GOBLET et PFEIFFER : Feu d’artifice au jardin (2014, Artothèque, Lg)

GOBLET, Dominique et PFEIFFER, Kai
Feu d’artifice au jardin
(impression offset, 22 x 46 cm, 2014)

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Dominique Goblet et Kai Pfeiffer © therussianreader.com

Née en 1967, Dominique GOBLET a étudié l’illustration à l’Institut Saint-Luc de Bruxelles. En 2007, la parution à L’Association du livre autobiographique Faire semblant, c’est mentir”, débuté 12 ans auparavant, vient montrer la cohérence d’une œuvre qui s’interroge tant sur la représentation et l’intime que sur la fiction et le temps. Avec Chronographie” et Les Hommes loups”, elle approfondit ses expérimentations sur la narration. (d’après FREMOK.ORG).

Kai PFEIFFER est né en 1975 à Berlin, où il travaille en tant qu’artiste. De 1996 à 2003, il a étudié à l’Académie des Arts Weißensee (Berlin). En 1999, il fonde avec d’autres étudiants  le groupe Monogatari, qui a une grande influence sur le genre du reportage dessiné en Allemagne. En 2012, il publie au Japon un essai en bande dessinée sur Tchernobyl. Depuis 2009, il enseigne en tant que conférencier à l’Académie des Arts de Kassel (d’après AVANT-VERLAG.DE).

Dominique Goblet travaille depuis 2011 avec Kai Pfeiffer sur  un projet commun, qui a débouché sur un livre, Plus si entente”  (Frémok, 2014) et une exposition “Le Jardin des candidats”. Les deux artistes y explorent les relations humaines, autour du personnage de la “mère” et des “candidats”, leurs doutes, leurs désirs et leurs fantasmes, avec poésie et humour.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Dominique Goblet ; Kai Pfeiffer ; therussianreader.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

PETERS : Qui est cette femme ? (2013, Artothèque, Lg)

PETERS Paula, Qui est cette femme ?
(technique mixte, 70 x 50 cm, 2013)

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© esneux.be

Paula PETERS est diplômée des ateliers de l’Académie des Beaux-arts de Liège en peinture et en gravure. Elle a fréquenté les ateliers de la Province de Liège, à Tilff, a effectué des stages de céramique, tournage et sculpture. Paula Peters est également animatrice d’ateliers créatifs pour enfants. Depuis 2000, elle a participé à de nombreuses expositions, essentiellement en région liégeoise.

Le travail de Paula Peters est inspiré par la complexité humaine où se côtoie “ombre et lumière”, mais sans chercher à représenter tel ou tel personnage. Leur essence est représentée par des veines semblables à des rivières ou des routes. Il s’agit pour l’artiste de créer à partir d’une ouverture totale, d’exprimer des émotions, de combiner des techniques différentes (offset, vernis mou, aquatinte, eau forte, pointe sèche) et d’entrer ainsi dans le monde du vivant. Cette estampe représente une silhouette féminine qui se détourne et s’éloigne du monde actuel.

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LAMBERT : Être moi toujours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert (2020)

Marine bij stormweer (1909)

“Léon SPILLIAERT est né en 1881 à Ostende. Son père y tenait une parfumerie réputée. L’univers de la ville portuaire occupa une place centrale dans l’œuvre du peintre, tandis que ses lectures d’auteurs symbolistes et son attrait pour la philosophie nietzschéenne ont nourri la teneur de son regard. Après un bref passage à l’Académie des Beaux-Arts de Bruges, Léon Spilliaert développa une esthétique empreinte d’angoisse. À partir de 1902, il illustre une série de livres pour l’éditeur bruxellois Edmond Deman qui lui permet de nouer des liens avec des artistes et des écrivains renommés tels que Rodin et Verhaeren. Grâce à ce dernier, Spilliaert expose quelques dessins aux côtés de Picasso dans une galerie parisienne. Sa santé fragile l’oblige régulièrement à rentrer à Ostende auprès de sa famille. Il y fréquente Ensor, Crommelynck et le jeune Permeke, et y fait la connaissance de Stefan Zweig, qui lui achète plusieurs dessins. Le confinement auquel le contraignent certaines périodes de convalescence l’amène à travailler l’autoportrait et à explorer la vie silencieuse des objets et des lieux. La période de création qui fera la postérité de Spilliaert se concentre sur une dizaine d’années avant la Première Guerre mondiale. Son imaginaire y témoigne d’une exceptionnelle puissance poétique, traversée par la sublimation de la noirceur. En 1916, il épouse Rachel Vergison avec laquelle il s’installe à Bruxelles. En 1917, naît leur unique enfant, Madeleine. Le couple retourne à Ostende de 1922 à 1935 avant de se réinstaller définitivement à Bruxelles où Spilliaert meurt en 1946. Ces trente années furent celles d’une forme d’équilibre trouvé (bonheur conjugal et paternel, associé à de fidèles amitiés), qui contrebalançait l’inclinaison naturelle du peintre à l’inquiétude. Parallèlement, de multiples expositions et rétrospectives vinrent asseoir sa reconnaissance en Belgique. Un mystère cependant demeure : le génie qui caractérisait les visions de ses débuts semblait l’avoir quitté.”

Extrait de LAMBERT Stéphane, Être moi toujours plus fort. Les paysages intérieurs de Léon Spilliaert (Paris : Arléa, 2020)

ISBN 9782363082237

Ostende, début XXe. Un jeune peintre mélancolique, Léon Spilliaert, scrute la mer à travers l’obscurité. Il porte un nom flamand ; admire son compatriote Ensor ; est hanté par la géométrie instable de sa ville natale et par la vie secrète des apparences et des ombres.
Un siècle plus tard, Stéphane Lambert revient sur ses terres, et entreprend à son tour ce même voyage géographique où les pensées se confondent à l’univers trouble du peintre. Car l’art est toujours un miroir poreux. Stéphane Lambert, par la grâce de ses intuitions et de son regard, saisit la quintessence du pouvoir hypnotique de l’œuvre de Spilliaert.” [ARLEA.FR]

“[…] L’essai campe une scène fondatrice, aurorale, de nature géographique, plus exactement psychogéographique : la naissance de Spilliaert à Ostende, un lieu à la lisière de la terre ferme et de l’eau. De même que la ville d’Ostende est construite sur deux éléments antagonistes — la terre et l’eau —, le peintre des espaces nocturnes et vides, de l’errance nimbée de fantastique, navigue entre solidité terrienne et évanescence aqueuse. Comme si la singularité du lieu où il naquit, passa sa jeunesse et une grande partie de sa vie adulte s’était réverbérée dans son caractère, dans son être-au-monde… Richement ponctué par des œuvres de Spilliaert (datées des années 1901-1910, à l’exception de Troncs noueux de 1938), construit sur l’alternance des deux voix, l’essai restitue le voyage de Spilliaert sur les terres de l’inquiétante étrangeté. Étrangeté de la mer du Nord, de l’Océan disait-il, étrangeté de l’existence, opaque comme le flux et le reflux des marées, des sensations, rapport trouble au monde du dehors et au monde intérieur : l’intranquillité de la mer, son appétit d’ogre (« chaque tempête réclame son âme à dévorer ») résonne avec celle de Spilliaert qui, questionnant l’essence des choses, des êtres, des paysages, mettra en forme le réel perçu en le nimbant d’irréalité. Début du 20e siècle : un tremblement d’irréalité décolle les étants, les matières d’eux-mêmes et fait de Spilliaert le spectateur d’un monde par rapport auquel il demeure étranger. Début du 21e siècle : sur les traces de Spilliaert, à Bruxelles, à Ostende, Stéphane Lambert fait l’expérience d’une faille entre soi et le monde, d’un dénivelé irrelevable entre le visible et l’invisible, le dicible et l’indicible. C’est sur cette faille que l’art se construit. Sœur de celle de Pessoa, l’intranquillité comme tonalité des dessins, des lavis se traduit dans des paysages désorientés, mangés par l’obscurité, désertés par l’humain, dans des autoportraits rongés par le doute. […]” [Véronique BERGEN – LE-CARNET-ET-LES-INSTANTS.NET]
Dans nos pages, de Stéphane Lambert également : Mark Rothko. Rêver de ne pas être (2011).


Plus d’arts visuels…

VRUNA : Limites (2003, Artothèque, Lg)

VRUNA Graziella, Limites
(photographies et broderies, n.c., 2003)

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© art-liege.be

Née à Liège en 1975, Graziella VRUNA vit et travaille dans cette même ville. Diplômée de l’Académie des Beaux –Arts de Liège en peinture, elle poursuit ses recherches en art textile et en dessin, tout en participant à des expositions personnelles et collectives.

“Un intérêt particulier est accordé à l’aspect dual entre vide et plein, opacité et transparence. Travail qui découle d’un temps compté ou absent. Capture d’une réalité mystérieuse et fugitive soulignée par le fil qui tente de la retenir. Les photos saisissent des instants : progression, succession, déroulement, écoulement, glissement, transformation ou disparition. Elles sont utilisées comme un canevas, une toile de fond. Dans ce dialogue improbable entre matériaux, la photo absorbe et révèle la frontière, le contour, la limite dessinée par le fil.” (G. Vruna)

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JOENSEN-MIKINES, Sámal (1906-1979)

“Départ” (1937-38) © lemviginfo.dk

Sans ce sens de l’appartenance (…), je perdrais mon identité en tant qu’artiste aussi bien qu’en tant qu’être humain.

Sámal (variante féringienne de son prénom de baptême Sámuel) JOENSEN-MIKINES est né à Mykines le 23 février 1906. Il grandit sur cette île, la plus isolée de l’archipel des Féroé. Très tôt, il fait montre de talents artistiques, même s’il envisage d’abord de se consacrer au violon.

C’est l’arrivée du peintre suédois William Gislander, venu à Mykines peindre paysages et oiseaux, qui lui révèle sa voie. Captivé, le jeune Jensen-Mikines le suit et c’est avec le peu de couleurs restant dans ses tubes mis au rebut qu’il peint ses premiers essais. Sa première exposition  personnelle, en 1927, est un succès : toutes ses toiles sont vendues.

L’écrivain féringien William Heinesen, qui est aussi peintre et musicien à ses heures, l’encourage à s’inscrire à la Royal Danish Academy of Fine Arts, à Copenhague. Il y est admis en 1928, ce qui implique un déménagement au Danemark où il passera l’essentiel de sa vie. Toutefois, il retourne à Mykines chaque été, estimant ce retour aux sources comme indispensable à sa créativité.

“Soleil du matin” (1947) © ultima0thule.blogspot.com

Ses premières oeuvres, encore assez naturalistes, sont souvent colorées. Elles représentent son environnement de manière fidèle. Par la suite, Joensen-Mikines, qui reconnaît l’influence de Munch, mais aussi de Delacroix et du Greco, aura une touche plus personnelle, tant sur le plan graphique que dans l’utilisation des couleurs.

“Veillée funèbre” (1936) © art.fo

En mars 1934, un terrible accident endeuille l’archipel. Deux bateaux de pêche font naufrage au large de l’Islande, noyant près de la moitié de la population masculine de Mykines. Plus tard dans l’année, le père de Sámal  Joensen-Mikines meurt de tuberculose. Ces événements auront une influence majeure sur le reste de sa production jusqu’à la fin de sa vie : pendant une dizaine d’années, sa palette va s’assombrir, et la mort devient un thème récurrent dans son oeuvre.

Il retourne à Copenhague en 1938, un séjour prolongé, sans retour au pays, en raison de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation de l’archipel des Féroé par les Britanniques. C’est durant cette période qu’il commence à peindre des scènes de chasse aux cétacés. Le grindadrap traditionnel le fascine. Joensen-Mikines y voit une lutte métaphorique pour la survie alors que partout rôde l’ombre de la mort.

Tualsgården (1957) © ultima0thule.blogspot.com

Après la guerre, Joensen-Mikines revient au bercail et épouse l’artiste graphique féringienne Elinborg Lützen. Mais le mariage ne durera pas et, en 1953, il s’installe de manière définitive à Copenhague, où il se remariera plus tard avec une Danoise, Karen Nielsen.

Son ancien professeur, Ejnar Nielsen, deviendra son ami proche. Ensemble, ils devisent sur l’importance de la mort dans leurs oeuvres respectives. “Je ne comprends pas pourquoi les gens ne veulent pas voir la mort dans son immense beauté ainsi qu’ils voient la vie”, écrira Sámal Joensen-Mikines.

Jusqu’en 1971, il continue de retourner chaque été à Mykines. Son atelier de peinture y est toujours conservé, intact. Sámal Joensen-Mikines meurt à Copenhague le 21 septembre 1979, à l’âge de 73 ans.

Philippe VIENNE

Sources

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Plus d’arts visuels…

MAURY : Sans titre (1987, Artothèque, Lg)

MAURY Jean-Pierre, Sans titre
(série “Sept abstraits construits”)
(sérigraphie, 62 x 52 cm, 1987)

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Jean-Pierre Maury © arteeshow.com

Après des études de journalisme et de sciences politiques, Jean-Pierre MAURY (né en 1948) entreprend une formation artistique à l’Institut Saint-Luc à Bruxelles où il enseignera par la suite. Il poursuit depuis 1968 une recherche qui trouve sa place dans le développement de la mouvance construite. Après 1978, sa réflexion s’est exercée uniquement sur un élément plastique minimal : le croisement de deux lignes. Il fut cofondateur et coéditeur de la revue “MESURES art international” aux côtés de Jean-Pierre Husquinet, Jo Delahaut et Victor Noël. (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

Sérigraphie issue d’un recueil collectif intitulé “Sept abstraits construits” rassemblant des estampes de Marcel-Louis Baugniet, Jo Delahaut, Jean-Pierre Husquinet, Jean-Pierre Maury, Victor Noël, Luc Peire et Léon Wuidar (imprimeur et éditeur : Heads & Legs, Liège). Lors de sa parution, en novembre 1987, le recueil complet fut présenté à la Galerie Excentric (Liège, BE) dans le cadre d’une exposition intitulée “Constructivistes Belges”. (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

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CAPONY : 1 hour 4 minutes (2016, Artothèque, Lg)

CAPONY Valentin, 1 hour 4 minutes
(pointe sèche, 40 x 30 cm, 2016)

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Valentin Capony © wbi.be

Né en 1990, Valentin CAPONY est diplômé des Beaux-arts de Saint-Etienne (2011, France), puis de ceux de Bruxelles (2013). Il s’initie à la gravure et à la philosophie autant qu’à la graphie chinoise lors d’un échange scolaire en Chine. Il explique “questionner la place du corps et de l’image dans des processus de répétition”.

Cherchant à éloigner la gravure de l’illustration, il développe une esthétique du vide dans laquelle le geste artistique se compare au geste répétitif de l’ouvrier par les techniques de gravure et les processus d’impression. 

Le titre de l’image reprend le temps qu’il a fallu pour la réaliser. L’artiste cherche ici à faire ressentir un temps passé ou présent, un moment pris à percevoir dans la contemplation de l’image, moment qui relate une action, un geste pur.

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FRITSCHER, Susanna (née en 1960)

© susannafritscher.com

Au cœur de l’architecture blanche du Centre Pompidou-Metz, Susanna FRITSCHER, transforme en paysage imaginaire une des galeries suspendues entre terre et air.

L’artiste autrichienne installée en France qui a récemment fait basculer les espaces des Mondes Flottants” de la Biennale de Lyon, du Musée d’arts de Nantes et du Louvre Abu Dhabi dans l’immatérialité, réinvente notre relation au réel, à ce qui nous entoure, à l’environnement qu’elle soulève, trouble, confondant l’atmosphère avec l’architecture qui devient liquide, aérienne, vibratile.

“Les matériaux que j’utilise, plastiques, films, voiles ou fils, sont si volatiles qu’ils semblent se confondre avec le volume d’air qu’ils occupent. Dans le jeu qu’ils instaurent dans et avec l’espace, la matérialité bascule et s’inverse : l’air a désormais une texture, une brillance, une qualité ; nous percevons son flux, son mouvement. Il acquiert une réalité palpable, modulable – une réalité presque visible – ou audible, dans mes œuvres les plus récentes qui peuvent se décrire en termes de vibration, d’oscillation, d’onde, de fréquence…” précise l’artiste.

© culture-grandparisexpress.fr

Elle explore le système d’aération du Centre Pompidou-Metz comme un organisme dont elle capte le pouls. Les pulsations de l’air qui émanent de son métabolisme deviennent la matière première d’une chorégraphie de lignes formées par les longs fils de silicone qui captent et reflètent la lumière. Les vagues ondulatoires sans cesse réinventées se propagent et mettent en branle cette forêt impalpable que les visiteurs sont invités à traverser. La nef du centre d’art résonne et amplifie les flux d’air qui y circulent et qui la métamorphosent en un immense corps sonore, instrument à vent qui laisse sourdre les souffles libérés du bâtiment.

Ce belvédère sensible et propice à la contemplation capte les mouvements et frissonnements de la nature. Comme par capillarité, les rythmes générés par ces lignes infinies de silicone, que Susanna Fritscher dompte et orchestre, vibrent et s’harmonisent à l’unisson avec ceux des corps des visiteurs-promeneurs, invités à se détacher de la pesanteur, de la gravité. Cet environnant rend également perceptible l’instabilité du temps présent et ses frémissements figurent alors un prélude ou une invitation à de possibles soulèvements. (lire l’article complet sur centrepompidou-metz.fr)

© susannafritscher.com

L’artiste (…) bouleverse notre réalité, jusqu’au rapport à notre propre corps, elle tisse une sorte de gigantesque piège inversé, sans en avoir l’air. Avec une fausse neutralité, elle nous laisse libre d’y pénétrer ou de rester aux marges. Rien de spectaculaire, aucune séduction bonimenteuse, aucune couleur séductrice, pas une once de pittoresque. Aucun repère fourni. Rien que du blanc plus, ou moins transparent et mouvant selon les œuvres.

“Où rien ne fait image… “, ainsi que l’écrit Philippe-Alain Michaud dans l’un de ses catalogues. Et pourtant, si la beauté du dispositif fait d’air et de lumière nous attire comme les abeilles sur le miel, c’est que l’œuvre a un fort pouvoir. Son architecture arachnéenne reste mystérieuse tant qu’on n’a pas pénétré son cœur. Alors seulement, on distingue de très longs fils ou des rubans de plastique plus ou moins fins, plus ou moins transparents. Une fois prisonniers de ces rets, on se questionne : pendent-ils d’en haut ou montent-ils d’en bas ? Sont-ils mus par eux-mêmes ou à notre passage uniquement ? Qui les manœuvrent ? Forment-ils des écrans translucides pour nous cacher quelque chose ou seulement pour tromper notre rétine, ou les deux ? On ne s’explique rien. L’air devient vivant, rythmé. Telle une texture, tel un tissage fluide, il flotte ou se gonfle. (lire l’article complet sur connaissancedesarts.com)

En savoir plus sur le site de Susanna Fritscher…


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SCHENK : Au Nord (2005, Artothèque, Lg)

SCHENK Colette, Au Nord
(technique mixte, n.c., 2005)

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Colette Schenk © cultureplus.be

Née à Francorchamps le 26 mai 1945, Colette SCHENK a suivi des études d’infirmière graduée de 1963 à 1966. Elle pratique le métier depuis 1978. Dans l’intervalle, elle s’initie à l’art photographique. De 1986 à 1992, elle participe à l’association Jazz Amor, organisation de concerts et festivals de jazz. En 1997-1998, elle s’initie à la mosaïque et à la peinture. En janvier 1999, elle découvre la gravure lors d’un stage. Elle devient alors élève de Daniel Sluse jusqu’en mars 2000, puis de Chantal Hardy. Elle participe dès lors à diverses expositions, collectives ou personnelles, et obtient plusieurs prix (prix des exposants   à Villers-le-Temple en 2003, prix “Chic and Cheap” au parcours d’artistes en 2008, prix “Jean-Claude Vandormael” de la Ville de Liège en 2008).

Cette gravure minimaliste évoque un ciel nuageux qui occupe la majeure partie de la composition. Le bas de l’image présente une série de traits marron foncé, qui pourraient être des piquets émergeant des dunes de la mer du Nord. Sous-jacente à ce paysage très sage, la technique de collagraphie utilisée pour le ciel laisse poindre de larges coups de pinceau, nerveux et désordonnés, qui créent une tension à peine perceptible.

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BRITTE : Erosion 21 (2015, Artothèque, Lg)

BRITTE Kevin, Erosion 21
(eau-forte, 76 x 56 cm, 2015)

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Kevin Britte © award.renecarcan.be

Né en 1985, Kevin BRITTE est un artiste belge dont le travail cherche à “démontrer l’intérêt que l’homme aurait en ayant une meilleure connaissance de son environnement.” Sa pratique artistique laisse une grande place à l’action des éléments naturels. Sa série “Erosion” lui a valu de remporter le XXIVe prix de la Gravure de la Fédération Wallonie-Bruxelles en 2015.

“Dans ce travail traitant de l’érosion, la seule utilisation de phénomènes naturels comme outils de création est le moyen le plus direct et honnête de, non pas en donner une illustration, mais d’en capter le processus. Pour ce faire les plaques, après avoir été vernies sur place, sont plongées un certain temps dans une rivière, avant d’être retirées et mordues à l’acide.” (Kevin Britte)

“Le travail artistique de Kevin Britte ménage un espace d’expression pour les forces naturelles bien plus qu’il n’exprime le geste de l’artiste. En mettant en place une technique qui lui permet de capter le mouvement de l’eau au fond des rivières, les plaques de zinc immergées sont en même temps marquées par l’érosion des sédiments, ce qui donne une image immobile du courant et du mouvement, autant que de l’imprévisible ballet des bulles d’air, micro-organismes, résidus et autres animaux passant par là. De même que la surface de l’eau a été pour l’humain la seule manière de voir son reflet, les gravures de Kevin Britte agissent de la même manière, utilisant les profondeurs pour réfléchir l’imagination et l’inconscient.” (d’après CVLTNATIONBIZARRE.COM).

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GODIN : Sans titre (2016, Artothèque, Lg)

GODIN François, Sans titre
(impression numérique, 30 x 40 cm, 2016)

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Né en 1979, François GODIN se lance dans l’illustration dès la fin de ses études à Saint-Luc Liège et multiplie les expériences et les rencontres (pochette de disques, dessins pour magazines jeunesses et des éditions Milan, deux livres jeunesse, des affiches…).

Evoquant les affiches des années 60, la composition de l’image joue avec la notion d’espace (avec les objets reconnaissables) et la notion d’image plane (avec l’aplat de couleur violette et les jambes qui s’étirent comme deux formes centrales). L’auteur suggère des formes, et s’arrête juste au moment où le spectateur est capable d’en imaginer la suite. Ainsi deux points, un “V” et un arc de cercle figurent un visage, quelques traits un fauteuil…

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OOST : Sans titre (2009, Artothèque, Lg)

OOST Jean-Jacques, Sans titre
(linogravure, 46 x 60 cm, 2009)

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Jean-Jacques Oost © artotheek.be

Né en 1963, Jean-Jacques OOST s’est progressivement construit un projet d’expression très personnel tourné principalement vers la représentation du nu féminin. Son style graphique est à la fois naïf et riche de détails issus de son excellent sens de l’observation. Il prend le temps de s’imprégner de son travail et sait très bien ce qu’il veut faire. Son approche du nu s’affine et s’affirme d’œuvre en œuvre, nous offrant une vision primitive, à la fois naïve et troublante, de la sexualité féminine. (d’après FREMOK.ORG)

Ce nu féminin de Jean-Jacques Oost est représenté d’une manière fortement expressive : trait épais, clair-obscur brutal et fonds tourbillonnant. Seule la délicate application d’un coloris rose vient adoucir l’ensemble. L’aspect naïf du dessin, présent notamment dans la représentation d’un visage hiératique au sourire esquissé, est peut-être contredit par la tête de lapin évoquant avec humour le logo du magazine Playboy.

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HANOCQ : Sans titre (s.d., Artothèque, Lg)

HANOCQ Patrick, Sans titre
(acrylique sur papier, 49 x 44 cm, s.d.)

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Patrick Hanocq © Creahm

Avant de bénéficier d’une reconnaissance pour son œuvre peinte, Patrick HANOCQ a acquis une première notoriété grâce à ses activités de danseur et d’acteur au sein des ateliers du Cejiel et du Créahm. Ses toutes premières réalisations sont figuratives. Très rapidement, toutefois, il se construit un vocabulaire abstrait et une méthode de travail caractéristiques : un procédé de quadrillage qui consiste à apposer des signes aux feutres ou aux pastels sur des fonds colorés à l’acrylique. (d’après ARTWIGO.COM)

Cette composition très colorée est composée de masses colorées architecturées par un réseau de traits clairs. Est-ce un plan de ville imaginaire, de plan concentrique, dont les faubourgs envahiraient joyeusement et anarchiquement l’espace ? Ce dessin fait partie d’une suite d’images présentant toutes les mêmes caractéristiques, que l’artiste a répétées de très nombreuses fois.

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LAMBERT : Mark Rothko. Rêver de ne pas être (2011)

Il y a des auteurs précieux qui, longtemps, se sont couchés de bonne heure après avoir livré des textes divins, longs et sinueux qui, par là-même qu’ils exhumaient les détails les plus éloquents de notre existence, les contradictions les plus éclairantes et les non-dits les plus bavards de notre quotidien, nous ont permis d’entrevoir l’entrevoyure, quelquefois au creux des striures les plus infimes d’une fantaisie patissière.

Il y a aussi des auteurs ou des critiques d’art pédants, à la réthorique circonvolutoire et à l’élégance de comptoir. Il y a des pisseurs de copies ciselées, aussi pétri de suffisance que le Droogstoppel de Max Havelaar, aussi dandy qu’un Oscar Wilde en sur-régime, l’humour en moins.

Dans le registre, Stéphane LAMBERT joue avec le feu quand il rédige avec autant de délicatesse son magnifique Mark Rothko. Rêver de ne pas être (Bruxelles : Les impressions nouvelles, 2011). Son texte se déroule sans accroc mais lentement, précisément, au fil de phrases pleinement muries (comme ses propres stations devant les toiles de Rothko). Les sauts de perspective (il s’adresse à Rohtko ou parle de lui à la troisième personne sans transition), l’intimité présumée avec le peintre tout au long de sa vie, les termes choisis ou les images convoquées, les métaphores et les sentences, les citations : autant de dispositifs mis en oeuvre par Stéphane Lambert, qui auraient pu le faire condamner -avec son texte si raffiné- à la réclusion perpétuelle, dans des limbes où il aurait voisiné Bouvard et Pécuchet avant leur rédemption, l’un ou l’autre critique d’art qui sévit encore sur nos ondes, voire un de “ces gens-là qui n’auraient rien à dire, si les autres n’avaient rien dit” (Cotin, 1655)

Il faut saluer le sens du risque de Stéphane Lambert, qui ose un phrasé complexe, réfléchit à chaque mot choisi et s’implique personnellement dans l’éclairant commentaire qu’il nous livre sur la vie et l’oeuvre de Mark Rothko. Rothko avait lui-même déjà écrit sur Rothko. Tant de catalogues d’expo, de beaux livres de Noël ou de packs de cartes postales sont déjà disponibles à propos de cette oeuvre dont persone n’a pu encore dire l’indicible message. Jusqu’à ce texte dont la lecture requiert un travail qui n’est pas étranger à celui que demande également l’appropriation d’une toile de Rothko.

Je suis assis sur un banc en bois brun à l’intérieur de la Chapelle. J’entends le battement profond et régulier du lieu. Un bruit sourd de machinerie qui occupe tout l’espace. Il n’y a personne. L’idée d’être ici m’accompagne depuis si longtemps qu’entré dans la réalité de l’image je n’ai pas l’impression de m’être déplacé pour y être. Comme si j’étais passé du désir à sa réalisation en un clin d’ oeil. Mon regard s’est posé sur les murs recouverts de plâtre incolore. Au plafond, un déflecteur occulte l’oculus vitré, obligeant la lumière à se répandre indirectement
dans la salle, créant une atmosphère hors du jour. En un instant, j’ai oublié le quartier où je viens de passer une heure. Mes yeux qui n’osent pas encore se fixer sur l’un des panneaux de Rothko survolent la salle avant d’ atterrir sur le carrelage sombre, aux tons irréguliers. Au fond de moi, l’ombre d’une menace. Aucune pensée claire ne se manifeste à mon esprit, sinon celle bien sûr, obsessionnelle, que je dois commencer. Commencer quoi ? Ce qui arrive, même de plus abstrait, ne peut exister sans les mots. Satanée croyance. Ainsi le silence est-il sans cesse menacé par la tentation de l’intellectualité. Reconstruire ses repères dans le vide de l’inconnu. Ceci est mon seul remède pour évacuer l’angoisse. J’y souscris à contrecoeur sachant combien, en se déployant, les phrases s’écartent de leur épicentre. L’union parfaite renonce à tout entendement. Mais où vais-je commencer ? Doux parjure. Un carnet de notes entre les mains. Parviendrai-je à tirer une seule pensée de l’ineffable ?

Ces mots que l’auteur s’interdit d’abord, lors de sa visite à la Chapelle Rothko de Houston (pour laquelle, en 1971, Morton Feldman a composé le Rothko Chapel pour soprano, contralto, double choeur et trois instruments qui est aussi dans nos pages), sont le pont, le passage enfin ouvert, enfin formulé, vers cet ineffable qui, chaque fois, submerge devant les…

…noirs de Rothko [qui] sont le contraire de la mort épouvantable. Les noirs de Rothko sont un chant qui berce l’appel de l’inconnu. Mais ce n’est pas la terreur. Le cœur est scindé en deux. Vivre ou mourir. L’art est-il autre chose qu’un pont jeté entre ces deux rives ? Vous étiez parvenu à ce point de liaison où la vie passe le relais à la mort. Ceux qui ne verraient que du noir n’auraient-ils jamais compris que votre œuvre était devenue votre vie ?
“L’œuvre une fois accomplie, retire-toi, telle est la loi du ciel”. Précepte du Tao.

“Hemingway de l’indicible” (un label qui fait très classe dans les soirées mondaines), l’aventureux Stéphane Lambert nous livre ici un opuscule (une centaine de pages) riche de fulgurances textuelles, de celles qui disent enfin ce que l’on ne pouvait que ressentir. Merci pour ces mots nés du Mystère, merci d’avoir décrit l’oeuvre de Rothko comme “un buvard où le temps s’abreuve“. Personnellement, je n’aurais pas osé. Et pourtant…


EAN 9782363080578

Mark Rothko est né en 1903 à Dvinsk dans l’Empire Russe – aujourd’hui Daugavpils dans le sud-est de la Lettonie – sous le nom de Marcus Rothkowitz. À la fin des années 30, il abandonne le suffixe de son patronyme et adopte la nationalité américaine. C’est après la Seconde Guerre mondiale que va s’affirmer ce qui fera la notoriété internationale de sa peinture : ses célèbres écrans de couleur. Dans le courant des années 60, il réalise son oeuvre maîtresse : un ensemble de panneaux obscurs pour une chapelle qui portera son nom à Houston. Il se suicide en 1970. Troublé par l’apparent effacement de ses origines dans son oeuvre, Stéphane Lambert a cherché à reparcourir le fil gommé de ce déracinement. L’auteur a donc fait le voyage en Lettonie et à Houston, deux destinations que tout semble opposer, et surtout s’est beaucoup promené dans les peintures de Rothko. Il ressort de cette confrontation un texte qui, partant de l’expérience vécue du peintre, peu à peu se plie à l’absence de forme de l’oeuvre observée et en sonde l’incommensurable profondeur : un lieu où se seraient amalgamés tous les lieux, où s’allient les contraires.” [LESIMPRESSIONSNOUVELLES.COM]


© Stéphane Lambert

“En 1998, après des études de lettres, Stéphane LAMBERT anime à Bruxelles des rencontres littéraires qui deviennent un livre d’entretiens avec 17 auteurs belges et français (Amélie Nothomb, Olivier Rolin, René de Ceccatty…). En 1999, il dirige le lancement d’une collection de livres de poche (Ancrage) et cofonde en 2001 le Grand Miroir, une collection de littérature contemporaine.

Il a reçu différentes bourses d’écriture et de résidence d’auteur (Rome, Berlin, Vilnius, Winterthur, Paris), a été primé par l’Académie Française (prix Roland de Jouvenel) et l’Académie Royale de langue et littérature françaises de Belgique (prix Lucien Malpertuis, prix Franz De Wever). Il a obtenu le prix André Malraux pour son livre Visions de Goya. Il a enseigné à l’Université Charles à Prague. Il a collaboré régulièrement à la presse écrite entre 2000 et 2013, et a été responsable de la programmation francophone à Passa Porta, la maison internationale des littératures à Bruxelles. Il se consacre de plus en plus à des écrits sur l’art. Il se partage entre la nécessité d’enracinement et le besoin d’être ailleurs.” [STEPHANELAMBERT.COM]


En contempler encore…

GOOSSENS : Errance 13 (2012, Artothèque, Lg)

GOOSSENS Véronique, Errance 13
(technique mixte, 45 x 35 cm, 2012)

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©veroniquegoossens.be

Née en 1956, Véronique GOOSSENS est diplômée en Arts Plastiques (illustration, BD) de l’Institut Saint-Luc à Bruxelles. Diverses formations à Etterbeek, Ixelles et Boitsfort (sections dessin, gravure), au CAD (section publicité), au Kromatic (section connaissance des couleurs) et dans divers ateliers de peinture à Bruxelles. Depuis 1980, son parcours est pluriel : elle illustre de dessins, de BD et de peintures des histoires, articles, affiches, dépliants, présentoirs, couvertures de livres, panneaux didactiques, carnets de voyages, jeu multimédia. (d’après ARTOTHEQUE.BE)

“L’œuvre gravée que je présente ici fait partie d’une série appelée Errance. Cette démarche se nourrit de vides délibérés, de libres doutes, de réponses abruptes, imprévues. Les individus, les couples, les entités, les singularités y émergent, comme d’une marée noire, du chaos où ils ont été conçus. Malgré eux, ils narrent une histoire que l’on ne devine qu’à moitié, celle de toutes les intimités.” (d’après VERONIQUEGOOSSENS.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © veroniquegoossens.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

MULS : Au Bar (s.d., Artothèque, Lg)

MULS Isa, Au Bar
(aquatinte, 42 x 37 cm, s.d.)

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© isamuls.blogspot.com

Née en 1976, initiée à l’Académie de Saint-Gilles (Bruxelles), Isa MULS poursuit actuellement ses recherches graphiques aux Ateliers Mommen et sa formation en gravure à la RHoK académie d’Etterbeek.

Pour cette œuvre, Isa Muls utilise la technique de l’aquatinte à l’ancienne – sa technique de prédilection. On saupoudre la plaque de cuivre avec de la colophane avant de la plonger dans l’acide. Ce sont ces grains qui donnent aux noirs une profondeur particulière. Au Bar a été inspirée à l’artiste par une photographie de Weegee, photographe new-yorkais très actif des années 30 à 60. Une femme dans un bar entourée d’hommes : collègues, amis ou clients ? Peu importe. Ce qui compte finalement, c’est qu’elle porte ces bas merveilleux.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Isa Muls ; isamuls.blogspot.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

BUXTON : Sans titre (2016, Artothèque, Lg)

BUXTON Annabelle, Sans titre
(impression numérique, 30 x 40 cm, 2016)

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Annabelle Buxton © lespetitsplatons.com

“Née en 1986 à Basingstoke, j’apprends à tailler mes crayons à l’Ecole Estienne et vide mes pots d’encre à l’Ecole supérieure des Arts décoratifs de Strasbourg (HEAR). Passionnée d’images, inspirée par la peinture flamande, Buster Brown, les lanternes magiques et la couleur des chamallows, j’imagine des histoires farfelues et poétiques à la lisière entre illustration et images séquentielles. Je travaille régulièrement pour la presse (XXI), les revues de bande-dessinées (Nobrow, Nyctalope) la publicité (crème Simon) et l’édition jeunesse. Après mon premier album “Le Tigre blanc” paru aux éditions Magnani, j’ai travaillé pour les éditions des Petits Platons (“Le rhinocéros de Wittgenstein”) et Actes Sud Junior (livre-tapis les jouets, Archicube, La Pointeuse Botanique…)”
(d’après ANNABELLEBUXTON.COM)

Cette image fait partie du premier port-folio édité par Ding Dong Paper (collectif d’éditeurs liégeois constitué de François Godin et Damien Aresta). Elle illustre bien l’univers d’Annabelle Buxton et “ses personnages loufoques, animaux mutants et autres cabanes sur pilotis.”

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Annabelle Buxton ; lespetitsplatons.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

CHAPUT : Le Retour du cafard (s.d., Artothèque, Lg)

CHAPUT Nicolas dit Chap’s, Le Retour du cafard
(sérigraphie, 70x 50 cm, s.d.)

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Chap’s, alias Nicolas CHAPUT, est né en 1979 à Liège. Influencé dès l’enfance par l’imagerie des fifties, d’un grand-père architecte et d’un père photographe, il baigne très tôt dans un univers de l’image et de l’esthétique. Après des études d’arts plastiques, d’illustration et de bandes dessinées à Saint- Luc Liège, il complète sa formation en animation et en sérigraphie. Il poursuit sa carrière en créant “Spleen Ville”, un univers qu’il décline sous plusieurs formes. La musique est une part essentielle de son oeuvre (vieux blues, jazz, country, rock).  (d’après WATTITUDE.BE)

A travers cette fausse affiche de film catastrophe des années 50, Chap’s s’empare d’une imagerie vintage, entre hommage et parodie, adoptant “un style graphique qu’il revisite à l’aide de ses propres codes : une touche de polar, de blues, de rockabilly et de science-fiction kitsch. Une iconographie esthétique, décorative et dynamique.” (d’après SPECTACLE.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Nicolas Chaput | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

Quelques vidéos fascinantes d’artistes à l’œuvre…

Picasso et Clouzot sur le tournage du “Mystère Picasso” (1955-6)

Il y avait déjà le fascinant “Mystère Picasso” d’Henri-Georges CLOUZOT : “Au printemps 1955, Picasso appelle Clouzot pour lui parler de stylos feutres fabriqués aux États-Unis et qu’il vient de recevoir. Ces stylos ont la particularité d’avoir une encre capable de transpercer tout un bloc de pages, et a fortiori une toile. Le déclic s’opère, le procédé est trouvé : filmer la toile à l’envers et ainsi “assister à l’œuvre de création”. Ainsi Clouzot filme Picasso en train de peindre sans qu’on ne puisse le voir derrière la toile. Une sorte de Work in progress inédit.” [FRANCETVINFO.FR]

Le Mystère Picasso ne se borne pas à être un long métrage, là où l’on n’osait pas s’aventurer au-delà de 50 minutes, c’est l’unique développement de quelques-unes de ces minutes par élimination de tout élément biographique descriptif et didactique. Ainsi, Clouzot a rejeté l’atout que tout le monde aurait gardé : la variété. C’est qu’à ses yeux seule la création constituait l’élément spectaculaire authentique, c’est-à-dire cinématographique.

André BAZIN

Hypnotique Gerhard Richter

“Une image vaut 1 000 mots… Surtout lorsque l’image montre Gerhard RICHTER à l’œuvre dans son atelier ! L’artiste allemand, connu pour ses œuvres hyperréalistes, s’attèle ici à une imposante composition abstraite. Sur la toile, aidé d’un racloir, il étale la couleur et lisse la matière, inlassablement. Filmé simplement en plan fixe, le peintre semble même ne pas remarquer la présence de la caméra ! Une expérience hautement méditative et presque hypnotique, rythmée par les amples gestes de l’artiste concentré et imperturbable.

Paul McCarthy, un clown-artiste

Perruque blonde vissée sur la tête, faux nez, gants de Mickey et pinceau démesuré… Difficile de reconnaître ici le facétieux Paul McCARTHY qui singe, pendant près d’une heure, toute une galerie de personnages archétypaux du monde de l’art ! Une performance hilarante, dans laquelle il endosse tantôt le rôle de l’artiste fauché, qui réclame désespérément de l’argent à son galeriste, ou encore celui du peintre qui, transcendé par son œuvre, invoque l’esprit de Willem de Kooning et de Vincent Van Gogh. Il n’épargne rien ni personne, pas même ses contemporains, à l’image de Marina Abramović dont il parodie la célèbre performance Rhythm 10 (1973). Irrésistible et jubilatoire !

Louise Bourgeois confidentielle

Brooklyn, 1993. Louise BOURGEOIS représente les États-Unis à la biennale de Venise et ouvre les portes de son atelier à Bernard Marcadé, avant que ses œuvres  (des « cellules ») ne rejoignent la Sérénissime. « La vie m’a placée dans un rôle de professeur », lui explique-t-elle, et quelle professeure ! Pendant près d’une heure, on boit les paroles de l’artiste qui évoque tour à tour ses œuvres, sa vie, ses petits enfants… « Le changement n’existe pas. La chose est immuable », nous dit Bourgeois. Hautement inspirant !

Jackson Pollock repeint le ciel

Une large toile étalée au sol, des pinceaux (optionnels), et bien sûr des pots de peinture : la leçon peut commencer ! Dans le jardin de sa résidence à Long Island, Jackson POLLOCK, alors âgé de 39 ans, est filmé par la caméra du photographe allemand Hans Namuth. Clope au bec, l’inventeur du dripping jette la peinture sur la toile, expliquant en voix-off : « Je préfère exprimer mes sentiment que de les représenter ». Un autre plan, quelques minutes plus tard, le montre peignant une vitre transparente en contre-plongée. Et c’est comme si le ciel se parait de ses couleurs !

Arman fait les poubelles

La rue est un atelier à ciel ouvert pour ARMAN. Et pour cause, l’artiste roi de l’accumulation trouve la matière première de son art… dans les poubelles ! De la paille, de vieux journaux… Dans ces images de 1961, Arman glane dans le quartier des Halles à Paris toutes sortes de déchets. « Les moyens traditionnels sont sclérosés », affirme cet ancien étudiant des Beaux-Arts au parcours exemplaire, qui appréhende les objets comme des « faits sociologiques, des faits réels », témoins d’une société et de son époque.

Face-à-face avec César

Connu surtout pour ses fameuses compressions, CESAR a, à la fin de sa carrière, réalisé de troublants visages en PVC, comme figés dans une sorte de coulée de lave plastique, une matière que l’artiste brosse, ponce, gratte dans son atelier avec son assistant. Ce plastique, qui fascine tant le nouveau réaliste, lui permet de détruire, remettre en question le portrait – y compris le sien, qu’il réalise à l’aide… de pain ! « Il suffit que je me trouve en présence d’un matériau pour que je le palpe, que je le renifle » explique César, qui qualifie sa pratique de jeu. Le plastique, comme l’organique, c’est fantastique !”

Lire l’article original -avec pubs- d’Inès BOITTIAUX sur BEAUXARTS.COM (9 mai 2020)


Plus de beaux-arts…

BELGEONNE : Insolente force
(2010, Artothèque, Lg)

BELGEONNE Gabriel, Insolente force
(eau-forte, n.c., 2010)

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Gabriel Belgeonne © laprovince.be

Formé à l’Académie de Mons, Gabriel BELGEONNE (né en 1935) y est professeur à partir de 1976, puis professeur à l’E.N.S.A.V. La Cambre où il enseigne la gravure aux côtés de Jean-Pierre Point (sérigraphie). Belgeonne a reçu de nombreux prix et a même représenté la Belgique, en 1989, lors de la Biennale de Sao Paulo. Aujourd’hui à la retraite de l’enseignement, il continue à graver assidûment et à faire la promotion d’autres graveurs, notamment avec l’association Tandem, créée en 1971 (d’après ESTAMPE.FR).

Cette estampe est l’une des deux eaux-fortes de Gabriel Belgeonne que possède l’Artothèque. Elle illustre cette réflexion sur l’artiste :  “Rester fidèle à un idéal de pureté picturale et de simplicité ne signifie nullement un renoncement à la richesse des sensations et des matières employées. Mais c’est l’humilité de l’artiste à l’égard de la forme qui est importante et caractéristique. La couleur tenue sans cesse dans une gamme de simplicité acquiert alors une sorte de saveur métaphysique “ (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Gabriel Belgeonne ; laprovince.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

PINELLI : Heinz von Furlow 1929
Porquerolles (2014, Artothèque, Lg)

PINELLI Joe G., Heinz von Furlow 1929 Porquerolles (2014)
[dessin aux bâtons d’huile ; 40 x 50 cm]

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Joe G. Pinelli © PLG

Joe G. (Giusto) PINELLI (né en 1960) est un illustrateur, dessinateur et scénariste de bande dessinée.  Il arrive à Liège à la fin des années 1970, pour y suivre le cours de bande dessinée de Jacques Charlier à l’Académie Royale des Beaux-Arts. Lorsqu’il commence à réaliser ses premières bandes dessinées, il décide de se raconter, de mettre en image son quotidien. De nombreux extraits de ces récits autobiographiques, sont publiés dans des fanzines, tant en Belgique qu’en France ou encore aux Pays-Bas. Son graphisme libéré et tendu en fait l’un des auteurs importants de la Bande dessinée indépendante.

Ce dessin aux bâtons d’huile fait partie de l’œuvre du du peintre fictif Hans Von Furlow, créé par Joe G. Pinelli et évoqué notamment dans son album Féroces Tropiques (Dupuis, sur scénario de Thierry Bellefroid). A travers la biographie d’un autre peintre fictif, celle de Kurt Hix, Pinelli évoque en filigrane la première guerre mondiale et plus tard, dans une série de fanzines, la montée du nazisme…

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ISBN : 2-9505628-2-5

Que cigares – unicamente puros (volume 3/3, PLG, 1993, épuisé)
“Même rage de témoigner dans l’urgence (que Cassavetes), avec cette suprême élégance qui consiste à ne jamais faire de tri en fonction des critères de convenances et de bonnes manières.”

Evariste Blanchet

FREUNDLICH, Otto : l’abstraction au service de la paix

FREUNDLICH Otto, La Rosace II (1941) © Musée de Pontoise

Il a côtoyé toutes les avant-gardes, de l’expressionnisme à Abstraction-Création en passant par Dada. Otto Freundlich mérite sa place de pionnier de l’abstraction, aux côtés de František Kupka, Vassily Kandinsky et Piet Mondrian. À proximité du Bateau-Lavoir où il a séjourné, le musée de Montmartre organise une grande rétrospective sur ce peintre mésestimé, humaniste voguant entre la France et l’Allemagne, déporté et assassiné au camp de Sobibor en 1943.

Allemand à Paris entre deux guerres mondiales, Otto FREUNDLICH (1878–1943) porte décidément bien son nom, celui-ci signifiant “amical”. Son destin s’écrit dans la tragédie du siècle, s’ouvrant dans la Pologne annexée à l’Empire allemand en 1878 pour s’achever dans l’horreur de l’Holocauste, soixante-cinq ans plus tard. D’origine juive, Freundlich est protestant par son éducation. Ses parents voulant d’abord en faire un dentiste, il ne s’affirme que tardivement comme artiste, à Munich en 1904. Dans la cité bavaroise où la vie artistique bouillonne d’expositions et de styles nouveaux, Freundlich fait la connaissance de Paul Klee et de Vassily Kandinsky, futures têtes pensantes de l’expressionnisme. Comme eux, il s’intéresse à la théorie des correspondances entre peinture et musique.

L’ambition de Freundlich ? Peindre le rythme ! D’abord au moyen de la figuration. Il arrive à Paris en 1908 et loue un atelier à Montmartre, au Bateau-Lavoir, où il se lie avec son voisin, un certain Pablo Picasso. Désirant composer ses propres Demoiselles d’Avignon”, Freundlich va passer trois années à épurer ses figures pour les fondre dans la masse : “Composition” (1911) marque un saut dans l’abstraction, parallèle à ceux de Kupka, Kandinsky et Robert Delaunay au même moment.

Dans cette évolution, le passage par le vitrail s’avère déterminant : Freundlich l’expérimente dans les ateliers de restauration de la cathédrale de Chartres en 1914, juste avant la guerre. “La décomposition est plus mystérieuse que la composition”, professe-t-il alors. Cet assemblage de pièces de verre, cette découpe à même la lumière lui inspirent un style pictural qu’on pourrait qualifier de patchwork. Freundlich décompose, donc, par des croquis méticuleux ne laissant pas de place à l’imprévu.

Otto Freundlich, Composition, 1938–1941 (vitrail) © Musée de Pontoise

En 1914, l’homme s’engage côté Allemand, mais déchante vite. L’horreur de la guerre imprime en lui un pacifisme intransigeant. Marqué par la Révolution russe de 1917 puis par le mouvement spartakiste de 1918–1919, Freundlich revendique son socialisme. À Berlin, il fréquente Raoul Hausmann, Hannah Höch et Otto Dix, entre autres membres du club Dada. En 1919, il manque d’intégrer le Bauhaus, fondé par Walter Gropius à Weimar. Freundlich ne dénonce pas la guerre aussi radicalement que les Dadaïstes, mais veut la conjurer par l’abstraction à même, pour citer l’ouvrage manifeste de Kandinsky, de réinstaurer du Spirituel dans l’art. [lire la suite sur BEAUXARTS.COM]


Plus d’art visuel…

MYNCKE : Man’s story (2012, Artothèque, Lg)

MYNCKE Charles, Man’s story
(impression numérique, 50 x 40 cm, 2012)

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Charles Myncke © be.linkedin.com

Charles MYNCKE est un jeune artiste belge issu d’Arts², l’école supérieure des arts de Mons. Il touche à plusieurs techniques artistiques : peinture, sculpture, installations, interventions de street art et impressions digitales. Il se distingue par une esthétique accessible, une thématique large, et une patte indéniable. Son travail se base en général sur un sujet concret et en travestit l’image, le code esthétique et le contexte afin d’ouvrir un miroir à deux sens sur une époque, une idée ou un thème. (d’après LESMUSEESDELIEGE.BE)

Cette impression laser est issue de la série “Cover Myself”, présentée notamment à la Biennale de la Gravure de Liège en 2015. Ici, Charles Myncke puise son inspiration dans les affiches des films américains de série B ou des couvertures de magazines d’aventures d’après-guerre. Elles en reprennent les compositions, les clichés et les slogans. Avec beaucoup d’humour, il reprend les codes de ces visuels rétro pour mieux les détourner : on retrouve dans chacune de ses images l’artiste lui-même, dans des autoportraits en pirate, aventurier, gangster ou témoin de scènes de crime, entouré de soldats, de bandits, d’indigènes de contrées lointaines, de robots futuristes et de femmes sexy caricaturales… Les images ainsi mises en scène, ces univers vintage et décalés donnent à voir le regard enjoué de l’artiste sur cette période, à moins justement que ces pastiches ne soient là que pour en suggérer l’actualité (d’après LESMUSEESDELIEGE.BE)

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Charles Myncke ; be.linkedin.com | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

Shirin contemplant le portrait de Khosrô (1494-1495)

Shirin contemplant le portrait de Khosrô © British Library

Cette miniature anonyme, datée de 1494-1495, provient d’Herat, en Afghanistan. Elle figure dans un manuscrit, conservé à la British Library de Londres, reprenant la “Khamsé” de Nizami. Nizami Gandjavi est un poète persan (1141-1209) dont la postérité a été assurée par ce qui est, sans conteste, son œuvre majeure : la Khamsé” (littéralement “ensemble de cinq”), constituée de cinq poèmes didactiques dans lesquels il use abondamment de la métaphore. Parmi ceux-ci, Khosrô et Shirin” (1180) décrit les exploits et les amours du roi sassanide Khosrô II, qui régna sur la Perse de 590 à 628. Il envahit notamment l’empire byzantin et conquit Jérusalem et l’Egypte.

La scène représente donc Shirin découvrant le visage de son promis. De même que le texte de Nizami vaut davantage par sa forme que par son inventivité, le sujet importe ici moins que le traitement qui lui est réservé. Les personnages sont représentés avec un souci d’étagement, créant une forme de perspective ; leurs traits sont cependant souvent similaires, voire identiques. En revanche, les objets sont peints sans perspective avec néanmoins une abondance de détails réalistes, c’est particulièrement flagrant dans la représentation du tapis.

L’ensemble révèle un goût prononcé pour la nature, omniprésente dans une abondance de végétaux qui ne sont pourtant pas réels. L’artiste leur donne la forme et la couleur qui conviennent à sa mise en page et lui permettent de combler cette “horreur du vide”, caractéristique du style. De même, les coloris des vêtements sont-ils fantaisistes, choisis seulement afin d’animer l’ensemble par des oppositions de tons. Ainsi de simples serviteurs peuvent-ils porter de riches parures.

Tous ces paradoxes, voire ces invraisemblances, sont intentionnels et ne doivent en aucun cas être attribués à la maladresse ou la naïveté de l’illustrateur. En procédant de la sorte, l’artiste montre clairement qu’il ne cherche nullement à imiter le réel – ce qui reviendrait à vouloir imiter Dieu – et que, par conséquent, son monde imaginaire et conceptuel est licite au regard des interdits de la religion. C’est consciemment et délibérément que les artistes musulmans ont abandonné le dogme de l’imitation de la nature qui prévalait en art depuis l’Antiquité.

On l’a dit précédemment, les personnages sont représentés avec un certain étagement, l’espace est donc structuré suivant une forme bien définie qui est celle de la spirale. La spirale en tant que base de la composition est un modèle récurrent dans la miniature persane. Les interprétations philosophiques et ésotériques du motif de la spirale sont évidemment nombreuses. Parmi celles-ci, la représentation de l’organisation de l’univers en une série de cercles concentriques, qui est une conception issue des Grecs. La spirale est également le symbole même de l’ésotérique, inaccessible au non-initié, de par sa forme labyrinthique. Mais, pour le musulman, elle présente aussi une analogie avec les circonvolutions que doit effectuer le pèlerin autour de la Ka’aba, à La Mecque.

Philippe VIENNE

Bibliographie

[INFOS QUALITE] statut : validé | mode d’édition : rédaction | commanditaire : wallonica.org | auteur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © British Library


Plus d’art visuel…

CLOSSET : Sans titre (1986, Artothèque, Lg)

CLOSSET Brigitte, Sans titre
(gravure, 56 x 38 cm, 1986)

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© Brigitte Closset

Brigitte CLOSSET est née à Liège, en 1958. Elle étudie dans cette même ville à Saint-Luc puis à l’Académie des Beaux-Arts. Elle enseigne la gravure depuis 1981 à Saint-Luc à Liège. (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

Cette image à la limite de la figuration est issue d’une série d’études sur le corps féminin. L’artiste s’affranchit peu à peu du modèle pour créer une composition de lignes, de masses et de matières.

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MATHY : Dog Show (2014, Artothèque, Lg)

MATHY Vincent, Dog Show
(impression numérique, 23 x 23 cm, 2014)

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Vincent Mathy

Vincent MATHY, né à Liège en 1971, a suivi les cours de l’école Saint-Luc de Bruxelles. Son dessin, qui mêle techniques traditionnelles et numériques a très vite séduit. Illustrateur de talent, il a publié une trentaine d’albums jeunesse (Gallimard Jeunesse, Albin Michel, Bayard, Milan, L’Ecole des Loisirs …) et de bandes dessinées. Il est notamment co-auteur de la série “Ludo” chez Dupuis. (d’après  GALLIMARD-JEUNESSE.FR)

Cette illustration est une impression numérique limitée à 20 exemplaires réalisée pour thewurstgallery.com. L’image a été exposée avec celles de dizaines d’illustrateurs internationaux à Portland, en 2007. Chaque illustrateur donnait sa vision du “Dog show”. Ici ce sont deux puces qui maîtrisent un chien, sous la menace de leur colt. Le dessin délicat de Mathy évoque son travail d’illustrateur jeunesse, notamment chez Père Castor.

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NEWMAN, Barnett (1905-1970)

Barnett Newman: The Late Work, The Menil Collection, March 2015 © artbooks.yupnet.org

Né à Manhattan en janvier 1905, Barnett NEWMAN est le fils d’un couple d’immigrés polonais juifs qui lui inculquent une éducation religieuse. Après le lycée, il s’inscrit à l’Université de New York pour étudier la philosophie. Pendant ses études, il fréquente les galeries et les musées et peint des œuvres impressionnistes. Dès ses 25 ans, il devient, tout en continuant à peindre, critique d’art et commissaire d’expositions. Dans le contexte de crise mondiale des années 1930, Newman pense l’art par rapport aux événements politiques. « La peinture est finie, nous devrions tous l’abandonner » écrit-il dès le début de la Seconde Guerre Mondiale. Après Pearl Harbor, Hiroshima et la découverte des camps, l’impuissance de la peinture lui paraît plus évidente encore. 

Barnett Newman, The Stations of the Cross, Lema Sabachthani, Twelfth Station [detail], 1965 © art-critique.com

(…) Newman souhaitait que ses tableaux soient le lieu d’une communion du spectateur avec lui-même et avec les autres. « J’espère que ma peinture peut donner à chacun, comme elle l’a fait pour moi, la sensation de sa propre totalité, de sa propre existence séparée, de sa propre individualité, et en même temps de sa connexion avec les autres, qui existent aussi séparément » écrivait-il. Lui qui fut l’un des rares artistes de sa génération à refuser de participer au programme gouvernemental d’aide aux artistes (Work Progress Administration) estimant que cet argent était celui de l’isolationnisme donnait à l’abstraction un potentiel social, voire politique. Ainsi écrivait-il : « On m’a demandé ce que signifiait vraiment ma peinture par rapport à la société, par rapport au monde, par rapport à la conjoncture. J’ai répondu que si mon travail était correctement compris, ce serait la fin du capitalisme et du totalitarisme d’État. Mon travail, en termes d’impact social, signifie la possibilité d’une société ouverte, d’un monde ouvert et non d’un monde institutionnel fermé. » (lire l’article complet sur art-critique.com)


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Plus d’arts visuels…

HAREM : Plans reconstitués (2003, Artothèque, Lg)

HAREM Habib, Plans reconstitués
(gravure – techniques mixtes, n.c., 2003)

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Habib Harem © cultureplus.be

Né à Agadir le 23 janvier 1953, Habib HAREM fait ses études d’arts plastiques à l’Institut Saint-Luc à Saint-Gilles. Il est professeur d’arts plastiques à l’Institut Sainte Marie à Saint-Gilles et à l’Institut du Sacré-Coeur de Nivelles. Plusieurs expositions personnelles de gravure et de peinture luis sont consacrées en Belgique (Bruxelles, Liège, Nivelles) et il particpe à de très nombreuses expositions de gravure internationales (Liège, Sarcelles, Rijeka, Zagreb, Cadaquès, Ljubljana, Cracovie, Yamanashi…) (d’après CENTREDELAGRAVURE.BE)

“Depuis plus de trente ans, Habib Harem explore fasciné le moment de l’émergence, il donne à toucher la première lumière, il grave le temps et prospecte l’espace, il invente des rythmes et des lignes, il couche des plages de pâleur, des champs veloutés de suie, de grands nappés silencieux. Prince acharné de la matière, il s’y enfonce avec tous ses sens au point qu’il voudrait effacer l’idée même du papier : que le papier soit pour sa seule impression, que l’artiste n’existe que pour l’unique empreinte de son art. ” (d’après CULTUREPLUS.BE).

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ANGELI : Monochrome Irrégulier ocre/jaune (1998, Artothèque, Lg)

ANGELI Marc, Monochrome Irrégulier ocre/jaune (pochoir -tempéra, pigments et matériaux naturels, n.c., 1998)

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Marc Angeli © art-info.be

Né à Bruxelles en 1954, Marc ANGELI étudie la peinture et le dessin à l’Académie des Beaux-Arts de Liège. Il reçoit le prix Jules Raeymackers, (Académie Royale des Sciences, des Lettres et des Beaux-Arts, Bruxelles). Professeur de peinture à l’Ecole Supérieure des Arts Ville de Liège (1977-2014), il participe en outre à maintes expositions personnelles et collectives en Belgique et à l’étranger. Nombre d’œuvres de l’artiste ont été acquises par des collections publiques, institutionnelles et privées.

Depuis la fin des années 80, l’artiste poursuit une démarche picturale singulière, une peinture proche de son histoire utilisant des matériaux naturels qui résonnent en lui et révèlent son rapport nostalgique à la nature. Dans cette œuvre, pigments en poudre et couleurs minérales sont mélangés de manière artisanale et sensuelle à des éléments organiques : pollen, œuf, curcuma et miel. Par cette démarche sensible et l’exploration de techniques anciennes qui se réfèrent à l’histoire de la peinture, Marc Angeli nous donne à voir, à découvrir de nouvelles textures et vibrations surprenantes et inattendues. (Texte de Graziella VRUNA).

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HEKTAD (né en 1970)

© Philippe Vienne

Ne pensez pas à l’argent. Faites-le par amour. Quoi que vous fassiez, faites-le parce que vous aimez ça.

Né en 1970 dans le Bronx, Hektad est un pionnier du graffiti new-yorkais. Dès 1982, il se mesure à des “vétérans” du style en pratiquant son art en rue et aussi sur les moyens de transport (trains, camions…). Son pseudo est la contraction de son nom de grapheur (HEK) et de celui de son crew dans le Bronx (TAD pour “Toys Ain’t Down”). Après 12 ans de passion et de création, devenu père, Hektad s’octroie un break pour se recentrer sur sa famille, sa principale source d’inspiration.

© Hans Von Rittern

C’est son ami Banksy qui le pousse à effectuer son retour. Hektad place alors un piano tagué au bord de l’East River, sous le pont de Brooklyn, qui ne passe pas inaperçu. L’œuvre attire l’attention des New-Yorkais, pourtant plutôt blasés, et des touristes. Tout le monde veut en savoir plus sur l’homme qui a transformé un piano en une pièce artistique. Hektad est vite sollicité par des galeries d’art et différents artistes de la Big Apple qui souhaitent collaborer avec lui.

Aujourd’hui, Hektad continue à exprimer par le graphe, et sur différents supports, son message d’amour.

Philippe VIENNE

© wtgallery.com

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En avoir plein la vue…

GILET : Wald (2007, Artothèque, Lg)

GILET Martina, Wald
(xylogravure, 60 x 50 cm, 2007)

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Martina GILET est née à Bonn en 1963. Elle effectue des études d’ingénieur en tannerie en Allemagne, est diplômée en 1985. Elle s’installe à Pepinster en Belgique en 1996, puis suit les cours de peinture et de gravure à l’Académie des Beaux-Arts de Verviers, dont elle est diplômée en 2010. Aujourd’hui elle travaille principalement la gravure, mais aussi la peinture, les photos et les pastels (d’après CULTUREPLUS.BE).

Cette gravure sur bois aux teintes vertes et blanches rappelle la peinture impressionniste, autant par son thème que par sa tendance à la picturalité. Le spectateur distingue les formes représentées, identifie les motifs floraux et végétaux, mais goûte également à la matérialité de la couleur. L’artiste travaille sur les superpositions des plages de couleurs qui se révèlent par transparence.

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation (droits cédés) et mise à jour par wallonica.org  | source : Artothèque Chiroux | commanditaire : Province de Liège – Culture | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : © Martina Gilet ; cultureplus.be | remerciements à Bénédicte Dochain et Frédéric Paques

DORIGNAC, Georges (1879-1925)

Georges Dorignac, “Femme nue accroupie” (1914)© J.L. Lacroix

On peut s’étonner du peu de notoriété de l’artiste depuis sa mort en 1925, tant son œuvre est puissante et singulière, d’une grande modernité pour l’époque. Cela s’explique par le fait qu’il soit décédé prématurément, à l’âge de 46 ans, qu’il a détruit de nombreuses de ses œuvres parce qu’il en était insatisfait et qu’il a suivi son propre chemin artistique, sans suivre les courants d’alors comme le cubisme. Il a toujours souhaité être un artiste indépendant et libre”, explique Saskia Ooms, responsable de la conservation du Musée de Montmartre. (lire plus…)

Georges Dorignac, “Portrait de femme au chignon (L’Amie)” (1912) © Laurent Lecat

À partir de 1912, Dorignac délaisse la couleur et le pointillisme chers à son ami Signac et exécute une série de dessins au fusain représentant des portraits en cadrages serrés souvent réduits à des têtes, et à des masques, des nus féminins et des figures de travailleurs champêtres ou citadins.  Cette “œuvre au noir”, comme une alchimie pleine d’une énergie farouche, comme une magie noire envoûtante, comme un sombre vaudou, dessine des visages de femmes d’un noir intense. Non pas des têtes négroïdes mais de celles-là mêmes qu’on retrouve à ces Vierges romanes veillant dans certaines cryptes, sortes de puissances chtoniennes, idoles des mondes souterrains, sortes de Déméter pétries dans le fusain, gardiennes sacrées venues des profondeurs originelles, des entrailles de la terre. Dorignac prétendait qu’il laissait “un lambeau de (lui)-même dans chacune de ses œuvres”: quelle sombre mélancolie a-t-elle pu lui inspirer ces figures de basalte quand il hantait, famélique, chargé de famille, le Montparnasse des rapins ? Dans la fièvre, il dessine des masses sculptées dans le bitume, corps d’ébène monumentaux, proches de la plastique de Rodin qu’il admirait et qui disait de lui “Dorignac sculpte ses dessins” . [en lire plus sur LEFIGARO.FR, article du 4 avril 2019…]

Georges Dorignac, “Femme assise” (1913) © Laurent Lecat

[INFOS QUALITE] statut : actualisé | mode d’édition : compilation par wallonica.org  | contributeur : Philippe Vienne | crédits illustrations : Musée de Grenoble ; Galerie Malaquais (Paris)


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DURO : Je suis un nuage #5
(s.d., Artothèque, Lg)

DURO Julie-Marie, Je suis un nuage #5
(photographie, 60 x 90 cm, s.d.)

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© juliemarieduro.com

Née en 1984, Julie-Marie DURO vit et travaille entre Luxembourg et Liège. Après des études en philosophie et journalisme à l’Université de Liège et de Nice, ainsi que quelques années passées dans le secteur privé, elle s’est tournée vers la photographie. Son travail est particulièrement influencé par les narrations documentaires subjectives, les récits de famille et problématiques mémorielles. Elle entreprend actuellement une thèse en Arts et sciences de l’art à l’Université de Liège sur l’indétermination de l’expérience mémorielle au travers des narrations photographiques de l’absence.

Cette photographie fait partie d’une série narrative intitulée Looking for my Japanese Family”. L’auteure part à la recherche d’un mystérieux oncle au Japon, fils de son grand-père et d’une jeune Japonaise. “Fouiller la mémoire individuelle et collective, celle de la famille et puis petit à petit, celle des autres… […] “Looking for my Japanese family” est le récit fragmenté de cette enquête où la réalité cède parfois la place à la fiction ; un récit où s’entremêlent mon parcours et les vies que j’imagine pour cette famille japonaise que je ne connaîtrai peut-être jamais.” (Julie-Marie Duro)

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