dont la scénographie a été conçue par François Schuiten et Benoît Peeters. Dans ce lieu, entre passé et présent, des expositions et des conférences liées à ce patrimoine d’exception sont régulièrement organisées. Une importante commémoration du centième anniversaire du Prix Nobel d’Henri La Fontaine est programmée en 2013 tandis que 2012 marquait le début d’une collaboration avec Google, reconnaissant ses origines en le Mundaneum, Google de papier [d’après LEMONDE.FR, 2009]​

En savoir plus sur MUNDANEUM.ORG…


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