Le sexe est-il si important ?

Grant WOOD, American Gothic (1930) © Art Institute of Chicago

“Tout, dans notre société, semble indiquer que le sexe trône au sommet de la pyramide de nos préoccupations. Vraiment ? La confrontation avec la réalité réserve quelques surprises…

De la presse, qui fournit sans relâche des recettes pour booster son désir et intensifier son plaisir, à la mode, qui continue à placer la « désirabilité » en tête de ses valeurs, sans oublier les romans érotiques grand public, au succès ininterrompu, ni la pornographie en ligne et les innombrables sites de rencontres, tout semble indiquer une insatiable appétence collective. Et pourtant. Les résultats d’un sondage Ipsos pour Philosophie magazine, « Les Français et la sexualité » (2013), altèrent passablement la représentation d’une libido obsédante et triomphante. 70 % des sondés ne sont pas d’accord avec l’affirmation suivante : « Dans la vie, il n’existe pas de plaisirs plus forts que ceux qu’offre la sexualité. » 47 % pensent que la société en général, et les médias en particulier, lui donnent une importance exagérée. Enfin, 47 % affirment que le sexe est un plaisir dont on peut se passer. Fin du fantasme, place à la réalité.

Un discours normatif et anxiogène

Cette réalité n’étonne pas les thérapeutes et les sexologues qui, pour la plupart, trouvent le discours social sur la sexualité normatif et anxiogène. « La sexualité est vécue comme une épreuve sportive, détaille Jean- Marie Sztalryd, psychanalyste et ex-directeur du diplôme universitaire d’étude de la sexualité humaine (Paris-XIII). Il y a l’idée de la performance, de la réussite, de la nécessité d’aller toujours plus loin, d’avoir la bonne fréquence, la bonne manière de faire. Tout cela renvoie à la question de la normalité, qui arrive en tête dans les interrogations des patients. » Gérard Ribes, auteur de Sexualité et vieillissement, psychiatre et sexologue, dénonce une sexualité de comptage, réduite à la génitalité et conditionnée par la performance. « Tout, dans notre culture et dans notre société de consommation, renvoie à une sexualité pulsionnelle dans laquelle l’immense majorité des hommes et des femmes ne se retrouve pas. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que cette activité soit perçue comme anxiogène et donc pourvoyeuse de moindres plaisirs. »

Le plaisir sexuel conditionné à un savoir-faire normé serait ainsi, selon la psychanalyste Sophie Cadalen, un plaisir sous contrôle. « Se questionner sur la normalité – ai-je la bonne fréquence, les bonnes compétences ? – revient à réclamer un mode d’emploi, lui-même source d’anxiété et de frustration. Au bout du compte, cela fait de nous les acteurs de notre soumission. Une telle posture est évidemment le contraire de la liberté sexuelle, le contraire d’une sexualité personnalisée et donc pleinement satisfaisante. » C’est ainsi que les couples et les individus en viennent à s’inquiéter d’un prétendu déclin de leur désir, de ne pas être branchés SM ou échangisme, ou à calquer leurs ébats sur ceux des professionnels du sexe. Et finissent par considérer ce dernier comme un plaisir dont on peut se passer (il ne fait d’ailleurs pas partie des besoins recensés dans la pyramide de Maslow).

Lorsqu’on lui demande si le sexe est devenu une activité surévaluée, un accessoire très accessoire dans nos vies, Mireille Dubois-Chevalier, médecin et sexologue, commence par interroger le terme même. « Le sexe, ça veut dire quoi au juste ? S’il est conçu uniquement comme une rencontre génitale, une copulation parce qu’il le faut socialement ou qu’on doit satisfaire l’autre, alors, oui, c’est évident, on peut s’en passer et trouver plus de plaisir dans un bon repas ou dans le sommeil. En revanche, si on considère le sexe comme une rencontre qui engage vraiment l’être dans son désir, et dans laquelle ce désir se transforme en plaisir physique et émotionnel, alors il semble difficile de s’en passer. Tout simplement parce que la jouissance ressentie est telle qu’elle est un encouragement à recommencer. »

Ce qui fait l’érotisme, c’est le désir

Cela signifie-t-il alors qu’une moindre fréquence de relations sexuelles dans le couple soit le signe de son échec sur le plan sexuel ? « Pas le moins du monde, poursuit Mireille Dubois-Chevalier. Si le “régime” convient aux deux partenaires, qu’ils se sentent bien ensemble, qu’ils n’éprouvent ni frustration ni ressentiment, il n’y a pas de questions à se poser. » Sophie Cadalen va même plus loin en évoquant le cas d’hommes et de femmes, en couple ou pas, qui avouent avoir une vie sexuelle très active mais n’en retirent pas de satisfaction. « Ils peuvent faire l’amour plusieurs fois par jour mais de manière mécanique, sans investir la relation, car ils ne sont pas vraiment désirants. » Ainsi, une relation peut être sexuelle sans être érotisée ou inversement. Car ce qui fait l’érotisme, ce qui sexualise le lien, ce n’est pas forcément l’acte sexuel, mais le désir. Jean-Marie Sztalryd évoque ce patient de 90 ans venu le consulter avec sa compagne et disant à celle-ci : ““Je m’endors depuis quarante ans avec ma main posée sur tes fesses. Ce n’est pas de la sexualité, ça ?L’érotisation du lien peut s’exprimer de mille et une façons : une certaine connivence, une proximité physique qui joue de la séduction ou du trouble, une sensualité, des plaisirs partagés…

Freud aurait donc finalement raison. Tout est sexuel, dès lors que notre désir est engagé. « Et cela commence avec l’oralité chez le bébé, précise Jean-Marie Sztalryd. Tout peut être érotisé : une voix, un geste, écrire une lettre, échanger un regard dans le métro… En fonction de leur histoire, certains vont investir plus que d’autres l’activité sexuelle. » Pour la psychanalyse, le goût pour l’activité sexuelle n’est pas une question de tempérament mais d’énergie psychique que l’on engage ici plutôt que là. C’est aussi, selon Michel Reynaud, psychiatre spécialiste des addictions, une question de gènes. « On sait aujourd’hui qu’il existe des déterminants biologiques expliquant les différences d’appétence sexuelle. Certains gènes incitent à la recherche de sensations intenses et de plaisir. Les individus possédant ce capital génétique ont tendance à avoir une sexualité plus précoce et plus active tout au long de leur vie. Ce sont aussi des personnes plus sensibles aux addictions. Ce déterminant biologique influence le comportement sexuel à hauteur de 30 %. Les deux autres tiers concernent le développement précoce (nos premiers liens affectifs) et le contexte social (culture de la famille, culture de la société). » Pourtant, ce n’est pas ce capital génétique qui fera forcément de la sexualité une expérience intense.

La jouissance comme conquête sur soi

Pour Sophie Cadalen, ce qui rend le sexe unique, ce qu’il apporte d’essentiel à nos vies, c’est une jouissance qui nous emporte et qui, pour advenir, exige que l’on abandonne le souci de notre image, le contrôle de notre corps, la peur d’être jugé. « Il y a quelque chose d’impitoyable dans la rencontre avec nous-même à laquelle nous convoquent le désir et la jouissance, affirme la psychanalyste. Tout ce que l’on tient pour acquis, nos goûts, nos certitudes, nos craintes, tout vole en éclats dès lors que l’on consent à s’y abandonner. Y compris dans le couple. Ce ne sont pas les habitudes qui tuent la sexualité, c’est la peur de se découvrir, de montrer des facettes de soi inconnues, dérangeantes. C’est ne pas se permettre ce dévoilement. Il est plus facile d’incriminer l’autre (il ne me propose rien) ou bien la “mécanique” (j’ai des problèmes d’érection) ou préférer l’idée d’une sexualité qui s’étiole, plutôt que d’explorer sa diversité. » La jouissance comme une conquête : sur soi, sur nos préjugés, nos certitudes, nos peurs, et sur notre inavouable propension à rechercher la sécurité plutôt que la liberté.

La révolution par l’orgasme

L’œuvre de Wilhelm Reich (1897-1957), psychiatre et psychanalyste disciple de Freud, connu pour son engagement en faveur de la libération des masses par la satisfaction sexuelle, suscite un regain d’intérêt. Ses thèses resurgissent chaque fois que l’on tente de comprendre la barbarie (celle des prêtres pédophiles, des assassins de Daech…) comme un effet de la répression sexuelle. Le psychanalyste Joël Bernat, qui a étudié son œuvre de près, n’en est pas surpris : « Reich, qui a pensé la libération individuelle et sociale, revient dans des périodes où l’on ressent le besoin de lutter contre la massification, qu’elle soit politique, religieuse ou économique. » Si la satisfaction sexuelle et l’orgasme faisaient fonction, pour lui, d’antidote aux névroses individuelles et à ce qu’il appelait « les pestes émotionnelles » (l’exploitation de l’homme, le fascisme, la servitude volontaire, les dogmes religieux, les normes sexuelles…), c’est parce que « Reich concevait la sexualité comme une énergie qui pousse l’individu à sortir de chez lui, à entreprendre, à rencontrer les autres. À désirer, donc, au sens large. Pour lui, cette énergie constitue le sujet, elle le singularise. Dès lors qu’il la laisse s’exprimer pleinement dans la sexualité, il en retire un plaisir qui non seulement libère ses tensions mais le rend plus indépendant, en lui donnant un sentiment de puissance difficilement compatible avec la soumission. C’est ce plaisir intense né de la rencontre vraie, de sujet à sujet, qu’il appelle orgasme ». On comprend mieux pourquoi une sexualité affranchie des diktats et des normes (rigorisme religieux ou pornographie) est une menace pour les sociétés de contrôle. Et un moyen, pour ceux qui trouvent le joug trop pesant, de s’en libérer.”

Lire l’article original de Flavia Mazelin Salvi sur PSYCHOLOGIE.COM (février 2017)


Plus d’amour…

LELOUP : les degrés de l’amour

KLEE Paul, Lettre fantôme (1937)

C’est Jürgen HABERMAS qui précise que, pour jouer son rôle, l’intellectuel doit aider à formuler les questions, pas à donner les réponses. Or, quand on parle d’amour en français, c’est le vocabulaire qui manque pour se poser les bonnes questions. S’ils n’ont pas utilisé cinquante nuances d’amour, les Grecs classiques disposaient quand même d’une dizaine de termes distincts pour le dénoter, que le penseur chrétien Jean-Yves Leloup a agencés selon une échelle de dix degrés dans son livre sur Les Epitres de Jean :

10 agapè amour – gratuit
universel
L’amour qui fait tourner la terre, le cœur humain et les autres étoiles, ce n’est pas seulement moi qui aime et qui t’aime, c’est l’amour qui aime en moi…
9 charis amour – célébration Je t’aime parce que je t’aime, c’est une joie et une grâce d’aimer et de t’aimer, je t’aime sans condition et sans raison…
8 eunoia amour – dévouement J’aime prendre soin de toi, je suis au service du meilleur de toi-même…
7 harmonia amour – harmonie Que c’est beau la vie quand on aime, nous sommes bien ensemble, avec toi tout est musique, le monde est plus beau…
6 storgè amour – tendresse Je suis le meilleur de moi quand tu es là, j’ai beaucoup de tendresse pour toi, je suis heureux que tu sois là…
5 philia amour – amitié Je te respecte, je t’admire, j’aime ta différence, je suis bien sans toi, je suis mieux avec toi, tu es mon meilleur ami, j’aime être avec toi, tu me fais du bien…
4 eros amour – érotique Je te désire, tu me fais jouir, tu es belle, tu es beau, tu es jeune…
3 mania pathè amour – passion Je t’aime passionnément, je t’ai dans la peau, tu es à moi rien qu’à moi, je t’aime comme un fou, je ne peux pas me passer de toi…
2 pothos amour – besoin Tu es tout pour moi, j’ai besoin de toi, je t’aime comme un enfant…
1 porneia amour – appétit Je te mange, je t’aime comme une bête…

Sources :


Plus d’amour ?

CORRADINI Antonio (1668–1752) : voiles

CORRADINI Antonio, La pudeur (détail du monument funéraire pour Cécilia Gaetani, Naples, chapelle Sansevero, 1752)
CORRADINI Antonio, La pudeur (monument funéraire pour Cécilia Gaetani, Naples, chapelle Sansevero, 1752)
CORRADINI Antonio, La femme voilée / La foi (?) (Paris, Le Louvre)
CORRADINI Antonio, La pureté (Venise, Ca’Rezzonico, musée du XVIIIe siècle vénitien,1717-1725)

Plus de formes…

Pour la Journée internationale du baiser : 8 raisons qui prouvent qu’il est bon pour la santé…

ENSOR James, Squelettes se disputant un hareng saur (1891) (c) Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique

“French kiss ou baiser d’esquimau, tendre ou passionnel, peu importe. Tout le monde aime s’embrasser. Même si le baiser n’a pas la même signification aux quatre coins de la planète, il est, globalement, une marque d’affection ou d’amour. Mais si vous pensez qu’en embrassant quelqu’un, vous ne lui donnez qu’une preuve d’amour, détrompez-vous! Le baiser possède plein de vertus, tant pour la santé que pour le bien-être. A l’occasion de la Journée internationale du baiser, ce 6 juillet, en voici quelques-unes.

  1. Il est bon pour les dents […] ;
  2. Il permet de brûler des calories[…] ;
  3. Il booste les défenses immunitaires […] ;
  4. Il réduit le stress […] ;
  5. Il peut réduire les symptômes des allergies […] ;
  6. Il accroît le désir sexuel (et le sexe, c’est bon pour la santé) […] ;
  7. Il développe l’estime de soi […] ;
  8. Il en faut peu pour être heureux… […].”

Pour en savoir plus, lire l’article de la rédaction du HUFFINGTONPOST.FR (6 juillet 2017)


Aimer plus encore…

clitoris

Le seul organe du corps humain qui sert uniquement au plaisir ? Un court métrage de Lori Malépart-Traversy (2016) a déjà remporté de nombreux prix en festivals…

Plus de vie…

Les fesses de Simone de Beauvoir censurées ?

Simone de Beauvoir à son bureau en 1953• Crédits : Keystone-France/Gamma-Keystone – Getty

“La comédienne et metteur en scène Anne-Marie Philipe prépare un spectacle à partir des correspondances de Simone de Beauvoir. Le spectacle a déjà été donné au printemps à Deauville, et doit arriver à Paris à l’automne, au théâtre des Mathurins. Trois comédiennes différentes joueront trois tranches épistolaires dans la vie amoureuse de Simone de Beauvoir. L’une d’elles, Camille Lockhart, a poussé un coup de gueule sur Facebook ce mardi matin en sortant de répétition : elle affirme sur le réseau social que le groupe JC Decaux, qui gère notamment l’affichage dans le métro, sur les kiosques à journaux et les fameuses “colonnes Morris”, a décidé de déprogrammer la campagne de promo du spectacle…”

Lire la suite de l’article sur FRANCECULTURE.FR (21 juin 2017)…

Sur Facebook, une comédienne s’est révoltée contre JC Decaux. L’entreprise aurait selon elle censuré, dans le métro et sur les colonnes Morris, une affiche de spectacle représentant l’auteur du Deuxième Sexe nue et de dos. Le groupe d’affichage publicitaire dément.

Quelle ironie. Une affiche représentant l’auteur du Deuxième Sexe et figure du féminisme français serait censurée dans les rues de Paris. C’est du moins ce que dénonce Camille Lockhart, comédienne dans le spectacle Les correspondances amoureuses de Simone de Beauvoir, axé sur les liaisons de celle que l’on surnomma, après Sartre, le Castor et devant se jouer à Paris en septembre…”

Lire la suite de l’article de Jean TALABOT sur LEFIGARO.FR (20 juin 2017)…

Simone de Beauvoir (Art Shay, 1952)

Art Shay raconte son cliché sur FRANCECULTURE.FR. Un extrait :

Elle a pris une douche. J’avais 27 ans, elle en avait 39. J’ai pris mon appareil photo avec moi comme d’habitude. Je me suis approché de la salle de bains, et comme elle avait laissé la porte ouverte, je l’ai aperçue. Elle a entendu le déclic de l’appareil photo et je l’ai entendue dire : “Ah le vilain garçon !”

Plus de presse…

REAGE : Histoire d’O (JEAN-JACQUES PAUVERT, 1954)

REAGE, Pauline Histoire d’O (JEAN-JACQUES PAUVERT, 1954)
[EAN/ISBN: 9782253147664]

Pauline Réage est le pseudonyme de Anne Cécile Desclos, également dite Dominique Aury.

O EST MORTE. DOMINIQUE AURY, LE VÉRITABLE AUTEUR D’«HISTOIRE D’O», AVAIT 90 ANS. C’est seulement en 1994 que Dominique Aury, qui est morte à 90 ans dans la nuit du 26 au 27 avril dernier, avait formellement reconnu être Pauline Réage, l’auteur d’Histoire d’O, l’un des plus célèbres romans érotiques de l’après-guerre. C’était dans un long entretien donné à un journaliste du New Yorker, quarante ans tout juste après avoir publié chez Jean-Jacques Pauvert ce petit livre scandaleux, pré-facé par Jean Paulhan…

Lire la suite de l’article d’Antoine de GAUDEMAR sur LIBERATION.FR (2 mai 1998)

Lire le roman d’amour de Pauline, alias Dominique, alias Anne Cécile…


D’autres incontournables du savoir-lire :

ROTH : Portnoy et son complexe (GALLIMARD, Folio, 1970)

ROTH, Philip Portnoy et son complexe (GALLIMARD, Folio, 1970)
[ISBN : 9782070364701]
“Entre les grands idéaux humanitaires qui l’animent et les obsessions inavouables qui le hantent, Alex Portnoy, trente-trois ans, est la proie d’un insoluble conflit. Élevé dans le quartier israélite de Newark, par des parents abusifs, démesurément attachés aux principes de la tradition juive-américaine, ligoté par des tabous et des interdits, submergé de conseils et d’exhortations, il est écrasé par une culpabilité d’autant plus angoissante que la sexualité et ses déviations les plus extrêmes ne cessent de l’obnubiler. Brillant étudiant, puis fonctionnaire en vue, il n’en reste pas moins un «bubala», un bébé, aux yeux de ses parents qui lui reprochent amèrement son indépendance, sa froideur apparente et surtout son refus de fonder un foyer et d’assurer la descendance.

Ce livre, à la fois féroce et désopilant, où la tendresse alterne avec le cynisme, l’humour avec le pathétique, est une mordante satire de l’ignorance, du racisme, des préjugés et de l’intolérance sous toutes ses formes.”

Pour tous ceux qui aiment la viande de veau : un régal…

D’autres incontournables du savoir-lire :

ROSE : Pourvu qu’elle soit rousse (LA MUSARDINE, 2013)

ROSE Stéphane, Pourvu qu’elle soit rousse (LA MUSARDINE, 2013)

“C′est l′histoire d′un homme qui aime les rousses. Petite ou grande, svelte ou dodue, jeune ou moins jeune, peu lui importe… pourvu qu′elle soit rousse. Inscrit sur Meetic où il discute avant de faire l′amour avec des rousses sans aucun autre critère de sélection que la couleur de leurs cheveux, il n′est pourtant jamais rassasié de leurs charmes. Qui se cache derrière ce collectionneur de rousses ? Obsédé sexuel monomaniaque ? Don Juan du site de rencontres ? Entomologiste de la femme rousse ? Le sait-il seulement lui-même ? Son parcours initiatique dans les arcanes de la rousseur le lui dira. À la croisée du roman obsessionnel, du carnet de route pornographique et du road-movie introspectif, Pourvu qu′elle soit rousse se veut avant tout un éloge féministe de la différence et de la singularité.” (LAMUSARDINE.COM)

“En matière de femmes, le héros de ce livre n’a qu’un critère : pourvu qu’elle soit rousse ! C’est son unique désir, son fantasme moteur, en un mot : son obsession. Petite ou grande, svelte ou dodue, jolie ou moche, peu lui importe, car c’est dans la rousseur qu’il puise son désir… et sur Meetic qu’il trouve de quoi l’assouvir, à la mesure de son appétit érotomane démesuré. Elles sont donc nombreuses à défiler dans son lit, les naïades rousses de tous âges, sensibilités et origines sociales, mais dans quel but ? Qui se cache derrière notre amant collectionneur ? Obsédé sexuel ? Dom Juan du site de rencontre ? Entomologiste maniaque obnubilé par la fameuse « odeur des rousses » dont il cherche à percer le secret ? En filigrane d’une enquête sur les préjugés relatifs à la rousseur, son obsession l’amène à rencontrer les rousses qui l’aideront à répondre à ces questions. Mais l’odeur qui guide son désir ne se laisse pas si aisément capturer et ses proies lui causent bien des tourments. Car à être rousse on n’en est pas moins femme…” (BABELIO.COM)

“Connu pour être un des auteurs et présentateurs de la cérémonie des Gérard sur Paris Première, Stéphane Rose est aussi journaliste dans la presse magazine et sur le web, auteur pour Nicolas Canteloup, directeur de collection et attaché de presse à la Musardine et auteur de plusieurs livres en littérature jeunesse, humour ou sexualité. Pourvu qu′elle soit rousse est son premier roman.”

Trouver la rousse éternelle de Stéphane ROSE (ISBN : 9782809803914)

D’autres incontournables du savoir-lire :

WOLKERS : Les délices de Turquie (BELFOND, Vintage, 2013)

WOLKERS J, Les délices de Turquie (BELFOND | Vintage, 2013)

“Original, cru, provocateur, tendre, joyeux, désespéré, un roman puissant, entre Les Valseuses et Le Dernier Tango à Paris, par un des plus grands écrivains hollandais.

Comme celle d’Henry Miller, l’écriture de Wolkers témoigne d’un érotisme exubérant et d’un formidable appétit de vivre.

New York Times Book Review

…un roman à l’énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle… l’histoire d’une passion folle dans l’Amsterdam des années 1960.

La redécouverte d’un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l’hypocrisie d’une société engoncée dans un protestantisme pudibond. Jan Wolkers est aujourd’hui considéré comme l’un des plus grands écrivains néerlandais d’après-guerre, aux côtés d’Harry Mulisch, Gerard Reve et Willem Frederik Hermans.

Paru en 1969 (sic), les Délices de Turquie ont été adaptés au cinéma en 1973 par Paul Verhoeven, avec Rutger Hauer et Monique Van de Ven dans les rôles principaux, et ont été désignés comme le meilleur film néerlandais du XXe siècle.”

C’est le roman cru, provocateur, désespéré d’une passion dans l’Amsterdam des années 60.

Rolling Stones, Laurent Boscq

[Une] perle vénéneuse de la littérature néerlandaise.

Le Monde des Livres, Nils C. Ahl

Lire le roman de Jan WOLKERS (1925-2007)
(ISBN : 2714452345)

D’autres incontournables du savoir-lire :

Et si les super-héros posaient comme des super-héroïnes ?

Quand les super héroïnes prennent la pose sur les couvertures de comics, elles se tordent pour montrer leurs deux paires. Ces postures corporelles sont considérées comme les plus sexy, puisqu’on peut voir à la fois le côté pile et face de leur anatomie. Les super héros, eux, comment posent-ils ?

Le 2 décembre 2012, une fan de comics vivant au Texas, Cait Crutchfield, 29 ans, lance The Hawkeye Initiative, (THI), un Tumblr destiné à montrer à quel point certaines super-héroïnes de comics ou de jeux vidéo ont l’air grotesque lorsque, prenant ce qu’on appelle une «posture de femme forte» (strong female pose), elles se contorsionnent pour qu’on voit à la fois leurs seins et leurs fesses. Les postures de séduction de ces pseudo-guerrières «frisent parfois l’impossible», précise Cait qui voit là l’effet néfaste d’une forme de sexisme rampant : «J’aimerais que les dessinateurs représentent les femmes de façon plus égalitaire», dit-elle. Autrement dit : comme des combattantes crédibles.

Auriez-vous l’idée d’affronter des ennemis en leur montrant vos fesses ?…

Lire la suite de l’article d’Agnès GIARD sur LIBERATION.FR | Les 400 culs (25 avril 2017)

Top 13 des expressions cochonnes d’autrefois à réhabiliter (de toute urgence)

“Aujourd’hui quand vous ramenez votre plan cul à la maison, vous dites à vos amis que vous avez baisé/niqué ou fait du sexe toute la nuit. C’est sympa, mais c’est tout de même pas bien évolué d’un point de vue vocabulaire. Faites-nous confiance, vous avez beaucoup à apprendre de vos ancêtres.

Départir sa grâce

Une expression que l’on doit à François Villon et qui voulait dire un truc du genre faire sa petite affaire. Avouez que c’est tout de même très chic.

Faire la bête à deux dos

Là pour le coup, c’est du côté de l’ami Rabelais qu’il faut se tourner. Rabelais qui est d’ailleurs apparemment très porté sur la chose puisqu’on lui doit pas mal d’expressions cochonnes toutes plus imagées les unes que les autres.

Jouer à cricon-criquette

On ne sait pas qui l’a inventée, mais c’est clairement l’expression la plus mignonne qui soit pour dire “baiser”. Bon après il n’est pas impossible que ça refroidisse clairement votre date Tinder si vous lui proposez d’aller jouer à cricon-criquette dans les toilettes du bar.

Fourrageur

A priori basé sur le verbe fourrer, le très classieux “fourrageur” désigne un monsieur qui aime mettre son zizi dans des dames (ou d’autres messieurs d’ailleurs). Vous pourrez par exemple pendant votre prochaine soirée entre amis dire du bachelor que c’est “un sacré fourrageur”.

Pousser la botte florentine

Alors là on ne parle pas de la petite porte de devant, mais de la petite porte de derrière si vous voyez ce que je veux dire (clin d’œil appuyé). Autrefois pousser la botte florentine voulait donc dire s’offrir une petite session sodomie au coin du feu.

Etre de l’abbaye de Longchamp

Nous n’avons pas tout compris au pourquoi du comment, mais sachez qu’au XVIe siècle à Paris on disait d’un homme qu’il était de l’abbaye de Longchamp quand il était obsédé par le cul.

Faire petite chapelle

Un terme un peu fourre-tout que l’on utilisait jadis à la place de strip-tease, mais aussi pour désigner les gros exhibitionnistes de service. Deux choses qui n’ont pas grand-chose à voir nous sommes d’accord, mais que voulez-vous la langue française est mystérieuse !

Marquer midi

Egalement appelé par certains membres de la rédaction dont je ne citerai pas le nom ici “zizi bâton”. Si vous ne voyez pas de quoi on parle, je suis au regret de vous annoncer que l’on ne peut rien faire pour vous.

Jouer à la fossette

Au XVIIIe XIXe siècle, ça voulait dire forniquer. En toute simplicité.

S’endormir sur le rôti

Vous vous voyez cette fois où il vous est arrivé ce truc qui soit-disant ne vous arrive jamais et que vous n’avez pas pu finir votre petite affaire ? Eh bien vous vous êtes endormis sur le rôti.

Défriser le petit buisson

Si vous lisez ça en bouffant nous sommes confus, mais “défriser le buisson” vient du fait que les poils pubiens de madame sont tout durs quand ils sont enduits de sperme. Sur ce, on vous souhaite une belle fin de journée.

Avoir les pieds en bouquet de violette

Une expression toute choupette et printanière pour désigner l’orgasme. Pour votre gouverne, ça viendrait du fait que quand on jouit, nos doigts de pieds se détendent et s’écartent. Comme un bouquet de violettes. Voilà.

Chaud de la pince

Encore une façon de dire chaud lapin que l’on affectionne tout particulièrement. Si vous préférez, vous pouvez également utiliser “soudrillard”. Inutile de nous remercier, c’est cadeau.

Un peu plus mignonnes que nos expressions actuelles non ?”

Lire la suite de l’article d’Emma sur TOPITO.COM (14 février 2017)


Mieux parler encore…

“Sausage Party” : pas facile de juger les relations sexuelles entre des boîtes de gruau et de crackers

Des associations catholiques estimaient que l’interdiction de “Sausage Party” aux moins de douze ans était insuffisante. Une juge, après avoir décortiqué le film scène par scène, y compris celles impliquant poire à lavement et saucisse, les a déboutées. Il est des juges qui ont des boulots plus insolites que d’autres. Madame Weidenfeld, juge des référés au tribunal administratif de Paris, avait pour tâche de se pencher sur la requête de deux associations proches des milieurs catholiques intégristes, Promouvoir et Action pour la dignité humaine, qui demandaient que le film d’animation américain Sausage Party soit plutôt interdit aux mineurs de moins de seize ans qu’à ceux de moins de douze en raison du « trouble » qu’il pouvait susciter auprès de « ce jeune public et de leurs parents »…​

Lire la suite sur TELERAMA.FR (15 décembre 2016)

Talking Sex Robots With Warm Genitals Will Be on Sale Next Year

They’ll cost about $15,000 and, presumably, a little bit of your dignity.
A trip to Westworld costs $40,000 a day, but by next year, you’ll be able to simulate at least part of the experience for less than half that price, because a new line of upsettingly realistic sex robots is going to hit the market. They might not have cowboy hats by default, but they do have warm genitals. Writing in The Daily Mail, robotics expert David Levy predicted that sex robots with the ability to talk and respond to touch will be commercially available in 2017.​..

Lire l’article (en anglais) de James GREBEY sur INVERSE.COM (31 octobre 2016)

Plus de presse…

5 trucs pour lui toucher la bite sans passer pour une salope

Vous mourez d’envie de lui toucher la bite mais vous n’osez pas ? Pas de panique ! Madame Gorafi a pensé à tout pour que vous puissiez vous faire plaisir sans avoir l’air d’une salope !

  1. Allez-y franchement ! Puis prétendez que vous ne l’avez pas fait exprès. Par exemple, touchez-lui la bite puis dites « je suis désolée, ma main est obsédée ces derniers temps ! » ou « Oh excuse-moi, je savais pas que ta bite était ici ! ». Ça marche à tous les coups !…”

Lire la suite des bons conseils de madame Gorafi sur LEGORAFI.FR (3 mars 2016)

On veut de l’amour…

Désir féminin : une histoire excitante

L’absence d’appétit sexuel, ce grand mal féminin? En 2015, les pharmas ont promu une pilule ad hoc. On en oublierait presque que, pour nos ancêtres, la puissance sexuelle de ces dames était supérieure à celle des hommes.

Prenez deux femmes. La première a rendez-vous avec son amant et, comme elle est superstitieuse, elle s’adonne à une petite incantation préliminaire: «Excite-toi! / Excite-toi! / Bande! / Bande! / Excite-toi comme un cerf! / Bande comme un taureau sauvage! / Fais-moi l’amour six fois comme un mouflon! / Sept fois comme un cerf! / Douze fois comme un mâle de perdrix! / Fais-moi l’amour parce que je suis jeune! / Fais-moi l’amour parce que je suis ardente! / Fais-moi l’amour comme un cerf! / Et moi (…) moi, je t’apaiserai!»

La seconde ne parle pas de «ça». Elle est «pleine d’attentions délicates, prête à tout sacrifice raisonnable et tellement pure de cœur que tout désir sexuel lui (est) inconnu et qu’elle (éprouve) plutôt une répulsion à cet égard, mais elle (est) si dévouée à son mari bien-aimé qu’elle (est) toute disposée à lui sacrifier ses sentiments et ses désirs.»

Question : laquelle de ces deux figures nous apparaît comme la plus traditionnelle? Et laquelle la plus transgressivement moderne? Non, la plus jeune n’est pas celle qu’on croit…”

Lire la suite de l’article d’Anna LIETTI sur HEBDO.CH (24 décembre 2015)

Plus d’amour ?

LAWRENCE : textes

George Freston (1960)

Et il lui sembla qu’elle était comme la mer, toute en sombres vagues s’élevant et se gonflant en une montée puissante jusqu’à ce que, lentement, toute sa masse obscure fût en mouvement et qu’elle devint un océan roulant sa sombre masse muette. Et, tout en bas, au tréfonds d’elle-même, les profondeurs de la mer se séparaient et roulaient de part et d’autre, en longues vagues qui fuyaient au loin, et, toujours, au plus vif d’elle-même, les profondeurs se séparaient et s’en allaient en roulant de chaque côté du centre où le plongeur plongeait doucement, plongeait de plus en plus profond, la touchant de plus en plus bas ; et elle était atteinte de plus en plus profond, de plus en plus profond, et les vagues d’elle-même s’en allaient en roulant vers quelque rivage, la laissant découverte ; et, de plus en plus près, plongeait l’inconnu palpable, et de plus en plus loin roulaient loin d’elle les vagues d’elle-même qui l’abandonnaient, jusqu’à ce que soudain, en une douce et frémissante convulsion, le fluide même de son corps fût touché ; elle se sut touchée; tout fût consommé ; elle disparut. Elle avait disparu, elle n’était plus, elle était née : une femme.

L’amant de Lady Chatterley (1928)

ISBN 9782070387434

“Le roman le plus connu de D.H. Lawrence. Son succès repose sur l’idée que c’est le chef-d’œuvre de la littérature érotique, l’histoire d’une épouse frustrée, au mari impuissant, et qui trouve l’épanouissement physique dans les bras vigoureux de son garde-chasse. Mais l’importance du livre est dans la peinture d’un choc historique et social qui constitue le monde moderne. Entre la communauté rurale anglaise et le monde industriel, c’est tout le tissu d’un pays qui se déchire. La forêt du roman, où vit Mellors, le garde-chasse, représente le dernier espace de sauvagerie et de liberté ; lady Chatterley l’y retrouve et s’y retrouve, tout en voyant basculer son univers habituel. Ce roman poétique doit être lu comme un mélange de voyage initiatique, de descente aux enfers, comme une grande lamentation sur l’état de l’Angleterre, aux échos bibliques. L’intrigue amoureuse séduit à une première lecture ; mais le roman a une valeur historique et symbolique…” (en savoir plus via GALLIMARD.FR)

ISBN 9782070295968

En 2006, Pascale Ferran (FR) adapte au cinéma une version antérieure du roman (Lady Chatterley et l’homme des bois) dont Jacques MANDELBAUM dira dans LEMONDE.FR (31 octobre 2006) : “La transposition de Pascale Ferran ne tire pas ses qualités du parfum de scandale provoqué, à l’époque, par la charge érotique du roman. Resserré autour de la relation entre les deux amants, le film tient au contraire tout entier dans la manière, admirable, dont est mis en scène leur insensible rapprochement, surmonté le grand écart social, culturel et physique qui fonde la mutuelle attirance de la belle fiévreuse et de la brute suspicieuse. Pour dire le vrai, on aura très rarement vu au cinéma l’amour et le sexe, la réticence et l’abandon, l’attente et la jouissance, le sentiment et la chair aussi bien filmés qu’à travers le lent apprivoisement de cet homme et de cette femme, pour cette raison qu’ils sont manifestement pensés, et donc filmés, ensemble. La beauté primitive et sensuelle qui habite le film, l’attention qu’il porte à la nature et à la matérialité des choses, aux couleurs, aux tons et aux rythmes changeants à travers lesquels se noue et se consomme la rencontre entre ces deux personnages, tout cela contribue à rendre caduques les questions de morale et de pudeur qui se posent ordinairement en la matière…”

Plus d’amour ?