Retour en 39-45, quand les migrants étaient européens…

2 janvier 1945. Dans une rue de La Gleize (BE) des réfugiés belges attendent d’être transportés en dehors de la ville déchirée par la guerre (c) Peter J. Carroll / AP /Photo colorisée par Sanna Dullaway pour Time Magazine

“Une série de photographies aujourd’hui colorisées montre le voyage de réfugiés… français, allemands, belges ou encore polonais fuyant les horreurs de la guerre.

C’est un retour de près de sept décennies en arrière. Entre 1939 et 1945, plus de 60 millions d’Européens furent forcés de quitter leurs foyers, pour fuir les horreurs de la guerre. Un peu plus de soixante-dix ans plus tard, les destins tragiques des centaines de milliers de réfugiés originaires d’Afrique et du Moyen-Orient, qui tentent de rejoindre l’Europe depuis quelques années, nous conduisent à remonter le temps.

C’est pour cela que Time Magazine a commissionné la photographe Sanna Dullaway pour coloriser des clichés historiques montrant des réfugiés européens de la Seconde Guerre mondiale, en provenance de France, de Pologne, d’Allemagne ou de Belgique, pendant leur voyage vers l’Est et le Sud.

Janvier 1945. Des réfugiés belges fuient avec tous leurs biens devant les avancées de l’armée allemande. (c) Allan Jackson / Keystone / Hulton Archive / Getty Images

Comme le rappelle le Washington Post, le Royaume-Uni avait mis en place en 1942 la MERRA (Middle East Relief and Refugee Administration), qui permit à 40 000 européens de s’établir dans des camps de réfugiés en Syrie, Égypte et Palestine. Une histoire méconnue qui éclaire les épreuves de celles et ceux qui veulent de nos jours faire le chemin inverse…”

Visionner les photos dans l’article traduit de Rachid MAJDOUB sur KONBINI.COM (article daté de 2016) ou dans l’article original de Sanna DULLAWAY sur TIME.COM (article du 20 juin 2016, première publication en 2015) : Colorized Photos of WWII Refugees Offer New Perspective on the Migrant Crisis


Plus de presse…

Behind TIME’s Donald Trump ‘Welcome to America’ Cover

Couverture du Time Magazine du 2 juillet 2018 (c) Time – John Moore – Getty Images

“John MOORE, a Pulitzer Prize-winning photographer for Getty Images, has been photographing immigrants crossing the U.S.-Mexico border for years. This week one of his pictures became the most visible symbol of the immigration debate in America.

This one was tough for me. As soon as it was over, they were put into a van. I had to stop and take deep breaths,” Moore told TIME Tuesday, describing his reaction to the scene of a two-year-old Honduran girl crying as her mother was being detained in McAllen, Texas. “All I wanted to do was pick her up. But I couldn’t.

(c) John Moore – Getty Images

Due to the power of the image, which appeared as critics from across the political spectrum attacked President Trump’s now-reversed policy of separating children from parents who are being detained for illegally entering the United States, TIME’s editors selected Moore’s photograph to create a photo illustration, including Trump, to make the July 2, 2018, cover of the magazine.”

Lire la suite de l’article de la rédaction de TIME.COM (article du 21 juin 2018)

John Moore

Découvrir la galerie des photos prises par John Moore lors de ses reportages sur l’immigration d’Amérique latine vers les USA sur REPORTAGESBYGETTYIMAGES.COM

 


Plus de presse…

Centre d’Action Laïque : Qui frappe ainsi ?

Entre 1877 et 1950, près de 4.000 “fruits étranges” à la peau noire ont été pendus à ces peupliers (sic) dans le sud des USA. La chanson “Strange Fruit” immortalisée par Billie Holiday dénonce ces années de terreur banalisée : sont-ce les cous brisés des pendus ou les sourires satisfaits dans la foule qui effraient le plus ?

Corrompre les principes, c’est introduire dans notre vie collective un ferment de décomposition dont nous ne connaissons pas l’antidote.

François Sureau, avocat belge

“Ce mardi, la Commission de l’Intérieur de la Chambre des représentants examine un projet de loi dont l’objectif principal est de “permettre à la police d’entrer de manière juridiquement correcte dans le lieu de résidence de l’étranger en situation illégale et, le cas échéant, de procéder à son arrestation administrative sur place”.

Au nom d’une politique d’immigration présentée comme ferme et humaine, c’est donc au moment où des initiatives citoyennes permettent à des êtres humains abandonnés aux rigueurs de l’hiver de trouver un toit chez des particuliers, que le gouvernement fédéral envisage de restreindre le principe de l’inviolabilité du domicile et le droit au respect de notre vie privée.

Outre qu’il vise à criminaliser davantage l’étranger en séjour illégal, ce projet vient donc entraver les logiques de solidarité actuellement à l’œuvre au Parc Maximilien ou ailleurs. En effet, ce ne sont pas seulement les étrangers en séjour illégal qui sont visés mais aussi leurs “hébergeurs” puisque le lieu où les forces de l’ordre pourront pénétrer, fouiller, identifier les personnes et procéder à l’arrestation administrative de l’étranger recherché pourra être celui de la résidence d’un tiers. Chez vous ou chez moi avec des pouvoirs d’investigation énormes car, dans le but de rechercher des documents pouvant établir ou vérifier l’identité de l’étranger, aucun coin ou recoin du lieu fouillé n’est immunisé contre cette “recherche” de documents.

En Belgique, pourtant, de nombreuses décisions judiciaires ont ordonné la remise en liberté d’étrangers arrêtés chez eux au mépris des articles 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et 15 de notre Constitution qui protègent tant notre vie privée que notre domicile.

Certes, ces droits ne sont pas absolus. Ils peuvent faire l’objet d’exceptions. Mais celles-ci doivent alors être interprétées de façon restrictive, être prévues par la loi, avoir un but légitime et, enfin, être nécessaires à l’existence d’une société démocratique.

Pour le moins, cette dernière exigence de proportionnalité n’est pas rencontrée ici. L’exposé des motifs du projet atteste d’ailleurs que sur l’ensemble des étrangers en séjour illégal, susceptibles d’être arrêtés à leur “domicile”, en 2016 seulement… 7% d’entre eux n’ont pas coopéré ou obtempéré volontairement à un ordre de quitter le territoire. Pour contourner une jurisprudence claire et permettre l’arrestation manu militari à domicile de 127 personnes par an, le Gouvernement fédéral projette de sacrifier des droits fondamentaux.

Certains rétorqueront que le projet subordonne ces visites domiciliaires à l’autorisation d’un juge d’instruction (dont le Gouvernement veut en même temps supprimer la fonction…) ce qui, en soi, serait un gage de respect de l’État de droit. Mais, à la lecture du texte, ce contrôle juridictionnel paraît surtout formel et ne laisser aucune marge d’appréciation au juge saisi puisqu’il ne devra en réalité vérifier que quelques éléments factuels (l’étranger est en séjour illégal, il a refusé de collaborer à son éloignement du territoire, il habiterait bien à telle adresse…).

Aux nombreuses et répétées outrances verbales du Secrétaire d’État à l’Asile et la Migration encore récemment dénoncées par le député Patrick Dewael au Parlement, viennent donc s’ajouter les actes.

Et ceux-ci sont lourds de conséquences. Car, comme l’indique l’avocat François Sureau, “corrompre les principes, c’est introduire dans notre vie collective un ferment de décomposition dont nous ne connaissons pas l’antidote ” et qui, au gré des humeurs du temps, finiront peut-être par s’appliquer à d’autres catégories de personnes.”

Plus de 3.000 personnes ont participé dimanche soir (21.01.2018) à la chaîne humaine entre le parc Maximilien et la gare du Nord, en signe de protestation contre l’opération de la police fédérale planifiée dans le parc bruxellois. © BELGA

Lire la carte blanche originale d’Henri Bartholomeeusen, avocat, Président du Centre d’Action Laïque sur LAICITE.BE (Centre d’Action Laïque – Qui frappe ainsi?) ou dans LECHO.BE du 23 janvier 2018

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