Le discours des Droits de l’homme est paradoxal : par un acte de langage (la Déclaration), il instaure des droits dont il constate qu’ils sont naturels à l’homme

« La Déclaration des droits de l’homme et du citoyen d’août 1789 est auto-interprétative :

  • D’un côté, elle se présente comme un constat : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit » (Article Premier), ou bien « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme » (Article XI). Pour être reconnus et acceptés, il faut que les droits de l’homme se présentent comme déjà existants. C’est ce que dit La Fayette : la Déclaration ne fait que décrire ce que tout le monde sait. Pour qu’un consensus s’impose, il faut dénier l’acte performatif, faire en sorte qu’on puisse croire qu’on n’a rien ajouté d’autre que l’énonciation des droits.
  • et d’un autre côté, elle est prescriptive. « Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune » (suite de l’Article Premier). « Tout citoyen peut parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté, dans les cas déterminés par la loi ». »Ne peuvent » signifie ici : « ne doivent ». C’est un performatif. Comme toute loi, cet acte de langage s’impose par la force. Pour acquérir force de loi, il présuppose un pouvoir… »

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