PAYES : Flor de lis (2016)

 

Flor de Lis (Werneck & Werneck), extrait du CD Lua Amarela (2016), par le combo de Rita Payés & Joan Chamorro :

  • Rita Payés (vocal & trombone)
  • Joan Chamorro (contrebasse.)
  • Andrea Motis (vocal)
  • Ignasi Terraza (piano)
  • Josep Traver (guitare)
  • Esteve Pi (percussions)


Plus de musique…

DESBORDES-VALMORE : Les séparés (1860)

© Igor Ustynskyy

N’écris pas, je suis triste et je voudrais m’éteindre.
Les beaux étés, sans toi, c’est l’amour sans flambeau.
J’ai refermé mes bras qui ne peuvent t’atteindre
Et frapper à mon cœur, c’est frapper au tombeau.

N’écris pas, n’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu, qu’à toi si je t’aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

N’écris pas, je te crains, j’ai peur de ma mémoire.
Elle a gardé ta voix qui m’appelle souvent.
Ne montre pas l’eau vive à qui ne peut la boire.
Une chère écriture est un portrait vivant.

N’écris pas ces deux mots que je n’ose plus lire.
Il semble que ta voix les répand sur mon cœur,
Que je les vois briller à travers ton sourire.
Il semble qu’un baiser les empreint sur mon cœur.

N’écris pas, n’apprenons qu’à mourir à nous-mêmes.
Ne demande qu’à Dieu, qu’à toi si je t’aimais.
Au fond de ton silence, écouter que tu m’aimes,
C’est entendre le ciel sans y monter jamais.

N’écris pas!

Marceline Desbordes-Valmore, Poésies inédites (Genève : Jules Fick, 1860)

Le poème chanté par Paul-Alain Leclerc (dit Julien CLERC, né en 1947, FR) a été composé par Marceline DESBORDES-VALMORE (1786-1859), poétesse mélancolique dont le père, petit bourgeois ruiné par la révolution, était d’abord devenu cabaretier. La famille se retrouvant dans le besoin, sa mère, en 1801, décide de se rendre avec elle en Guadeloupe auprès d’un cousin riche à fin de commencer une nouvelle vie. Ce ne sera pas ainsi. La mère décède de fièvre jaune et Marceline orpheline retourne en métropole auprès de son père. Elle devient comédienne et se produit en France et en Belgique.

En 1808, elle rencontre le comédien et homme de lettres Henri de Latouche avec qui elle a une liaison passionnée. Cette liaison durera de façon intermittente pendant 30 ans. En 1817, elle se marie avec un comédien sans talent, Prosper Lanchantin, connu sous le nom de Valmore. La vie à ses côtés n’est pas facile. Le couple se déplace souvent et a très peu d’argent. Ils ont quatre enfants dont un seul survivra à Marceline. Les deuils et drames jalonnent sa vie. Pour cette raison elle fut  surnommée “Notre-Dame-des-Pleurs“.

Son premier recueil, Élégies et Romances est publié en 1819. Cet ensemble de poèmes la fait connaitre et apprécier dans le monde littéraire. Elle reçoit plusieurs prix académiques. Forte du succès rencontré, elle cesse son activité au théâtre pour se consacrer à l’écriture. Elle écrit non seulement des poèmes, mais aussi des nouvelles, des contes pour enfant et même un roman. Le roi lui octroie une pension. Autodidacte et travailleuse, elle a un tempérament romantique et mélancolique, exacerbé par les coups de la vie. Elle écrit des vers très modernes, originaux, spontanés, pleins de sensibilité et de musicalité. Ses contemporains, Hugo, Lamartine mais aussi Baudelaire, Verlaine, Rimbaud l’admirent. Elle meurt d’un cancer le 23 juillet 1859 à Paris. [source : POETICA.FR]


Aimer encore…

TABOUROT : Belle qui tiens ma vie (1589)

Révérence (illustration de l’Orchésographie de Thoinot Arbeau, 1589)

Le pseudonyme Thoinot ARBEAU est l’anagramme de Jehan TABOUROT, chanoine de Langres (FR), né en 1519 à Dijon, mort en 1595. Il serait le fils d’Étienne Tabourot, avocat devenu prêtre en 1530 et pourvu d’un canonicat à Langres en 1574 et il est l’oncle du poète Étienne Tabourot, le “Rabelais de Bourgogne”. Prêtre, licencié en droit il fait ses études à Poitiers et à Dijon. En 1542, il est au chapitre de Langres. En 1545, il a un canonicat à la cathédrale de Langres. En 1562 il est directeur à la réfection de la cathédrale. En 1565, il obtient un canonicat à Bar-sur-Aube. Il est chantre, inspecteur des écoles diocésaines et vicaire général du diocèse de Langres. Son Orchésographie comprend une des plus anciennes notation chorégraphique (des figures symbolisées par des lettres de l’alphabet) et quelques remarques sur la musique. [source : MUSICOLOGIE.ORG]

C’est dans cette Orchésographie et traité en forme de dialogue, par lequel toutes personnes peuvent facilement apprendre et practiquer l’honneste exercice des dances (1589) que l’on retrouve cette pavane à 4 voix, “Belle qui tiens ma vie” :

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m’as l’âme ravie
D’un sourire gracieux,
Viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.(bis)

Pourquoi fuis-tu mignarde
Si je suis près de toi,
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moi,
Car tes perfections
Changent mes actions.(bis)

Tes beautés et ta grâce
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os,
Et ont rempli mon cœur
D’une amoureuse ardeur.(bis)

Mon âme souloit être
Libre de passions,
Mais Amour s’est fait maître
De mes affections,
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.(bis)

Approche donc ma belle
Approche, toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien.
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.(bis)

Je meurs mon angelette,
Je meurs en te baisant.
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant.
À ce coup mes esprits
Sont tous d’amour épris.(bis)

Plutôt on verra l’onde
Contre mont reculer,
Et plutôt l’œil du monde
Cessera de brûler,
Que l’amour qui m’époint
Décroisse d’un seul point.(bis)


Ecouter encore…

VERA : Veinte años (1935)

https://gladyspalmera.com/coleccion/el-diario-de-gladys/kabiosile-maria-teresa-vera/
Maria-Teresa VERA (1895-1967)

Veinte años est une habanera composée en 1935 par la célèbre chanteuse Maria-Teresa VERA sur des paroles de Guillermina ARAMBURU. Interprétée depuis par de très nombreux chanteurs (en général sur un rythme de boléro),  elle a accédé au statut de tube planétaire grâce à l’interprétation de Omara Portuondo dans le film Buena Vista Social Club…” [source : Fabrice Hatem]

Qué te importe que te amé [Que t’importe que je t’aime]
Si tù no me quieres ya, [Si tu ne m’aimes plus]
El amor que ya ha pasado [L’amour qui s’en est allé]
No se debe recordar. [Ne doit pas revenir]

Fui la ilusion de tu vida [Je fus l’illusion de ta vie]
Un dia lejano ya [Un jour déjà lointain]
Hoy represento al pasado [Je ne suis plus que le passé]
No me puedo recordar [Je ne peux pas m’y faire]
Hoy represento al pasado [Je ne suis plus que le passé]
No me puedo recordar. [Je ne peux pas m’y faire]

Si las cosas que uno quiere [Si les choses que l’on désire]
Se pudieran alcanzar [Pouvaient être atteintes]
Tu me quisieras lo mismo [Tu m’aimerais comme avant]
Que veinte años atras. [Comme il y a vingt ans]

Con que tristeza miramos [Avec quelle tristesse nous voyons]
Un amor que se nos va [Un amour qui s’éloigne]
Es un pedazo del alma [C’est un morceau de l’âme]
Que se arranca sin piedad. [Qui s’arrache sans pitié.]
Es un pedazo del alma [C’est un morceau de l’âme]
Que se arranca sin piedad. [Qui s’arrache sans pitié.]

Si las cosas que uno quiere [Si les choses que l’on désire]
Se pudieran alcanzar [Pouvaient être atteintes]
Tu me quisieras lo mismo [Tu m’aimerais comme avant]
Que veinte años atras. [Comme il y a vingt ans]

Con que tristeza miramos [Avec quelle tristesse nous voyons]
Un amor que se nos va [Un amour qui s’éloigne]
Es un pedazo del alma [C’est un morceau de l’âme]
Que se arranca sin piedad. [Qui s’arrache sans pitié.]
Es un pedazo del alma [C’est un morceau de l’âme]
Que se arranca sin piedad. [Qui s’arrache sans pitié.]

Et un joli hommage plus récent, “Isaac et Nora chantent Veinte años” (2019) :


Plus de musique…

BREL : Les Flamingants (1977)

Jacques Brel en concert à l’Olympia (Paris, FR)

Les Flamingants, ou Les F… est une chanson de Jacques Brel de 1977, parue sur l’album Les Marquises (label : Barclay; la chanson est d’abord sortie en 45 tours (la face B proposait le titre Les Marquises). La musique est, au départ, une composition du pianiste brésilien João Donato et, quand Brel s’en empare pour écrire Les F…, elle a déjà été reprise par plusieurs musiciens, dont  Sergio Mendes (pour qui elle avait été composée) et Caetano Veloso.

Les Flamingants, chanson comique !

Messieurs les Flamingants
J’ai deux mots à vous rire
Il y a trop longtemps
Que vous me faites frire
À vous souffler dans le cul
Pour devenir autobus
Vous voilà acrobates
Mais vraiment rien de plus

Nazis durant les guerres
Et catholiques entre elles
Vous oscillez sans cesse
Du fusil au missel
Vos regards sont lointains
Votre humour est exsangue
Bien qu’il y ait des rues à Gand
Qui pissent dans les deux langues
Tu vois quand j’pense à vous
J’aime que rien ne se perde
Messieurs les Flamingants
Je vous emmerde

Vous salissez la Flandre
Mais la Flandre vous juge
Voyez la mer du nord
Elle s’est enfuie de Bruges
Cessez de me gonfler
Mes vieilles roubignoles
Avec votre art flamand italo-espagnol.
Vous êtes tellement tellement
Beaucoup trop lourds
Que quand les soirs d’orage
Des chinois cultivés
Me demandent d’où je suis,
Je réponds fatigué
Et les larmes aux dents :
“Ik ben van Luxembourg”
Et si aux jeunes femmes,
On ose un chant flamand,
Elle s’envolent en rêvant
Aux oiseaux roses et blancs

Et je vous interdis
D’espérer que jamais à Londres
Sous la pluie, on puisse
Vous croire anglais
Et je vous interdis
À New-York ou Milan
D’éructer, Messeigneurs,
Autrement qu’en flamand
Vous n’aurez pas l’air cons
Vraiment pas cons du tout
Et moi je m’interdis
De dire que je m’en fous
Et je vous interdis
D’obliger nos enfants
Qui ne vous ont rien fait
À aboyer flamand
Et si mes frères se taisent
Et bien tant pis pour elles
Je chante, persiste et signe :
Je m’appelle Jacques Brel


En écouter d’autres…

CRUSADERS : Street Life (feat. Randy Crawford)

Crusaders feat. Randy Crawford, Street Life (MCA, 1979)

On est en 1979. Les Crusaders ne savent pas encore qu’ils viennent de créer l’album de leur carrière qui se vendra le plus. Ce succès est dû entre autre à une rencontre : celle de Joe Sample, pianiste et claviériste du groupe avec une certaine Randy Crawford, une chanteuse soul de l’Etat de Géorgie aux USA. En 1976 alors que cette dernière signe un contrat chez Warner pour son premier album Everything Change, elle demande à Joe de jouer les parties de piano sur son disque, dont elle aime le côté subtil à la fois jazz mais également ancré dans la musique populaire afro-américaine. De là naît une amitié autant personnelle qu’artistique !

Dans les prémices de l’écriture de l’opus Street Life, Joe Sample pense immédiatement à Randy pour interpréter vocalement le titre éponyme. De ses propres aveux même, il dit qu’il a composé la chanson pour elle. Après eu avoir l’accord des autres membres du groupe, la chanson apparaît sur leur LP de l’époque en lui donnant son nom ! Et quelle chanson ! Son introduction d’une minute et trente secondes laisse la part belle au saxophone de Wilton Felder dans un registre smooth jazz, avant que la voix de Randy Crawford presque a capella ne transporte l’auditeur dans un univers à vous donner des frissons (cette introduction vocale sera d’ailleurs maintes fois échantillonnée dans la house !). S’en suit alors un mid-tempo enivrant où alternent avec bonheur les parties chantées, les solos de saxophone de Wilton ou de claviers de Joe le tout ryhtmé par la batterie de Stix Hooper. Enfin Roland Bautista, guitariste d’Earth Wind & Fire, a participé également à l’enregistrement. Plus de onze minutes de pur bonheur ! Ce titre à l’époque était tellement fédérateur que l’on pouvait l’entendre aussi bien, dans un club glauque d’un quartier mal famé que dans une garden party de la haute société. Il attirera également l’oreille des réalisateurs puisqu’on le retrouve en 1981 sur la B.O du film Sharky’s Machine avec Burt Reynolds puis en 1997 sur Jackie Brown de Quentin Tarantino dans des versions alternatives.

Mais même si Street Life balaie tout sur son passage l’intérêt de ce disque ne dépend pas que de ce titre ! En effet le deuxième morceau My Lady a été samplé par NTM sur leur plus gros tube La Fièvre avec comme d’habitude la présence  du saxophone de Wilton Felder qui propose le thème instrumental principal de cette composition. Une vraie réussite également ! La troisième pépite de l’opus est surement à chercher du côté de Carnival Of The Night, un jazz-funk  qui met en avant le duel basse / saxophone avec un talent certain ! Les percussions de Paulinho Da Costa sont aussi particulièrement présentes sur ce titre avec un petit côté brésilien discret mais évident. Si certains titres comme Rodéo Drive ou Night Faces plus tranquilles laissent entrevoir l’esprit smooth jazz que le groupe continuera d’entretenir partiellement dans les 80’s, ils ont le mérite de laisser une place au talent de chaque musicien de cette entité !

Cet album permettra en tous cas au groupe de connaitre un succès international, en se classant dans les charts du monde entier (classé en 18ème position dans les charts pop américains) et de faire une tournée américaine et japonaise triomphale, où Randy Crawford d’ailleurs accompagnait le combo sur toutes les dates. Depuis cette époque Joe et Randy ont eu régulièrement l’occasion de collaborer sur scène dans les festivals du monde entier ou même sur disque où le talent du pianiste et de la vocaliste font toujours des merveilles ! C’est aussi ça la magie de Street Life !”

Lire l’article original sur le webzine FONKADELICA.COM (16.07.2012)…




D’autres incontournables du savoir-écouter :

PÄRT : Für Alina

PÄRT, Arvo (né en 1935) Für Alina par Jeroen van VEEN
PÄRT Arvo, Für Alina par Jeroen van Veen © Brilliant

“Arvo Pärt naît le 11 septembre 1935 à Paide en Estonie, petite ville près de la capitale, Tallinn. En 1944, l’URSS occupe le pays. Elle y maintiendra son emprise plus d’un demi-siècle. Les compositeurs estoniens devront donc suivre les mêmes injonctions esthétiques autoritaires que les Russes.

Pärt entre au Conservatoire de Tallinn en 1954 où, à côté des cours de compositions de Heino Eller, on lui enseigne jusqu’aux sciences de l’athéisme. Il apprend seul la technique des douze sons, mal vue par le pouvoir soviétique (pour son formalisme bourgeois) dans un livre d’exercice d’Eimert et Krenek. Il travaille comme ingénieur du son à la radio, écrit ses premières musiques de film et ne cessera d’ailleurs jamais d’en composer (en témoignent des bandes originales récentes mais aussi des partitions préexistantes, ainsi Für Alina utilisé par Gus van Sant dans son Gerry en 2003 ou Fratres pour There will be blood en 2007). Ces musiques de film notamment, quand il quitte le Conservatoire en 1963, ont déjà fait de lui un compositeur professionnel depuis longtemps. Il était d’ailleurs salué, dès l’année précédente, aux côtés de seulement cinq autres compositeurs, lors du Festival moscovite de surveillance des œuvres créatives des jeunes compositeurs de l’Union pour sa cantate pour enfants Meie Aed (Notre jardin) et son oratorio Maailma samm, bien que son Nekrolog, par ailleurs, ait déplu par son emploi des douze sons (c’est la première œuvre sérielle estonienne). La mainmise esthétique du pouvoir n’est cependant plus si pesante depuis 1957 où le deuxième Congrès des compositeurs de l’Union, à Moscou, a vu le rejet du conformisme de la décennie précédente. Des programmes d’échange avec l’Ouest étaient alors imaginés et Schoenberg n’était plus absolument proscrit à partir de 1958 bien que l’année suivante, Chostakovitch mettait en garde les jeunes compositeurs polonais contre les “séductions du modernisme expérimental“. Durant les années soixante, Pärt peut ainsi tenter quelques nouvelles expériences sérielles (et être joué), dans ses deux premières symphonies notamment. Il se détourne bientôt lui-même du rigorisme des douze sons, et tente ensuite des collages. Si son Credo fera finalement scandale en 1968 ce sera moins pour son atonalisme partiel que pour sa profession de foi évidente.

Suit une sévère période de doute, aggravée de problèmes de santé : une crise existentielle et créative majeure. Le musicien s’impose lui-même des ascèses religieuses de silence contemplatif. Il se plonge dans l’étude des musiques françaises et franco-flamandes des XIVe, XVe et XVIe siècles. Il rejoint l’Église orthodoxe russe, prend Nora en seconde noce (1972). La santé s’améliore et l’année 1976 voit une renaissance nette : le nouveau style postmoderne, en rupture complète, est inventé (la même année que la création d’Einstein on the Beach de Glass et des premières œuvres postmodernes de Krzysztof Penderecki et Gorecki). Le musicien appelle ce style tintinnabuli (“petites cloches” en latin). Cette année et la suivante, singulièrement fécondes, engendrent les œuvres restées les plus célèbres : après le fondateur Für Alina viennent notamment les fameux Cantus in Memoriam Benjamin BrittenFratresSarah Was Ninety Years Old ou Tabula rasa.

Le nouveau style est d’abord autant rejeté par les avant-gardes de l’Ouest, pour sa tonalité naïve, que par le pouvoir soviétique, pour son mysticisme sous-jacent. En 1980, grâce à un programme d’ouverture qui délivre des visas aux juifs d’URSS (pour éventuellement rejoindre Israël), madame Pärt étant juive, le couple prend le train pour Vienne. Un représentant des éditions Universal les attend sur le quai (c’est une surprise). Le ménage devient autrichien et profitant d’une bourse d’échange allemande, s’installe définitivement à Berlin en 1981.

Les années suivantes jusqu’à nos jours verront le développement du nouveau style. Les années quatre-vingt, tout d’abord, privilégient les œuvres religieuses vocales. Pärt s’aventure hors du seul latin et met en musique des liturgies en allemand, anglais, russe. Sa célébrité s’assoie particulièrement dans le monde anglo-saxon (américain et anglais). À soixante-et-un ans, il est élu à l’American Academy of Arts and Letters. En mai 2003, il reçoit le Contemporary Music Award durant la cérémonie des Classical Brit Awards au Royal Albert Hall à Londres. Le 11 Septembre 2010, à l’occasion de son soixante-quinzième anniversaire, le Festival Arvo Pärt a lieu dans diverses villes estoniennes, renvoyant enfin la gloire planétaire à son pays d’origine…” [lire la suite sur BRAHMS.IRCAM.FR…]

Pour en savoir plus, visitez le site du Centre Arvo Pärt, ARVOPART.EE…


D’autres incontournables du savoir-écouter :

MOZART : Deh, vieni alla finestra (Don Giovanni, 1787)

Ruggero Raimondi dans le Don Giovanni de Joseph Losey (1979)

MOZART Wolfgang Amadeus, Don Giovanni. Il dissoluto punito ossia il Don Giovanni (opéra en deux actes sur un livret de Lorenzo da Ponte, créé le 29 octobre 1787, à Prague) – extrait de l’acte deux, scène un, Canzonetta (Don Giovanni) :

Deh, vieni alla finestra, o mio tesoro,
Deh, vieni a consolar il pianto mio.
Se neghi a me di dar qualche ristoro,
Davanti agli occhi tuoi morir vogl’io !

Tu ch’hai la bocca dolce più del miele,
Tu che il zucchero porti in mezzo al core!
Non esser, gioia mia, con me crudele!
Lasciati almen veder, mio bell’amore!



MOZART (arr. Arcadi Volodos) : Marche turque

© Yuja Wang

“Yuja WANG (née en 1987) est une pianiste chinoise reconnue mondialement pour sa virtuosité technique et son jeu spontané et audacieux. Au-delà de sa technique, elle est également appréciée pour son répertoire éclectique de piano solo et de musique de chambre qui s’étend du 18ème siècle jusqu’au 20ème siècle.

Fille de musicien, Yuja Wang est initiée à la musique très jeune. Elle commence à apprendre le piano à l’âge de six ans avec Luo Zhengmin. Elle étudie ensuite auprès des professeurs Ling Yuan et Zhou Guangren au Conservatoire central de musique de Pékin, des professeurs Hung KuanChen et TemaBlackstone au MountRoyal College Conservatory à Calgary au Canada, et de Gary Graffman au Curtis Institute of Music de Philadelphie.

Elle donne ses premiers concerts en 2003 et se produit en concert ensuite avec de nombreux grands orchestres tels que les orchestres symphoniques de NewYork, de Chicago, de San Francisco, de Houston, et notamment l’Orchestre Philharmonique de Chine. En 2009, elle est parmi les rares musiciens invités pour le concert du YouTube Symphony Orchestra au Carnegie Hall, initiative musicale mondiale et prestigieuse. Elle signe la même année un contrat avec Deutsche Grammophon et produit son premier disque, lequel est très bien reçu. Depuis, la carrière de Yuja Wang s’étend mondialement, et elle est programmée dans les plus grandes salles de concerts européennes, américaines et orientales. Elle se produit aux côtés des plus grands chefs d’orchestre, tels que Claudio Abbado, Daniel Barenboim, Gustavo Dudamel, Daniele Gatti, Charles Dutoit, Valery Gergiev, Mikko Franck, Manfred Honeck, Pietari Inkinen, Lorin Maazel, Zubin Mehta, Kurt Masur, Antonio Pappano, Yuri Temirkanov et Michael Tilson Thomas.”

En savoir plus sur FRANCEMUSIQUE.FR ou sur le site de l’artiste sino-américaine YUJAWANG.COM


MOZART W.A., Sonate pour piano n° 11 en La, K. 331/300 (3e mvmt “Alla Turca”), arrangée par Arcadi VOLODOS (né en 1972) et interprétée par Yuja WANG dont des admirateurs ont également compilé quelques finales “musclés” :


Ecouter encore…

BIZET : Au fond du temple saint (Les pêcheurs de perle, 1863)

BIZET, Georges, Les pêcheurs de perle (opéra en trois actes sur un livret d’Eugène CORMON et Michel CARRE, créé le 30 septembre 1863 au Théâtre-Lyrique de Paris, FR)
Acte premier. Duo de Nadir (ténor) et Zurga (baryton) :
Au fond du temple saint
Parée de fleurs et d’or,
Une femme apparaît !
Je crois la voir encore !
Une femme apparaît !
Je crois la voir encore !
La foule prosternée
La regarde, étonnée,
Et murmure tous bas :
Voyez, c’est la déesse !
Qui dans l’ombre se dresse
Et vers nous tend les bras !
Son voile se soulève !
Ô vision ! Ô rêve !
La foule est à genoux !
Oui, c’est elle !
C’est la déesse
Plus charmante et plus belle !
Oui, c’est elle !
C’est la déesse
Qui descend parmi nous !
Son voile se soulève et la foule est à genoux !
Mais à travers la foule
Elle s’ouvre un passage !
Son long voile déjà
Nous cache son visage !
Mon regard, hélas !
La cherche en vain !
Elle fuit !
Elle fuit !
Oui, c’est elle ! C’est la déesse !
En ce jour qui vient nous unir,
Et fidèle à ma promesse,
Comme un frère, je veux te chérir !
C’est elle, c’est la déesse
Qui vient en ce jour nous unir !
Oui, partageons le même sort,
Soyons unis jusqu’à la mort !


FERRE : textes

Léo Ferré en 1959 © Hubert Grooteclaes

La mémoire et la mer

(extrait de l’album Amour, Anarchie, Barclay, 1970 ; texte et musique de Léo FERRE, arrangements de Jean-Michel DEFAYE)

La marée, je l’ai dans le cœur
Qui me remonte comme un signe
Je meurs de ma petite sœur, de mon enfance et de mon cygne
Un bateau, ça dépend comment
On l’arrime au port de justesse
Il pleure de mon firmament
Des années lumières et j’en laisse
Je suis le fantôme de Jersey
Celui qui vient les soirs de frime
Te lancer la brume en baiser
Et te ramasser dans ses rimes
Comme le trémail de juillet
Où luisait le loup solitaire
Celui que je voyais briller
Aux doigts de sable de la terre

Rappelle-toi ce chien de mer
Que nous libérions sur parole
Et qui gueule dans le désert
Des goémons de nécropole
Je suis sûr que la vie est là
Avec ses poumons de flanelle
Quand il pleure de ces temps là
Le froid tout gris qui nous appelle
Je me souviens des soirs là-bas
Et des sprints gagnés sur l’écume
Cette bave des chevaux ras
Au raz des rocs qui se consument
Ô l’ange des plaisirs perdus
Ô rumeurs d’une autre habitude
Mes désirs dès lors ne sont plus
Qu’un chagrin de ma solitude

Et le diable des soirs conquis
Avec ses pâleurs de rescousse
Et le squale des paradis
Dans le milieu mouillé de mousse
Reviens fille verte des fjords
Reviens violon des violonades
Dans le port fanfarent les cors
Pour le retour des camarades
Ô parfum rare des salants
Dans le poivre feu des gerçures
Quand j’allais, géométrisant,
Mon âme au creux de ta blessure
Dans le désordre de ton cul
Poissé dans des draps d’aube fine
Je voyais un vitrail de plus,
Et toi fille verte, mon spleen

Les coquillages figurant
Sous les sunlights cassés liquides
Jouent de la castagnette tant
Qu’on dirait l’Espagne livide
Dieux de granits, ayez pitié
De leur vocation de parure
Quand le couteau vient s’immiscer
Dans leur castagnette figure
Et je voyais ce qu’on pressent
Quand on pressent l’entrevoyure
Entre les persiennes du sang
Et que les globules figurent
Une mathématique bleue,
Sur cette mer jamais étale
D’où me remonte peu à peu
Cette mémoire des étoiles

Cette rumeur qui vient de là
Sous l’arc copain où je m’aveugle
Ces mains qui me font du fla-fla
Ces mains ruminantes qui meuglent
Cette rumeur me suit longtemps
Comme un mendiant sous l’anathème
Comme l’ombre qui perd son temps
À dessiner mon théorème
Et sous mon maquillage roux
S’en vient battre comme une porte
Cette rumeur qui va debout
Dans la rue, aux musiques mortes
C’est fini, la mer, c’est fini
Sur la plage, le sable bêle
Comme des moutons d’infini…
Quand la mer bergère m’appelle…


“De toutes les chansons écrites par Léo FERRE (1916-1993) – et elles sont fort nombreuses – la chanson  La Mémoire et la mer constitue une véritable pièce d’anthologie. […] Un texte que son auteur a lui-même qualifié « d’éminemment personnel et que personne n’aurait dû comprendre » et qui, pourtant, a connu un étonnant succès. Léo découvre le « fantôme de Jersey » lors d’une escapade sur l’île Du Guesclin, où il résida. Le fantôme  de Jersey est un phénomène naturel, une espèce de ligne brumeuse que l’on aperçoit au lointain quand on se trouve sur l’île Du Guesclin, et qui laisse croire à une émanation fantomatique de l’île anglo-normande qu’est Jersey. Léo Ferré y plante donc le décor d’une simple partie de pêche où est capturé un bar, dont les écailles sont rendues brillantes par la magie de l’éclat lunaire…”

Source : J’ai la mémoire qui chante…



Savoir en écouter plus…

Autour de Babel (RTBF > Musiq3)

Autour de Babel, le vendredi soir à 22h sur Musiq3 (RTBF) : une programmation éclectique pendant deux heures à ne pas rater ! La musique classique alterne avec le jazz, l’électro, la chanson, la musique du monde, la pop, le rock… Rencontre de tous les genres musicaux dans un esprit de liberté, en continu, et sans blabla.”

Programmée sur la chaîne classique (aujourd’hui Musiq3), la toute première émission de ce programme radio de la Radio-Télévision Belge de la Communauté Française (RTBF) date du 12 janvier 2007 ; elle était préparée par André Defossez qui ouvrait le jeu avec :

  • 22h06 : trad. – introduction – Les tambourinaires du Burundi [Virgin-RealWorld 0777 7 87182]
  • 22h07 : Mozart (arrgt.) Kazu Matsui – TribalMozart (concerto n°20) – [naïve]
  • 22h11 : XX Cameroun – Tambours d’eau – [Unesco]
  • 22h12 : Cécile Broché – Violin-at-NewYork: Black talk on Broadway pour violon électrique et ‘Broadway preachers’ – Cécile Broché [Arsis Nowadays 64007]
  • 22h17 : Piotr Ilitch Tchaikovski (arrgt.) Baldwin – Sugar Fairy – [naïve ]
  • 22h20 : Jean-Paul Dessy – Inclination (extr. Gradiva) – Jean-Paul Dessy, violoncelle [Carbon 7 040]
  • 22h25 : Joffrey Coy, Patrick De Meyer – Anasthasia (T99) – Maxence Cyrin, piano [F Communications 236]
  • 22h27 : Erik Satie orch. Cl. Debussy (arrgt. Danceries) – Gymnopédie n°1 – Danceries [DENON 33CO-1289]
  • 22h30 : Bill Evans – Peace Piece – Kronos Quartet [Landmark 1510]
  • 22h37 : Edvard Grieg arrgt. Jan Garbarek – Arietta – Jan Garbarek, saxophone soprano, Rainer Brüninghaus, piano, Eberhard Weber, basse, Marilyn Mazur, percussion [ECM 1500]
  • 22h43 : Johan Sebastian Bach (arrgt.) – Modern Jazz Quartet – Precious Joy – [naïve]
  • 22h46 : Cécile Broché – Violin-at-NewYork: Afternoon in Times Square pour violon électrique et sons de New York – Cécile Broché [Arsis Nowadays 64007]
  • 22h48 : Paul Uy – Ecrits de la Caverne (extrait) – Diane Andersen, piano & al. [production RTB ca 1975]
  • 22h53 : Jean-Paul Dessy – L’Ombre du son pour violoncelle solo et son double – [production Musique 3]

Beaucoup d’Autour de Babel ont suivi jusqu’au vendredi 30 juin 2017, date du dernier numéro, l’émission #397, qui était également mitonnée par Defossez. Plusieurs magiciens se sont ainsi succédé aux manettes de ces moments rares d’ouverture de nuit : Dominique MUSSCHE, Christine GYSELINGS, Anne MATTHEEUWS… et les auditeurs, qui pouvaient également proposer des programmations.

En 2012, Musiq3 a décidé de réduire les deux heures d’émission à une heure trente. Les 90 minutes d’Autour de Babel passeraient désormais le vendredi à 22:00 et seraient rediffusées le mercredi à minuit. Et en juin 2017 : fin de la récréation !

Nous avons retrouvé quelques traces de ces instants suspendus et vous pouvez :


Pour pratiquer votre Savoir-écouter :

BELLINI : Norma | Casta Diva (Maria Callas, 1958)

BELLINI Vincenzo, Norma | air : Casta Diva (1831 à la Scala de Milan, IT, livret de Felice ROMANI) par Maria Callas en 1958 (archives INA.FR)

Ecouter encore…

FELDMAN : Rothko Chapel

FELDMAN Morton (1926-1987), The Rothko Chapel, pour soprano, contralto, double chœur et trois instruments (1971) par l’Ensemble intercontemporain

The Rothko Chapel s’inspire des quatorze toiles peintes par Rothko pour la Menil Foundation à Houston. Le compositeur Morton Feldman médite tout à la fois la vibration d’un lieu et d’une peinture. Une immersion aux limites de l’imperceptible, une procession immobile, semblable aux frises des temples grecs, pour voix, percussion et alto. La continuité des grands formats de Rothko est restituée par le contraste des sections de la musique, jusqu’à cette chanson hébraïque qui clôt l’œuvre sans la refermer…” (extrait du site officiel de Les cris de Paris)

“Né le 12 janvier 1926 à Manhattan (New York), second fils d’Irving et Francis Feldman, Morton Feldman est issu d’une famille juive d’origine ukrainienne, qui avait immigré aux États-Unis, en passant par Varsovie. Il étudie le piano avec une élève de Ferruccio Busoni, Vera Maurina Press, qui avait autrefois côtoyé Alexandre Scriabine dont l’influence sur les premières œuvres de Feldman est manifeste, et qui lui inculque « une sorte de musicalité vibrante, plutôt que du métier musical ». Pionnier américain du dodécaphonisme, qu’il n’aborde pourtant jamais en cours, Wallingford Riegger lui donne, à partir de 1941, des leçons de contrepoint. En 1944, Stefan Wolpe devient son professeur de composition et arrange rapidement une rencontre entre Feldman et Edgard Varèse, qui lui dit : “Vous savez, Feldman, vous survivrez. Je ne suis pas inquiet pour vous.” Longtemps, Feldman se rendra chez Varèse presque toutes les semaines, “ne se sentant pas très différent des gens qui font un pèlerinage à Lourdes et en espèrent une guérison”.

En janvier 1950, à l’occasion d’un concert du New York Philharmonic dans la Symphonie op. 21 d’Anton Webern sous la direction de Dimitri Mitropoulos, Feldman rencontre John Cage et emménage bientôt dans le même édifice que lui, la Bossa’s Mansion, sur Grand Street, près de l’East River. Projection 1 (1950), pour violoncelle, est sa première œuvre notée graphiquement. Avec l’arrivée de Christian Wolff, d’Earle Brown et de David Tudor, naît, autour de Cage et de Feldman, ce que l’on nomme sans doute hâtivement la “New York School” — et Henry Cowell de consacrer un article à “Cage et ses amis”, en janvier 1952, dans The Musical Quarterly.

Si Feldman utilise encore la notation graphique dans Projection 2 (1951), confiant la hauteur à l’interprète, mais au sein d’un registre, d’une dynamique et d’une durée déterminés, et s’il développe plus tard, dans la série des cinq Durations (1960-1961), une écriture dite race-course, où les hauteurs et les timbres sont choisis, mais non la durée, toutefois inscrite dans un tempo général, où donc la coordination verticale est fluctuante, il y renonce entre 1953 et 1958, puis de manière définitive en 1967, avec In Search of an Orchestration, car il refuse d’assimiler son art à l’improvisation.

Au cours des années 1960, la lecture de Kierkegaard s’avère essentielle à la recherche d’un art excluant toute trace de dialectique. Doyen de la New York Studio School (1969-1971), Feldman s’intéresse pendant les années 1970 aux tapis du Proche et du Moyen Orient, qu’il collectionne comme les livres et les articles sur le sujet, dans le souci, musical, de “symétries disproportionnées” circonscrivant le matériau dans le cadre d’une mesure.

En 1970, il noue une relation avec l’altiste Karen Philipps, pour qui il entreprend la série The Viola in My Life. Après avoir composé The Rothko Chapel, destiné à la chapelle œcuménique de Houston (Texas), Feldman vit, de septembre 1971 à octobre 1972, à l’invitation du DAAD, à Berlin, où il déclare avoir redécouvert sa judéité. Nommé professeur à l’Université de New York/Buffalo à son retour en 1973, il occupera jusqu’à sa mort la chaire Edgard-Varèse. “Il va falloir que je leur apprenne à écouter.”

En 1976, de nouveau à Berlin, Feldman rencontre Samuel Beckett, qui lui envoie quelques semaines plus tard, sur une carte postale, son poème neither en guise de livret pour un opéra créé l’année suivante à Rome, au Teatro dell’Opera, dans une scénographie de Michelangelo Pistoletto. À Samuel Beckett, Feldman consacrera encore deux autres partitions en 1987 — la musique d’une pièce radiophonique, Words and Music, et For Samuel Beckett, pour ensemble. Dès 1978, ses œuvres s’étaient risquées à une musique aux nuances infimes, qui ne transige plus sur la durée de leur déploiement au regard des conventions, des possibilités d’exécution et des attentes du public — un art qui culmine notamment dans String Quartet (II) (1983), dont la durée avoisine les cinq heures.

Feldman enseigne encore, notamment en Allemagne, aux Cours d’été de Darmstadt, entre 1984 et 1986. Un cancer l’emporte le 3 septembre 1987.

Feldman fut l’ami du poète Frank O’Hara, du pianiste David Tudor, des compositeurs John Cage, Earle Brown et Christian Wolff, et des peintres Mark Rothko, Philip Guston, Franz Kline, Jackson Pollock, Robert Rauschenberg ou encore Cy Twombly — certains de ces noms jalonnant les titres de ses œuvres.” (extrait de BRAHMS.IRCAM.FR)

Savoir-écouter plus…

LULLY : Bois épais, redouble ton ombre (Amadis, 1684)

LULLY Jean-Baptiste (Firenze 1632- Paris 1687), Amadis (1684), tragédie en musique sur un livret de Philippe QUINAULT.

Dans la Scène Quatrième de l’Acte II, Amadis chante (Louis XIV est dans la salle…) :

Bois épais, redouble ton ombre :
Tu ne saurais être assez sombre ;
Tu ne peux trop cacher mon malheureux amour.
Je sens un désespoir dont l’horreur est extrême,
Je ne dois plus voir ce que j’aime,
Je ne veux plus souffrir le jour.

Et, plus bas, par Cesare Siepi (1923-2010)…

Savoir-écouter encore…

IVES : The Unanswered Question (1908)

IVES Charles (1874-1954) : un pionnier de la musique moderniste américaine
  • IVES, Charles : The Unanswered Question (1908) par le Chicago Symphony Orchestra, dir. Michael Tilson Thomas…

Savoir-écouter plus encore…

FROIDEBISE : théorbaster

En savoir plus sur Jean-Pierre FROIDEBISE et sur le théorbaster…

Musique !

PURCELL : Dido’s Lament – “When I am laid in earth…”

PURCELL Henry (1659-1695), Dido and Eneas (opéra, 1689, livret de Nahum TATE) : La mort de Didon

When I am laid, am laid in earth, may my wrongs create
No trouble, no trouble in, in thy breast
When I am laid, am laid in earth, may my wrongs create
No trouble, no trouble in, in thy breast
Remember me, remember me, but ah
Forget my fate
Remember me, but ah
Forget my fate
Remember me, remember me, but ah
Forget my fate
Remember me, but ah
Forget my fate

Plus de musique incontournable…

DIMEY : Mémère (chanté par Michel SIMON)

Mémère, tu t’en souviens, de notre belle époque,
C’était la première fois qu’on aimait pour de bon.
A présent, faut bien l’dire, on a l’air de vieux schnocks,
Mais c’qui fait passer tout, c’est qu’on a la façon.
Tu t’rappell’s ta guêpière, à présent quand j’y pense
J’en rigol’ tout douc’ment mais c’est plus fort que moi,
Comment qu’tu f’rais maint’nant pour y loger ta panse ?
On a pris d’la bouteille tous les deux à la fois.
Mémère, tu t’en souviens comm’ t’as fait des histoires
Pour me laisser cueillir la marguerite aux champs,
Et pourtant c’était pas vraiment la mer à boire,
Ça t’a fait des ennuis mais c’était pas méchant…
Tu t’rappell’s comm’ j’étais, je n’savais pas quoi dire ;
Y a des coups, pour un peu, j’t’aurais bien dit des vers.
T’as bien changé, mémère. Quand je vois ta tir’lire,
Comment qu’ça m’donne envie d’fair’ la route à l’envers !
Mémère, tu t’en souviens des p’tits diabolos menthe,
Des bouteill’s de mousseux du quatorze juillet !
Un éclair au café, j’veux bien mais faut qu’tu chantes !
Chérie, t’as renversé ton verre, faut l’essuyer.
Mon Dieu, c’est pourtant vrai que je t’app’lais chérie
Il n’faut pas m’en vouloir, mais je n’m’en souv’nais plus.
On parle des souv’nirs, mais c’est fou c’qu’on oublie.
J’te d’mande pardon, chérie, et qu’on n’en parle plus.
Mémère, si j’te dis ça, c’est pour te dir’ que j’t’aime,
Te l’dire comm’ ça, tout cru, c’était trop dur pour moi,
Mais au fond, j’suis content, j’vois qu’t’as compris quand même,
Et j’peux te l’dire, mémère, j’ai jamais aimé qu’toi.

DEBUSSY : Quatuor à cordes en sol mineur (Op. 10) – Andantino, doucement expressif

DEBUSSY, Achille-Claude (1862-1918) Quatuor à cordes en sol mineur : Andantino, doucement expressif (Op. 10) par le Quatuor Orlando
Debussy | Quatuor Orlando

DEBUSSY, Achille-Claude (1862-1918)

  • Quatuor à cordes en sol mineur : Andantino, doucement expressif (Op. 10) par le Quatuor Orlando

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GLASS : Metamorphosis

GLASS, Philip (né en 1937) Metamorphosis par Philip GLASS
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HAENDEL : Serse – Ombra mai fu

HAENDEL, Georg Friedrich (1685-1759) Serse : Ombra mai fu par Kathleen FERRIER
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WALDRON : No more Tears (1997)

WALDRON, Mal (1925-2002) No more tears par Jeanne LEE & Mal WALDRON
Waldron | Waldron – Lee

WALDRON Mal (1925-2002), No more Tears (Jeanne LEE, voc.) :

“Dernièrement, c’est en compagnie d’une autre grande figure singulière, la chanteuse Jeanne Lee, que Waldron a poursuivi sa quête introspective. La voix la plus secrète du jazz, sans doute, tout en cris suspendus et chuchotements, étirant immensément le temps de son souffle tenu ; et Waldron, fantomatique, toujours plus en retrait, toujours plus incisif dans l’épure de ses interventions, offrant du temps au temps en s’abandonnant sereinement à son flux, comme apaisé après toutes ces années. “C’est comme si j’avais toujours su que j’avais suffisamment de temps devant moi pour ne pas avoir à me dépêcher, pour pouvoir me répéter. C’est en prenant mon temps que j’ai exploré d’autres domaines de la musique.” [LESINROCKS.COM]

L’album Soul Eyes (RCA Victor > BMG Ariola Belgium : 74321 538872) a été enregistré en studio en 1997 près d’Anvers (BE), à Schelle, à l’occasion du Jazz Middelheim (Anvers, BE) pendant lequel Waldron fêtait son anniversaire avec “sa” bande. Jeanne Lee -sombrement divine dans ce No More Tears– était descendue de La Haye où elle enseigne et Abbey Lincoln avait joué les prolongations après son concert de la veille.

L’équipe :

  • Mal WALDRON, piano
  • Steve COLEMAN, saxophone alto
  • Andrew CYRILLE, percussions
  • Joe HENDERSON, saxophone ténor
  • Jeanne LEE, chant
  • Abbey LINCOLN, chant
  • Reggie WORKMAN, bass

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SCARLATTI : Il primo omicidio – Perché mormora il ruscello

SCARLATTI, Alessandro (1660-1725) Il primo omicidio : Perché mormora il ruscello dirigé par René JACOBS
Scarlatti | Jacobs

SCARLATTI, Alessandro (1660-1725)

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BACH : Concerto italien en Fa majeur (BWV. 971) – II. Andante

BACH, Jean-Sébastien (1685-1750) Concerto italien en Fa majeur : II. Andante (BWV. 971) par Glenn GOULD
Bach | Gould

BACH, Jean-Sébastien (1685-1750) : Concerto italien en Fa majeur (BWV. 971) – II. Andante. par Glenn GOULD (piano, enr. 1981)


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GRIEG : Mélodie (Op. 47 n°3)

GRIEG, Edvard (1843-1907) Mélodie (Op. 47 n°3) par Emil GILELS
Grieg | Gilels

GRIEG, Edvard (1843-1907), Mélodie (Op. 47 n°3) par Emil GILELS (p.)


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DAVIS, RAMIREZ & SHERMAN : Lover Man (1941)

DAVIS, RAMIREZ & SHERMAN Lover Man (1941) par KONITZ, MULLIGAN, BAKER, SMITH & BUNKER
Davis et al. | Mulligan et al.

DAVIS, RAMIREZ & SHERMAN

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WILLIAMS : La liste de Schindler / thème principal

WILLIAMS, John (né en 1932) La liste de Schindler : thème principal dirigé par John WILLIAMS avec Itzhak PERLMAN
Williams | Williams – Perlman

WILLIAMS, John (né en 1932)

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LISZT : Trübe Wolken (Nuages gris, S. 199)

LISZT, Franz (1811-1886) Trübe Wolken (Nuages gris, S. 199) par Sviatoslav RICHTER
Liszt | Richter

LISZT, Franz (1811-1886)

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SCHUBERT : Winterreise (D. 911) / Gute Nacht

SCHUBERT, Franz (1797-1828) Winterreise : Gute Nacht (D. 911, d’après des poèmes de MÜLLER) par Dietrich FISCHER-DIESKAU & Gerald MOORE
Schubert | Fischer-Dieskau – Moore

SCHUBERT, Franz (1797-1828)

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