Le long de l’Ourthe, insolite et changeante, d’hier à aujourd’hui (CHiCC, 2019)

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La vallée de l’Outre à Colonster © WBT – Joseph Jeanmart

La vallée de l’Ourthe est bien connue pour ses paysages grandioses, ses richesses naturelles et son patrimoine remarquable. Je propose une croisière de sa source à sa confluence et un pèlerinage dans le temps, c’est avant tout juste une balade. Quelle longue vie jusque Liège ! Peu de cours d’eau peuvent se prévaloir d’un parcours aussi varié.

L’Ourthe a tracé une artère Sud-Nord importante et s’offre un voyage dans les régions et dans le temps. Née en Ardenne, elle passe successivement en Calestienne, en Famenne et dans le Condroz pour terminer sa vie dans le sillon mosan.

Mais elle nous fait aussi voyager dans le temps, en taillant dans le sol. Les paysages et les pierres nous racontent cette longue histoire. En effet, au départ, il y a l’Ourthe occidentale et l’Ourthe orientale. La zone des sources est constituée de prairies humides dans les hauts plateaux d’Ardenne.

La confluence, près de Nisramont, donnera naissance à l’Ourthe. La vallée s’enfonce. Dans cette première partie elle traverse l’Ardenne et ses forêts, elle y dessine de grands méandres et ses versants sont abrupts. La Famenne l’accueille à Marcourt. C’est une dépression schisteuse, l’Ourthe s’étale, serpente au creux des prairies.

En Calestienne, l’Ourthe a creusé dans ce massif calcaire, pendant des millénaires, de nombreux phénomènes karstiques, tels des grottes. Il y a peu d’alluvions, les vallées sont plus encaissées, comme à Durbuy. Dans le Condroz, on observera une alternance de terrains calcaire et de grès. Cette région est réputée pour ses nombreuses carrières.

L’histoire industrielle de la Vieille-Montagne est liée aux derniers kilomètres de l’Ourthe. Elle entre ainsi dans le sillon mosan. Sur ses terrains tendres, elle s’étale et sa plaine alluviale est large. Elle entrait alors par de multiples ramifications dans les faubourgs de Liège. Son trajet a été simplifié à plusieurs reprises et son tracé actuel n’existait pas avant 1900.

Elle est canalisée à partir du pont de Fragnée, appelée “la Dérivation”, et finalement rejoint la Meuse au pont Atlas. Mais cette rivière autrefois sauvage était plus romantique que navigable. Elle a été l’objet de nombreux projets. Sous la domination hollandaise, en 1828, on imagina la canalisation de l’Ourthe au-delà de La Roche pour la relier à la Moselle dans le but de faire la jonction Meuse-Rhin afin d’améliorer les échanges commerciaux. Ce projet n’a jamais abouti. Quelques vestiges sont encore visibles dont ceux d’un souterrain à Bernistap (Houffalize).

La jeune Belgique, en 1845, lance un nouveau projet pour améliorer la navigation, un canal parallèle à l’Ourthe entre Liège et La Roche. On ne le réalisera que jusqu’à Comblain. La ligne de chemin de fer inaugurée en 1866 fut le début du déclin de la navigation sur l’Ourthe.

De nombreux vestiges entre Liège et Comblain-au-Pont sont encore visibles. Mais tout au long de son parcours, on rencontrera d’autres éléments d’archéologie industrielle ou de génie civil, vestiges d’activités économiques, car l’Ourthe a été longtemps le seul axe de communication. Elle a favorisé les activités industrielles de la région: moulins, scieries, turbines, carrières, industries métallurgiques (sidérurgie, zinc), forges, laminoirs…

Aujourd’hui tranquille, son cadre bucolique et ses paysages variés chargés d’histoire en font une destination touristique privilégiée. Le tourisme tire également parti de la rivière : ses rives accueillent randonneurs et cyclistes, et pêcheurs et kayaks se partagent la rivière. Je vous invite à la découvrir, elle vous ravira !

Odette SCHURGERS


La CHICC ou Commission Historique et Culturelle de Cointe (Liège, BE) et wallonica.org sont partenaires. Ce texte de Odette SCHURGERS a fait l’objet d’une conférence organisée par la CHiCC en février 2019 : le voici diffusé dans nos pages. Pour les dates des autres conférences, voyez notre agenda en ligne

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GOFFIN : Sans titre (2013, Artothèque, Lg)

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GOFFIN François, Sans titre
(photographie, 40 x 40 cm, 2013)

Et pourquoi pas emprunter cette oeuvre gratuitement
à l’Artothèque Chiroux de la Province de Liège ?

François Goffin © contretype.org

François GOFFIN est né en 1979, dans le Condroz. Il fait des études de photographie au 75 à Bruxelles, “mais ça démarre surtout après”, avec sa première exposition à la galerie Contretype à Bruxelles. Il expose la même année notamment au Centre culturel de Marchin et à la Biennale de la Photo d’architecture à La Cambre. En 2007, il prend part à l’exposition Et le bonheur !” (Biennale de photographie en Condroz) et expose au Centre Wallonie-Bruxelles de Paris et au Museu de Arte Brasileira de Sao Paolo (Brésil) dans le cadre de l’exposition CO2 – Bruxelles à l’infini initiée par Contretype. En 2008, il remporte avec la série “Réminiscence” le Prix Médiatine 2008 et expose la série Les choses simples au Centre culturel de Namur. En 2009 paraît sa première monographie aux Editions Yellow Now. (d’après CONTRETYPE.ORG)

“L’air de rien, François Goffin fait ses images ; ou pour être plus précis, on peut dire qu’il les recueille sur le chemin d’une vie qui est la sienne. Mais ces choses vues, ces endroits, ces visages, regardent aussi les autres. […] Pour lui, ce sont les événements les plus normaux en apparence qui sont les plus étranges. Les plus sidérants, même. Dans ce travail, pas d’invention, de reconstitution, mais une attention nerveuse et joyeuse à ce qui est. Une image peut-être en effet regardée comme un seul vers de poésie, ou une petite phrase glanée au hasard d’un livre. Un seul regard pour de multiples résonnances spirituelles.” (d’après VINALMONT.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © François Goffin ; contretype.org | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

église Saint-Remacle d’Ocquier (Condroz, BE)

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Le site de l’église Saint-Remacle d’Ocquier fut, au VIIIe siècle, une possession de l’Abbaye de Stavelot (BE), créée par ledit Remacle. La construction de l’église actuelle fut commencée vers 1017 et achevée au XVIe siècle. La date de 1017 qui figure sur un linteau pourrait avoir induit les édiles organisateurs du “millénaire” d’Ocquier en 2017-2018 ; il pourrait s’agir d’une marque plus tardive, faite lors d’une restauration du bâtiment en 1617, le “6” s’effaçant avec le temps…

L’église fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques depuis le 1er août 1933. Elle a subi une importante restauration au début des années 2000…


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