La ​sérendipité​, une simple mode ?

Inventé par l’anglais Horace Walpole au XVIIIe, le terme « sérendipité » évoque un conte persan (e.a. de MAILLY, Louis, Voyages et aventures des trois princes de Serendip) où les héros de l’histoire découvrent des choses qu’il ne cherchaient pas du tout, « par accident et sagacité ». Aujourd’hui, la sérendipité évoque le fait de découvrir fortuitement quelque chose qu’on ne cherchait pas, dans le cadre d’une recherche sur un autre sujet. Cette possibilité de découvrir « à l’insu de son plein gré » est un argument contre une trop grande spécialisation et une technicité au service d’une efficacité définie a priori. Comme l’explique Sylvie Catellin dans son livre sur le sujet (CATELLIN S., Sérendipité. Du conte au concept, Seuil, 2014) :

« la découverte ne peut jamais surgir du seul apprentissage des savoirs disciplinaires, mais implique l’art de l’interprétation des traces et des signes, la disponibilité de l’esprit à accueillir ce qui le surprend et le déroute. »​

Étrangement, la sérendipité sert le propos encyclopédique en ceci que l’homme, ne pouvant tout savoir (d’où l’intérêt d’un outil de référence comme une encyclopédie) et désirant savoir plus que ce qu’il connaît (d’où l’intérêt d’un site encyclopédique où la logique binaire de la base de données peut « surprendre » le fil d’une recherche ciblée a priori), l’homme donc peut être surpris par la découverte d’une pépite de savoir, au détour d’un hyperlien un peu déviant, et s’en réjouir. Du coup, notre métier consiste également à rendre possible cet étonnement devant l’imprévu qui enrichit…

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