De l’intérêt de posséder plus de livres que vous ne pouvez en lire…

De nombreux lecteurs achètent des livres avec l’intention de les lire uniquement pour les laisser s’attarder sur l’étagère.
Le statisticien Nassim Nicholas Taleb estime que le fait de s’entourer de livres non lus enrichit notre vie, car ils nous rappellent tout ce que nous ne connaissons pas.
Les Japonais appellent cette pratique tsundoku, et elle peut apporter des avantages durables.

Anguille sous roche

“J’aime les livres. Si je vais à la librairie pour vérifier un prix, j’en ressors avec trois livres dont j’ignorais probablement l’existence auparavant. J’achète des livres d’occasion par lots à la vente des Amis de la Bibliothèque, tout en expliquant à ma femme que c’est pour une bonne cause. Même l’odeur des livres me saisit, ce léger parfum de vanille terreuse qui vous envahit quand vous tournez une page. Le problème, c’est que mon habitude d’acheter des livres dépasse ma capacité à les lire. Cela m’amène à me culpabiliser pour les volumes non lus qui se répandent sur mes étagères. Cela vous semble familier ?
Mais il est possible que cette culpabilité soit totalement déplacée. Selon le statisticien Nassim Nicholas Taleb, ces volumes non lus représentent ce qu’il appelle une “anti-bibliothèque”, et il pense que nos anti-bibliothèques ne sont pas des signes de défaillances intellectuelles. Bien au contraire.

Vivre avec une anti-bibliothèque

Taleb a exposé le concept de l’anti-bibliothèque dans son livre à succès The Black Swan: The Impact of the Highly Improbable. Il commence par une discussion sur le prolifique auteur et érudit Umberto Eco, dont la bibliothèque personnelle contenait un nombre stupéfiant de 30.000 livres.

Lorsque Eco accueillait des visiteurs, beaucoup s’émerveillaient de la taille de sa bibliothèque et pensaient qu’elle représentait le savoir de l’hôte – qui, ne vous y trompez pas, était très vaste. Mais quelques visiteurs avisés ont compris la vérité : la bibliothèque d’Eco n’était pas volumineuse parce qu’il avait lu beaucoup de choses ; elle l’était parce qu’il désirait lire beaucoup plus.

C’est ce qu’a déclaré Eco. En faisant un calcul de coin de table, il a découvert qu’il ne pouvait lire qu’environ 25.200 livres s’il lisait un livre par jour, tous les jours, entre dix et quatre-vingts ans. Une “bagatelle”, déplore-t-il, par rapport au million de livres disponibles dans toute bonne bibliothèque.

S’inspirant de l’exemple d’Eco, Taleb en déduit :

Les livres lus ont beaucoup moins de valeur que ceux qui ne sont pas lus. Votre bibliothèque devrait contenir autant de ce que vous ne connaissez pas que vos moyens financiers, les taux d’hypothèque et le marché immobilier actuellement serré vous permet d’y mettre. Vous accumulerez plus de connaissances et plus de livres en vieillissant, et le nombre croissant de livres non lus sur les étagères vous regardera de façon menaçante. En effet, plus vous en savez, plus les rangées de livres non lus sont grandes. Appelons cette collection de livres non lus une anti-bibliothèque.

Maria Popova, dont un article sur Brain Pickings résume admirablement l’argument de Taleb, note que notre tendance est de surestimer la valeur de ce que nous savons, tout en sous-estimant la valeur de ce que nous ne savons pas. L’anti-bibliothèque de Taleb renverse cette tendance.

La valeur de l’anti-bibliothèque découle de la façon dont elle remet en question notre auto-estimation en nous rappelant constamment et de façon désagréable tout ce que nous ne savons pas. Les titres qui tapissent ma propre maison me rappellent que je ne connais pas grand-chose à la cryptographie, à l’évolution des plumes, au folklore italien, à l’usage de drogues illicites sous le Troisième Reich et à l’entomophagie. (Ne gâchez pas tout, je veux être surpris.)

Nous avons tendance à traiter nos connaissances comme des biens personnels à protéger et à défendre”, écrit Taleb. “C’est un ornement qui nous permet de nous élever dans l’ordre. Cette tendance à heurter la sensibilité de la bibliothèque d’Eco en se concentrant sur le connu est donc un parti-pris humain qui s’étend à nos opérations mentales”. Ces mêmes idées inexplorées nous poussent à continuer à lire, à continuer à apprendre, et à ne jamais être à l’aise avec le fait que nous en savons assez. Jessica Stillman appelle cette réalisation l’humilité intellectuelle.

Les personnes qui manquent de cette humilité intellectuelle – celles qui n’ont pas le désir d’acquérir de nouveaux livres ou de visiter leur bibliothèque locale – peuvent éprouver un sentiment de fierté d’avoir conquis leur collection personnelle, mais une telle bibliothèque offre toute l’utilité d’un trophée fixé au mur. Ça devient un “appendice de l’ego” pour la seule décoration. Ce n’est pas une ressource vivante et croissante dont nous pouvons tirer des enseignements jusqu’à l’âge de 80 ans – et, si nous avons de la chance, quelques années plus tard.

BRADBURY R., Farenheit 451 (1953) : le livre est un enjeu…
Tsundoku

J’aime le concept de Taleb, mais je dois admettre que je trouve l’étiquette “anti-bibliothèque” un peu insuffisante. Pour moi, cela ressemble à un dispositif d’intrigue dans une imitation de roman de Dan Brown – “Vite ! Nous devons arrêter les Illuminati avant qu’ils n’utilisent l’anti-bibliothèque pour effacer tous les livres existants”.

Écrivant pour le New York Times, Kevin Mims n’aime pas non plus l’étiquette de Taleb. Heureusement, son objection est un peu plus pratique : “Je n’aime pas vraiment le terme ‘anti-bibliothèque’ de Taleb. Une bibliothèque est une collection de livres, dont beaucoup ne sont pas lus pendant de longues périodes. Je ne vois pas en quoi cela diffère d’une anti-bibliothèque.”

Son label préféré est un mot de prêt du Japon : tsundoku. Tsundoku est le mot japonais qui désigne la ou les piles de livres que vous avez achetés mais que vous n’avez pas lus. Sa morphologie combine tsunde-oku (laisser les choses s’empiler) et dukosho (lire des livres).

Ce mot est né à la fin du 19e siècle comme une satire adressée aux enseignants qui possédaient des livres mais ne les lisaient pas. Bien que cela soit à l’opposé de ce que Taleb voulait dire, aujourd’hui le mot n’est pas stigmatisé dans la culture japonaise. Il diffère également de la bibliomanie, qui est la collecte obsessionnelle de livres pour le plaisir de la collection, et non leur lecture éventuelle.

La valeur du tsundoku

Je suis sûr qu’il y a un bibliomane vantard qui possède une collection comparable à celle d’une petite bibliothèque nationale, mais qui ne fait que rarement l’objet d’une couverture. Malgré cela, des études ont montré que la possession de livres et la lecture vont généralement de pair pour un grand effet.

Une de ces études a montré que les enfants qui ont grandi dans des foyers possédant entre 80 et 350 livres ont amélioré leurs compétences en matière de lecture, de calcul et de technologies de l’information et de la communication à l’âge adulte. Selon les chercheurs, l’exposition aux livres renforce ces capacités cognitives en faisant de la lecture une partie intégrante des routines et des pratiques de la vie.

De nombreuses autres études ont montré que les habitudes de lecture procurent une foule de bienfaits. Elles suggèrent que la lecture peut réduire le stress, satisfaire les besoins de connexion sociale, renforcer les compétences sociales et l’empathie, et stimuler certaines compétences cognitives. Et ce n’est que de la fiction ! La lecture d’ouvrages non fictionnels est corrélée au succès et aux grandes réalisations, nous aide à mieux nous comprendre et à mieux comprendre le monde, et vous donne l’avantage de venir à la soirée des quiz.

Dans son article, Jessica Stillman se demande si l’anti-bibliothèque agit comme un contrepoids à l’effet Dunning-Kruger, un biais cognitif qui conduit les personnes ignorantes à supposer que leurs connaissances ou leurs capacités sont plus performantes qu’elles ne le sont réellement [lire dans wallonica.org : Les ultracrépidariens : ceux qui donnent leur avis sans connaître le sujet]. Comme les gens ne sont pas enclins à apprécier les rappels de leur ignorance, leurs livres non lus les poussent vers, sinon la maîtrise, du moins une compréhension toujours plus grande de la compétence.

“Tous ces livres que vous n’avez pas lus sont en effet un signe de votre ignorance. Mais si vous savez à quel point vous êtes ignorant, vous êtes bien plus avancé que la grande majorité des autres personnes”, écrit Stillman.

Que vous préfériez le terme anti-bibliothèque, tsundoku ou autre chose encore, la valeur d’un livre non lu est son pouvoir de vous faire lire.” [d’après le blog ANGUILLESOUSROCHE.COM (article de la rédaction, sans les pubs, daté du 28 janvier 2020)]


Lire encore ?

WATTS : textes

Alan W. Watts (1915-1973)

Mais le futur n’est jamais là, et ne peut pas devenir une partie de l’expérience réelle avant d’être le présent. Puisque ce que nous savons du futur est constitué d’éléments purement abstraits et logiques – inductions, estimations, déductions – il ne peut pas être mangé, senti, reniflé, vu, entendu ou autrement goûté. Le poursuivre revient à poursuivre un fantôme constamment en fuite, et plus vite vous le pourchassez, plus vite il s’enfuit. C’est pourquoi toutes les affaires de la civilisation vont trop vite, pourquoi à peu près personne n’est content de ce qu’il a et que chacun cherche continuellement à obtenir davantage. Dès lors, le bonheur ne consiste pas en réalités solides et substantielles mais en choses aussi abstraites et superficielles que des promesses, des espoirs et des assurances.

Ainsi l’économie “intelligente” conçue pour produire ce bonheur est un fantastique cercle vicieux, qui doit soit fabriquer sans cesse plus de plaisirs, soit s’effondrer-en provoquant une stimulation constante des oreilles, des yeux et des terminaisons nerveuses par d’incessants fleuves de bruit et de distractions visuelles presque impossibles à éviter. Le parfait “sujet” pour cette économie est la personne qui agace continuellement ses oreilles avec la radio, de préférence en utilisant une variété portable qui peut l’accompagner à toute heure et en tout lieu. Ses yeux zigzaguent sans repos de l’écran de télévision aux journaux et aux magasines, qui le maintiennent sans relâche dans un genre d’orgasme grâce aux apparitions taquines d’automobiles rutilantes, de corps féminins lustrés et autres supports voluptueux, entremêlés de restaurateurs de sensibilité -traitements de choc- tels que des exécutions de criminels “d’intérêt général”, des corps mutilés, des avions écrasés, des combats primés et des immeubles en flammes. Les écrits ou discours qui accompagnent tout cela sont pareillement fabriqués pour asticoter sans satisfaire, pour remplacer toute satisfaction partielle par un nouveau désir.

ISBN 978-2-228-89678-8

Car ce flot de stimulations est destiné à engendrer des appétits toujours plus insatiables, toujours plus forts et plus rapides, des appétits qui nous poussent à accomplir des travaux sans aucun intérêt en dehors de l’argent qu’ils procurent -afin d’acheter davantage de radios prodigues, d’automobiles encore plus rutilantes, de magazines encore plus vernis et de meilleures émissions de télévision, tout ce qui conspire d’une façon ou d’une autre à nous persuader que le bonheur serait juste au coin de la rue si nous en achetions davantage.

En dépit de cet immense remue-ménage et de notre tension nerveuse, nous avons la conviction que dormir est une perte de temps précieux et continuons à poursuivre ces chimères jusque tard dans la nuit. Les animaux consacrent beaucoup de leur temps à somnoler et fainéanter plaisamment, mais parce que la vie est courte, les êtres humains doivent se gaver au fil des années de la plus grande somme possible de conscience, de vigilance et d’insomnie chronique, de manière à s’assurer de ne pas rater la moindre fraction d’effrayant plaisir…

Alan W. WATTS (1951)

Extrait de WATTS Alan W., Éloge de l’insécurité (Paris : Payot & Rivages, 2003)


D’autres discours sur le monde et notre expérience…

TEMOIGNAGE : une liégeoise en juin 1940…

Yvonne (enfant) avec sa mère devant leur maison, rue Monulphe à Liège (BE)

Avant 1914, l’internationalisme avait pour chantres en Belgique des personnalités comme le prix Nobel de la Paix Henri La Fontaine et Paul Otlet, inventeur de la Classification Décimale Universelle (la CDU qui règne sur le classement des livres dans nos bibliothèques de Wallonie et de Bruxelles ; plus d’infos au Mundaneum de Mons). Ce dernier écrivait : “Il est à noter que l’internationalisme de notre époque n’est pas seulement un système idéal ; il repose sur un ensemble de réalités. Ce sont  : l’expansion de l’homme à travers toute la terre ; le réseau de communications qu’il a établi pour le transport des personnes et des marchandises ; l’économie devenue mondiale dans toutes les branches du travail, dans l’industrie, le commerce et la finance ; les sciences, les lettres et les arts constituant graduellement, de toutes les pensées nationales et ethniques, une pensée mondiale, grâce aux voyages, aux publications, aux congrès, aux expositions, enfin la formation d’unités politiques de plus en plus considérables substituant un gouvernement unifié à une infinité de souverainetés secondaires, ou fédérant les peuples par des ententes de plus en plus nombreuses et étendues“. Bref, “si tu connais l’autre, tu ne lui fais pas la guerre“.

En ce sens, ce qui est aujourd’hui baptisé “la crise migratoire” aurait désolé ces deux pionniers des organisations internationales. Qui plus est, on oublie souvent trop confortablement que beaucoup des réfugiés qui quittent leur pays sont en fait chassés par la guerre et que c’est une situation que nos grands-parents ont connue au quotidien, lors du dernier conflit mondial.

Le témoignage ci-dessous ne décrit pas encore de circonstances aussi horribles que celles qui ont déplacé des populations entières au Sud et à l’Est de la Méditerranée, loin de leur maison et de leurs proches. Reste que cette lettre de la liégeoise Yvonne Bertrand à ses parents (lettre datée du 4 juin 1940, le début de la guerre en Belgique), par sa spontanéité et sa proximité, peut redonner une troisième dimension -la dimension humaine- à une représentation souvent malsaine des réfugiés, qui les anonymise, en les limitant aux deux dimensions des photos de presse, voire en les noyant dans des échantillonnages statistiques… ou dans les eaux de la Méditerranée. A qui profite le crime ? La question doit être posée chaque jour.

Patrick Thonart


4 juin 1940

Mes parents chéris,
Bon et Bonne,

Je joins une lettre aussi. J’espère que le tout vous parviendra. Je suis toujours chez ma belle-mère, car c’est trop cher de vivre chez moi avec Charlie [son fils] – Tout va très bien ici et Annie [sa future fille, Yvonne est enceinte] aussi – Je n’ai absolument aucune nouvelle de Max [son mari] mais son ami Charles *** a été descendu et est prisonnier ; peut-être saurais-je quelque chose par là – Je n’espère pas, car, au moment de la guerre, ils n’étaient pas ensemble et je ne pense pas qu’ils aient pu se rejoindre. Jean, l’aîné d’ici, est revenu, maintenant on attend Romu, qui est le plus jeune (18 ans) et qui est parti à vélo – Le ravitaillement se fait normalement ici et jusqu’à présent nous n’avons eu à souffrir de rien. J’ai mon billet de chemin de fer jusqu’à Liège, car le samedi 11 mai, j’ai voulu aller chez vous. Malheureusement, à Louvain, nous avons dû revenir à Bruxelles, parce que les voies étaient coupées.

A la première occasion, je ferai partir ces lettres ; peut-être que d’ici là, j’aurai encore beaucoup à écrire – J’espère que vous allez tous bien, je n’ose presque plus quitter la maison de peur de rater de vos nouvelles ! Que fait Papa ?

Mille baisers de Charlie et Vonnette

Yvonne chez ses parents, rue Monulphe, à Liège, avec son fils Charles et sa fille Annie (landau).

Voilà à l’instant que Ghislaine arrive – Pensez si je suis contente d’avoir de vos nouvelles – Je vais répondre en ordre à toutes vos questions. Le samedi 11 mai, j’ai voulu partir pour Liège, j’ai pris le train de 14:30 et me voilà en route avec Charlie et ma valise, jusque Louvain où le train s’est arrêté quatre fois parce que les avions bombardaient – Arrivés à Louvain, on nous apprend que la ligne a été bombardée à Tirlemont et que le train ne va pas plus loin, donc il fallait revenir à Bruxelles – A dix personnes, nous avons cherché après une auto qui pourrait nous conduire à Liège, mais il n’y a pas eu moyen de rien trouver, force nous fut de rentrer dans la gare pour Bruxelles – A peine étions-nous dans le train que l’on vient bombarder Louvain. Nous sommes restés dans l’abri jusque 21:00, heureusement, un militaire m’a aidée, tout le temps, il a porté Charlie ; enfin nous sommes partis et arrivés à Bruxelles vers minuit, je suis bien rentrée et Charlie et moi avons dormi le lendemain jusque midi, donc tout était bien, j’ai encore mon ticket, de cette façon je peux aller à Liège dès que possible.

Je n’ai aucune nouvelle de Max depuis la guerre ; le jour de la guerre, il était à la maison, car il avait réussi son examen et pouvait rester jusque la semaine suivante (mardi) à la maison – A six heures du matin, il est parti avec son ami Guy *** qui était arrivé chez nous entre-temps et, depuis, je ne sais plus rien – Je pense qu’il est parti en France, parce que son Capitaine a été conduit en France par notre voisin, et je suppose qu’ils devaient donc se réunir là-bas – Je regarde tous les jours dans les listes de prisonniers, mais je n’ai rien vu, s’il était pris, il serait inscrit, parce que un ami, Charles ***, est prisonnier et je l’ai vu sur la liste ; le garçon était à Tirlemont au moment de la guerre et il a été descendu tout de suite ; il est brûlé à la figure, aux bras et aux jambes, mais rien de grave. Demain, j’irai chez sa femme, peut-être aurais-je des nouvelles de Max.

Charlie va bien,  il a eu la rougeole et est maintenant guéri ; cela n’a duré qu’une semaine ; il trouvait très drôle d’être tout rouge. Je ne le mets plus à l’école parce que j’ai trop peur, s’il y avait une alerte, de ne pas l’avoir près de moi ; je vais promener tous les jours avec lui, comme ça il a beaucoup d’air et je l’ai toujours près de moi, c’est plus sûr. Mon oncle Paul lui a acheté 1 kg de raisins et bananes, vous pensez s’il est heureux. Il ne manque de rien – J’ai rencontré ce matin une connaissance qui m’a donné quelques objets de layette pour Annie, je suis bien contente : c’est toujours cela.

Je ne touche rien de Max. J’ai droit à cinq francs par jour de l’Assistance publique, c’est tout. Seulement Paul m’a donné, hier, de l’argent et m’a dit qu’il reviendrait dans un mois, alors, dit-il, si les trains roulent, tu iras à Liège et je te dirai comment on pourra tous s’arranger. Voilà.

Yvonne, fin des années 30

Il n’y a rien, ici, pour le transport des lettres, sauf quelques particuliers qui veulent bien s’en charger moyennant finance. Je vous renvoie le billet de 50 francs, puisque Paul m’a donné pour vivre, peut-être en aurez-vous plus besoin que moi puisque vous êtes plusieurs.

Est-ce que Gillet [wallonica : usines Gillet Herstal, fleuron industriel du bassin liégeois et fabricants de motos de 1919 à 1959, aux côtés des FN et des Saroléa] ne va pas reprendre pour le compte des Allemands ?

Pour ma part, je vais très bien et Annie aussi. Je ne sais pas si ce sera une acrobate mais je vous assure qu’elle fait de fameux exercices, elle ne reste pas une minute tranquille. L’autre jour, on demandait à Charlie où était sa petite sœur et il répond : “Annie, et bien, elle est dans mon ventre !” Certainement qu’il a entendu une conversation et qu’il l’a répétée à peu près.

Donc, si tout va bien, d’ici un mois, je serai chez vous, je vous assure que je serai rudement contente, quoique tout le monde nous gâte ici. Je crois que j’ai tout dit, avant que Ghislaine ne parte, j’aurai peut-être encore des nouvelles. Faites bien des compliments à tous et pour vous, beaucoup de millions de baisers.

Charlie et Vonnette

Encore un petit mot. Je suis allée chez les amis de Max aux nouvelles, mais je n’ai rien. Des deux aviateurs qui sont partis avec lui (Guy *** et Paul ***) on n’a aucune nouvelle. Ceux qui étaient restés en Belgique sont prisonniers ou blessés et j’ai eu de leurs nouvelles donc, je suppose que Max est en France et que c’est pour cette raison que je ne sais rien. Charlie est très, très gentil et me demande toujours si les trains sont encore cassés pour aller à Liège – Yolande va porter la lettre à Anvers, car elle en a encore d’autres pour un tas de gens – Charlie ne veut plus quitter son costume de reps bleu, car il trouve qu’il y a deux poches : il faut le voir se promener les mains en poche !

Je n’ai plus de nouvelles pour le moment – Je viens de voir dans le journal qu’un service était établi Bruxelles-Liège – Je vous envoie le journal, c’est en haut de la dernière page – Maintenant, je crois que c’est tout – Je vous embrasse tous bien fort.

Charlie et Vonnette

Tombe d’Yvonne au cimetière de Robermont (Liège, BE)

Agir encore…

NUSBAUM : Les philo-cognitifs. Ils n’aiment que penser et penser autrement… (2019)

Nancy © Ernie Bushmiller

Trois scientifiques lyonnais viennent de sortir un livre pour redéfinir les êtres dits précoces ou surdoués. A l’avenir, il faudra parler de philo-cognitifs


EAN13 : 9782738146724

Qui sont les trois auteurs de cet ouvrage de référence ? Fanny Nusbaum, docteur en psychologie, est psychologue et chercheur associé en psychologie et neurosciences à l’université de Lyon. Elle est fondatrice et dirigeante du Centre PSYRENE (PSYchologie, REcherche & NEurosciences), spécialisé dans l’évaluation, le diagnostic et le développement de potentiels. Olivier Revol, pédopsychiatre, dirige le centre des troubles de l’apprentissage de l’hôpital neurologique de Lyon et milite depuis plus de trente ans pour que chaque enfant puisse accéder au plaisir d’apprendre. Enfin, Dominic Sappey-Marinier est enseignant-chercheur en biophysique, imagerie médicale et neurosciences à la faculté de médecine Lyon-Est.

NUSBAUM Fanny et al.Les philo-cognitifs. Ils n’aiment que penser et penser autrement… (Paris, Odile Jacob, 2019)


“Précoce, surdoué ou à haut-potentiel étaient jusqu’à présent les termes employés.  Pourquoi avoir choisi ce qualificatif de « philo-cognitifs » ?

Parce que les notions de précocité, de haut potentiel ou d’enfant surdoué n’étaient pas satisfaisantes à nos yeux. Elles renvoyaient à des idées fausses ou très imprécises. D’ailleurs, même le grand public ne s’y est pas trompé : nous avons reçu, au cours de ces dernières années, de très nombreuses demandes de trouver enfin un terme adapté.

Les mots sont importants car ils véhiculent une manière de cerner et d’interpréter un phénomène. Dire “précoce” sous-entend une avance intellectuelle, ce qui est absolument faux !  “Surdoué” implique un don de naissance et une notion de performance qui est loin de correspondre systématiquement à ces personnes. “Haut Potentiel” est très vague et suppose un potentiel qui n’est pas exploré. Diriez-vous d’Albert Einstein qu’il était Haut Potentiel, dans le sens où il aurait eu un fort potentiel qui n’aurait pas été pleinement utilisé ? Employer des termes inadéquats génère forcément une approche erronée, de sorte qu’on tombe vite dans des représentations fourre-tout.

Comment avez-vous alors procédé ?

Pour répondre à notre cahier des charges, il fallait un terme qui décrive précisément ce dont on parlait, sans emphase, sans métaphore. Et surtout un terme qui ne véhicule pas de contre-vérité. Nous n’avons pas cherché une locution sexy pour faire le buzz. Nous voulions un terme qui colle à la réalité de ce phénomène. “Philo-cognitif” décrit ainsi des personnes qui aiment penser, pour lesquelles réfléchir sur tout et n’importe quoi est comme un besoin vital. On pourrait même parler d’une addiction à penser, même si une addiction est pathologique, alors que la philo-cognition n’est pas une pathologie.

Mais alors, qu’est-ce qui permet d’identifier le philo-cognitif ?

Après avoir posé un terme, “philo-cognition”, il nous fallait décrire avec rigueur de quoi il s’agissait. Ces dernières années, la démocratisation des connaissances sur le haut potentiel a été très bénéfique, parce qu’elle a permis à beaucoup de mieux le comprendre, l’identifier et l’accepter. Mais le revers de la médaille, c’est que tout le bruit autour de ce phénomène a généré des idées reçues et des raccourcis inappropriés…

Aujourd’hui, quand un enfant est différent, dans sa sensibilité, son humour ou son comportement, on a vite fait de mettre ça sur le compte de la philo-cognition et plus personne ne s’y retrouve. Ici encore, nous avons souhaité redéfinir cette singularité, la réduire à ses trois caractéristiques essentielles que nous développons dans notre ouvrage.

Qu’est-ce que la recherche a permis de révéler d’autres chez les philo-cognitifs ?

Nous avons voulu montrer que les philo-cognitifs n’étaient pas tous les mêmes. Bien qu’ils ont un socle de caractéristiques communes, ils ont aussi des différences dans leur manière de penser et de réagir. Nous avons détecté deux grandes familles : les philo-laminaires et les philo-complexes avec des réseaux cérébraux bien spécifiques chez l’enfant. Tout l’intérêt du livre consiste à bien faire le distinguo entre philo-laminaire et philo-complexe afin de mieux se comprendre, comprendre les autres, assumer sa différence et en faire une vraie force.

On a le sentiment qu’il y a beaucoup plus de « philo-cognitifs » qu’avant ?

Non, je ne pense pas. A mon sens, c’est surtout que l’on dispose aujourd’hui de meilleures connaissances et d’outils pour les évaluer, les détecter. Par ailleurs, on a beaucoup communiqué sur la notion de précocité, ce qui fait que la population, plus avertie, est capable de pressentir la philo-cognition plus facilement qu’autrefois…” [lire la suite sur RA-SANTE.COM]


[INFOS QUALITE] statut : validé | mode d’édition : compilation | source : article de Pascal AUCLAIR sur RA-SANTE.COM (24 février 2019) | commanditaire : wallonica | contributeur : Patrick Thonart | crédits illustrations : Opera Mundi  / Edit-Monde ; Editions Odile Jacob


Plus de presse…

WILKIN : Lettres de grognards. La Grande Armée en campagne (2019)

ISBN 9782204130783

Si vous vous appelez Bastin, Bourdouxhe, Boussart, Bovy, Charlier, Collard, Crutzen, Danthinne, Delvaux, Fraikin, Gilissen, Halleux, Hardy, Havelange, Dermouchamps, Jamar, Ledent, Lhomme, Mathot, Pirard, Randaxhe, Walthéry, Wéry, Williquet ou encore Goffin, Godin, Maraite, Stassart, Cornélis, Pirson, Georis, Delrez, Genet, Rutten ou Natalis, il y a des chances pour qu’un de vos ancêtres ait combattu dans la grande armée de Napoléon. Ce livre réunit cent cinquante lettres de grognards liégeois…

Dans Lettres de Grognards La Grande Armée en Campagne, René et Bernard WILKIN présentent cent cinquante de ces lettres de soldats liégeois à leurs familles. Par “liégeois”, comprenez “habitant du Département de l’Ourthe”, l’entité administrative qui est devenue la Province de Liège. Ces lettres de conscrits ont été sélectionnées dans un fonds de plus de mille qui se trouve aux Archives de l’Etat.

“[…] aussitôt mon arrivée au régiment” écrit depuis Belfort Simon Bovy, manoeuvre, de Momalle, “je n’ai rien de plus empressé que de mettre la main à la plume et pour vous instruire du résultat de mon voyage qui s’est terminé d’une manière assez heureuse […] J’assure mon oncle et ma tante de mon souvenir respectueux […].”

Prouver qu’un membre de la famille servait dans l’armée

Ces lettres se trouvent à Liège depuis deux cents ans. “Elles ont été envoyées à la Préfecture par les familles des soldats” explique l’historien Bernard Wilkin. “Pas pour leur contenu, mais pour servir de preuves. Si un grand frère avait déjà été enrôlé comme soldat, les suivants ne devaient pas partir. Ces lettres ont servi à prouver aux autorités qu’une famille avait déjà envoyé un des siens au combatOn savait depuis pas mal de temps qu’elles étaient là. Un de mes prédécesseurs les avait découvertes dans les années trente, mais à l’époque, on ne se rendait pas bien compte de leur importance. Elles sont particulièrement intéressantes parce que ce sont des lettres de sans-grades, d’hommes qui n’ont pas reçu la Légion d’honneur, qui ne sont pas devenus officiers.”

Batailles, exactions, demandes d’argent

Ils racontent leurs batailles, les exactions, les mutilations, par exemple en Espagne où des soldats ont été émasculés. On y lit aussi des histoires plus légères. Des histoires d’amour. Certains comparent la vertu des filles rencontrées dans les pays qu’ils traversent. Il y a notamment ce soldat qui écrit que la Prusse est le bordel de l’Europe. D’autres font allusion à des beuveries.”

Beaucoup de soldats demandent à leurs familles de leur envoyer de l’argent, comme Simon Bovy : “J’attends avec impatience qu’il vous plaise m’accuser la réception de cette lettre, et m’envoyer quelque peu d’argent si c’est une pure bonté de votre part, ayant éprouvé une route longue & pénible qui m’a dépourvu de tout ce que je possédais lors de mon départ.”

Un français maltraité

Les soldats liégeois étaient wallonophones. A peine un tiers savaient écrire. Ceux qui savaient écrivaient pour les autres. “Le français de ces lettres est mauvais” constate Bernard Wilkin. “Ils ne respectent ni l’orthographe, ni la grammaire, ni la ponctuation. Dans certains cas, il a fallu simplifier – en veillant à respecter l’esprit du texte. Mais ce n’est pas différent des lettres de soldats français de guerres plus récentes.”

Ce qui est émouvant pour des liégeois dans ces lettres, c’est d’y retrouver les noms de parents, d’amis, de collègues ou de voisins. Bernard Wilkin y a d’ailleurs retrouvé le sien. Il savait que son ancêtre direct avait servi dans la Grande Armée, mais c’est cette recherche qui lui a fait mettre la main sur un écrit de son aïeul : “Je ne savais pas qu’une lettre existait. Je l’ai trouvée par hasard. C’est assez émouvant, d’autant que je connais leur destinée. Mon ancêtre direct a été réformé pour cause de santé. Il a eu de la chance. Tandis que son frère a été chassé de l’armée pour mauvaise conduite !

Des liégeois dans tous les régiments de la Grande Armée

Les soldats liégeois ont servi dans toute l’armée française. La cavalerie était la plus demandée “parce qu’il ne fallait pas marcher“, mais il y a eu des liégeois dans l’infanterie, l’artillerie, la marine, la Garde impériale. Certains se sont battus à Austerlitz, en Russie ou aux Antilles contre les esclaves révoltés. Les historiens estiment à 25 000 le nombre de liégeois au sens large qui ont combattu dans les armées de Napoléon. Environ la moitié n’en sont pas revenus.

Lettre d’un soldat de la Grande Armée © Archives de l’Etat à Liège

Cherchez le Papy de Papy…

Voici une liste des noms de soldats signataires de ces 150 lettres : Adam, André, Bayard, Beaumont, Bebronne, Billard, Billen, Binot, Blutz, Boulanger, Bourguignon, Bovy, Brixhe, Burnelle, Chaudier, Christophe, Collienne, Collignon, Collin, Colsoul, Colsoulle, Cordier, Corman, Cornelis, Crins, Crismer, Croisier, Crutzen, Dabin, Dantinne, Deflandres, Delforge, Delrez, Delsupexhe, Delvaux, Demathieu, Despa, Dethier, Dorva, Dorval, Dotrange, Drapier, Duchesne, Dujardin, Elias, Englebert, Ernst, Evrard, Fauville, Ferette, Flament, Fossius, Fraigneux, Frenay, Frisson, Fyon, Genet, Georis, Gilles, Godet, Godin, Gothot, Halain, Halin, Hamoir, Hanssen, Henrotte, Hoven, Hozai, Jadoul, Jamar, Jamart, Jeunechamps, Jeunehomme, Jobbé, Joiret, Josset, Kalff, Labaye, Labeye, Labusier, Lahaut, Lambert, Laschet, Lebois, Leclercq, Ledent, Leloup, Lenoir, Lepersonne, Leruth, Leva, Lévêque, Lhomme, Lismonte, Loncen, Lonnay, Louis, Machurot, Mafatz, Maraite, Marcotty, Masui, Mataigne, Moreau, Morisseau, Moyse, Natalis, Nizet, Nouprez, Olivier, Onclin, Pâque, Peter, Philippet, Pierry, Pip, Pire, Pirson, Poitier, Randaxhe, Ravet, Renard, Renard, Renoz, Reynier, Rome, Rossoux, Rutten, Schumacher, Scindeler, Seret, Seronvaux, Sottiaux, Stassart, Thomas, Varlet, Walthéry, Wanson, Weerts, Wégimont, Welter, Wilkin, Ysaye.


[INFOS QUALITE] statut : validé | mode d’édition : compilation | source : article de François BRAIBANT sur RTBF.BE (22 février 2019) | commanditaire : wallonica | contributeur : Patrick Thonart | crédits illustrations : Archives de l’Etat belge | remerciements à la RTBF


Plus de presse…

22 mai 1967: les 323 morts de l’Innovation

(c) Sylvain Piraux

Le feu se déclencha dans une réserve. Des scènes d’apocalypse au cœur de Bruxelles. L’hypothèse accidentelle fut retenue. En ce lundi 22 mai 1967, plus de deux mille clients se pressent, rue Neuve, dans les rayons de l’Innovation. Ce grand magasin du centre de Bruxelles construit en 1902 par Victor Horta entendait attirer le passant pour en faire un acheteur, l’encageant dans cet espace de fer et de verre qui deviendra tombeau. Bruxelles s’apprête à sacrifier aux cérémonies des communions. Des robes blanches parées de voiles s’alignent au rayon fillettes. Une vendeuse qui s’apprête à reprendre son service au 1er étage perçoit une odeur de brûlé provenant d’un petit local de 6 m² où sont stockées quelques robes blanches. Elles sont en feu. Des pompiers du magasin tentent en vain de réduire le brasier naissant à l’aide d’extincteurs. Dans le magasin, la sonnerie stridente de l’alarme retentit. Elle est confondue avec celle appelant le personnel à reprendre le travail après son heure de table. Il est 13h32. Rien n’arrêtera ce feu qui promet à Bruxelles la plus grande catastrophe civile de son histoire…”

Lire la suite de l’article de Marc METDEPENNINGEN sur LESOIR.BE (21 mai 2017) et voir plusieurs photos d’époque…

Continuer à parcourir la Revue de presse…

NIETZSCHE : textes

Ma formule pour la grandeur de l’homme est amor fati : que l’on ne veuille rien avoir différemment, ni par le passé, ni par le futur, de toute éternité. Il ne faut pas seulement supporter le nécessaire, encore moins se le cacher – tout idéalisme est mensonge face à la nécessité –, il faut aussi l’aimer…

Ecce Homo, Pourquoi je suis si intelligent, §10, 1908

Citez-en d’autres :

LIEGE : la Bibliothèque des Chiroux ouvre une Artothèque (RTBF, 2014)

© ADs / DR

Un nouveau service est offert aux usagers de la Bibliothèque des Chiroux, gérée par la Province de Liège: celui d’une Artothèque. Il propose à n’importe quel affilié à la bibliothèque d’emprunter, gratuitement et pour une durée de 2 mois, une oeuvre d’un artiste contemporain.

Il existe déjà des artothèques en France, en Flandre, et une autre, Wolubilis, créée à Bruxelles en 1972. Mais l’Artothèque des Chiroux est une première en Wallonie, avec actuellement près de 80 oeuvres d’artistes. Le principe est simple, il permet d’emporter gratuitement une oeuvre d’art, aussi facilement que d’emporter un livre, un CD ou un DVD: c’est ce que propose désormais l’Artothèque, intégrée à la Bibliothèque des Chiroux à Liège. “Il suffit d’avoir payé sa cotisation annuelle de 6 euros“, explique Frédéric Pâques, bibliothécaire en charge du projet. “Ensuite, une personne vous montre les œuvres, et vous donne une explication si vous le souhaitez. Vous signez alors un document spécifiant la valeur de l’oeuvre, en vous engageant à la rembourser si elle est détériorée ou volée. Et vous repartez avec l’oeuvre, tout simplement.

Des artistes de différentes disciplines

Près de 80 œuvres d’artistes, illustrateurs, graveurs, photographes, dessinateurs, sont disponibles au prêt. La condition première d’une acquisition est que l’oeuvre soit liée à l’imprimé, car l’Artothèque est installée dans une bibliothèque. Il n’y a donc pour le moment pas de peinture ou sculpture à emprunter. On trouve des artistes largement reconnus tels Jacques Charlier, Jo Delahaut, André Stas, Jean-Pierre Ransonnet, Marcel-Louis Baugniet… Egalement des artistes qui n’ont plus à faire leurs preuves, comme les photographes Pol Pierart, Thomas Chable ou Jean-Paul Brohez. Et enfin, des artistes plus jeunes, que le public des Chiroux pourra vraiment découvrir: Laurent Impeduglia, Benjamin Monti, Aurélie William-Levaux…

Pour Paul-Emile Mottard, député provincial en charge de la Lecture publique, l’objectif est d’amener le public des lecteurs vers les arts plastiques. “Nous souhaitons fidéliser nos lecteurs par ce nouveau service. Ensuite, nous voulons également amener à nous un public de non-lecteurs, intéressés par les arts ou qui ont envie d’essayer. Et enfin, notre préoccupation est aussi d’aider les artistes, en achetant des œuvres mais aussi en les montrant, dans un lieu qui n’est pas aussi spécifique ou pointu qu’une galerie d’art ou un musée, mais un lieu ouvert aux cultures, au même titre que les livres, la musique ou le cinéma.

Une collection en devenir

Un budget annuel de 15 000 euros est prévu pour continuer les acquisitions. La collection se veut représentative des différents courants de la création contemporaine, et est amenée à se développer. Elle a d’abord été constituée à partir d’artistes de la province de Liège, pour ses débuts, mais devrait s’ouvrir à des artistes d’autres horizons dans les mois qui viennent.

Lire l’article d’Alain Delaunois sur RTBF.BE (18 novembre 2014)…


Artothèque de la Bibliothèque des Chiroux, 15 rue des Croisiers, 4000 Liège. Ouvert le vendredi de 13 à 18h et le samedi de 9 à 15h. Un catalogue des oeuvres sera mis en ligne avec des mises à jour régulières.


Plus d’oeuvres disponibles dans l’Artothèque…