PROUST : textes

Temps de lecture : < 1 minute >
Proust, Marcel (1871-1922)

Du côté de Guermantes (1920-21)

Nou​s disons bien que l’heure de la mort est incertaine, mais quand nous disons cela, nous nous représentons cette heure comme située dans un espace vague et lointain, nous ne pensons pas qu’elle ait un rapport quelconque avec la journée déjà commencée et puisse signifier que la mort — ou sa première prise de possession partielle de nous, après laquelle elle ne nous lâchera plus — pourra se produire dans cet après-midi même, si peu incertain, cet après-midi où l’emploi de toutes les heures est réglé d’avance. On tient à sa promenade pour avoir dans un mois le total de bon air nécessaire, on a hésité sur le choix d’un manteau à emporter, du cocher à appeler, on est en fiacre, la journée est tout entière devant vous, courte, parce qu’on veut être rentré à temps pour recevoir une amie; on voudrait qu’il fît aussi beau le lendemain; et on ne se doute pas que la mort, qui cheminait en vous dans un autre plan, au milieu d’une impénétrable obscurité, a choisi précisément ce jour-là pour entrer en scène, dans quelques minutes…

Citez-en d’autres :

VAN DAMME : textes

Temps de lecture : 2 minutes >
V​AN DAMME, Jean-Claude (né en ​​1960)

Si tu travailles avec un marteau-piqueur pendant un tremblement de terre, désynchronise-toi, sinon tu travailles pour rien.

T’as pas besoin d’un flash quand tu photographies un lapin qui a déjà les yeux rouges.

Dans les magasins de lingerie, on ne voit pas de calendriers avec des photos de garage.

Selon les statistiques, il y a une personne sur cinq qui est déséquilibrée. S’il y a 4 personnes autour de toi et qu’elles te semblent normales, c’est pas bon.

Moi, Adam et Eve, j’y crois plus, tu vois, parce que je suis pas un idiot : la pomme, ça peut pas être mauvais, c’est plein de pectine…

Si t’es perdu dans la forêt et que tu restes immobile pendant deux ans, il va pousser de la mousse sur un côté de tes jambes. C’est le Nord.

L’air est fait d’oxygène CO2.

Si tu tues un tueur, le nombre de tueurs dans le monde reste identique.

Quand t’es con, tu sais pas que t’es con puisque t’es con… alors que quand t’es pas con, tu sais que parfois t’es con.

Si tu téléphones à une voyante et qu’elle ne décroche pas avant que ça sonne, raccroche.

Si tu dors et que tu rêves que tu dors, il faut que tu te réveilles deux fois pour te lever.

Je suis fasciné par l’air. Si on enlevait l’air du ciel, tous les oiseaux tomberaient par terre… Et les avions aussi… En même temps, l’air tu peux pas le toucher… ça existe et ça existe pas… Ca nourrit l’homme sans qu’il ait faim… It’s magic… L’air c’est beau, en même temps tu peux pas le voir, c’est doux et tu peux pas le toucher… L’air, c’est un peu comme mon cerveau…

Si tu as peur du noir mais que tu te sens mieux en fermant les yeux, c’est que tu as peur du jour.

La lumière crée de l’ombre et l’ombre est la conséquence de la lumière, mais, si la lumière disparaît, c’est l’ombre qui brille.

Si tu invites des gens qui ont tous le même groupe sanguin à une fête, mais que tu le leur dis pas, ils vont parler d’autre chose.

© Clémentine Mélois

Jean-Claude van Damme a également eu les honneurs de Clémentine Mélois, l’artiste française qui a “épilé l’Origine du monde” : une consécration…


S’amuser encore :

MAQUET : textes

Temps de lecture : < 1 minute >
MAQUET Albert (1922-2009)

Lu (in Djeû d’apèles. Jeux d’appeaux.
Poèmes en wallon liégeois
avec traduction française en regard
,
Ougrée, chez l’auteur, 1947)

​​I m’a trové l’ôte djoû tot seû avou mès ponnes.
I m’a loukî doûcemint èt s’a-st-achou d’lé mi.
Adon n’s-avans foumî tote nosse toûbac’ èssone,
mins nins pus’ onk qui l’ôte nos n’avans måy moti.​​

Poqwè, vî camaråde, èstez-v’ dèdja èvôye ?
Èt mi, poqwè fåt-i qu’ dji v’s-åye lèyî ‘nn’aler ?
Asteûre qui vo-v-rila co ‘ne fèye so tchamp so vôye,
dji n’sé nin çou qui m’ dit qui dj’ vin dè piède mi fré.​

MAQUET A., Djeû d’Apèles

Citez-en d’autres :

REVERDY : textes

Temps de lecture : < 1 minute >
REVERDY, Pierre
REVERDY, Pierre (1889-1960)​​

Tard dans la vie (​1960, paru dans La liberté des mers)​​

Je suis dur
Je suis tendre
Et j’ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j’ai passé
J’ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un cœur où chaque mot a laissé son entaille
Et d’où ma vie s’égoutte au moindre mouvement


Citez-en d’autres :

Perles du BAC… et d’ailleurs

Temps de lecture : 4 minutes >
Désespoir (Williams)
  • Le génie de la Renaissance Italienne : Mickey l’ange
  • Comme souvent, le peuple s’en est pris à un bouc et mystère
  • Les Américains ont perdu la guerre du Nuocmam
  • Noé et son arche se sont échoués sur le mont Arafat
  • Il fut condamne après un procès en bonnet de forme
  • Le marché capitaliste est régulé par la loi du plus fort et de la demande
  • Staline fit déporter la classe des paysans enrichis : les goulags
  • Jean Moulin fut, lui aussi, victime de la barbie nazie
  • Le calendrier révolutionnaire commence en primaire
  • Vendémiaire correspond à la saison des vidanges
  • Les français sont de plus en plus intéressés par leur arbre gynécologique
  • Le Tsar a perdu le pouvoir malgré les occases
  • Le Vietnam est la capitale du Liban
  • Les escargots sont homosexuels
  • La génétique arrivera un jour a clowner les gens
  • L’hypopotamus est le siège du système neurovégétatif
  • L’oxydant chrétien
  • Un collectionneur de timbres est un pédophile
  • Louis XVI avait trahi la France. La preuve : il était protege par des Suisses
  • La tendance à aller vers le soleil s’appelle l’hélicotropisme
  • La médecine preventive soigne la maladie en amont ; la médecine curative en avalant
  • Le cachet de la poste faisant mal au foie
  • Le gouvernement de Vichy siégeait à Bordeaux
  • Les liquides sont incompréhensibles
  • En 1934, Citroën révolutionne la construction automobile en sortant la traction a vent
  • Les sacrifices humains étaient courants chez les pazteques
  • L’éther est un produit très volubile
  • La terre rote sur elle-même
  • On ne peut pas nationaliser tous les étrangers
  • Le général sudiste Bruce Lee
  • Lénine et Stallone
  • A la conference de Versailles, pour les Français : Clemenceau ; pour les Anglais : Boy George
  • D’après le calendrier hébraïque, on est en 5757 après Jesus-Christ
  • Les Romains ont sacrifié le Christ sans lui laisser le temps d’aller a l’église
  • Napoleon III était le neveu de son grand-père
  • Le chèvre est un fromage fait avec du lait de brebis
  • Les Allemands nous ont attaqués en traversant les Pyrénées à Grenoble
  • Le métré est la dix-millionième partie du quart de méridien terrestre, pour que ca tombe juste on a arrondi la terre
  • Le soleil a cessé de tourner autour de la terre le jour où on a menacé de le brûler
  • La force de Coriolis provoque des cyclones dans les lavabos
  • Le cerveau a deux hémisphères, l’un pour surveiller l’autre
  • Le cerveau a des capacités tellement étonnantes qu’aujourd’hui pratiquement tout le monde en a un
  • Quand il voit, l’œil ne sait pas ce qu’il voit. Il envoie une photo au cerveau qui lui explique
  • Toute bactérie a deux doigts : un pour marcher, l’autre pour manger
  • Les végétaux fixent l’oxygène grâce aux globules verts
  • La concurrence était tellement âpre qu’il n’y en avait que cinq dans les dix premiers
  • Un pilote qui passe le mur du son ne s’en rend pas compte : il n’entend plus rien
  • La datation au carbone 14 permet de savoir si quelqu’un est mort à la guerre
  • Un litre d’eau à 20° plus un litre d’eau à 20° égalent deux litres d’eau à 40°
  • Privé de frites, Parmentier inventa la pomme de terre
  • Déjà avant guerre, Mercedes fabriquait des Volkswagen
  • Les passagers de première classe ont moins d’accidents que les passagers de deuxième classe
  • Le chauffage au gaz revient moins cher mais disjoncte tout le temps
  • Castor a pris le pouvoir grace à une guérilla urbaine dans les campagnes
  • Depuis Archimède, les bateaux flottent
  • Les continents dérivent, peinards
  • L’indice de fécondité doit être égal à deux pour assurer le renouvellement des générations parce qu’il faut être deux pour faire un enfant. On peut s’y mettre à trois ou quatre mais deux suffisent
  • Trente personnes travaillent a l’usine, plus les ouvriers
  • Les riches bouffent le gâteau ; les pauvres se contentent des miettes. Plus le gateau est gros plus les miettes sont grosses
  • En 2020, il n’y aura plus assez d’argent pour les retraites à cause des vieux qui refusent de mourir
  • Moise appela Dieu qui sortit d’un nuage et lui dit : “Qu’est-ce que
    tu veux ?”
  • Un prévenu est quelqu’un qu’on a mis au courant
  • Un ver solitaire est un ver qui vit tout seul à la campagne
  • Tous les spermatozoïdes ont un fouet, mais seul le plus fort parvient à ses fins
  • Les ouvriers Japonais commencent leur journée de travail en hurlant des slogans comme : “japonais un jour, japonais toujours”
Et une pensée émue pour le corps médical…
  • Surtout marquez-moi bien la posologie sur la boîte, car je ne sais pas lire.
  • Mon mari prend une quantité gastronomique de médicaments.
  • J’ai un ongle de pied incarcéré.
  • Il fait tellement chaud dans votre pharmacie, qu’on se croirait dans un zona.
  • Depuis que j’ai la pré-ménopause, j’ai des mensualités tous les deux mois.
  • Mon fils est tombé de mobylette : il a le bras pleins d’esquimaux.
  • Je veux un remède de cheval, pour aller plus facilement à la selle.
  • Mon cardiologue va me poser un pince main cœur.
  • J’ai failli faire une conclusion intestinale.
  • On va me faire une césarienne, le bébé ne passe pas par voie orale.
  • On m’a fait une hyposuccion.
  • On m’a fait passer un ULM.
  • Je vais bientôt passer une colomboscopie.
  • Je vais me faire opérer d’un christ aux yeux verts.
  • A l’hôpital, ils m’ont fait un ketchup complet.
  • Mon mari sera prochainement opéré d’une hernie fiscale.
  • Je vous jure, mon médecin m’a parlé de douleurs interpostales !
  • J’ai mal dans le bas du dos. Je crois que j’ai attrapé un bungalow.
  • Mon mari a eu un problème respiratoire à l’anesthésie, on a du l’entuber.
  • Je voudrais un hémophile indien.
  • On m’a dit que vous aviez de la pommade à l’harmonica.
  • Je voudrais une paire de bas de conclusion.
  • Avez-vous la pilule du surlendemain ?
  • On parle beaucoup de la grippe à vierge.
  • J’ai vu ma gynécologue, elle ma fait un ” tutti-frutti “.
  • Que dois-je faire, mon fils fait une érection allergique ?
  • Je voudrais des pastilles pour la gorge. Depuis que mon mari est mort, je n’ai plus rien à sucer…

S’amuser encore…

Anonyme (à notre connaissance…) : textes

Temps de lecture : < 1 minute >
Triptyque satirique (c) Musées de Liège

Le mensonge donne des fleurs mais pas de fruits.


L’armée, c’est le crétinisme de comptoir élevé au rang de discipline olympique.


Gagnez du temps, mangez de l’argent.


Citez-en d’autres :

10 plantes dépolluantes pour purifier l’air intérieur

Temps de lecture : < 1 minute >

“La pollution intérieure serait responsable de 99.000 décès par an en Europe. Elle provient des produits parfumés comme l’encens, les bougies ou les huiles essentielles, mais aussi des produits ménagers, déodorants, laque ou vernis. Mais que peut-on faire contre cette pollution ? Il existe des plantes très efficaces qui raffolent de ces polluants.

Bioépuration

Les plantes « respirent » par un phénomène qu’on appelle la photosynthèse qui leur permet de réduire naturellement le CO2. Mais en plus de ce mécanisme connu, certaines plantes et fleurs épurent l’air environnant. C’est ce qu’on appelle la « bioépuration » ou « purification par le vivant ». Les plantes qui en sont capables purifient l’air en stockant les produits chimiques toxiques dans leurs cellules ou en les transformant. Les scientifiques utilisent alors le terme de phytoremédiation, du grec phyto qui signifie plante et remédiation qui signifie remise en état. Quelles plantes choisir ? Malheureusement, toutes les plantes et fleurs n’ont pas cette fonction de purification de l’air face aux produits toxiques.

Voici une sélection de dix plantes, arbustes et fleurs qui seront bénéfiques pour votre intérieur :

  1. le chrysanthème ;
  2. le chlorophytum ;
  3. le dragonnier ;
  4. le ficus ;
  5. la fleur de lune ;
  6. la fougère de Boston ;
  7. la sansevière ;
  8. le palmier bambou ;
  9. l’aloes ;
  10. le flamant rose…”

Plus de détails dans l’article 10 plantes dépolluantes pour purifier l’air intérieur (la Rédaction, LESOIR.BE du 16 mars 2016)

Plus de presse…

HOWARD, MOORE & BUSH : Zootopia (2016)

Temps de lecture : < 1 minute >
(c) Disney

A Zootopia, une métropole où cohabitent harmonieusement toutes les espèces animales, Judy Hopps, une adorable jeune lapine, fait son entrée dans la police de la ville et tente de s’imposer au milieu des gros durs de la profession. Pour prouver l’étendue de ses capacités, Judy se charge d’enquêter sur une difficile affaire de disparition. Mais elle se voit alors obligée de collaborer avec Nick Wilde, un renard malin, loquace et arnaqueur émérite. Accompagnée de ce compère à la langue bien pendue, Judy se retrouve bientôt confrontée à un événement mystérieux lorsque des animaux reviennent soudainement à l’état sauvage… (voir la fiche du film sur TELERAMA.FR)


Plus de cinéma…

ARNO : Lettre à Donald Trump (2016)

Temps de lecture : 5 minutes >
HINTJENS, Arnold Charles Ernest alias ​ARNO (né en 1949)
Arno

Monsieur Trump,
Hier sur CNN, tu as catalogué Bruxelles de « hellhole ». À vrai dire, ça m’a fait rire, parce que je n’ai jamais fait l’expérience d’une telle fournaise. Cela fera bientôt 33 ans que j’habite dans « the capital of Europe », et je ne compte pas décamper d’aussitôt. Même un chien enrhumé le sentirait à des kilomètres : Bruxelles, c’est ma ville. Dans ma vie, j’ai habité un peu partout : à Londres, à Amsterdam, à Paris. Et en hiver, je m’exile souvent à la mer pour quelques jours. Mais la ville d’Ostende n’est rien d’autre que la fille de Bruxelles. Difficile donc de dire que je m’éloigne vraiment.
Nous sommes plus d’un million à habiter dans cette ville où l’on rencontre le monde entier et où toutes les nationalités se côtoient et s’entremêlent. Parfois, je rentre chez moi le soir sans me souvenir dans quelle langue s’est déroulée ma dernière conversation. J’étais à New York l’année passée d’ailleurs. En terrasse à la Meat Factory, le menu était bilingue anglais-français : je m’y suis senti comme chez moi.
Je ne pense pas que tu sois passé souvent par Bruxelles. Pour pas mal de Flamands et de Wallons, ça vaut également, en fait : ils pensent qu’ils doivent échanger leurs billets contre une monnaie étrangère quand ils descendent du train à la Gare Centrale. Bruxelles est une ville qui en inspire plus d’un : cela explique aussi pourquoi tant d’artistes atterrissent ici. Lemmy de Mötorhead y a habité. Quand Edith Piaf voulait sortir, elle venait à Bruxelles. Le chanteur de Joy Division y est tombé amoureux. On peut y être connu ou célèbre et pourtant rester anonyme. En tout cas, on m’adresse plus souvent la parole ici qu’à Paris. Il m’est arrivé de voir passer Madonna en vélo Rue Dansaert, et de remarquer David Bowie assis tout seul à une table en terrasse : personne ne le dérangeait. Bryan Ferry donnait ses interviews à l’Archiduc, sans être submergé par les foules. Faut l’essayer ailleurs qu’à Bruxelles, ça. Nous n’avons pas de « Star System » comme le vôtre aux Etats-Unis. Pour beaucoup de jeunes créatifs, Bruxelles est le nouveau Berlin : un lieu où ils peuvent se développer. Cinéma, salles de concert, théâtre, danse… toute la ville est culture.
Autre chose : Bruxelles est une des rares villes au monde où l’on peut consommer de l’alcool dès le petit matin. Pas dans un café, hein : dans une poissonnerie. Quand je sors avec des amis étrangers, ils n’en croient pas leurs yeux : c’est du jamais vu pour eux. Je connais des cafés et des bars dont les propriétaires ont paumé la clé de la porte d’entrée il y a des années. Nous avons notre cul dans une énorme motte de beurre ici, mec.
En même temps, je ne mentirai pas : Bruxelles est probablement la ville la plus laide au monde. C’est un gros bordel, et ça pue la merde. Mais c’est l’odeur d’une bonne merde. Quand j’ai déménagé vers Bruxelles, je me suis souvent réveillé avec un gros mal de tête – et ce n’était pas à cause de l’alcool, parce qu’à l’époque, je ne buvais pas encore. C’était à cause de l’odeur. Bruxelles est une « sale beauté ». Oui, il y a plein de trucs qui ne tournent pas rond ici, chaque grande ville a ses problèmes. Il y a beaucoup de jeunes chômeurs d’origine étrangère, il y a du racisme partout : chez les blancs-bleus belges, mais aussi dans d’autres communautés. Des gros cons, on en trouve partout : aucune communauté ne pourra en revendiquer l’exclusivité. Pour moi, la rue appartient à tous ceux qui ont deux narines, qu’il soit Juif, Arabe, Eskimo ou Africain. Peut-être as-tu peur de tous ces gens, et est-ce pour cela que tu dis que Bruxelles est l’enfer ?
Car en toute franchise : je trouve que toi, tu es un bonhomme dangereux, un psychopathe. Un type qui se met à bander dès qu’on lui accorde un peu d’attention. Quelqu’un qui verrait bien un retour aux années 1930, aussi, une époque à laquelle il y a avait une grosse crise et où tout le monde avait peur. S’est alors profilé un type moustachu en Allemagne, suivi d’un autre avec une moustache plus impressionnante encore, en Russie. Hitler et Stalin : tu les connais, n’est-ce pas ? Ta drôle de chevelure montre selon moi clairement que tu as été taillé dans le même bois.
Les Américains que je connais habitent New York, Los Angeles, Miami et Washington, et ils ne sont pas du tout impressionnés par ton discours. Mais il y a apparemment beaucoup d’Américains assez crédules qui adhèrent à tes propos ultraconservateurs. Quand les choses vont mal et que les gens ne sont pas rassurés, il est beaucoup plus facile de leur faire croire que tout est de la faute de l’autre. L’Histoire se répète, et on sait jamais comment une vache finira par attraper un lièvre. Mais ce que je sais, c’est que beaucoup d’Américains ont assassiné des populations entières de villages vietnamiens, et qu’il y a eu plus d’attentats à Paris qu’à Bruxelles. Et aussi que dans n’importe quelle grande ville américaine, chaque jour, plus de personnes sont tuées que chez nous. Tout ça « grâce » à la loi sur la possession d’armes – soutenue par les Républicains, d’ailleurs. S’il devait y avoir un « hellhole » sur cette Terre, il serait bien là me semble-t-il.
Tout le rapportage sur Bruxelles et Molenbeek dans les médias étrangers est d’ailleurs sérieusement sous influence. Il y a quelques semaines, un journaliste néerlandais est venu faire un reportage dans ma rue. Il disait que tous les magasins ferment leur porte à 18h pour des raisons de sécurité. C’est du bullshit pure souche. À la longue, on a l’impression que nous vivons dans une zone de guerre. C’est mauvais pour les cafés et les restos. Juste après les attentats à Paris, le chiffre d’affaires à Bruxelles a chuté de 85%. Je voulais donner une tournée générale dans un café, mais il n’y avait personne – bizarre. Quand à Bruxelles, il y a un truc qui merde, c’est la faute aux politiques : des gens aux grosses moustaches et aux drôles de chevelures.
Pour le moment, je donne beaucoup d’interviews à l’étranger, et tout le monde me demande quelle est la situation à Molenbeek. Molenbeek est devenue plus célèbre que la Belgique. Et quand je réponds que là aussi, il y a de l’eau qui sort des robinets, oui, on me regarde bizarrement. S’il y a des crapules qui se baladent à Molenbeek, il ne faut pas avoir pitié d’eux, non. Mais 95% de la population est constitué de gens accueillants et propres sur eux-mêmes. On y trouve plein de chouettes coins.
Juste une dernière chose : j’espère que tu sais que Jésus était Bruxellois ? James Ensor en a fait un beau petit tableau : la Joyeuse Entrée du Christ à Bruxelles. On peut l’admirer dans un musée à Los Angeles. Faudrait que t’ailles voir ça.
Salut en de kost,
Arno


Citez-en d’autres…

Terme français : déclinisme

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Chez les intellectuels, l’idée de la chute est en pleine ascension. Le déclinisme est l’idéologie montante. Se présentant comme les martyrs d’une pensée unique introuvable (en général, on désigne par là les idées de la gauche), des penseurs le plus souvent très marqués à droite tiennent le haut du pavé en multipliant les prédictions catastrophiques. Tous ? Non, une petite escouade résiste à ce délitement général. Ils cherchent non à jouer les Bisounours du futur mais à donner une définition neuve du progrès.

Laurent Joffrin, Libération, 10 juin 2015

Plus…

L’ombre de l’extrême droite en Wallonie : le CEPIC

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Isoloirs © ULB

Plusieurs organisations néofascistes ou d’ultradroites ont été citées dans le cadre des enquêtes sur les « années de plomb » belges. « RésistanceS », en collaboration avec le mensuel belge « Avancées », vous propose une courte présentation de celles-ci.

Le Centre politique des indépendants et cadres chrétiens (CEPIC)

Le CEPIC se définissait comme un mouvement politique « en réaction à l’organisation et à la structuration de l’aile démocrate-chrétienne » (centre-gauche) du parti social-chrétien. Constitué de différents courants réactionnaires (conservateur, bourgeois et national-libéral) du PSC, il fut actif de 1972 à 1982 avec le soutien dès ses débuts du président Charles-Ferdinand Nothomb. Ses animateurs, qui se retrouvaient au Cercle des Nations, se prenaient pour des « croisés » de la civilisation occidentale. Ils défendaient un programme économique ultralibéral pour s’opposer à l’esprit « collectiviste » de l’époque.

Dirigé par Paul Vanden Boeynants (qui en deviendra son président en 1977), le baron Benoît de Bonvoisin, Jean-Pierre Grafé, José Dessertes, feu Jean Breydel, Cécile Goor, Joseph Michel, Paul Vankerkhoven et bien d’autres, le CEPIC, lors de son premier congrès en 1975, reçut les encouragements de Léo Tindemans (le premier ministre CVP de l’époque).

Cette aile droite du PSC était liée au mensuel d’extrême droite « Nouvel Europe magazine » et au Front de la jeunesse (FJ). En 1982, le président du PSC Gérard Deprez ordonna la dissolution du CEPIC. Une partie de ses membres restèrent au parti catholique, une autre s’en ira au PRL et une troisième mit sur pied une nouvelle formation politique, le Parti libéral chrétien qui devra ensuite changer de nom sous la pression du PRL.

Il faut dire que le nom du CEPIC, associé à l’extrême droite, revenait régulièrement à la une de l’actualité dans le cadre d’investigations sur des dossiers dits « chauds ». Paul Latinus, le chef du groupe secret néonazi WNP, avait même été protégé par certains de ses leaders. Plus tard, le Parti des forces nouvelles (un groupuscule néonazi issu du Front de la jeunesse) accusera le CEPIC de lui avoir piqué son programme politique écrit en 1975, d’avoir confisqué « l’énergie militante des nationalistes » et détourné les « résultats des actions » du FJ d’après l’article « Au royaume pourri de Belgique » publié dans son mensuel « Forces Nouvelles », n° 80, en 1990.

Aujourd’hui, les anciennes gloires du CEPIC se sont éparpillées dans la nature. Certaines ont définitivement abandonné la politique. D’autres poursuivent le combat. Ainsi, à l’heure actuelle on retrouve des “cepistes” dans les directions des principaux partis d’extrême droite. « L’esprit Cepic » se retrouve également dans le journal politico-satirique « Pan ».

Continuer la lecture du dossier de RésistanceS…


Plus de contrat social…

BECKETT : textes

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My very dear Alan,​​
I know your sorrow and I know that for the likes of us there is no ease to the heart to be had from words or reason and that in the very assurance of sorrow’s fading there is more sorrow.
So I offer you only my deeply affectionate and compassionate thoughts and wish for you only that the strange thing may never fail you, whatever it is, that gives us the strength to live on
and on with our wounds.
Ever,​
Sam

(Paris, 19.11.1963)

You’re on earth. There’s no cure for that.

Citez-en d’autres :

25 Propositions pour une République laïque au XXIème siècle (GODF)

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Le Grand Orient de France a publié ces 25 propositions le 9 décembre 2014 et le document complet (.pdf) est disponible via ce lien

“Fidèle aux exigences de Liberté, d’Égalité et de Fraternité qui le fondent, le Grand Orient de France (GODF) a pour principe essentiel la liberté absolue de conscience ; dans le prolongement de ce principe, les statuts du GODF précisent que celui-ci « attache une importance fondamentale à la laïcité ».

Dans un monde que la globalisation bouleverse chaque jour un peu plus au détriment des plus faibles, où les Etats renoncent de plus en plus à prendre en charge les missions d’intérêt général qui seules permettraient de réduire les inégalités et les précarités, où le réveil des intégrismes et des fondamentalismes religieux constitue une menace croissante, le pacte républicain constitue plus que jamais pour la France le levier d’un progrès au service du plus grand nombre.

Premier pilier du pacte républicain, la laïcité doit bénéficier d’une promotion volontariste et sans faille. Or force est de constater qu’aujourd’hui, le politique semble abandonner au juge le soin de fixer les limites du territoire de la laïcité au risque de laisser s’installer une certaine insécurité juridique ; que la notion de laïcité est affaiblie voire dénaturée par tous ceux qui souhaitent en assouplir les règles au nom d’une vision communautariste de la société ou au contraire la durcir pour interdire toute expression des convictions religieuses dans l’espace civil. Face à ces tentatives de redéfinitions contradictoires, il convient de rappeler que la laïcité entendue comme principe politico-juridique et incarnée par la loi de 1905 est seule en mesure d’assurer la neutralité confessionnelle de la sphère publique ainsi que l’égalité et la liberté de conscience des croyants et des non croyants.

L’école laïque et républicaine joue un rôle essentiel dans l’instruction et la formation du futur citoyen. Encore faut-il que cette école soit activement soutenue face aux établissements privés à caractère confessionnel et que le corps enseignant bénéficie d’un cadre réglementaire clair qui lui permette de faire de l’école le lieu de formation des plus jeunes à l’abri de toutes les pressions dogmatiques. Ces règles doivent trouver un prolongement dans l’enseignement supérieur afin que celui-ci ne devienne pas le terrain d’affrontements idéologiques et religieux préjudiciables à sa mission.

De ce point de vue, c’est souvent la loi qui protège et la liberté qui opprime. C’est ce qu’a notamment démontré la loi du 15 mars 2004 dont on a craint un moment qu’elle ne soit remise en cause. C’est donc par la loi que l’on doit mettre un terme à l’érosion lente, continue et souvent insidieuse des principes issus de la loi de 1905 comme l’illustre également le préoccupant financement indirect des cultes par les collectivités locales.

De plus, la laïcité sera d’autant mieux comprise que l’Etat saura aussi mettre son organisation territoriale en accord avec la loi de 1905. Au législateur de concevoir les modalités d’une sortie progressive du concordat dans tous les territoires hexagonaux et ultra-marins qui relèvent encore à ce jour d’un régime dérogatoire.

Il convient aussi, au nom du combat pour la liberté absolue de conscience, de libérer les débats de société des approches dogmatiques qui les enferment dans des préjugés contraires aux droits des personnes, qu’il s’agisse de la fin de vie ou des questions relatives à la procréation, tout comme du monde du sport ou de l’entreprise.

C’est donc bien l’affirmation de la dignité de chacun, du respect mutuel, de la liberté et de l’égalité des droits et devoirs pour tous que le principe de laïcité entend sceller. Il permet de lutter contre les exclusions et toutes les formes de ségrégation. Il donne tout son sens aux valeurs de fraternité et de solidarité. Enfin, la laïcité doit être accompagnée de mesures sociales, économiques et politiques qui permettront, en luttant contre la précarité, la pauvreté et l’exclusion, à tous les citoyens de s’intégrer à la communauté nationale au sein d’une République non seulement laïque mais aussi démocratique, sociale et donc solidaire. C’est ainsi que ceux de nos concitoyens qui sont en proie au doute se détourneront des mouvements extrémistes prônant une contre-société anti-laïque et liberticide.

Déjà en 2001, le Grand Orient de France avait publié un Livre Blanc de la Laïcité, dont les termes demeurent actuels ; en 2005, à l’occasion du centenaire de la loi de 1905, il avait ouvert des Chantiers de la Laïcité, dont la plupart sont loin d’être clos.

A l’occasion de la fête de la Laïcité du 9 décembre, le Grand Orient de France renouvelle son engagement en faveur de la laïcité. Les propositions énoncées ci-après ont pour but de faire prendre conscience à tous que le renforcement des règles laïques dans la sphère publique redonnera un nouveau souffle au pacte républicain, à l’heure où ses principes fondateurs
semblent de moins en moins bien compris voire acceptés.”

Développer la pédagogie de la laïcité
  1. Instaurer une journée nationale de la laïcité le 9 décembre.
  2. Adopter une « charte de la laïcité à l’intention des élus et responsables institutionnels » pour préserver la liberté de conscience de tous les citoyens.
  3. Inscrire dans la Constitution, les principes des deux premiers articles de la loi du 9 décembre 1905 : “ La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes ” ; “ La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ”.
  4. Mettre en place un enseignement des conditions historiques et juridiques d’application de la laïcité dans la formation des professeurs, personnels éducatifs et chefs d’établissements.
  5. Mettre en place un enseignement de la laïcité dans les formations préparant aux métiers des trois fonctions publiques, et des carrières sanitaires et sociales.
Appliquer la loi de 1905 sur l’ensemble du territoire de la République
  1. Favoriser l’adoption des mesures législatives nécessaires à l’application de la loi de 1905 dans les territoires ultramarins où elle ne s’applique pas.
  2. Mettre en place une sortie progressive du régime des cultes reconnus visant l’harmonisation avec le droit commun (loi du 9 décembre 1905).
  3. Abolir au plus tôt le délit de blasphème 1.
  4. Abolir l’obligation de suivre un enseignement religieux dans les écoles publiques.
Promouvoir l’école publique laïque et gratuite
  1. Créer les établissements scolaires publics et les sections nécessaires dans les zones qui en sont dépourvues, chaque fois que les effectifs des élèves concernés le justifient.
  2. Supprimer l’obligation pour les communes de financer la scolarité des élèves dans les établissements privés situés dans d’autres communes.
  3. Faire étudier l’impact du déploiement de la charte de la laïcité dans les écoles et établissements d’enseignement publics.
  4. Faire respecter, par les adultes accompagnateurs de sorties et déplacement scolaires, l’obligation de neutralité religieuse, politique, et philosophique requise par le fonctionnement du service public de l’éducation.
En finir avec les financements indirects aux cultes
  1. Mettre un terme au financement public des activités consistant en l’exercice d’un culte, même présentées comme culturelles.
  2. Faire procéder à un état des lieux chiffré de l’ensemble des financements publics en faveur des cultes.
Faire vivre la laïcité dans l’enseignement supérieur
  1. Les établissements d’enseignement supérieur privés ne peuvent en aucun cas prendre le titre d’universités. Les certificats d’études qu’on y juge à propos de décerner aux élèves ne peuvent porter les titres de baccalauréat, de licence ou de doctorat. Art. L.731-14 du code de l’éducation.
  2. Abroger l’accord entre la République française et le Saint-Siège sur la reconnaissance mutuelle des grades et diplômes dans l’enseignement supérieur.
  3. Faire diffuser dans les établissements publics d’enseignement supérieur, et annexer à leur règlement intérieur, la Charte de la laïcité dans les services publics.
  4. Prohiber, dans les salles de cours, lieux et situations d’enseignement et de recherche des établissements publics d’enseignement supérieur, les signes et tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.
  5. Faire respecter, dans les centres d’examen, l’obligation d’identification, l’interdiction de tout objet ou manifestation susceptible de gêner les autres candidats ou de perturber le déroulement de l’épreuve, et contrevenant à la neutralité des conditions d’examen.
Assurer la liberté de conscience
  1. Audiovisuel – Donner un temps d’antenne sur les chaînes publiques de télévision aux mouvements philosophiques non-confessionnels, et aux courants de pensée laïques, libres penseurs, athées.
  2. Sport – Exiger le respect, dans les compétitions olympiques, de l’égalité hommes-femmes et de la règle 50 de la Charte Olympique interdisant toute forme de « propagande politique, religieuse, ou raciale ».
  3. Ethique – Reconnaître, dans l’encadrement législatif de la fin de vie, le droit de mourir dans la dignité selon les souhaits exprimés par le patient.
  4. Entreprises – Favoriser le développement des chartes de la neutralité religieuse dans les entreprises qui le souhaitent.
  5. Europe – Défendre et promouvoir le respect de la liberté absolue de conscience au niveau européen.

Le contrat social, parlons-en…

Hommage à Christine…

Temps de lecture : 5 minutes >

Ce toit tranquille où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes ;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée !
O récompense après une pensée
Qu’un long regard sur le calme des dieux !

Christine PAGNOULLE (ULG)

J’ai pondu ça pour toi, ce matin, au petit-déjeuner. Je me suis arrêté quand, ô miracle, j’ai réalisé qu’on allait réussir à te coincer quelques quarts d’heure avec nous, ici au Trurlgrrlgtr. Je suppose que Valérie a dû te ligoter assez fermement pour que ne repartes pas à une manif, dans un jardin ou une bibliothèque et je remarque qu’on a décroché les lustres : tu ne pourras donc pas t’y suspendre dans la posture du yogi en fleur d’hiver, la numéro 666, si bien nommée…

Pour fêter ça, un haiku :

Christine est assise
Instant fragile et pourtant
Rhapsodie !

Je n’ai pas trouvé d’autre mot que rhapsodie pour t’honorer : un foisonnement généreux de variations, sur un thème central néanmoins, et dans le respect de l’harmonie. J’aime ça chez toi. Alors, brièvement, quelques variations rhapsodiques avec un sms (un authentique sms de toi !) en ouverture de jeu. Je cite :

Ce dimanche manif de la Citadelle à Vottem, départ 14h (enfin sans doute un peu après) à l’enclos des fusillés / ce lundi au Beau-Mur (19h30), séminaire sur​ Démocratie et internet / ce mercredi à l’art. 23 (18h30), audit citoyen de la dette à Liège et au Beau-Mur formation sur les organisations internationales…

C’est une plaisanterie mais c’est aussi un hommage : non seulement tu es descendue du perchoir de la salle Kurth (ou Gothot) pour marcher avec nous mais tu as marché devant nous, montrant l’exemple aux traînards politiques que nous sommes tous.

Marcher à côté de toi, c’est aussi traduire, et le plaisir n’est jamais très loin (in memoriam mon petit séminaire jubilatoire, si élégamment intitulé “comment assumer le fait effroyable que l’on ne naît pas traducteur professionnel ? ou pathologie de la capilligénose chez le traducteur mâle”).

Pour le plaisir des mots, donc, des extraits de souffrance et de plaisir partagés :

Le Sagrantino
Les Canaiolo, Cesanese et autres Ciliegiolo sont des cépages cultivés en grandes quantités dans des régions aussi étendues que tout le centre-ouest de l’Italie ; ce serait manquer de respect à leur égard que de déclarer le Sagrantino « deuxième cépage le plus prestigieux de la région » : les volumes produits dans cette variété restent trop limités. Jusqu’il y a peu, on ne trouvait du Sagrantino qu’aux abords de villages comme Montefalco et Bevagna ou à différents endroits dans les environs de Perugia, en Ombrie. A l’heure où nous écrivons, la surface totale plantée de Sagrantino n’excède pas les 120 hectares ; ce chiffre devrait néanmoins augmenter fortement dans l’avenir.

L’économique reste une vraie douleur rectale, mais il a aussi fait notre quotidien de gens du passage :

Huit milliards pour huit minutes
Liège pousse un soupir de soulagement. Le projet relatif à la construction d’une ligne à grande vitesse entre la “Cité ardente” et la frontière allemande verra bel et bien le jour, projet comprenant l’aménagement d’un tunnel de 12 milliards de francs à Soumagne. Que les Allemands ne soient pas disposés à investir dans une ligne en site propre entre la frontière et la ville de Cologne, c’est un fait et qui oserait encore revenir à la charge. Liège l’a voulu, Liège l’a eu, “son” TGV, gare comprise. Que la construction d’une ligne en site propre entre Liège et la frontière allemande coûte huit milliards de plus que la modernisation de la ligne existante alors qu’elle représente un gain de temps de huit minutes, c’est un fait et qui oserait encore s’indigner de la facture?

Pire encore que la macro-économie, la science à l’européenne :

Le rapport expose la méthodologie commune aux deux équipes, et présente ensuite les conclusions respectives pour chaque région. Cette démarche a été ado​ptée dans un souci de clarté. La situation propre à chaque région est déjà très complexe en soi, et elle exige que les détails soient examinés à des degrés différents en fonction des effets et des influences découverts. Les exigences inhérentes à une évaluation de ce type, examinant l’aide humanitaire sur un spectre de plusieurs années et en de nombreux endroits, sont très différentes de celles qui sont propres à un projet d’évaluation conventionnelle. Par conséquent, la méthodologie et son raisonnement sous-jacent sont expliqués de manière détaillée. Il était en fait nécessaire d’adopter une méthodologie qui soit modulable en fonction des contraintes et des occasions, ce que reflète sa présentation.

Rien compris ! Revenons à ce qui fait sens, avec la Grande Montagne :

Quand je danse, je danse ; quand je dors, je dors ; et même quand je me promène solitairement dans un beau verger, si mes pensées se sont occupées de choses étrangères à la promenade pendant quelque partie du temps, une autre partie du temps je les ramène à la promenade, au verger, ​à la douceur de cette solitude et à moi.
La Nature a maternellement observé ce principe, à savoir que les actions qu’elle nous a enjointes pour notre besoin nous fussent très agréables également, et elle nous y convie non seulement par la raison, mais aussi par le désir…

Montaigne traduit en français moderne… au départ du japonais ! Il est de ces passages quelquefois surprenants.

Autre traduction du japonais qui fait sens, pour le plaisir encore, un des haikus les plus érotiques que j’aie rencontrés. Il est composé par une japonaise. Je te le livre

t’attendant
un, deux, trois pétales
sur le siège

Un des plus tragiques maintenant, écrit par un français rescapé des tranchées :

En pleine figure,
La balle mortelle.
On a dit : au coeur – à sa mère.

Mais, hauts les cœurs : le tragique, l’érotique, l’économique, le formel, le goûtu, le poétique, Christine est sur tous les fronts, du clavier à la rue ! J’en oublierais presque qu’elle nous a formés et, dans mon cas, à trois choses.

Pour la première, Montaigne encore :

Composer notre manière de vivre est notre devoir, et non pas composer des livres, et gagner non des batailles et des provinces, mais l’ordre et la tranquillité pour notre conduite. Notre grand et glorieux chef-d’oeuvre, c’est de vivre à propos.

Pour la deuxième, Shakespeare pour qui le roi est nu :

Words, words, words…

OK, William, mais autant pour le jeu ; pensez à cette question qui nous taraude tous, nous linguistes : l’occis mort est-il un pléonasme ?

Même dans le silence des idées, j’entends le chant des signes.

Enfin, pour la troisième, les mots d’une amie burkinabée dont je n’ai plus de nouvelles depuis deux semaines : “ton amitié est gravée au revers de mon poumon“.

Que dire de plus, Christine, que ton amitié est gravée au revers de mon poumon. Merci à toi

[prononcé à l’ULG, à l’occasion du départ à la retraite professionnelle de Christine PAGNOULLE]

Inutile de lire : SORMAN J., La peau de l’ours (Gallimard, 2014)

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Un livre de plus à abandonner sur la tablette du train.
Tout commence bien pourtant, comme dans un conte, dont le style n’est pas trop mal singé. Mais Sorman, toute contente de son idée initiale (mettre en regard humanité et animalité dans la même peau, celle d’un bâtard homme-ours qui, malgré lui, est soumis à un voyage qui devrait être initiatique), n’arrive pas tenir la longueur et la pauvre bête qui se voit offrir le rôle-titre n’est rapidement plus qu’un ours savant qui réfléchit… un peu. Les Aventures de Babar étaient plus trépidantes.
La magie du conte, assez efficace dans les premières pages, est aussi rapidement étouffée et remplacée, comme par dépit, par une narration assez linéaire où le découpage en chapitre est le seul vrai rythme, là où on attendait une succession de passages initiatiques que le sujet aurait permis (on tenait enfin un premier “Bildungsroman” plantigrade ; au moins le deuxième, si on considère “Winnie the Pooh”).
Dans un domaine où la géniale orfèvre Siri Hustvedt offre à tous les hommes (AKA “gender-disabled short-sighted humans”) la possibilité d’entrevoir la douloureuse renaissance d’une femme blessée, vue par une femme (Un été sans les hommes, Actes Sud, 2013), l’espoir était grand de voir une romancière explorer une des grandes ambivalences viriles : raison vs. animalité.
Ah ! Quelle est l’auteuse qui arrivera à mettre en oeuvre la finesse acérée de sa plume (In Memoriam Virginia W.) pour décrire la sensation d’avoir les épaules à l’étroit dans un costume trois-pièces ?
Pour l’aider, quelques questions prolégoméniques : Proust péterait-il dans son marais, pendant le bain matutinal ? Shrek s’essuierait-il la bouche après s’être enfourné un demi-kilo de madeleines ?
Desproges aurait précisé (Dieu me tripote !) qu’il s’essuyait toujours la bouche après avoir pété dans son bain. Mais c’est une autre histoire…​​

THONART : Un jour viendra, couleur d’orange (poème, 2014)

Temps de lecture : < 1 minute >

 

Un jour viendra, couleur d’orange…

Appuyé contre son chêne
L’ours éteint sa pipe
Et rentre changer de slip
Lourde est son haleine
Et lourd est son pas

Si un jour ma Reine…
Non, il ne doit pas…

Chaque jour dans sa peine
L’ours à la rivière
Se rince les arrières
Souillés par la frousse
Qu’elle n’arrive pas

Si un jour ma Rousse…
Non, il ne doit pas…

C’est mât de misaine
Quand le matin chante
Que l’ours joyeux bande
Et offre son ventre
Où elle peut s’asseoir

Si un jour ma Tendre…
Non, il ne doit pas…

Coudes sur le rocher
L’ours vise la trouée
Où l’herbe est couchée
Là elle est passée
Et elle l’a aimé

Si un jour ma Femelle…
Non, il ne doit pas…

Sombre dans la caverne
L’ours racle son humeur
Une plaie au cœur
Cette airelle crevée
Qui ne se ferme pas

Si un jour mon Aimée…
Non, il ne doit pas…

Si,

Demain, dès l’aube
L’ours va préparer
Chaque matin aux paupières sablées
Chaque moment où elle peut arriver
Chaque instant où il l’entendra
Chaque chant d’oiseau et sa joie
Chaque sourire qu’elle lui donnera
Et tous les demains qu’il lui bâtira
De ses bras

Et l’ours fixe la clairière
En espoir d’amour
Qu’Elle œuvre toujours
A son Joyeux Retour

Chaque jour…

Patrick Thonart


D’autres du même…

DECOUFLE : Le petit bal perdu

Temps de lecture : 2 minutes >

“Chorégraphier la chanson C’était bien de Bourvil ? Voilà de prime abord une nouvelle idée saugrenue de Philippe Decouflé, chorégraphe qui entretient un lien si particulier avec la vidéo (on lui doit les chorégraphies de clips des Fine Young Cannibals, New Order, une pub pour Polaroïd…) et qui depuis maintenant trente ans nous a habitué à ses loufoqueries (Codex, La voix des légumes ou plus récemment Panorama et Octopus).

Le court-métrage débute avec deux plans détails sur les touches et le soufflet d’un d’accordéon, puis un enchaînement avec un plan panoramique sur une accordéoniste. Un couple (on reconnait Philippe Decouflé), assis derrière une table au milieu d’un pré, apparaît alors à l’écran. Assis ? Voilà qui étonne dans une chorégraphie ! Ce ne sera pas la seule surprise de cette vidéo. On n’abandonnera le couple que pour les passages instrumentaux (des plans sur l’accordéoniste et des vaches, n’y voyez aucun lien). Le chant débute. On s’attend alors à une illustration de la chanson en mime (un clip pour malentendants en somme). Ce serait mal connaître Philippe Decouflé.

Le chorégraphe illustre la chanson, mais à sa façon, en jouant avec l’homophonie de certains mots de la chanson de Bouvil. Si certaines d’entre elles sont faciles (le nom qui devient un non de la tête, le bal est une balle), d’autres sont plus recherchées (“qui s’appelait” devient “ça pelait”, des pelles de tailles différentes, un téléphone et une bouteille de lait, une grimace pour “s’appeLAID”…). Il s’amuse aussi du sens générique de quelques mots, c’est ainsi que la danse des amants qu’on imaginait tendre devient alors un simulacre de danse des canards. Decouflé fait dire à Bourvil ce qu’il souhaite et dénature avec enthousiasme sa chanson. L’ensemble est comique, accentué par les effets sonores (des onomatopées) et visuels (des images en vitesse accélérée), mais aussi touchant (les gros plans accélérés sur le refrain qui symbolisent le temps qui passe inexorablement).

Decouflé, en distinguant langage des mots et du corps réussit son pari en transformant, grâce à la danse, une chanson mélancolique en une oeuvre burlesque (mais pas dénuée d’émotions tout de même). Il nous livre une oeuvre accessible à tous, qui ravira les néophytes comme les connaisseurs. Et une fois les quatre minutes terminées, vous ne pourrez que citer le titre de la chanson de Bourvil et vous dire: C’était bien…”

Visiter le blog LESCORPSEMOUVANTS (article du 6 octobre 2012)

Philippe DECOUFLE est un chorégraphe français, né en 1961. Pour découvrir la compagnie de Philippe Decouflé : DCA (site officiel)

Plus d’art de la scène…

AREALISME : Second manifeste de l’Aréalisme (2011)

Temps de lecture : 2 minutes >
© frederic robert georges

L’Aréalisme est né en nous du fait du ressenti et de la prise de conscience d’une intériorité puissante à laquelle notre expression artistique est soumise.

Depuis cette intériorité, ici au cœur où se tient notre conscience et notre inconscience, chaque oeuvre nous révèle une partie de notre identité, une partie de qui nous sommes totalement.

Pour nous, chaque oeuvre est l’avatar d’un état intime spontané, proche de notre moi fondamental. Ces œuvres ne sont que des écrans de notre être et de son ego et ne font qu’ afficher la réalité visible choisie par notre monde intérieur. Aussi nous aimons les qualifier d’aréalistes, car pour quiconque d’autre, l’essence de ce qu’elles montrent ne peut être d’abord qu’absente ou incomplète, et ensuite ne pourra se révéler, que métissée et unique, refécondée par l’attention de celui qui lui porte son regard.

Ces œuvres que nous aimons nommer aréalistes, peuvent être des formes de contemplations du réel visible et sont des prétextes à l’exploration de nos sentiments, d’un état intérieur toujours présent en nous.

Pour nous, créer des œuvres, développe et nourrit nos mondes intérieurs, mais aussi rappelle leurs existences, rappelle nos individualités, nos climats intérieurs, nous ramène à nous-même, et agit comme un guide vers notre intériorité, vers ce qui existe en nous. Ces œuvres-avatars agissent aussi chez nous comme des mémoires, comme des outils qui nous permettent de nous reconnecter vers notre identité fondamentale.

La qualité “aréaliste” de nos œuvres dépend de la qualité de notre état de contemplation … de la qualité de notre sentiment intérieur… de sa puissance poétique à relier notre monde extérieur et notre monde intérieur et à être un passage, un véhicule qui conduit notre public à goûter à sa propre intériorité.

Pour qu’un artiste se découvre aréaliste et y trouve ainsi sa cohérence, peut-être suffit-il qu’il se ressente et s’invente comme tel.

Ainsi soit l’image.

Second manifeste de l’Aréalisme par Frédéric Robert Georges,
Hans Verhaegen, Isabelle Elias Art et Philippe Graton
(Bruxelles, le 29 octobre 2011)


Voir plus… du réel ?

LAWRENCE : textes

Temps de lecture : 3 minutes >

Et il lui sembla qu’elle était comme la mer, toute en sombres vagues s’élevant et se gonflant en une montée puissante jusqu’à ce que, lentement, toute sa masse obscure fût en mouvement et qu’elle devint un océan roulant sa sombre masse muette. Et, tout en bas, au tréfonds d’elle-même, les profondeurs de la mer se séparaient et roulaient de part et d’autre, en longues vagues qui fuyaient au loin, et, toujours, au plus vif d’elle-même, les profondeurs se séparaient et s’en allaient en roulant de chaque côté du centre où le plongeur plongeait doucement, plongeait de plus en plus profond, la touchant de plus en plus bas ; et elle était atteinte de plus en plus profond, de plus en plus profond, et les vagues d’elle-même s’en allaient en roulant vers quelque rivage, la laissant découverte ; et, de plus en plus près, plongeait l’inconnu palpable, et de plus en plus loin roulaient loin d’elle les vagues d’elle-même qui l’abandonnaient, jusqu’à ce que soudain, en une douce et frémissante convulsion, le fluide même de son corps fût touché ; elle se sut touchée ; tout fût consommé ; elle disparut. Elle avait disparu, elle n’était plus, elle était née : une femme.

L’amant de Lady Chatterley (1928)

ISBN 9782070387434

“Le roman le plus connu de D.H. Lawrence. Son succès repose sur l’idée que c’est le chef-d’œuvre de la littérature érotique, l’histoire d’une épouse frustrée, au mari impuissant, et qui trouve l’épanouissement physique dans les bras vigoureux de son garde-chasse. Mais l’importance du livre est dans la peinture d’un choc historique et social qui constitue le monde moderne. Entre la communauté rurale anglaise et le monde industriel, c’est tout le tissu d’un pays qui se déchire. La forêt du roman, où vit Mellors, le garde-chasse, représente le dernier espace de sauvagerie et de liberté ; lady Chatterley l’y retrouve et s’y retrouve, tout en voyant basculer son univers habituel. Ce roman poétique doit être lu comme un mélange de voyage initiatique, de descente aux enfers, comme une grande lamentation sur l’état de l’Angleterre, aux échos bibliques. L’intrigue amoureuse séduit à une première lecture ; mais le roman a une valeur historique et symbolique…” (en savoir plus via GALLIMARD.FR)

ISBN 9782070295968

En 2006, Pascale Ferran (FR) adapte au cinéma une version antérieure du roman (Lady Chatterley et l’homme des bois) dont Jacques MANDELBAUM dira dans LEMONDE.FR (31 octobre 2006) : “La transposition de Pascale Ferran ne tire pas ses qualités du parfum de scandale provoqué, à l’époque, par la charge érotique du roman. Resserré autour de la relation entre les deux amants, le film tient au contraire tout entier dans la manière, admirable, dont est mis en scène leur insensible rapprochement, surmonté le grand écart social, culturel et physique qui fonde la mutuelle attirance de la belle fiévreuse et de la brute suspicieuse. Pour dire le vrai, on aura très rarement vu au cinéma l’amour et le sexe, la réticence et l’abandon, l’attente et la jouissance, le sentiment et la chair aussi bien filmés qu’à travers le lent apprivoisement de cet homme et de cette femme, pour cette raison qu’ils sont manifestement pensés, et donc filmés, ensemble. La beauté primitive et sensuelle qui habite le film, l’attention qu’il porte à la nature et à la matérialité des choses, aux couleurs, aux tons et aux rythmes changeants à travers lesquels se noue et se consomme la rencontre entre ces deux personnages, tout cela contribue à rendre caduques les questions de morale et de pudeur qui se posent ordinairement en la matière…”


Plus d’amour ?

FERRE Jean : Dictionnaire des symboles maçonniques (1997)

Temps de lecture : 2 minutes >
ISBN 2268025446

“La Franc-maçonnerie est un univers de symboles. Depuis son entrée dans le cabinet de réflexion jusqu’à son accès à la chambre du milieu, le parcours de l’initié en est semé. Voilà qui intrigue le profane et plonge parfois le maçon lui-même dans une profonde perplexité. Pour aider le lecteur à se repérer parmi les symboles maçonniques, Jean FERRE s’attache à faire ressortir la diversité des interprétations, sans toutefois privilégier une école aux dépens d’une autre, et prend appui sur les textes fondateurs (anciens devoirs, manuscrits, rituels) pour retrouver les racines du symbole, sa progression historique, sa richesse. Il étudie chaque outil, précise le rôle des officiers et détaille les divers rites en vigueur. Le Dictionnaire des symboles maçonniques (Paris, Editions du Rocher, première édition en 1997, réédité en 2003), remarquable synthèse sur le monde maçonnique, est à la fois un outil de travail pour le franc-maçon soucieux d’approfondir le sens de sa démarche et un instrument de réflexion pour le profane désireux de pénétrer un monde imprégné de secret.” (Editions du Rocher)

L’auteur, Jean Ferré, avertit le lecteur au début de l’ouvrage : “Ce travail est une recherche, un effort de synthèse, qui vise à apporter des éclaircissements aux Maçons curieux, désireux d’apprendre. Cependant, nous avons décidé de ne pas jouer le jeu des polémistes qui sévissent au sein des différentes Obédiences. Nous avons essayé de travailler au-delà de tout dogmatisme afin de ne froisser aucune susceptibilité. Le présent ouvrage a pour but essentiel de faciliter le travail des Maçons que la Maçonnerie intéresse. Ils y trouveront matière à recherche, à approfondissement. Plutôt que de renvoyer sans cesse le lecteur d’un chapitre à l’autre, nous avons préféré, quand cela n’alourdissait pas trop le texte, re-citer les extraits déjà cités dans un autre article. Dans le même esprit, nous avons daté la source du texte, à chaque citation, afin de bien marquer la « progression historique » et ne pas obliger le lecteur à rechercher systématiquement la date de parution ou d’édition. Parfois, le symbolisme général a été quelque peu négligé, au profit des textes de référence : les Anciens Devoirs, les manuscrits, les divulgations, les rituels. Ainsi le lecteur peut-il mieux se rendre compte des évolutions, des transformations de l’Ordre, des apports et des disparitions d’éléments symboliques survenus au cours de I’histoire. Bien évidemment, en rédigeant ce dictionnaire, nous n’avons pas eu l’ambition d’écrire une oeuvre totale et définitive. Cet ouvrage n’est qu’une approche de la Maçonnerie. Il est destiné à “ouvrir des portes”, à indiquer des directions de recherche à des profanes qui veulent comprendre ce qu’est la Franc-Maçonnerie, à des Maçons qui veulent progresser dans l’Art Royal.

Quelques extraits dans wallonica.org [en construction] :


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