athéisme

Dessin de CHARB pour Charlie Hebdo (n° 847, 2008)

Extrait de l’article “athéisme” écrit par l’abbé Yvon dans l’Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers (1751-1772) :

ATHÉISME, s. m. (Métaphysiq.)​​ c’est l’opinion de ceux qui nient l’existence d’un Dieu auteur du monde. Ainsi la simple ignorance de Dieu ne feroit pas l’athéisme. Pour être chargé du titre odieux d’athéisme, il faut avoir la notion de Dieu, & la rejetter. L’état de doute n’est pas non plus l’athéisme formel : mais il s’en approche ou s’en éloigne, à proportion du nombre des doutes, ou de la maniere de les envisager. On n’est donc fondé à traiter d’athées que ceux qui déclarent ouvertement qu’ils ont pris parti sur le dogme de l’existence de Dieu, & qu’ils soûtiennent la négative. Cette remarque est très-importante, parce que quantité de grands hommes, tant anciens que modernes, ont fort légerement été taxés d’athéisme, soit pour avoir attaqué les faux dieux, soit pour avoir rejetté certains argumens foibles, qui ne concluent point pour l’existence du vrai Dieu. D’ailleurs il y a peu de gens, qui pensent toûjours conséquemment, surtout quand il s’agit d’un sujet aussi abstrait & aussi composé que l’est l’idée de la cause de toutes choses, ou le gouvernement du monde. On ne peut regarder comme véritable athée que celui qui rejette l’idée d’une intelligence qui gouverne avec un certain dessein. Quelque idée qu’il se fasse de cette intelligence ; la supposât-il matérielle, limitée à certains égards, &c. tout cela n’est point encore l’athéïsme. L’athéïsme ne se borne pas à défigurer l’idée de Dieu, mais il la détruit entierement.
​J’ai ajoûté ces mots​​, auteur du monde, parce qu’il ne suffit pas d’adopter dans son système le mot de Dieu, pour n’être pas athée. Les Epicuriens parloient des dieux, ils en reconnoissoient un grand nombre ; & cependant ils étoient vraiement athées, parce qu’ils ne donnoient à ces dieux aucune part à l’origine & à la conservation du monde, & qu’ils les reléguoient dans une mollesse de vie oisive & indolente. Il en est de même du Spinosisme, dans lequel l’usage du mot de Dieu n’empêche point que ce système n’en exclue la notion.​..”

Lire la suite sur le site du projet ENCCRE (Édition Numérique Collaborative et CRitique de l’Encyclopédie)

Les éditeurs du projet ENCCRE précisent à propos de cet article : “Comme l’article ATHÉES qui le précède, l’article ATHÉISME fait partie de la cinquantaine d’articles parus sous la signature de l’abbé Yvon dans les deux premiers volumes de l’Encyclopédie. Mais si leur sujet est semblable, leur contenu diffère sensiblement. Dans le premier, Yvon s’emploie à réfuter le paradoxe de Pierre Bayle sur l’innocuité de l’athéisme pour la société en empruntant largement à la deuxième des Dissertations sur l’union de la religion, de la morale et de la politique (trad. fr. 1742) de William Warburton. Dans le second, tiré des papiers de Jean Henri Samuel Formey, pasteur et homme de lettres qui avait vendu son dictionnaire philosophique manuscrit aux libraires de l’Encyclopédie en 1747, il s’attaque au système de Spinoza, qu’il donne pour athée, et prône la sévérité des peines contre les athées, en tant qu’individus nuisibles à l’État. Plus tard, dans Liberté de conscience resserrée dans des bornes légitimes (1754), Yvon se prononcera pour la tolérance civile envers les hérétiques mais pas envers les athées qu’il juge dangereux.

Ils ajoutent, dans la notice consacrée à l’auteur : “Yvon est présenté dans le Discours préliminaire de l’Encyclopédie comme un “Métaphysicien profond, et ce qui est encore plus rare, d’une extrême clarté” (I, xli). Mais il avait en son temps une réputation de plagiaire. Diderot lui-même aurait dit que dans l’Encyclopédie “la Logique, la Métaphysique, et la Morale ne sont qu’un plagiat continuel de… [Yvon]” (Pierre Joseph Luneau de Boisjermain, Extrait d’un mémoire, p. 132). Ici Yvon avoue clairement sa dette à Formey en indiquant à la fin que “Cet article est tiré des papiers de M. Formey, secrétaire de l’Académie royale de Prusse.” On peut de ce fait se demander s’il ne faudrait pas considérer Formey comme l’auteur de l’article ATHÉISME. Il est à noter cependant qu’Yvon n’est pas le seul à signer un article tiré des papiers de Formey, dont le statut est délicat dans l’Encyclopédie. D’après l’Inventory of Diderot’s Encyclopédie (Schwab et al.,1971-1972, t. VI, p. 100-103), il y aurait 119 articles articles signalant l’apport de Formey.


Extrait de l’article “athéisme” dans COMTE-SPONVILLE André, Dictionnaire philosophique (Paris, PUF | Quadrige, 2001, pp. 99-100)

“[…] ATHEISME : le a privatif dit ici l’essentiel : être athée, c’est être sans dieu (a-théos),  soit parce qu’on ne croit en aucun,soit parce qu’on affirme l’inexistence de  tous.

Il y a donc deux façons d’être athée : ne pas croire en Dieu (athéisme négatif), ou croire que Dieu n’existe pas (athéisme positif, voire militant). Absence d’une croyance, ou croyance en une absence. Absence de Dieu, ou négation de Dieu.

Le premier de ces deux athéismes est très proche de l’agnosticisme, dont il ne se distingue guère que par un choix, fut-il négatif, plus affirmé.  L’agnostique ni ne croit ni ne croit pas : il doute, il s’interroge, il hésite, ou bien il refuse de choisir. Il coche la case « sans opinion ›› du grand sondage métaphysique (« Croyez-vous en Dieu? ››). L’athée, lui, répond clairement non. Ses raisons ? Elles varient selon les individus, mais convergent, le plus souvent, vers un refus d’adorer. L’athée ne se fait pas un assez haute idée du monde, de l’humanité et de soi pour juger vraisemblable qu’un Dieu ait pu les créer. Trop d’horreurs dans le monde, trop de médiocrité en l’homme. La nature fait une cause plus plausible. Le hasard, une excuse plus acceptable. Puis un Dieu bon et tout-puissant (un Dieu Père) correspond tellement bien à nos désirs les plus forts et les plus infantiles, qu’il y a lieu de se demander s’il n’a pas été inventé pour cela – pour nous rassurer, pour nous consoler, pour nous donner à croire et à obéir. Dieu, par définition, est ce qu’on peut espérer de mieux. C’est ce qui le rend suspect. L’amour infini, l’amour tout-puissant, l’amour plus fort que la mort et que tout… Trop beau pour être vrai.

L’athée, plutôt que de se raconter des histoires, préfère affronter comme il peut l’angoisse, la détresse, le désespoir, la solitude, la liberté. Non qu’il renonce à toute sérénité, à toute joie, à toute espérance, à toute loi. Mais il ne les envisage qu’humaines, et pour cette vie seulement. Cela lui suffit-il ? Point forcément, ni souvent. Le réel ne suffit qu’à qui s’en contente. C’est ce qu’on appelle la sagesse, qui est la sainteté des athées.”


Plus de symboles ?

PROJET ENCCRE : L’Encyclopédie à portée de clic

“Les 28 volumes de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert sont désormais en ligne sur le site de l’Académie des sciences. Une interface numérique aboutie permet de découvrir dans toute sa richesse la plus incroyable entreprise éditoriale du XVIIIe siècle. Alexandre Guilbaud, qui a piloté le projet, nous en dévoile les grandes lignes.

C’est un véritable monument du siècle des Lumières qui s’ouvre au public. À l’occasion du tricentenaire de la naissance de d’Alembert, la célèbre Encyclopédie de Diderot, d’Alembert et Jaucourt (le troisième éditeur de l’ouvrage, qu’on oublie toujours de citer !) est désormais accessible en ligne sur le site de l’Académie des sciences dans la première édition critique jamais réalisée. C’est le résultat d’un chantier presque aussi titanesque que celui de la publication, entre 1751 et 1772, des 28 volumes de l’Encyclopédie : il aura en effet fallu plus de six ans à l’équipe du projet ENCCRE (Édition numérique, collaborative et critique de l’Encyclopédie), piloté par l’historien des mathématiques Alexandre Guilbaud, pour aboutir à cette édition numérique. Et c’est loin d’être terminé : si l’intégralité du Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers est aujourd’hui ouverte à la consultation, l’ajout des notes et commentaires destinés à éclairer la lecture des 74.000 articles de l’Encyclopédie n’en est qu’à ses débuts…”

Lire la suite de l’article de Laure CAILLOCE sur LEJOURNAL.CNRS.FR (18 octobre 2017)…

Plus d’enjeux liés aux dispositifs mis en place par l’Homme…

INTERVIEW EXCLUSIVE : l’éditeur de wallonica.org nous dit tout…

(c) Patrick Thonart

En exclusivité mondiale, nous avons rencontré l’éditeur du célèbre blogue encyclopédique wallonica.org. Patrick Thonart a néanmoins préféré rester anonyme, afin de ne pas subir le harcèlement des lobbies de l’industrie du tabac et du sucre. Notre envoyé spécial à Liège (BE) a sélectionné pour vous quelques moments forts, extraits des bandes enregistrées lors des trois entrevues qui ont eu lieu dans les locaux de l’encyclopédie en ligne… rue des Wallons : ça ne s’invente pas.

Tout d’abord, pourquoi avez-vous décidé d’enfin sortir de votre réserve et accepté de nous parler sans voile de l’encyclopédie wallonica.org ? Que s’est-il passé ?

C’est la lecture de l’autobiographie ‘fictive’ de Salman Rushdie (Joseph Anton : une autobiographie, Paris, Plon | Feux Croisés, 2012) qui m’a affranchi de mes derniers scrupules. Voilà une icone de la liberté de pensée pour laquelle on descendait facilement dans la rue ; pas pour son oeuvre (dont je ne suis pas le plus grand fan) mais parce qu’il a perdu dans un concours de circonstances et qu’il s’est retrouvé condamné à mort internationalement par un chef ‘spirituel’ local dont, soi-disant, il n’aurait pas respecté le dogme religieux dans un de ses romans. Plein de gens meurent ensuite ou sont agressés, Rushdie vit caché pendant que les atermoiements des différents responsables politiques disent toute l’estime dans laquelle est tenue la liberté d’expression : bref, du lourd et de l’exaltant. Et puis, des années plus tard, Rushdie décide d’écrire cette autobiographie et on découvre un auteur assez pédant, un réseauteur fort mondain et des monceaux de banalités : “Le jour de Noël, Elizabeth et lui purent inviter Graham Swift et Candice Rodd à passer la journée avec eux. Le lendemain, Nigella Lawson et John Diamond, Bill et Alicja Buford vinrent dîner. Elizabeth qui aimait beaucoup la fête de Noël et tout son rituel, au point qu’il s’était mis affectueusement à la qualifier de “fondamentaliste de Noël”, était très heureuse de pouvoir “faire Noël” pour les autres…“. On pense aux vers de T.S. Eliot dans The Love Song of J. Alfred Prufrock (1917) :

In the room the women come and go
Talking of Michelangelo.

Par contre, quelques pages plus loin : “Il s’efforça de se rappeler ce qu’était le métier d’écrivain, s’obligea à redécouvrir les habitudes de toute une vie. L’introspection, l’attente, la confiance accordée à l’histoire. La découverte lente ou rapides des contorsions par lesquelles on glissait dans l’organisme d’un monde imaginaire, comment on y pénétrait, on y cheminait, avant de parvenir à le quitter. Et la magie de la concentration qui donnait l’impression de tomber dans un puits profond ou dans une faille temporelle. Tomber dans la page, guettant l’extase qui se produisait trop rarement. Et le dur travail d’autocritique, le regard sévère posé sur les phrases, utilisant ce qu’Hemingway avait appelé son détecteur de merde. La frustration de se cogner contre les limites du talent et de la compréhension.

Alors, si une pointure de cette taille peut ainsi faire du yo-yo entre génie et banalité, la voie est libre pour des monsieurs-tout-le-monde comme nous qui veulent bosser honnêtement sans jouer les divas. Ceci explique cela…

Informations prises, vous n’en êtes pas à votre coup d’essai dans le domaines des encyclopédies en ligne. Racontez-nous…

J’ai d’abord rencontré le philosophe Jacques Dufresne au Canada, en 2000, et on a travaillé ensemble pendant plus de dix ans : après un après-midi “dans les érablières”, je me suis retrouvé avec l’exclusivité de l’édition de son agora.qc.ca pour l’Europe et l’Afrique. A l’époque, il était assez populaire au Québec et dans les petits papiers du Premier Ministre Landry. Lui et son équipe avaient lancé la première encyclopédie en ligne du genre, en Lotus Notes (un “collecticiel” aujourd’hui désuet), parallèlement à un magazine de qualité. C’était une encyclopédie francophone gratuite et sans publicité, qui grandissait au fil des rencontres de l’équipe avec tel spécialiste de ceci ou tel expert de cela : une croissance organique donc, à l’inverse des encyclopédies payantes traditionnelles qui établissent leur “arbre des connaissances” avant toute chose, puis contactent un réseau d’experts pour la rédaction, puis publient, puis font payer les utilisateurs et gagnent aussi sur la pub. Diderot avait travaillé comme ça (lui, par souscription), la pub en moins.

Jacques voulait que son Encyclopédie de l’Agora (agora.qc.ca) respecte des principes qui restent valables pour wallonica.org :

  1. Vers le réel par le virtuel : l’expérience en ligne doit à tout moment ramener à l’expérience réelle et ne pas exalter l’aliénation virtuelle ;
  2. Accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient et les composer verticalement (Simone Weil) : on peut tout publier, le tout est d’encadrer le contenu d’un dispositif critique (par exemple : ne pas publier Mein Kampf en un PDF téléchargeable unique -à moins de vouloir cartonner dans la fachosphère- mais le publier en extraits commentés, en aval d’un dossier sur l’intolérance) ;
  3. Un site lent : au-delà de la mode du “slow” qui n’avait pas cours à l’époque où Jacques s’est lancé (1998), le dispositif de l’encyclopédie en ligne, doit inviter à la lecture, à l’appropriation, à prendre le temps de la réflexion critique et au plaisir…

Ensemble, on a développé une interface proprement wallonne qui donnait accès aux mêmes contenus que l’interface québécoise. Si vous tapiez agora.qc.ca dans votre navigateur, vous arriviez au même article “Debussy” que si vous aviez encodé walloniebruxelles.org (l’URL de l’époque pour l’interface wallonne) mais l’apparence graphique et les annonces de promotion d’intérêt public (expos, concerts, parutions…) étaient dépendantes de votre interface : un concert de l’Orchestre de Liège dans le deuxième cas, une conférence d’Ivan Illitch à Montréal dans le premier.

L’Encyclopédie de l’Agora, ce n’était pas rien, surtout quand on pense aux ressources limitées qui ont permis sa mise en ligne : 12 millions de visiteurs annuels et un réseau de quelque 1.500 auteurs, ça ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval. Michel Serres a fait l’éloge de l’initiative et de grands esprits comme Ivan Illitch et d’autres ont donné plusieurs de leurs écrits à Jacques pour qu’il les publie, tous droits cédés. J’ai également obtenu son référencement dans les sites recommandés par la BnF. L’interface wallonne en a bénéficié, avec un demi-million de visiteurs après seulement 6 mois en ligne. Idem, Jean-Pol Schroeder (Maison du Jazz de Liège, BE) nous a cédé les droits de publication sur un excellent livre de référence sur le jazz, qui était épuisé dans le commerce.

Nous avons été aidés financièrement par la Communauté française puis mis en faillite par les mêmes (no comment…) ; le Gouvernement wallon a aussi fait des promesses mais… Par après, la Province de Liège nous a concrètement soutenus lorsqu’il a fallu migrer l’encyclopédie en PHP/MySQL. Sans pub, on mange souvent des pâtes, alors les aides et les soutiens sont toujours les bienvenus. A bon entendeur…

Ce n’est que l’année dernière que j’ai décidé de migrer à nouveau vers un blogue encyclopédique en WordPress : wallonica.org. Je suis toujours en train de rapatrier les articles qui étaient proprement wallons dans la base de données partagée avec le Québec, tout en écrivant ou compilant de nouveaux contenus.

Un blogue encyclopédique : ça sent un peu le paradoxe, non ?

La grosse difficulté du monde actuel est que l’informatique a introduit un fonctionnement en réseau et que nous ne sommes pas encore pleinement au fait de ce que ça veut dire au quotidien. Sans vouloir vous blesser, votre question en est la preuve : un blogue, c’est une séquence d’articles sur un thème choisi, articles qui se suivent dans le temps ; une encyclopédie, c’est une arborescence d’articles, organisés selon des catégories en cascade. Dans des sites WordPress comme dans d’autres, on a un grand aquarium (la base de données du site) où nagent une multitude de poissons de même taille (les articles) mais qui ont chacun des étiquettes sur le dos (les métadonnées : la date, les catégories, les mots-clés…). Faire une requête (une recherche) dans un site comme ça, c’est puiser un groupe de poissons qui partagent les mêmes étiquettes et choisir celui ou ceux que l’on veut manger (ici : lire). Ainsi, dans wallonica.org, en cliquant sur la catégorie “Artefacts”, on va obtenir la liste de tous les articles existants qui portent sur les créations artistiques et pouvoir choisir, au départ de son titre, celui qui nous intéresse pour l’afficher à l’écran. Plus question de séquence ou de hiérarchie de contenus ici : tous les objets du site sont reliés dans un maillage épais entre leurs métadonnées.

Comment m’y retrouver, alors, dans wallonica.org ?

D’abord, il faut se dire qu’on arrive souvent dans un article via un moteur de recherche externe, donc, sans passer par la page d’accueil ou le formulaire de recherche de wallonica.org. Par exemple, si vous cherchez une citation de Montaigne, vous tapez [Montaigne à+propos] dans votre page Google et vous arrivez directement sur la page https://wallonica.org/montaigne-textes/ sans passer par la page d’accueil de wallonica.org. Si, par contre, vous visitez wallonica.org au départ de cette page d’accueil (vous avez tapé https://www.wallonica.org dans votre navigateur), vous pouvez choisir d’afficher toute une catégorie d’articles ou tous les articles marqués d’une même étiquette (mot-clé). Et ça marche !

L’intelligence (c’est un terme technique) se trouve alors dans l’organisation des catégories et des mots-clés. Pour wallonica.org, le défi était de trouver une manière différente de proposer nos contenus. C’est chose faite. Je suis parti de ce que fait l’Honnête Homme face au monde pour créer sept catégories (plus d’infos ici) : les actions, les artefacts, les contrats, les discours, les dispositifs, les symboles et, face à l’homme, le monde comme il va, là où la main de l’homme n’a jamais mis le pied.

Ceci pour les articles proprement encyclopédique (Paul Diel, vanité, La jeune fille sans mains, Perron liégeois…) auxquels on peut également accéder par le menu… Encyclopédie.

à suivre…

CAZENAVE : Encyclopédie des symboles (LE LIVRE DE POCHE, La Pochothèque, 1996)

CAZENAVE M, Encyclopédie des symboles (LE LIVRE DE POCHE, La Pochothèque, 1996)

“Figures extraordinaires, images mystérieuses, constructions fantasmagoriques, fantasmes, mais aussi éléments directement issus de la réalité : les symboles fascinent, déroutent et peuvent parfois donner l’impression de participer d’un monde énigmatique, proche de l’irrationnel. En fait, ils sont l’un des matériaux premiers de la conscience et relèvent autant du rêve que d’un vaste fonds culturel. De là l’importance qu’il y a, aujourd’hui, d’en fournir un relevé encyclopédique aussi riche et aussi complet que possible : pour découvrir l’arrière scène des mots les plus communs et des cultures, qui parfois semblent les plus familières.
Ainsi le blanc, symbole de virginité en Occident, était signe de mort chez les Aztèques et reste de nos jours encore signe de deuil ou de vieillesse en Chine. L’arbre, quant à lui, représente la création dans la plupart des cultures. Comme l’échelle, marque de la communication entre les hommes et Dieu chez les chrétiens, devient celle de la connaissance dans un rite écossais de la franc-maçonnerie …

Par une iconographie abondante, des centaines d’articles synthétiques et précis, des milliers de termes expliqués, cet ouvrage devrait aiguiser la curiosité du lecteur et l’inciter à réfléchir sur cet inépuisable ensemble de figures qui constituent et nourrissent l’univers symbolique…”

Lire le livre publié sous la direction de Michel CAZENAVE
(ISBN-13: 978-2253130246)

Visiter la catégorie SYMBOLES dans wallonica.org

D’autres incontournables du savoir-lire :

D’autres incontournables du savoir-documenter :

L’encyclopédie de l’Agora

De nombreuses encyclopédies dites ”libres” sont aujourd’hui disponibles en ligne et elles remportent un succès indéniable auprès du public. Tel grand site caractérisé par son savoir libre au point d’être éclaté est généralement au sommet de la liste des résultats de recherche. Si admirable que soit cette base de connaissances en tant que fruit d’une coopération internationale et symbole de la générosité dont les hommes sont capables, si utile qu’elle puisse être en raison de la multitude des sujets traités, elle n’en soulève pas moins de nombreuses questions, graves pour quiconque se soucie du rapport entre le savoir et le pouvoir à l’échelle mondiale. On y laisse une grande liberté aux auteurs et aux groupes d’auteurs, c’est ce qui la rend attrayante. On sait toutefois que le résultat final ne pourra être qu’une diffusion efficace du savoir éclaté. Dans un tel contexte en effet, la cohérence ne peut jamais s’étendre au-delà d’un cercle restreint de collaborateurs s’intéressant à un sujet déterminé. Or qu’est-ce que le savoir éclaté? C’est un savoir sur lequel on ne peut fonder aucune conviction, donc aucune contestation. Pour un empire, c’est l’arme culturelle absolue. Tout empire a intérêt à ce que le relativisme soit la règle dans sa sphère d’influence. Cela renforce sa prétention à n’être que la seule source de la vérité. Et quelle est la meilleure façon de répandre le relativisme sinon la diffusion d’un savoir éclaté? Allons donc! Un grand site créé par des esprits généreux et désintéressés serait l’équivalent d’une arme puissante? C’est du délire anti américain!  Mettez ensemble la grande base de connaissances, Google, Facebook, Youtube, etc. Si c’est  du délire que de s’inquiéter de la correspondance entre cette super puissance culturelle et la doctrine officielle du Soft Power américain, c’est qu’on a renoncé à tout esprit critique.​

En savoir plus…


Plus d’initiatives…

La ​sérendipité​, une simple mode ?

Inventé par l’anglais Horace Walpole au XVIIIe, le terme « sérendipité » évoque un conte persan (e.a. de MAILLY, Louis, Voyages et aventures des trois princes de Serendip) où les héros de l’histoire découvrent des choses qu’il ne cherchaient pas du tout, « par accident et sagacité ». Aujourd’hui, la sérendipité évoque le fait de découvrir fortuitement quelque chose qu’on ne cherchait pas, dans le cadre d’une recherche sur un autre sujet. Cette possibilité de découvrir « à l’insu de son plein gré » est un argument contre une trop grande spécialisation et une technicité au service d’une efficacité définie a priori. Comme l’explique Sylvie Catellin dans son livre sur le sujet (CATELLIN S., Sérendipité. Du conte au concept, Seuil, 2014) :

« la découverte ne peut jamais surgir du seul apprentissage des savoirs disciplinaires, mais implique l’art de l’interprétation des traces et des signes, la disponibilité de l’esprit à accueillir ce qui le surprend et le déroute. »​

Étrangement, la sérendipité sert le propos encyclopédique en ceci que l’homme, ne pouvant tout savoir (d’où l’intérêt d’un outil de référence comme une encyclopédie) et désirant savoir plus que ce qu’il connaît (d’où l’intérêt d’un site encyclopédique où la logique binaire de la base de données peut « surprendre » le fil d’une recherche ciblée a priori), l’homme donc peut être surpris par la découverte d’une pépite de savoir, au détour d’un hyperlien un peu déviant, et s’en réjouir. Du coup, notre métier consiste également à rendre possible cet étonnement devant l’imprévu qui enrichit…

Pourquoi évoquer agora.qc.ca ?

Jacques DUFRESNE est un philosophe progressiste réputé au Québec (CA). Avec Hélène LABERGE, il est à l’origine d’une des premières encyclopédies en ligne : l’encyclopédie de l’Agora (agora.qc.ca), commencée en 1998 (grâce au dévoiement d’un module du collecticiel Lotus Notes). Le web 2.0 apparaîtra quelques années plus tard mais ne changera pas la rigueur éditoriale : tout contenu publié est d’abord vérifié. L’ouvrage est collectif et se construit toujours aujourd’hui (1.500 contributeurs dans le monde et jusqu’à 14 millions de visites annuelles), avec une devise que nous conservons : ​vers le réel par le virtuel. De 2000 à 2012, nous avons partagé l’édition des contenus d’origine Europe-Afrique avec une interface proprement wallonne (walloniebruxelles.org), financée par la Communauté Française Wallonie-Bruxelles mais développée côte-à-côte avec l’interface québécoise (migration PHP/MySQL). Visibles par différentes interfaces, les contenus étaient communs : c’est ainsi que l’article “THIRY, Marcel” pouvait jouxter la promotion d’un roman paru à Montréal pour les visiteurs d’agora.qc.ca ou l’annonce d’une exposition liégeoise pour ceux qui avaient atterri dans walloniebruxelles.org via leur moteur de recherche. Plusieurs règles de base pilotaient le travail des contributeurs de ce réseau d’encyclopédies (“archipel d’îlots de connaissance”) :

  • Accueillir toutes les opinions, les loger au niveau qui convient et les composer verticalement (WEIL, Simone) ;

  • Elaguer, élaguer encore pour transmettre l’essentiel ;

  • A chaque époque et à chaque culture sa juste place ;

  • A chaque point de vue et à chaque regard sa juste importance ;

  • Rapidement inviter à la lenteur.

Faute de ressources wallonnes, l’initiative walloniebruxelles.org s’est arrêtée en 2012. wallonica.org reprend aujourd’hui le flambeau… à la main (collecticiel MS-SharePoint) et, entre autres activités, importe progressivement dans ses pages les contenus édités autrefois par les auteurs wallons de l’Agora. A bon entendeur…

Que pensait Denis DIDEROT (1713-1784) de wallonica.org ?

« ENCYCLOPÉDIE, s. f. (Philosoph.) Ce mot signifie enchaînement de connoissances ; il est composé de la préposition greque , en, & des substantifs , cercle, & , connoissance. […] En effet, le but d’une Encyclopédie est de rassembler les connoissances éparses sur la surface de la terre, d’en exposer le système général aux hommes avec qui nous vivons, & de le transmettre aux hommes qui viendront après nous ; afin que les travaux des siecles passés n’aient pas été des travaux inutiles pour les siecles qui succéderont ; que nos neveux, devenant plus instruits, deviennent en même tems plus vertueux & plus heureux, & que nous ne mourions pas sans avoir bien mérité du genre humain. »​

Encyclopédies et syndrome de la berceuse

Projet de bandeau pour l’interface de walloniebruxelles.org, ancêtre de wallonica.org

“Longtemps, je me suis couché de bonne heure …, ma nourrice toute en suaves cotonnades, piquées de sueur laiteuse, me chantant doucement, du fond de sa gorge ronde et rassurante, une berceuse qui m’arrachait à moi-même, à mon être diurne, fébrile des propos tenus ou inquiet face à la fin du jour, brune et définitive. Les rimes de l’apaisante barcarolle, pour me distraire de l’échéance nocturne, tantôt disaient les merveilles du celtique Merlin, du Moïse conquérant ou de la trouble Shéhérazade, tantôt parlaient à mes sens et ramenaient mon âme tourmentée à la joliesse de mes pieds nus sous l’édredon débordant ou à ma nubile joue, sur laquelle elle posait un dernier baiser avant de disparaître”.

Nous sommes tous des Marcel inquiets (Proust, pas Cerdan), pourrait-on déduire du penchant naturel de l’Homme à soigner son angoisse existentielle par la création d’artefacts, qu’ils soient artistiques, mythiques ou scientifiques. Ainsi, de toute éternité, l’humain a-t-il posé des jalons devant lui -entre lui (sujet en mal de connaissance) et le monde qui est (objet hors mesure de sa connaissance)-, créé des formes intermédiaires, modèles explicatifs ou vertiges hypnotiques. De la sorte naissent philosophies, sciences et religions, dissertant chacunes sur les fins ultimes, chacunes tentant d’élucider l’Etre au départ de leur discours. De même, c’est pareillement que naissent les Arts, miroirs lacunaires de l’Etre tant courtisé, substituts formalisés et inspirés de lambeaux d’existences.

Ainsi la Musique. Que Vladimir Jankelevitch évoque le ‘mélisme descendant’ de Debussy, que ce dernier ait puisé chez Maeterlinck la matière de son Pelléas, que le philosophe français explore en quoi la musique nous élève “au dessus de ce qui est” (La musique et l’ineffable, 1961), en vérité, de quoi parlons-nous ici? D’un temps substitué, d’un noble artefact qui nous ravit, au plein sens du terme, d’une berceuse de plus qui nous hypnotise, nous distrait des trépidations quotidiennes et nous rend une respiration plus régulière. Alors que, comme un anonyme l’a raconté:

Socrate, pourquoi joue​s-tu de la lyre avant de mourir?
Pour jouer de la lyre avant de mourir.

“Words, words, words …”. Comme le soulignait le Barde, au travers des lèvres d’Hamlet, toute l’activité de l’Homme se réduirait dès lors à des ‘mots’, des formes intermédiaires, médiatrices entre nous et l’objet convoité de notre conna​issance, baptisée dès lors la connaissance médiate (merci à Jacques Dufresne) à la différence de la connaissance immédiate que nous laissent miroiter des Spinoza (“l’idée vraie”) ou des Epicure.

Retour à la berceuse. Lors, on pourrait baptiser ‘syndrome de la berceuse’ cette propension de l’homme à créer des formes, élucidantes ou hypnotisantes, entre son entendement (et ses sens) et la réalité dont il veut prendre connaissance. Elucidantes lorsqu’elles le rapprochent d’une connaissance immédiate, lorsque leur structure formelle laisse transparaître l’objet de la connaisssance ; hypnotisantes, lorsqu’elles sont leur propre fin et servent de masques pseudo-euphorisants. Ainsi la berceuse du petit Marcel revêt-elle ces deux qualités ambivalentes (comme beaucoup de nos créations) : l’emmène-t-elle en Orient dans les senteurs des Mille et une nuits, l’enfant hypnotisé s’endormira paisiblement ; le ramène-t-elle au confort de son lit familier et à la tendresse d’un baiser, la nuit du petit n’en sera que meilleure. La morale, c’est le choix entre les deux manières. Whatever works…

Va savoir… L’ensemble de ces formes, de ces artefacts forgés de nos mains seules, constitue les savoirs de l’humanité ; il est des grands et des petits savoirs, des savoirs pratiques, techniques, d’autres spirituels ou artistiques ; il est des savoirs honteux, révoltants, il en est d’autres qui réconcilient, qui apaisent. Il est des savoirs que d’aucuns disent inspirés et que d’autres savent inspirants. Il est des savoirs qui égarent, d’autres qui éclairent. La grandeur de l’Homme, d’où qu’il soit, réside dans les savoirs qu’il a générés et dans la dignité qui s’y révèle. Les collecter avec sérieux, c’est s’adonner à l’amour de l’Homme pour lui-même, travailler à son respect et révéler son immanente universalité.

Enter l’Encyclopédie. De tout temps (à Sumer déjà!), des hommes se sont levés pour collecter, identifier, structurer, indexer et publier ces savoirs, tous les savoirs disponibles. Tous, car la censure est stérile et tout est publiable: c’est une simple question de hiérarchisation, de jugement éditorial. Aujourd’hui, l’héritage en ligne des Diderot et d’Alembert est partagé entre les encyclopédies papier portées en ligne et (souvent) payantes ; les encyclopédies promotionnelles, destinées à augmenter la fréquentation du site concerné et, partant, à justifier les ventes d’espace publicitaire ; les initiatives encyclopédiques gratuites et structurées.

L’Encyclopédie de l’Agora​, créée à l’initiative du philosophe québécois Jacques Dufresne, relève de la troisième classe d’encyclopédies. Recommandée par la Bibliothèque Nationale de France, elle est gratuite, francophone et interactive. Plus de 10 millions de visiteurs la consultent chaque année. Pendant plusieurs années, deux interfaces permettaient à l’internaute de la visiter: l’interface québécoise, pilotée par une équipe basée en Estrie, à deux pas de l’Université de Sherbrooke, et feu l’interface wallonne, alors gérée au départ de Liège, en Wallonie (Belgique).

Aujourd’hui, wallonica.org reprend le flambeau et cherche des ressources, contenus comme moyens financiers. A bon entendeur !

Plus de Blogue de bord…

Une encyclopédie ?

Entreprendre aujourd’hui l’édition d’une encyclopédie (fut-ce sous la forme d’un simple blogue encyclopédique), c’est proposer des fils d’Ariane, que l’on désire éclairés, dans le labyrinthe de la Toile : tout ou presque est là, qui peut faire viatique à l’homme qui marche éveillé. Dans la droite ligne du travail de partage des savoirs entrepris dès 1998 par le philosophe Jacques Dufresne (QC) et son Encyclopédie de l’Agora (avec laquelle nous avons collaboré pendant plus de dix ans), wallonica.org se veut tant éditeur de connaissances liées à son terroir, la Wallonie (BE), que marchepied vers d’autres gisements de savoirs en ligne : vous avez le droit de savoir-s !

Si le purin coule vers le bas, pourquoi vivons-nous dans la vallée ?

C’est Terry Gilliam (L’Obs, n°2661) qui met le doigt sur une des préoccupations de wallonica.org, à savoir une inquiétude de la pensée libre devant la prolifération des diktats à l’emporte-pièce qui font le quotidien du web 2.0 (et leur écho dont résonnent sans fin les réseaux sociaux). Car, enfin, le Café du Commerce n’est pas le Jardin d’Epicure : d’abord émerveillés par le potentiel du web, aurions-nous trop vite déterré les espoirs pacifistes de Paul Otlet et d’Henri La Fontaine (plus de savoirs partagés, moins de guerres) ? Aurions-nous espéré en vain l’émergence du CRAC, le Citoyen Responsable, Actif et Critique (s’est ajouté par la suite le S de Solidaire) ? Godot ?

Quand on est dans la merde jusqu’au cou, il ne reste plus qu’à chanter.

Beckett, encore. Alors, on chante ? Oui, pour mieux servir. Puisque l’Übermensch n’est pas pour demain et que la complexité fait loi, wallonica.org veut faire oeuvre utile en contribuant à cet archipel naissant sur la Toile, ces îlots de savoirs que des hommes et des femmes éditent en ligne. Le mot ‘éditer’ vaut ici son pesant de pèket : il s’agira de fédérer l’existant (relier contenus internes et externes), de faciliter l’accès aux savoirs (vulgariser les contenus experts), d’organiser la découverte (structurer la navigation), d’épauler les CRACS (permettre une lecture critique) et de maîtriser la publication (les options éditoriales sont le fruit d’un jugement personnel et l’internaute ne peut contribuer sans le contrôle d’un modérateur). Alors, on danse ? Oui, car n’est pas Diderot qui veut. Mais chacun peut faire sien le mot de Montaigne (Essais, III, 13) :

Notre bel et grand chef-d’oeuvre, c’est vivre à propos.

Dont acte…

wallonica.org est une encyclopédie citoyenne, indépendante, dédiée aux contenus francophones, wallons et assimilés. Initialement publiée sur walloniebruxelles.org, elle est désormais accessible à l’adresse wallonica.org. Elle a été développée grâce à un premier soutien de la Présidence de la Communauté française de Belgique puis de la Province de Liège : la popularité des contenus de « la Wallonica » est manifestement un levier reconnu de la présence et de l’identité wallonne sur la Toile. A terme, wallonica.org a pour vocation de devenir une société encyclopédique, active tant dans le domaine de l’éducation permanente, du marketing culturel d’intérêt public que de la promotion des savoirs wallons. A bon entendeur…

wallonica.org est un portail encyclopédique francophone, disponible pour tous les internautes, librement, gratuitement, sans publicité ni capture d’identité. Ses contenus sont édités par une équipe de contributeurs cooptés qui préfère “l’humanisme du lien” à l’exhaustivité : certains articles sont des compilations critiques de savoirs présents ailleurs sur la Toile, vers lesquels ils renvoient.

Pour garantir sa visibilité (entre autres auprès des moteurs de recherche les plus populaires), wallonica.org utilise différents procédés techniques et sémantiques pour capter les internautes et leur proposer dossiers, documents associés et, le cas échéant, des collections de liens vers d’autres ressources documentaires.

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