WELING : Sans titre (s.d.)

WELING René, Sans titre (s.d.)

“Peintre et graveur, René WELING est né à Eupen (BE) en 1967, il vient à Liège en 1986 pour étudier la peinture à Saint Luc. Il y découvre également la gravure. Après quelques années d’expérimentation, il reprend des cours de gravure à l’Académie des Beaux arts. La recherche de diverses techniques (peinture, litho, gravure sur bois, pointe sèche eau-forte…) sont nombres d’outils au service de l’exploration de ses sujets de prédilection que sont l’espace et le rythme. Espace et rythme que l’on retrouve dans deux grands univers, le corps et le paysage. Depuis 21 ans aujourd’hui il a connu de nombreuses expositions en Belgique, Allemagne, Canada…

C’est aussi à travers le partage et la rencontre que l’œuvre de René Weling vit. Ainsi il participe à de nombreux projets collectifs avec d’autres graveurs à travers les deux groupes de gravure La Nouvelle Poupée d’Encre et Impression(s) dont il est membre actif. En découle des échanges internationaux. C’est aussi comme ça qu’il découvre le Québec, dont il tombe en amour. Le travail sur l’espace y prend ses racines. Il y expose et séjourne en résidence d’artiste à plusieurs reprises.

Mais il réalise aussi des projets plus intimes, que ce soit en collaborant avec un photographe, un poète, ou musicien… C’est à travers une édition, un cadre objet, une publication que vivent ces échanges.

Toujours au fil de sa passion, René Weling propose également des expositions privées qui lui permettent de rencontrer et d’échanger plus encore avec son public, public qui compose ainsi sa propre exposition rendant pour le temps d’un week-end, d’une soirée ou de plusieurs mois sa propre maison en galerie.”

Source : CULTUREPLUS.BE

Plusieurs de ses oeuvres sont empruntables gratuitement (60 jours par emprunt) à l’Artothèque de la province de Liège (BE). La notice complète est disponible ici


Egalement à l’Artothèque de la Province de Liège (BE) :

LEFEBVRE : Marie-Madeleine dans la grotte (1876)

“Jules Joseph LEFEBVRE (1836-1911) est un peintre académique français, portraitiste et peintre de genre, professeur à l’École des beaux-arts et à l’Académie Julian. Professeur réputé et sympathique, il a de nombreux élèves, dont le peintre paysagiste d’origine écossaise William Hart, des peintres américains tels que Childe Hassam, Frank Benson, Edmund Charles Tarbell et John Noble Barlow, ainsi que le peintre français Georges Rochegrosse, le sculpteur français Paul Landowski, le portraitiste Gustave Brisgand et le peintre belge Fernand Khnopff. Il est connu principalement pour ses nus féminins, genre dans lequel il rivalise avec William Bouguereau.  Son œuvre la plus célèbre est sans doute La Vérité, aujourd’hui au Musée d’Orsay. Il reçoit de nombreuses décorations, dont une médaille de première classe à l’Exposition de Paris de 1878 et la médaille d’honneur en 1886. Il est également Commandeur de la Légion d’Honneur.”

Source : ARTMAGIQUE.BLOGPSOT.COM qui propose d’autres reproductions.

LEFEBVRE J., Marie-Madeleine dans la grotte (1876)

Jules Joseph LEFEBVRE (1834-1912), Marie-Madeleine dans la grotte (huile sur toile, 1876) | Musée de l’Hermitage (RU)

LEFEBVRE J., Chloé (1875)

Jules Joseph LEFEBVRE (1834-1912), Chloé (huile sur toile, 1875) | Young & Jackson Hotel de Melbourne (AU)

LEFEBVRE J., Jeune homme peignant un masque grec (1865)

Jules Joseph LEFEBVRE (1834-1912), Jeune homme peignant un masque grec (huile sur toile, 1865) | Musée des Beaux-Arts de Valenciennes (FR)

Un site en anglais est dédié à son oeuvre : JULES-JOSEPH-LEFEBVRE.ORG


Contempler encore…

PONTHIER, Fernand (Comblain-au-Pont 1885 – Hamoir 1952)

(c) Province de Liège

Quelques passionnés, l’Office du tourisme et la Commune de Hamoir organisent, en juin 2018, une rétrospective de l’oeuvre de Fernand Ponthier et publient à cette occasion un ouvrage de référence sur le peintre. Quelques extraits du dossier de presse :

“Fernand Joseph PONTHIER est né à Comblain-au-Pont (BE) le 29 mars 1885 et s’est éteint le 20 novembre 1952, à Hamoir (BE), où il avait élu domicile. Sa carrière professionnelle fut celle d’un agent des postes.

Inspiré et formé par Richard Heintz, dont il devint un ami, il se passionna pour la peinture qu’il pratiqua intensément de 1914 à son décès en 1952. Comme d’autres artistes peu connus qui bénéficièrent des conseils du « Maître de Sy », par exemple Albert Sirtaine, Georges Ista, Elysée Fabry, Arthur Zeippen ou encore Pol-François Mathieu, Fernand Ponthier relève de l’informelle École liégeoise du paysage, expression sous laquelle on regroupe parfois les peintres postimpressionnistes, essentiellement paysagistes, de la fin du XIXe siècle au milieu du XXe. En ce sens, l’artiste hamoirien a choisi de rester en marge des grands courants qui ont enfiévré la peinture au cours des décennies où il pratiqua son art : fauvisme, expressionnisme, cubisme, surréalisme,..

Il a limité son abondante production à la peinture à l’huile et à de rares aquarelle et gouaches. Il semble n’avoir abordé qu’exceptionnellement le dessin. Ses sujets de prédilection sont les eaux vives et les rochers des rivières liégeoises, essentiellement l’Ourthe et ses affluents ainsi que la Fagne, la Haute Ardenne et, lors de vacances, les paysages du sud de la France. Il s’attacha aussi à l’habitat, particulièrement aux maisons à pans de bois, aux chapelles, aux moulins et aux fermes régionales. Il ne réalisa par contre que très peu de portraits et de natures mortes.

PONTHIER F., La chapelle Sainte-Anne à Stoumont (collection privée)

Ponthier s’est clairement inspiré de la technique par grandes touches de Heintz, mais n’est en aucun cas un pur copieur. Il a développé une personnalité artistique intéressante. Ses couleurs n’ont que rarement l’intensité et la lumière de celles de son mentor. Ses tableaux ne transpirent pas la même exubérance. C’est l’émotion dégagée par les paysages, à l’atmosphère muant en fonction des saisons et des heures, qui fut son fil d’Ariane.

Certes, Ponthier ne fut pas un grand maître de la peinture, tant à l’échelle belge que wallonne, certes il ne fera jamais exploser les standards des marchés internationaux de l’art. Pourtant, ses meilleures toiles gagnent à être connues. Certaines d’entre elles sont d’excellente facture, quelques-unes sont d’ailleurs de petites merveilles, même si son œuvre est, comme celle de la plupart des peintres régionaux, Heintz compris, empreinte d’irrégularité. Dans ses rivières par exemple, il a su finement capter le souffle et les caprices de la lumière au fil des heures et des saisons. Rien qu’à ce titre, il mérite d’être préservé du naufrage de l’oubli.”


Plus de plaisir des yeux…

PINELLI : Heinz von Furlow 1929 Porquerolles (2014)

PINELLI Joe G. (né en 1960), Heinz von Furlow 1929 Porquerolles (2014)

L’oeuvre est empruntable gratuitement (60 jours par emprunt) à l’Artothèque de la province de Liège (BE).


Egalement à l’Artothèque de la Province de Liège (BE) :

Clémentine Mélois, l’artiste qui a épilé “l’Origine du monde”

(c) Clémentine Mélois

“Connue pour ses pastiches de couvertures de livres, Clémentine MELOIS expose ses œuvres ingénieuses dans une galerie parisienne. Rencontre.

Clémentine Mélois est à la recherche d’un socle. Quelque chose qui ne serait ni trop haut, ni trop bas. C’est qu’elle doit mettre correctement en valeur deux poings serrés massifs en plâtre. Sur les phalanges de la main droite, on lit: “ANTICONS”. Sur la gauche: “TITUTIONNEL”. La Nuit du chasseur revu par l’Académie française. “Il y a beaucoup d’humour dans mes œuvres, mais ce n’est pas spécialement destiné à être drôle, c’est simplement un jeu sur le texte et l’image”, sourit l’artiste, quand on la rencontre à quelques jours du vernissage.

Cette trentenaire, imprégnée de Georges Perec et de Raymond Queneau, fond depuis des années culture classique et culture populaire pour imaginer des œuvres ingénieuses. Sociétaire des Papous dans la Tête sur France Culture et chroniqueuse pour “Mon Lapin Quotidien”, le journal de la maison d’édition de BD alternative L’Association, elle est devenue la coqueluche du milieu littéraire. Quand il faut concevoir un décor pour les rencontres de Manosque ou des accessoires pour l’émission «21 cm» présentée par Augustin Trapenard, on fait appel à sa créativité.

(c) Clémentine Mélois

La voilà qui expose à Paris le fruit du travail de ces cinq dernières années. Quelques jours avant l’ouverture, dans la galerie Lara Vincy, où les murs encore vierges sont loin de la fantaisie méloisienne, elle a mille merveilles à montrer. D’abord ces bols bretons estampillés “Guy Georges”, “Emile Louis” et “Patrick Henry”. “Ce ne sont que des prénoms, et pourtant ils ont ce fort pouvoir évocateur”, semble-t-elle se ravir, comme si ce n’était pas elle qui avait imaginé cette vaisselle subversive. Plus loin, elle pointe une porte de frigo ornée de magnets. “Ce sont nos nouveaux retables”, explique-t-elle. Se disputent aux stickers publicitaires des silhouettes tirées du Jardin des délices. Evidemment, Clémentine Mélois a monté tout le dispositif sur un appareil ménager de marque… Bosch.

Avez-vous lu «Père et Gay», de Tolstoï ?
(c) Clémentine Mélois

Enfin, elle arrive à cette caisse hermétique qui contient les objets qui ont fait sa renommée : ses couvertures de livres détournées, postés sur internet et réunis dans l’ouvrage Cent titres (Paris, Grasset, 2014). Elle y réinterprète les titres de grands classiques avec des astuces, jeux de mots et calembours. Il y a Maudit Bic de Melville, Mycologies de Roland Barthes, Légume des jours de Boris Viande, Père et Gay de Léon Tolstoï ou Lexomil et le royaume d’Albert Camus. A la galerie, les livres seront rangés dans une étagère ouverte, pour que les visiteurs puissent les manipuler. On lui dit qu’elle risque de se les faire voler. “J’en serais honorée”, répond-elle d’une voix douce et enjouée…”

(c) Clémentine Mélois

Lire la suite de l’article d’Amandine SCHMITT sur BIBLIOBS.NOUVELOBS.COM (14 février 2018)


Plus d’arts visuels…

HAUSMANN, Raoul (1886-1971)

(c) HAUSMANN Raoul : sans titre (Vera Broïdo, 1931)

“Raoul HAUSMANN est né à Vienne, le 12 juillet 1886. Son père, peintre de tradition académique, est à l’origine de la première formation artistique de son fils.  En 1900, la famille s’installe à Berlin où Raoul débute des études de peinture et de sculpture. Il se marie en 1908, avec la violoniste berlinoise Elfriede Schaeffer dont il a une fille, Véra, en 1907.

Très marqué par la grande Exposition Futuriste et le premier salon Sturm (salon expressionniste) qui ont lieu à Berlin en 1912, Raoul Hausmann prend conscience que l’esthétique conventionnelle ne peut traduire les émotions liées au monde moderne de ce début de siècle.

Au début de la première guerre mondiale, Hausmann fait la connaissance d’Hannah Höch, elle aussi artiste, avec laquelle il aura une liaison passionnelle et particulièrement fertile sur le plan créatif, jusqu’en 1922. Connaissant déjà Johannes Baader depuis 1905, il rencontre également à Berlin Hans Richter et Emmy Hennings. En 1916, il collabore aux revues Die Aktion et Die Freie Strasse. Depuis 1914, la guerre fait rage, le germe de la rébellion et de la contestation touche ces jeunes artistes, futurs protagonistes du mouvement Dada.

Dada

Le mouvement Dada naît en 1916, à Zurich, autour de l’écrivain et poète Hugo Ball, et réunit Marcel Janco, Tristan Tzara, Jean Arp, bientôt rejoints par Richard Huelsenbeck, Hans Richter, Sophie Taeuber et Emmy Hennings. En 1917, Huelsenbeck quitte Zurich et introduit Dada à Berlin. Il fonde le Club Dada en 1918 avec Raoul Hausmann, Johannes Baader, Franz Jung, George Grosz, Hannah Höch et les frères Herzfelde. C’est l’époque d’une collaboration intense et complice entre Hausmann et Baader et de la création de la revue Der Dada, dont Raoul Hausmann dirige les trois numéros entre 1918 et 1920. Il publie également Material der Malerei, Plastik, Architektur.

A Berlin, le groupe Dada est nettement plus politisé qu’à Zurich, restée ville neutre pendant la première guerre mondiale et dans laquelle règne un climat de paix. A l’opposé, Berlin, en 1918, est une ville déstabilisée par les grèves et les soulèvements populaires qui connaît une véritable révolution menée par les spartakistes. Durant cette période, Hausmann est l’un des plus ardents parmi les militants dadaïstes. Au sein du Club Dada, il est le Dadasophe : brillant théoricien et redoutable polémiste, il est également un créateur fertile au travers de ses collages, ses assemblages, ses photomontages, ses photogrammes et ses poèmes phonétiques.

L’œuvre la plus marquante de Raoul Hausmann est un assemblage, réalisé en 1919 et, aujourd’hui, exposé au Musée national d’art moderne de Paris : l’Esprit de notre temps ou Tête mécanique. Cet assemblage autour d’une petite tête de bois est une critique de la société, de l’homme-machine. “Penser comme une machine”, tel était, selon Hausmann, le principal défaut de ses contemporains. La première Foire Internationale Dada, Dada Messe, a lieu en 1920 à Berlin. Elle est considérée comme l’apogée du mouvement mais également l’événement qui précipite sa chute : un procès pour insulte à l’armée condamnera les organisateurs. Manifestation incontournable dans l’histoire de Dada, elle présente les œuvres de ses principaux membres et révèle, en particulier, les photomontages et collages de Raoul Hausmann et Hannah Höch.

En février 1921, Raoul Hausmann publie dans la revue De Stijl son manifeste Présentiste et Dada ist mehr als Dada (Dada est plus que Dada). Ces articles mettent fin à l’aventure Dada de Berlin. L’épisode berlinois, d’une courte durée, aura marqué de manière indélébile l’histoire de l’art du XXe siècle en créant et diffusant de nouveaux procédés et concepts artistiques.

Pour Raoul Hausmann, l’aventure post dadaïste continue. Il s’engage dans Merz aux côtés de son fondateur Kurt Schwitters (Merz est un groupe proche de Dada fondé par Schwitters après que Huelsenbeck ait refusé son intégration au Club Dada). Raoul Hausmann, Hannah Höch et Kurt Schwitters organisent la tournée Antidada-Merz-Presentismus à Prague.

En 1922, Raoul Hausmann divorce d’avec Elfriede et se sépare d’Hannah Höch. En 1923, il se marie avec Hedwig Manckiewitz. Par ailleurs, il commence à s’intéresser aux possibilités offertes par les nouvelles technologies optiques. Il est proche d’Hans Richter, Viking Eggeling et Moholy Nagy qui travaillent sur l’image photographique et cinématographique. En fin d’année 1923, il donne à Hanovre, une Matinée Merz avec Kurt Schwitters.

Raoul Hausmann (1929) (c) August Sander (http://www.tate.org.uk/art/work/AL00042)

Au fil du temps, Hausmann s’éloigne de son complice berlinois, Johannes Baader. Il contribue par ses articles à de nombreuses revues et rédige des conférences pour la radio. Il débute la photographie en 1927 et rencontre, en 1928, Vera Broïdo, fille de révolutionnaires russes et écrivain, avec qui il vivra, en compagnie de sa femme, jusqu’en 1934. Leur vie se partage entre Berlin, Kampen, sur l’île de Sylt en mer du Nord, et un petit village de pêcheurs sur la mer Baltique, Jershöft, où Hausmann réalise de nombreuses photos. En 1931, il participe à l’exposition Fotomontage organisée par César Domela à Berlin et prononce la conférence inaugurale. Il s’engage pleinement dans l’art photographique qu’il récusait pourtant, dix ans auparavant, dans son manifeste : Nous ne sommes pas des photographes.

L’exil

En 1933, déclaré “artiste dégénéré” par les nazis, Raoul Hausmann est contraint de quitter l’Allemagne et fuit Berlin pour l’Espagne, en compagnie d’Hedwig Manckiewitz et de Vera Broïdo. Commence alors un long voyage d’environ six années à travers l’Europe, durant lequel il séjourne consécutivement à Ibiza, Paris, Ibiza, Zurich, Prague (où il fait des essais de photographie infrarouge), puis à nouveau Paris (où il se lie à de nombreux artistes de l’entre-deux-guerres). Chaque étape, riche en créativité, essentiellement photographique, est suivie de publications et d’expositions. Lors de son séjour à Paris, à l’été 1939, l’approche de la guerre, les origines juives de sa femme et l’insécurité liée à son statut d’immigré vont précipiter son départ en zone libre. Le Limousin sera son refuge. Il s’installe avec Hedwig, à l’automne 1939, à Peyrat-le-Château où il donne, pour subsister, des leçons d’allemand, d’anglais et d’espagnol. C’est là qu’il rencontre Marthe Prévot qui partagera la vie du couple jusqu’à leur mort. Eté 1944, Raoul Hausmann déménage à Limoges, et, en dépit d’importantes difficultés financières et matérielles, se concentre sur son travail.

L’après-guerre

A partir de 1946, Hausmann, isolé, renoue avec ses amis d’avant-guerre. Une correspondance importante s’établie alors avec Laszlo Moholy-Nagy et Kurt Schwitters. Toutefois, leurs décès respectifs en 1946 et 1948, annulent tout espoir de réaliser un jour les projets qu’ils avaient ébauchés ensemble. A cette époque, Raoul Hausmann revient à l’expérimental de l’entre-deux-guerres et débute une activité artistique foisonnante dans les domaines de la photographie, de la peinture, du collage et de l’écriture. En 1954, il participe au mouvement de la Subjektive Fotografie animée par Otto Steinert.

Le retour à la peinture

Après la guerre, sans jamais avoir cessé de dessiner, Raoul Hausmann se rapproche alors de la peinture par des œuvres sur papier, exécutées à l’aquarelle et à la gouache. En 1959, il revient à la peinture à l’huile qu’il avait abandonnée en 1915, en réaction à l’influence expressionniste. Il cesse définitivement son travail à l’huile en 1964, laissant ainsi une centaine de toiles. En revanche, il continue de peindre à la gouache, jusqu’en 1968.

Parallèlement, il réalise quantité de collages, jouant non seulement avec la couleur des éléments déchirés mais également avec la sensation qu’ils procurent au toucher. Le dernier apport de ce créateur boulimique sera probablement l’invention du collage-tactile.

Hausmann ne délaisse pas l’écriture et la poésie.  Entre 1957 et 1970, il rédige onze ouvrages mêlant toutes les facettes de son art, des poèmes illustrés de bois gravés jusqu’à un ouvrage sur la  mélanographie (la transformation photographique d’objets), mais également des travaux de réflexion sur le mouvement Dada et le monde moderne. Il meurt le 1er février 1971 à Limoges.”

Source : RAOUL-HAUSMANN.COM


AGENDA
Expo “Raoul Hausmann : Un regard en mouvement” au Concorde (Paris, FR), jusqu’au 20 mai 2018…


Plus d’art des médias…

EXPO | LEOPOLD MUSEUM : Vienna 1900 (Klimt, Moser, Gerstl, Kokoschka)

Vienna 1900 au Leopold Museum (Vienne, AT), jusqu’au 10 juin 2018
VIENNA 1900

“The Leopold Museum is home to the largest and most eminent collection of works by Egon Schiele as well as to an equally unparalleled compilation of masterpieces from Viennese art around 1900. Celebrating the anniversary year on the theme of Viennese Modernism, the museum will present select works by the main exponents of Viennese Jugendstil Gustav Klimt (1862–1918) and Koloman Moser (1868–1918) as well as by the ground-breaking Expressionists Richard Gerstl (1883–1908) and Oskar Kokoschka (1886–1980) from 18th January in a completely new juxtaposition. The exhibition will feature chief works by Gustav Klimt, including Death and Life (1911/15) and the 1900 lakescape On Lake Attersee, as well as Kolo Moser’s paintings, such as Venus in the Grotto (1914). The presentation will also showcase outstanding examples of design around 1900, including furniture, artisan craftwork and posters, created by the “artist of a thousand talents” and co-founder of the Wiener Werkstätte. Following successful exhibitions at the Schirn Kunsthalle in Frankfurt and the Neue Galerie in New York, the radical works by the proto-Expressionist Richard Gerstl will be shown once again at the Leopold Museum, which is home to the most comprehensive Gerstl collection. Among the works presented by Gerstl will be two icons of Viennese Modernism, his two large-scale self-portraits. Oskar Kokoschka, the enfant terrible of the Viennese art scene of the early 20th century, will also be in the spotlight of this presentation with extraordinary paintings, first and foremost his pioneering work Self-Portrait, One Hand Touching the Face from 1918/19, which is both an expression of the artist’s self-questioning and doubts as well as a symbol for Austrian art embarking on a new era.”

Illustration : GERSTL Richard, Autoportrait à moitié nu (1904/05, Leopold Museum, Vienne, AT)

D’autres rendez-vous de l’agenda…

VUKOVIC : Studenica 1 (2007)

VUKOVIC Biljana : Studenica 1 (gravure, 50×40 cm, 2007)

Plusieurs de ses oeuvres sont empruntables gratuitement (60 jours par emprunt) à l’Artothèque de la province de Liège (BE).

Biljana VUKOVIC est née à Belgrade (Serbie) en 1949. Elle est diplômée de la  Faculté des Beaux-Arts de Belgrade, section gravure, en 1973. Elle y enseigne le dessin et la gravure depuis 1984. Biljana Vukovic a obtenu le Grand Sceau du Graficki Kolektiv en 1999, prix prestigieux remis chaque année par une galerie d’art influente de Belgrade. Elle expose depuis 1974 et a participé à de nombreuses expositions collectives internationales.

L’oeuvre : Studenica 1 (gravure, 50×40 cm, 2007). Studenica est un village de Serbie situé dans la municipalité de Kraljevo, bien connu pour son monastère ortodoxe datant du XIIe Siècle. Biljana Vukovic dépeint la campagne environnante à travers une série de gravures. Les couleurs vives et les traits énergiques donnent un effet dynamique et chatoyant à ses compositions.

En savoir plus via le site de l’artiste : biljanavukovic.com


Egalement à l’Artothèque de la Province de Liège (BE) :

MULS : sans titre (2014)

MULS Isa (née en 1976) : sans titre (aquatinte, Artothèque de la Province de Liège, BE)​

Pour visiter le blogue de l’artiste : isa muls : juillet 2014


Egalement à l’Artothèque de la Province de Liège (BE) :

PEALE : Venus Rising from the Sea – After the Bath (a Deception) (1822)

PEALE : Vénus naissant de la mer – Après le bain (tromperie) (1822)

PEALE Raphaelle (1774-1825, US) : Venus Rising from the Sea – After the Bath (A Deception) (1822) | The Nelson-Atkins Museum of Art (Kansas City, US)

“L’obscurité du titre comme voile : la Vénus de R. Peale

Le titre du tableau de Raphaelle Peale de 1822, Venus Rising from the Sea – After the Bath (A Deception), pose l’obscur de l’illusion, au sens de ce qui ne se voit pas bien mais est quand même deviné, de ce qui se laisse voir à demi, est donc dans un entre-deux du visible, un entre-deux du sens aussi. Le sujet est rejeté dans l’obscurité. Ce qui est porté en avant, dans la lumière, est un voile vierge de toute trace qui connote l’énigme, le sens obscur. Ce tableau est d’abord le repeint d’une oeuvre de James Barry de 1772, intitulée Venus Rising from the Sea. Raphaelle Peale, peintre américain, prénommé d’après son célèbre prédécesseur, par son peintre de père Charles Wilson Peale, est donc l’auteur d’une Vénus anadyomène. Venus Rising from the Sea – After the Bath (A Deception) resitue le tableau dans l’histoire de la peinture occidentale, en particulier celle de la Renaissance italienne, dont le paradigme est la Naissance de Vénus de Botticelli, après “la mythique [et] l’inexistante Aphrodite anadyomène du peintre grec Apelle”.

Ici, l’on voit : un linge épinglé en deux endroits sur un ruban brillant qui pend en son milieu laissant apparaître un bras nu saisissant une chevelure retombant en cascade qui prend la forme d’une main semblant rejoindre la première au-dessus de la tête, formant ce que Barthes appelle l’idéogramme des “bras levés du Désir”. En bas, un pied écrase des fleurs en couronne. Un fond obscur laisse deviner la nature derrière le sujet féminin et sert d’arrière-plan. Les plis du linge sont fortement sculptés par la lumière, en trompe-l’œil. Question de proportions, de dimensions, oscillation entre deux moments du voir : si l’on considère que le linge, comme la musca depicta, “témoin” de trompe-l’œil, est posé sur l’espace du tableau il est alors grand comme un mouchoir. Inscrit dans l’espace représenté, il serait de la taille d’un drap. Problème d’échelle, ce que Louis Marin à propos du vase de Filippo Lippi appelle le lieu de “l’échange invisible entre le regard du spectateur et le tableau” et qui, justement ici, scelle l’entrée “de ce regard dans le tableau”.

L’oeuvre de Peale laisse dans l’ombre le tableau éponyme de James Barry, dans lequel Vénus coiffe ses cheveux, le corps entouré de volutes de nuées. De Vénus sortant de la mer, ne reste qu’un substitut domestique : la serviette de bain qui a servi à essuyer le corps ? Ce linge qui sert à dissimuler Vénus-en-tableau joue le rôle de rideau blanc. Or, les tableaux, autrefois, étaient souvent protégés d’une étoffe, coutume dont Lacan lui-même usera pour L’origine du monde.

La femme de Peale, jalouse, aurait voulu, comme Zeuxis devant le tableau de son rival Parrhasios, soulever le voile pour voir se qui se cachait derrière. D’où l’un des sens de “A Deception”, une duperie, un tour joué à une épouse. La nudité doit être voilée, on l’aura compris, même s’il s’agit d’un tableau, surtout s’il s’agit d’un tableau ? lorsqu’il montre qu’il en cache un autre sous une toile, qu’il s’agit d’une re-peinture de sujets en palimpseste, de couche de tableaux. Bien sûr, ce n’est pas l’oeuvre de Barry que le voile recouvre mais de la toile vierge. L’original est en sûreté dans un musée. Mais le tableau de Barry réapparaît obscurément sous le voile peint en trompe-l’œil, oubliant que “ceci n’est pas une toile” justement.

Après le tiret qui suit la référence mythologique, “A Deception”, annonce donc un leurre. Entre “refuser à voir” et “donner à voir”, on n’y voit rien, pour parler comme D. Arasse. Et l’on se souvient de la phrase de St Augustin : “Et voici la grande énigme : que nous ne voyons pas ce que nous ne pouvons pas ne pas voir”. Ensuite, (After the Bath), cadré entre-parenthèses, semble poser un joker, dans l’énonciation du prosaïque. Troisième titre, mais titre premier si l’on considère qu’il est le juste titre, celui qui fut donné par Peale pour seconder celui de l’oeuvre de Barry, lui-même citation ad infinitum, (After the Bath) est aussitôt recouvert du voile de la duperie, et de la déflation énigmatique du bathos du bain/bath.

C’est qu’il s’agit ici de “détruire (et célébrer) la peinture” en la dérobant au regard sous le linge fraîchement déplié, avec rayures rouges à l’ourlet comme il se doit et dans le coin inférieur droit le nom du peintre, un nom en forme d’écho, comme dans une broderie, noire sur blanc qui rajoute au nom la date 1822-1823 et pinxit, affirmation de la paternité de l’oeuvre, déclaration orgueilleuse et obscure du peintre… sur un coin de torchon.

Mais encore, si l’on poursuit, la “femme au bain” est un genre de peinture. Titillé par le montrer-cacher, le spectateur, ici, voudrait voir ce que les plis du linge maintiennent dans l’obscurité. Le titre nous prévient “After the Bath“, la femme n’est plus au bain mais elle se rhabille, Venus pudica, elle est dissimulée aux yeux des autres. Jeu avec le genre pictural, citation et refus devant l’obstacle, on est dans l’après/l’apprêt du linge, celui du bain, celui du tableau de Barry. Le corps de la femme reste à “inventer” sous l’opacité. Il y a de la monstration dans ce tableau et de la monstruosité, celle qui dans le même mouvement consiste à montrer tout en cachant, contrairement au voile de Phryné qui sert à dévoiler la vérité lorsqu’elle est au-delà du langage, lorsque l’éloquence est en panne. Histoire aussi de dénoncer le puritanisme des contemporains.

La Naissance de Vénus c’est l’histoire d’une double incarnation, incarnation de celle qui ne naît pas du corps d’une mortelle mais de l’aphros, incarnation de la peinture, par la peinture, du désir comme jaillissement. Mais cette double incarnation est finalement suggérée et refusée par le déni du voile et du titre.”

Ce commentaire est extrait de LOUVEL Liliane, Le tiers pictural (Rennes, Presses universitaires, 2016) : “Cet ouvrage part d’un constat : celui de la longue inféodation de l’image au texte, au langage, dont on a évoqué l’impérialisme, la tentation dominatrice en termes de genres. Il s’agira dans un premier temps de voir en quels termes la poésie a pris langue avec la peinture et, plus largement, avec l’image, de faire le point sur ce rapport bien particulier entre langage et image et d’observer les modalités de ce que l’on nommera « la transposition intermédiale ». La question de leur commune mesure, en termes de commensuratio, devrait permettre de peser les choses, de poser les termes d’une transaction à l’œuvre dans l’économie du visible en texte. Il s’agira ensuite de revenir à l’ut pictura poesis puisque la formule a souvent été renversée et comprise comme « la peinture comme la poésie », autorisant toutes les « lecture de l’image ». En suivant une méthode critique reposant sur des analyses de textes, on verra en quoi l’outil pictural permet de rendre compte du texte littéraire. Ce qui peut-être est nouveau ici, dans cette « idée de recherche » ainsi que Barthes la formule, c’est d’essayer de rassembler en un faisceau critique ces pratiques, en une « Poétique du pictural », en une « Poétique du texte/image ». Les notions techniques propres au medium et à son histoire : perspective, cadres, cadrages, couleur, effets d’anamorphose, Véronique, nature morte, portrait, figure, illusion, dispositifs, genres et styles…, peuvent faire système et constituer un outil opératoire pour ouvrir « l’œil du texte ». La lecture picturale comporte une part de synesthésie et l’aboutissement de ces études devrait être de redonner au corps son rôle dans ce que l’on peut appeler à la suite de Louis Marin, un « événement de lecture ». L’approche sensible a ses résonances propres et l’œil, parfois, voit double. On nommera alors « tiers pictural » ce phénomène que l’on peut appréhender en termes d’événement et d’affect, pas seulement de concept. Que fait l’image en texte, l’image au texte, au lecteur ? En posant une pragmatique de l’image en texte, du visuel en texte, du texte/image donc, on verra comment se manifeste l’image suggérée par un texte dans le corps du lecteur « on his mind’s eye », sur son écran interne. Peut-on parler de « double exposure », de double vision/double regard, ou plus justement d’oscillation et de « tiers pictural » ? Toutes questions qui devraient permettre de faire avancer cette nouvelle branche de la critique dite intermédiale.

Savoir en contempler d’autres encore…

LA TOUR : La diseuse de bonne aventure (1630)

LA TOUR : La diseuse de bonne aventure (1630)

Georges de LA TOUR (vers 1593-1652) : La Diseuse de bonne aventure | Metropolitan Museum of Art (New York, US)

LA TOUR : La diseuse de bonne aventure (détail)

Contempler plus encore…

GAUGUIN : Madame la Mort (1890-91)

GAUGUIN Paul (1848-1903) : Madame La Mort (également L’Ange du bizarre, 1890-91) | Musée d’Orsay (conservé au Louvre, Paris, FR)

Plus de contemplation ?

Pierre Tal Coat, génie oublié de la peinture moderne

Pierre Tal Coat: Sans titre, 1980 (huile sur couvercle de boîte à cigares)

Virtuose de la lumière, le Français était épris d’une liberté qui l’entraîna, comme son ami Giacometti, hors des modes et des sentiers battus. Au point d’être complètement snobé depuis 30 ans. Petit miracle : quelques œuvres sont aujourd’hui visibles à Paris.
Dans le numéro du 17 mai 1985 du New York Times, le critique Michael Brenson, l’un des plus réputés des Etats-Unis, fait l’éloge de l’oeuvre d’un vieux peintre français âgé de 80 ans, Pierre Tal Coat — « pronounced tal-KWAHT » , précise-t-il dans l’article. Brenson rend compte d’une exposition organisée au New Museum of Contemporary Art par Dore Ashton, la grande spécialiste de l’Ecole de New York (Rothko, de Kooning…). La manifestation manque d’envergure — neuf petits tableaux et trente-six dessins datant tous des années 1980 — mais, écrit Brenson, « elle permet de comprendre l’intérêt croissant pour le travail de Tal Coat ». Ce sera la dernière exposition du vivant du peintre qui meurt le mois suivant, le 11 juin…”

Lire la suite de la chronique d’Olivier CENA sur TELERAMA.FR (26 juin 2017)

Plus d’arts visuels…

ENSOR : Hôtel de ville de Bruxelles (1885)

ENSOR James (1860-1949), Hôtel de ville de Bruxelles (1885) – La Boverie (Liège, BE)

Contempler encore…

HOCKNEY : Je ne pense pas qu’on puisse conquérir la réalité

«Henry Geldzalher and Christopher Scott», 1969. (c) David Hockney

Déambulation et digressions avec l’artiste britannique au cœur de sa rétrospective.
David Hockney a très envie de parler de perspective inversée. Mais alors, vraiment très très très envie. Le peintre anglais vivant le plus connu au monde, toujours aussi chic qu’à l’heure du Swinging London (costume gris à rayures tennis, polo bleu, casquette blanche, chaussettes turquoise) arrive à notre rendez-vous, au centre Pompidou à Paris, où va s’ouvrir une superbe rétrospective de son travail, avec les bras chargés de cadeaux et un air mutin. Il y a là des impressions de ses cinq toiles les plus récentes, dont il nous offre gracieusement l’utilisation, mais aussi le livre d’un théologien russe, Pavel Florenski, datant de 1919, intitulé la Perspective inversée (1), et un documentaire de 1988, écrit par Hockney et consacré à un rouleau chinois du XVIIIe. Tout est dans le sous-titre : «La surface est une illusion, mais la profondeur aussi.» Et l’on sent bien que pour utiliser les reproductions dont il nous gratifie avec un si grand sourire, il faudrait quand même avoir lu le petit livre, qui célèbre la manière dont les icônes russes ont pu transgresser la perspective au profit de points de vue multiples, et aussi regardé le film, lequel loue, lui, les perspectives asymétriques utilisées par les Chinois…”

Lire la suite de l’interview d’Elisabeth FRANCK-DUMAS sur LIBERATION.FR (16 juin 2017)…

Plus de presse…

PIRENNE, Maurice (1872-1968)

Maurice Pirenne n’a pas fait une carrière tonitruante. Trop secret, discret, modeste. Frère d’Henri Pirenne, l’historien, il n’avait pas la fibre étincelante de son parent armorié. Cultivant les souvenirs, les émotions, les .discrétions d’usage, Pirenne le peintre fut un passeur de sensations. Un Morandi wallon en des temps où, pourtant, s’attisaient les tensions entre tenants de l’abstraction, rigoureuse ou lyrique, et d’incurables figuratifs campés devant leur chevalet. Pirenne voyait tout en petit. Il dessinait ou peignait à même sa table. Que peignait-il ? Ce qu’il voyait en faisant le tour de sa chambre, ce qu’il subodorait en regardant à travers les rideaux d’une fenêtre donnant sur le large. Sans prétention ni vocation à être reconnu. L’enchantait le bonheur confus de se raconter par le biais d’objets coutumiers ou d’histoires qu’il revivait grâce à eux. Attiré par les formes, par les couleurs, par l’indicible enclos en chaque alentour, Pirenne reproduisait sur sa toile, son papier, son bout de carton, des évidences entrevues par un œil à l’affût de fugaces ou obsédantes vérités.

Soutenu par André Blavier, verviétois comme lui et pataphysicien rarement avare en fraternités espiègles et salutaires Pirenne alla sa vie comme on se lève pour arpenter un monde réduit à quelques mètres carrés. Tout n’y est-il pas dit en réduction et, appendice favorable, loin des manipulations qui discréditent les réalités aveugles ? Les tableaux exposés – une quarantaine – sont, tantôt, des pastels, tantôt, des huiles sur toile ou sur carton. Une même ferveur les habite: l’approche sensible de la lumière au travers d’objets soudain vivants, accordés à l’ambiance et à l’espace. Sur les murs blancs, deux étages de la si belle galerie – une ancienne usine des cycles Star – de Nadja Vilenne, les pièces à conviction de Pirenne bénéficient de la scénographie, très simple, mesurée, souple, aérée, d’ Olivier Foulon, un jeune artiste qui, au départ, ne connaissait pas du tout Pirenne, et l’a manifestement aimé.

On rêve et on s’émeut avec Pirenne et ses objets, miracle d’une transmission sans faux-fuyant. Ses objets deviennent les nôtres, ceux dont on aimerait s’entourer avec cette simplicité d’une vie sans heurt extérieur…”

Lire la suite de l’article de Roger-Pierre TURINE sur le site de la galerie Nadja VILENNE…

A propos de Maurice PIRENNE :

Plus d’Arts visuels…

CHAISSAC, Gaston (1910-1964)

“Loin des cercles parisiens, c’est au travers l’écriture que Chaissac a pu se faire connaître : il comprend très vite et on  lui fait comprendre que ses lettres circulent et se lisent . Pour le stimuler et l’encourager à continuer, ses destinataires lui répondent : 170 correspondants  ont été répertoriés, mais le nombre de personnes qui a reçu des lettres est bien plus considérable).
Pourtant Chaissac n’a pas  écrit de façon aléatoire comme on  l’a cru  longtemps : Plus de 90 de ses correspondants  ont un rapport avec le milieu artistique ou littéraire: parmi eux, plus de 30 sont peintres et  une quinzaine sont responsables de galerie, environ 30 dirigent des revues  ou sont éditeurs et une quinzaine sont journalistes ou critiques. Les deux dimensions développées par Chaissac se retrouvent dans la proportion de ses interlocuteurs.
Dans les années 40, absent de Paris et  du milieu artistique et littéraire, comme beaucoup, partis en province ou à l’étranger, Chaissac maintient un lien avec ses pairs grâce à l’écriture à laquelle il accorde quatre à cinq heures par jour. Ce fil d’Ariane épistolaire lui  permet d’échapper à l’isolement en  rendant acceptable la mission qu’il s’est imposée.
L’extension naturelle de l’écriture est la lecture par laquelle Chaissac va assimiler les courants artistiques et littéraires naissants, et surtout les rapports de force, les amitiés  entre  artistes et écrivains qui vont l’aider à décrypter les réseaux de relations, au travers les petites revues spécialisées et les publications.
La légitimation de Chaissac est arrivée par la peinture pourtant, ce sont les hommes de lettres qui ont le plus rapidement repéré et reconnu Chaissac. Dès 1942, à Saint-Rémy de Provence chez Albert Gleizes, Chaissac rencontre la romancière Marie Mauron et son mari Charles, Lanza del Vasto qui a écrit sur ses expériences spirituelles,  Aimé Maeght, galeriste mais aussi éditeur, André Bloc, sculpteur et responsable d’une revue d’art et d’architecture. Chaissac développe son activité épistolaire quand il rejoint Camille en Vendée, et c’est tout naturellement qu’il s’adresse  à des poètes, des éditeurs et des écrivains, dont les réflexions croisent celles des artistes et qui lui font parvenir leurs ouvrages.
Chaissac correspond alors avec ces écrivains, chercheurs, théoriciens qui participent aussi à des revues :  Cattiaux qui écrit son manifeste en 1948, le message retrouvé, des hommes qui ont un autre métier mais qui écrivent et publient leur travail: André Dez, professeur à Lyon, François Merlet fauconnier, Jules Mougin facteur, Maurice Pernette bouquiniste, Lebesgue agriculteur. Koenig responsable de Panthomas, L’Anselme pour Faubourg, Pol Bury pour le Daily-Bul, Camille Claus, responsable du Carré de l’hypothénuse à Lyon, Ferens aux éditions du Groupe de Libre Création, Seghers à la fois éditeur et poète et  Paulhan qui participe à de nombreuses revues…”

Découvrir plus avant Gaston CHAISSAC, peintre et épistolier…

Plus de littérature…

TURNER : Trois marines (1827)

TURNER J.M.W., Three Seascapes (1827) – Tate Gallery (London, UK)

D’autres incontournables du Savoir-contempler…

EXPO | Raoul UBAC à la Boverie (23.03-10.09.2017)

La Boverie (Liège, BE), du 24 mars au 10 septembre 2017

“C’est à l’occasion de la Rétrospective Raoul Ubac (1910-1985), organisée par le Musée des Beaux-Arts de Liège pour le centenaire de la naissance de l’artiste, qu’une importante collection d’œuvres de Raoul Ubac, celle de Jacqueline et Alain Trutat, a été proposée en donation au Musée. Cette donation concrétise le vœu de Jacqueline Trutat, née Jacqueline Harpet, de ne pas disperser un ensemble très complet de quarante-six œuvres, qui révèlent la grande diversité, mais aussi la cohérence thématique, des différentes techniques utilisées par Raoul Ubac depuis la Seconde guerre mondiale…”

Lire la suite sur LABOVERIE.COM

D’autres incontournables du savoir-regarder :

HOMER : Sleigh Ride (1890-95)

http://www.clarkart.edu/Collection/8034

HOMER Winslow (1836-1910), Sleigh Ride (trad. La glisse, 1890-95) – The Clark Museum (US)

D’autres incontournables du savoir-contempler :

VINCI : Arbres (1502)

Leonardo da VINCI (1452-1519), Alberi (1502) – [à compléter] Galerie des Offices (Florence, IT)

D’autres incontournables du savoir-contempler :

Le Guggenheim offre ses livres d’art en téléchargement gratuit

Rothko | Klee

À vous la version numérique de centaines d’ouvrages sur Picasso, Kandinsky, Lichtenstein, Klimt, Rothko, etc, etc.

Le musée Solomon R. Guggenheim de New York vient de mettre en ligne, en accès libre, l’équivalent d’une bibliographie entière de diplôme d’histoire de l’art. Le fameux essai de Wassily Kandinsky Du spirituel dans l’art, des ouvrages sur les mouvements artistiques, de la Renaissance italienne au constructivisme russe, sur les arts de civilisation extra-européennes, des Aztèques à la Chine ou les livres des nombreux et prestigieux artistes qui sont passés sur les murs de l’iconique édifice conçu par Frank Lloyd Wright.

L’initiative de mettre en ligne gratuitement les ouvrages de la vaste bibliothèque du Guggenheim a commencé en 2012, avec 65 catalogues à l’époque et quelque 205 titres aujourd’hui. Avec tout ça — et les nombreux cours gratuits que l’on peut trouver sur Internet —, vous n’auriez bientôt presque plus besoin de vous traîner en fac d’histoire de l’art…”

Lire la suite de l’article de Beckett MUFFSON sur CREATORS.VICE.COM (4 mai 2017)

RENOIR : Pierre-Auguste Renoir, mon père (GALLIMARD, Folio, 1981)

RENOIR J, Pierre-Auguste Renoir, mon père (GALLIMARD, Folio, 1981)

“La vie d’un des plus grands peintres racontée par un des plus grands cinéastes. Il est vrai que l’un était le père de l’autre, et que Jean Renoir est né au «château des Brouillards», sur la butte Montmartre, à deux pas du Moulin de la Galette immortalisé par un tableau de Pierre-Auguste. Cette biographie fait revivre avec amour un homme, une œuvre, un monde…”

Lire la biographie de Pierre-Auguste RENOIR, le peintre, écrite par son fils Jean RENOIR, le réalisateur (1894-1979)
(ISBN : 2070372928)

D’autres incontournables du savoir-lire :

CHARLIER : Courage to the last (2003)

CHARLIER, Jacques : Courage to the last (2003) – La Boverie (Liège, BE)

Pour continuer la visite :

DE WITTE : Femme au corset rouge (1880)

DE WITTE, Adrien (1850-1935) : Femme au corset rouge (1880) – La Boverie (Liège, BE)

Pour continuer la visite :

agenda revu

agenda revu est un agenda de l’art contemporain en Wallonie. ar répertorie tous les événements : vernissages, finissages, expositions, foires, festivals, conférences, colloques, portes ouvertes, etc.

En savoir plus sur le site d’agenda revu…

PACE : Tryptique (2011)

PACE Maria (née en 1959) : Tryptique (gravure, 25×33 cm, 2011)​

L’oeuvre est empruntable gratuitement (60 jours par emprunt) à l’Artothèque de la province de Liège (BE).


Egalement à l’Artothèque de la Province de Liège (BE) :

LAFONTAINE, Marie-Jo (née en 1950)

Marie Jo Lafontaine de toutes les couleurs… par Roger-Pierre Turine (2016)

L’eau et le feu. La lumière et les vents. Le rouge et le noir ou le bleu. Mais aussi le blanc et le noir. Mer étale et ouragans. Marie-Jo Lafontaine n’est pas de celles qui s’enlisent, se glorifient de ceci ou de cela. S’étiolent dans les redites. Rebelle de naissance et vie rebelle s’accordent chez elle pour aller sans cesse de l’avant.

“Vooruit !”, dit-on en flamand. Et cette native d’Anvers n’a jamais eu peur d’aller au charbon. Et pas plus à soixante ans qu’à vingt. Elle a tout peaufiné de ses doigts d’or, soucieuse en tout du moindre détail qui, outrepassé, tue. En tout elle joint l’utile à l’agréable, le doux au brutal. Elle va de l’avant en jonglant entre les thèmes et les moyens pour qu’en sorte la lumière. La lumière vitale. Celle qui met le doigt sur ce qui va ou ne va pas. Celle qui illumine et regarde devant elle.
Elle s’est colletée avec les textiles, la sculpture, la peinture, la vidéo, la photo.

Et voici que, sans crier gare, elle est revenue à la peinture. A une peinture qui jouit de ces couleurs de toutes les couleurs qu’elle oppose ou assemble sur deux supports qu’elle associe en une seule et même image. On est surpris par leur chatoiement. Par leur vivacité, lignes verticales et horizontales qui s’harmonisent dans la somptuosité lisse et sensuelle de coloris venus de la nuit des temps ou du jour des douces folies.
C’est beau et c’est surprenant. Du bleu à l’ocre. Du rouge au vert. Lumières, incandescences, miroitements des profondeurs. Légèretés dans la consistance. Couches et couches d’huiles superposées.

« Le miracle vient de partout », dit le poète. Marie-Jo Lafontaine nous surprendra toujours !

Cadeau pour Liège et Quai 4, jeune galerie entreprenante, Marie Jo Lafontaine a choisi d’y ventiler son offre entre un monochrome de gris, une photographie monochrome de la série “Troubled Waters” – corps qui s’étirent, s’assouplissent et s’étendent dans un espace de sérénité. Sans oublier, suc tout neuf, ses nouvelles peintures “BE-SIDE-ME MMXV”. Une offre sur mesure, en bord de Meuse et d’eaux qui voguent comme la vie.

Faits & dates
  • Artiste anversoise, née en 1950
  • Diplômée de La Cambre (Bruxelles, BE)
  • Elle vit et travaille à Bruxelles
  • Son travail s’échelonne sur plus de trente ans et explore les médiums de la peinture, de la photographie et des installations multi-médias
  • Elle est exposée dans le monde entier, de Tokyo à Anvers, en passant par la Documenta de Kassel en 1987, mais aussi au Guggenheim, à la Tate Gallery et au Centre Pompidou…
Lire aussi
  • Marie-Jo LAFONTAINE, site officiel
  • BECLARD D., Les surprenantes images de Marie-Jo Lafontaine (in L’ECHO, 07/11/2015)
  • DEBROCQ A., Marie-Jo Lafontaine à Liège (in Art Expo, Décembre 2015)
  • GRIBAUMONT G., Marie-Jo Lafontaine, Be-Side-Me MMXV (in COLLECT Arts Antiques Auctions, Novembre 2015)
  • TURINE R.P., Marie-Jo Lafontaine pied au plancher (in Arts libres – La Libre Belgique, 27/11/2015)
Infos qualité
Multimédia

Noir

L’homme qui ne médite pas vit dans l’aveuglement, l’homme qui médite vit dans l’obscurité. Nous n’avons que le choix du noir.

HUGO, William Shakespeare (1864)

En savoir plus sur les noirs de Pierre SOULAGES (né en 1919)…

Plus d’arts visuels…

PICASSO : La buveuse d’absinthe

Pablo Picasso, The Absinthe Drinker, 1901

PICASSO, Pablo (1881-1973) : La buveuse d’absinthe (1901) – Collection privée

Pour continuer la visite :

MARQUET : Nus (1898-1919)

MARQUET Albert (1875-1947) : Nu sur fond bleu (1913) Nu fauve (1898) La femme blonde (+ détail, 1919) – e.a. Centre Pompidou (Paris, FR)

Pour continuer la visite :

LIPKING : Baignoire dans un château de la Loire

LIPKING, Jeremy (né en 1975) : Baignoire dans un château de la Loire – www.lipking.com

Pour continuer la visite :