Concert KulturA : Left Lane Cruiser (US) + Renaud Lesire (BE)

24 octobre 2017 : concert RENAUD LESIRE au KulturA (Liège, BE)
« Viens, Chérie, on rentre nourrir le chat… »

Ca avait mal commencé, pourtant : alors que le brave Renaud Lesire (« Blues | One-man bluesband | Delta, Country and Chicago blues ») avait ouvert le feu en première partie et qu’il grattait du bon blues comme-là-bas-dit-donc (on connaît l’homme, il sait y faire), une grève générale du technicien-son rendait la guitare aussi gluante que l’épave d’un camion de Nutella en plein soleil : voir les mains magiques du bluesman s’affairer sur son instrument sans pouvoir distinguer le beau son gras que ses doigts savent si bien sortir des différentes guitares, on l’avait tous mauvaise. Viens, Chérie, on rentre…

Puis, un sursaut d’humanité a ramené l’absent à sa table de mixage et la magie a repris après quelques glissements de curseurs. Renaud Lesire n’a pas démérité et le public post-ado qui lui était déjà acquis en a eu pour son argent : du Delta rugueux au Chicago plus stylé, le tout mâtiné de quelques passages de picking alla Chet Atkins, il y en a eu pour tous les goûts. Merci Renaud. Viens, Chérie, on rentre…

« Attends, ça va déménager, maintenant… »
24 octobre 2017 : concert LEFT LANE CRUISER au KulturA (Liège, BE)

Derrière le bar du KulturA (Liège, BE), Clément a l’œil à tout et il me retient d’une de ces œillades concupiscentes dont il a le secret : « Renaud Lesire, c’est déjà chouette, mais tu dois voir les deux gars de Left Lane Cruiser, tu vas adorer ! ». OK, on est resté et… on n’a plus touché le sol avant le matin suivant (acouphène compris).

Originaires de l’Indiana (US), les deux larrons font du Blues post-Punk tendance Rock-garage, m’explique-t-on. Là, j’ai pas tout compris mais j’ai quand même réalisé qu’il n’y avait aucun rapport avec les dimanches que mon grand-père passait, justement dans son garage, à simoniser le capot de son automobile, en écoutant la « Palomaaa ».

Fredrick « Joe » Evans IV (guitares et chant) éructe ses tunes avec une voix de camionneur enroué, version Evil Dead, avec la gueule de bois en plus. On passera sur l’humour ringard de ses commentaires de transition (le garçon est américain, il n’y peut rien) parce que la manière dont sa gueulante de gorge racle les accords de guitare est inimitable (comme la Suze !) et que l’agilité de ses 666 doigts, c’est du jamais vu : à l’entendre, j’ai réalisé combien les cordes n’étaient qu’un moyen parmi d’autres de sortir du son d’une guitare. Bref, du bonheur-bien-gras-de-l’enfer-de-la-mort-qui-tue.

Aux côtés du Golem hurlant, Pete Dio joue l’érotisme pur aux percussions. Son jeu est précis et presque didactique, tant c’est lui qui structure toute la masse sonore qui sort du duo. Là où la voix et la guitare jouent la bombe à gluons et font rebondir les danseurs sur le mur opposé, les beats de Dio scandent chacune des marches qui monte vers l’explosion finale : il accélère, ralentit, il syncope, il détaille puis marque l’arrivée au palier d’une frappe de fin du monde pour ensuite re-ruisseler vers le bas et reprendre la progression. Ce type doit arrondir ses fins de mois en faisant du porno soft, côté bruitage, c’est pas possible autrement.

Soft, le concert ne l’a pas été et la salle n’a pas retrouvé sa respiration nocturne tout de suite, tellement les spasmes rythmiques de Pete Dio et les riffs peu articulés Fredrick J IV ont continué à pulser dans le ventre de tous ceux qui avaient rejoint Roture ce soir-là. Merci Clément…

Pourquoi lire également la chronique de Patrick THONART sur QUATREMILLE.BE (article du 3 novembre 2017) ? Parce qu’il y a les photos de Marie Valentine GILLARD en cadeau…

Plus de scène…

EXPO | Raoul UBAC à la Boverie (23.03-10.09.2017)

La Boverie (Liège, BE), du 24 mars au 10 septembre 2017

« C’est à l’occasion de la Rétrospective Raoul Ubac (1910-1985), organisée par le Musée des Beaux-Arts de Liège pour le centenaire de la naissance de l’artiste, qu’une importante collection d’œuvres de Raoul Ubac, celle de Jacqueline et Alain Trutat, a été proposée en donation au Musée. Cette donation concrétise le vœu de Jacqueline Trutat, née Jacqueline Harpet, de ne pas disperser un ensemble très complet de quarante-six œuvres, qui révèlent la grande diversité, mais aussi la cohérence thématique, des différentes techniques utilisées par Raoul Ubac depuis la Seconde guerre mondiale… »

Lire la suite sur LABOVERIE.COM

D’autres incontournables du savoir-regarder :

PARUTION | Une fin de siècle à Liège (2016)

HOUET & CAO, Une fin de siècle à Liège (Editions de la Province de Liège, 2016)

HOUET Michel (photographe) & CAO Jean-Pierre (journaliste), Une fin de siècle à Liège : 20 ans de photographies de presse (Editions de la Province de Liège, 2016)

La disparition de la presse régionale ne fait aucunement écho à un recul, un déclin, ni même un appauvrissement de la vie à l’échelle locale. Au contraire, la vie politique et culturelle, les mouvements sociaux, la scène musicale, le développement de l’urbanisme, le monde associatif et bien d’autres secteurs n’ont jamais été aussi riches d’investissements, d’engagements, d’enjeux et de controverses. En se focalisant sur les années 80 et 90, « Une fin de siècle à Liège, 20 ans de photographies de presse » témoigne des tensions multiples qui ont traversé la Ville de Liège par le passé. Et si le souvenir est parfois douloureux, il implique aussi, en filigrane, l’essor irrésistible dans lequel la Cité ardente semble désormais bien ancrée !​

L’ouvrage n’est pas une « banale » compilation de photographies de presse, mais bien une succession de témoignages des petits et grands événements qui ont eu lieu à Liège, vus à travers le prisme de l’appareil photo de Michel Houet. « Une fin de siècle à Liège » regroupe en effet une série de photographies de presse prises entre 1983 et 1999 dans le cadre de reportages ‘en commande’, pour une partie, mais aussi et surtout ‘à la pige’. Il faut savoir que le système de l’époque, imposé par la plupart des organes de presse, exigeait la présentation physique des photographies au rédacteur en chef. Celui-ci faisait alors son choix selon ses propres critères et décidait ensuite de publier… ou non ! Les photographes de presse (4 ou 5 à l’époque à Liège) étaient donc payés uniquement si leur travail était publié. Quotidiennement (dimanche compris), les reporters photo passaient dans les rédactions l’un après l’autre (parfois en même temps, ce qui pouvait donner lieu à des situations de tension réelle) afin de vendre leur production. Bien souvent, le premier arrivé gagnait de quoi continuer ses reportages jusqu’au lendemain. N’oublions pas qu’il fallait réaliser les prises de vue, développer les pellicules, réaliser les tirages et encore prendre la voiture pour passer de rédaction en rédaction avec les images… le tout parfois en moins de deux heures ! Les relations (amicales ou non) avec les éditeurs et la qualité du travail étaient évidemment deux critères déterminants, mais dont la subjectivité avait pour conséquence directe de maintenir une pression constante sur les photographes. Il va sans dire que nous étions loin d’une quelconque forme de sécurité de l’emploi ; la passion, l’énergie, l’abnégation, l’adrénaline, étaient les principaux moteurs de ces « demis fous ». Les principaux journaux dans lesquels ces images ont été publiées sont : Vers L’Avenir, La Libre Belgique/La Gazette de Liège, La Cité, La Wallonie, Le Vif, Combat, La DH, Le Soir…

Diplômé en photographie de l’Institut Saint-Luc à Liège en 1980, Michel Houet exerce sa profession à titre principal depuis 1983. Au fil des années, le photographe de presse qu’il était à l’origine s’est mué en partie en opérateur officiel de l’ULg tout en poursuivant une activité indépendante. Michel Houet réalise quotidiennement des reportages et des illustrations personnalisées pour le compte de plusieurs institutions, journaux, sites web et entreprises.

Journaliste depuis le début des années 80, Jean-Pierre Cao collabore à de nombreux titres liégeois et nationaux, en presse écrite (La Wallonie, La Meuse, La Cité, La Libre Belgique- Gazette de Liège, L’Avenir…) et audiovisuelle (FM 56, Télévesdre, RTBF…). En radio, il travaille pour Bel RTL depuis la création de la chaîne en 1991.

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EXPO | Rétrospective Rik WOUTERS

Rétrospective WOUTERS aux Beaux-Arts 2017

Figure de proue du fauvisme brabançon, Rik Wouters laisse une œuvre éclatante et colorée, loin des drames qui ont marqué son existence jusqu’à sa disparition prématurée en 1916, à l’âge de 34 ans. Rik Wouters a dominé tant la peinture, la sculpture que le dessin : son parcours extraordinaire l’érige aujourd’hui en Maître incontournable de l’Art moderne en Belgique. La rétrospective qu’organisent les Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, en partenariat avec le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, est exceptionnelle. Pour la première fois, ces deux musées rassemblent en une seule exposition la plus importante collection d’œuvres de l’artiste belge le plus illustre du début du XXe siècle. Des prêts rares de collections privées et de grands musées internationaux complètent l’ensemble. Cette exposition majeure clôture les hommages liés au centenaire de la mort de l’artiste. L’art de Rik Wouters, c’est avant tout une abondance de couleurs et des sujets authentiques, simples, touchants. Par son langage visuel, la construction de ses sujets et la richesse lumineuse de sa palette, il a développé un style d’avant-garde, tout en ayant été associé à Ensor, puis Cézanne ou encore Renoir. Rik Wouters fut rapidement apprécié par ses contemporains ; son talent fulgurant, fauché dans sa jeunesse par la Grande Guerre puis la maladie, nous lègue un héritage artistique fascinant et magistral…

Continuer sur le site des Musées Royaux des Beaux-Arts de Bruxelles (BE)
L’exposition est accessible jusqu’au 2 juillet 2017

EXPO | Jeanloup SIEFF : Les années lumière + Borinage, 59

(c) Jeanloup SIEFF

​«Les gens qui ne me connaissent pas se font de fausses idées à mon sujet. Ils s’imaginent que je suis un peu orgueilleux, un peu dilettante, un peu distant… mais ils se trompent, je le suis totalement.» Elégance et légèreté, classicisme et sensualité sont quelques qualificatifs pour évoquer les photographies de Jeanloup Sieff (1933-2000). Reporter indépendant, un temps membre de l’agence Magnum – il reçoit en 1959 le Prix Niépce pour son reportage sur le Borinage – c’est cependant dans la photographie de mode qu’il va s’illustrer. Réalisées principalement pour de prestigieuses revues de mode telles Harper’s Bazaar, Elle, Vogue ou British Mode, ses photographies s’émancipent pourtant de la commande par l’originalité des cadrages, la densité des impressions et le choix du grand angle qui les rend immédiatement reconnaissables. Car il y a bien un style Sieff avec ses femmes-icônes portant les créations de prestigieux couturiers, ses nus féminins saisis dans leur troublante intimité, ses paysages déserts qui sont le visage solitaire de ce photographe pratiquant l’amitié avec les vedettes de l’écran ou de la politique qu’il rend si proches, s’effaçant derrière le modèle. Sieff épure sa photographie, en conservant les lignes maîtresses, les coulant dans des noirs profonds, rejoignant l’esthétique d’une époque, les «Trente Glorieuses» qu’il incarne à la perfection.

Au Musée de la photographie de Charleroi (BE) jusqu’au 5 mai 2017…